Où diable placer notre argent ?

La bourse me semble complètement déconnectée de la réalité économique. Et de plus en plus dépendante des décisions des gouvernements. Chaque fois que Ben Bernanke, le patron de la FED aux États-Unis, insinue qu’il pourrait recommencer à imprimer des billets de banque, la bourse monte.

En entrevue à la radio, un animateur m’a posé cette question : « l’économie va mal et les gouvernements s’endettent. Mais moi, comme individu, je fais quoi pour faire fructifier mon argent? »

Je ne suis pas conseiller financier. Je me suis contenté de répondre : payez vos dettes. Quand votre certificat de placement vous rapporte 1,5 %, et que votre carte de crédit vous bouffe tout cru à 15 %, payer vos dettes devient le meilleur des placements.

Mais c’est insuffisant. On dit qu’il faut ramasser l’équivalent d’un million de dollars pour vivre une retraite décente (si cette information vous décourage, vous n’êtes pas seul).

Comment faire? Je ne suis pas ici pour donner des conseils sur la bourse. Mais j’ai quand même une petite théorie — cynique — à vous partager. Je suis convaincu que dans les années à venir, une bonne stratégie d’investissement sera de se ranger du côté… des gouvernements. Ceux-ci interviennent de plus en plus dans l’économie. Deviner leurs plans pourrait devenir payant.

C’est vendredi, alors amusons-nous un peu.

Les copains d’abord

La bourse me semble complètement déconnectée de la réalité économique. Et de plus en plus dépendante des décisions des gouvernements. Chaque fois que Ben Bernanke, le patron de la FED aux États-Unis, insinue qu’il pourrait recommencer à imprimer des billets de banque, la bourse monte. Mais ce petit truc ne peut fonctionner éternellement. La bourse peut chuter brutalement, à tout moment. Impossible à prédire. Je m’en tiens loin.

Au Québec, les entreprises de construction (via des fonds spécialisés) me semblent une valeur sûre. Avec tous ces ponts qui craquent et ces routes qui défoncent, les contrats — et les profits — s’annoncent abondants dans les années qui viennent. Le gouvernement va dépenser des milliards. Juste pour démolir le pont Champlain actuel, il faudra trois ans! Et si quelques-unes de ces firmes font des petites « passe-passe » illégales de temps à autre, elles continuent de recevoir des contrats. Où est le risque?

J’aime aussi Bombardier, Pratt & Whitney, les banques et le fonds FTQ. Pourquoi? Parce que ces entreprises ont le gouvernement dans leur petite poche arrière. Prêter de l’argent au secteur aéronautique me semble un placement assez sûr — l’État va tout faire pour sauver ces entreprises si ça va mal. (C’est aussi payant : une débenture de Bombardier vous rapporte autour de 7 % par an sur une quinzaine d’années.)

Idem pour les banques. Si un problème se pointe dans le plus-meilleur-système-financier-du-monde, misez sur Stephen Harper pour venir fouiller dans vos poches.

Quant au fonds FTQ, en plus du généreux crédit d’impôt (30 %) qu’il procure à ses investisseurs, il investit de plus en plus en dehors de son mandat originel (qui est d’aider surtout les petites entreprises québécoises). Et le gouvernement ferme les yeux. Son rendement pourrait donc croître avec le temps.

Diversifiez à l’international!

Aux États-Unis, NASDAQ a lancé en 2009 l’indice OMX Government Relief (QGRI). Un indice regroupant les firmes qui se font renflouer par le gouvernement (dont plusieurs banques et compagnies d’assurance). Son rendement tourne autour de -9 % depuis sa création. Si vous préférez miser sur un scénario où ces entreprises vont rechuter et le gouvernement va « tirer la plogue », vous pouvez acheter des options sur l’OMX à la bourse de New York…

Détour en Europe : les obligations du gouvernement grec de deux ans sont considérées comme des obligations de pacotille, et rapportent aujourd’hui 30 %. Certains, comme le financier Charles Dereeper, croient que le risque en vaut la peine. Les politiciens européens vont tout faire pour repousser les problèmes du continent à plus tard, quitte à plumer les contribuables un peu plus. Trop risqué? Vous pouvez prêter au Portugal (18 %) ou même à l’Irlande (17 %), suivant la même logique.

Miser sur les gouvernements, une stratégie loufoque? Peut-être. Mais dites-vous une chose : si le marché est difficile à prévoir, les politiciens, eux, sont plutôt prévisibles.