Franche dégradation des chiffres de la croissance américaine

Les plans de relance débouchent sur un échec complet

Les derniers chiffres de la croissance américaine, publiés vendredi 29 juillet, se sont inscrits très en dessous des prévisions. Le consensus des marchés pour le deuxième trimestre était d’une hausse de 1,8% en rythme annuel. Las, elle n’a été que de 1,3%.  Les chiffres du premier semestre ont quant à eux été révisés, très fortement à la baisse. L’annonce initiale était de 1,9% de croissance, mais le Trésor a corrigé cette hausse à … 0,4%, soit une division par 5 du taux de croissance. En rythme annuel, la croissance sur le premier semestre ne s’élève qu’à 0,8%, soit un taux négatif si on tient compte de l’accroissement démographique, ce qui pousse certains à parler de nouvelle récession.

Pire, plusieurs chiffres de 2008-2010 ont été réévalués fortement à la baisse. Ainsi, le taux de croissance du dernier trimestre de 2010 a été revu à la baisse, à 2,3% contre 3,1% annoncés initialement. Les chiffres de la récession ont été lourdement aggravés: au lieu des -6,9% annoncés jusque là, la récession au 4e trimestre de 2008 a été de -8,9%. Au premier trimestre 2009, la chute a été de -6,7% contre -4,7% annoncés jusque là. En conséquence, les ratios d’endettement public ont cru fortement.

Ces annonces fragilisent la position de l’administration Obama, dont les plans de relance keynésiens ont débouché sur un coûteux échec. Lors de l’annonce des « stimulus », les démocrates avaient tablé sur une croissance de 4% en 2011, permise par la relance. Si la croissance n’a pas été là, la dette elle reste présente et menaçante alors qu’aucun accord sur le relèvement du plafond de la dette n’a été trouvé à ce jour.

La situation sur le front de l’emploi n’est pas meilleure, avec une myriade de plans sociaux annoncés par les grandes entreprises ou les banques. Selon Le Monde, Cisco a prévu 6 500 suppressions de postes dans le monde, Lockheed Martin envisage plus de 6 000 emplois en moins, etc. Le solde des créations d’emploi est désormais quasi à zéro et il y a cinq candidats par emploi offert.