Kyle Eastwood, tel père tel fils !

Kyle Eastwood

Suite de notre chronique jazz dans Contrepoints été

La semaine dernière nous dressions le portrait du fabuleux acteur, réalisateur et passionné de Jazz, Clint Eastwood. Parce que toutes les bonnes choses vont de paires, nous vous présentons aujourd’hui celui du fils, Kyle Eastwood, contrebassiste de jazz talentueusement paisible…

Naître un 19 mai 1968 à Los Angeles avec l’acteur le plus en vue du monde cinématographique pour père n’a rien d’une évidence. Entre deux tournages, le plus souvent de nuit au travers de la porte, Clint Eastwood jette un œil sur son fils. Il ne peut guère se permettre plus. Les rôles s’enchaînent à toute vitesse avec Quand les aigles attaques qui lui permet de mettre un pied en Europe et le film musical La Kermesse de l’Ouest dans lequel le rôle principal est spécialement crée pour lui.  Les relations entre le père et le fils commencent mal. (Il n’en sera pas toujours ainsi !) Fils unique, Kyle grandit dans la majestueuse L.A. au milieu des autres enfants de stars hollywoodiennes. Alors que son père est l’incarnation à la fois du Cow Boy chevaleresque et du policier courageux, l’adolescent reste discret et humble. Il a déjà tout d’un Eastwood. Peu à peu le lien se tisse entre le père et le fils en dépit des absences à répétitions de Clint qui transmet ses passions les plus vives. Tout naturellement, Kyle envisage une carrière d’acteur et suit des cours de cinéma. Pourtant, sans crier gare, après quelques apparitions sur grand écran, le jeune homme se tourne vers une toute autre passion familiale…

Le Jazz fera office de trait d’union  entre Kyle & Clint. Cet amour qu’ils entretiennent avec la musique c’est avant tout celui des souvenirs et des images. Celui d’une grand mère qui collectionnait les disques de jazz et de rythme & blues. Celui d’un père qui au sommet de son art initia son fils à la musique des années 40 & 50, au son de Duke Ellington, puis de Count Basie. Et surtout celui du jazzman Ray Brown toujours de passage dans la maison familiale ! Contrebassiste aguerri, Kyle réalise très rapidement les musiques de films de son père. Notamment Mystic River en 2003, Million Dollar Baby en 2004, Lettre d’Iwo Jima en 2006, Gran Torino en 2008 et Invictus en 2009.

La quarantaine tout juste passée, Kyle Eastwood poursuit sa tranquille mais non moins exceptionnelle carrière. Il aura réussi à entretenir avec son père une relation passionnée et complémentaire, chose extrêmement rare chez les « fils de ». Le contrebassiste avance à pas feutrés avec 5 albums depuis 1998, marqués par un son jazz cool époustouflant. Pour son dernier enregistrement Songs From The Château, Kyle a choisi le cœur du vignoble bordelais, non loin du festival Jazz in Marciac cher à son cœur. Le résultat est saisissant ! Chercher « une tonalité plus chaleureuse » voilà l’enjeu pour cet amoureux de la France qui présentait son travail la semaine dernière au Duc des Lombards, alors que Clint ressortait des cartons les bandes de Bird, avant de poursuivre son chemin à Carcassonne (le 29/7) et à Annecy (le 26/8).  Avec son flegme légendaire cet Eastwood fera date !

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