Jolie baignade dans une piscine de caca

Financièrement parlant, les pays de la zone euro barbotent dans une piscine de caca.

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Jolie baignade dans une piscine de caca

Publié le 14 juin 2011
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Jolie baignade dans une piscine de caca

Ce billet sera court. Je ne vais pas y faire de longs commentaires, les éléments factuels se suffisant à eux-mêmes. Je vais me contenter de peindre un petit tableau en ajoutant les touches de couleurs les unes à côté des autres. Ce sera un camaïeu de rouges, couleur du sang, des alarmes et des gros boutons « Panique ».

Concernant les USA, il y a quelques jours, nous avons appris, par voie de presse et même si cela fut particulièrement discret, que la note de la dette souveraine américaine était placée en observation avec le risque maintenant palpable que le pays perde son AAA.

Rien de bien violent : si, d’aventure, cela se produisait, cela entraînerait une panique assez mémorable sur les bourses mondiales. Mais à en juger le ton des articles qu’ils produisent, nous pouvons compter sur le sang-froid des journalistes. Tout va bien.

Obama, optimiste

En ce qui concerne la Grèce, au moins, on sait à quoi s’en tenir : les agences rivalisent d’inventivité pour diminuer dans la douceur la notation générale de la dette du pays qui descend à nouveau d’un cran. En gros, la Grèce est donc désormais le pays doté de la plus faible note de crédit au monde, ce qui revient à dire que sa dette est la plus pourrie.

Rassurez-vous là encore, ce n’est pas grave puisqu’il va y avoir une réunion au sommet des ministres concernés. Ils vont manger un petit sandwich au caviar, tripoter une escort, rigoler en buvant un petit champagne frais, s’agiter dans une salle pour faire bonne mesure, et établiront une déclaration de presse dont l’esprit sera en substance « La situation n’est pas rose, mais elle est sous contrôle et l’Europe fera front uni. »

Quelques petits bisous plus tard, le champagne bu et les canapés digérés, la tension va redescendre. Mais si. Puisqu’ils vous le disent.

L’Espagne va bien. Elle va mieux que bien : elle baigne dans le bonheur sucré d’une reprise calme et prospère. Et la récente déconfiture de la banque Santander à refiler de la dette (sous-soucrite à hauteur de 500 millions d’euros pour plus d’un milliard) n’est pas du tout gênante, même si cette dette était assise sur … des emprunts de l’État espagnol et des régions espagnoles.

Le fait que toutes les dépréciations d’actifs liés à l’immobilier n’aient pas été totalement intégrées dans l’ensemble des comptes bancaires est peut-être lié à ce petit souci qu’on supposera passager. Et les perspectives d’avenir, avec tout plein de petits zindignés qui glandouillent sur les places tièdes de Madrid et ailleurs laissent augurer d’une suite dynamique.

Concernant l’Irlande, tout comme d’ailleurs le Portugal, les Credit Default Swap s’échangent à des taux … en hausse, record même. Tout augmente, ma brave dame, y compris, semble-t-il, le coût d’une assurance pour se protéger en cas de faillite d’un pays souverain dont je rappelle que certains disaient qu’il ne peut pas faire faillite. Au final, les CDS portugais sont en hausse de 40 points de base à 773, et les CDS irlandais de 33 points à 745.

Je ne savais pas, en fait, que Christine Lagarde, quand elle parlait de reprise, parlait de cette reprise là. Je croyais naïvement qu’il s’agissait de la reprise de la croissance, du travail et de l’enrichissement des nations, pas de la reprise de la foire du slip, des discussions idiotes, des séances de petits fours et des atermoiements sur ce qu’il faudrait faire dans un monde parfait pour éviter les ennuis.

Pour ce qui est de couper dans les services publics obèses, on attendra donc (la prochaine reprise, je suppose).

Berlusconi fait des grimacesEnfin, concernant l’Italie, je me contenterai de reprendre le petit schéma tiré de l’article de Seeking Alpha, graphique qui résume assez bien la piscine de caca liquide dans lequel le pays barbote avec un plaisir à peine dissimulé en faisant de petits prouts qui passent inaperçus pendant que les autres font des plats en se jetant goguenard du grand plongeoir. Youpi.

Dettes italiennes

Une petite dernière, pour la route, avec la Belgique. Il y a tout juste six mois, S&P, l’agence de notation, morigénait le pays en disant en substance que si ce dernier n’avait pas trouvé un gouvernement fissa, ils allaient lui abaisser sa note.

« If Belgium fails to form a government soon, a downgrade could occur, potentially within six months »

Et pan. Cela fait six mois. Mais … mais bizarrement, la Belgique va plutôt mieux que certains autres … précisément parce que justement, elle n’a toujours pas de gouvernement.

La solution ne serait-elle pas là, finalement ?

Vous noterez que je n’ai pas évoqué la France. Normal. Elle va mieux que bien.

Chut.
—-
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  • Nous assistons à la fin de l’Etat-providence. Comme personne ne veut déclencher de révolution, et particulièrement en France, nos dirigeants y vont en douceur mais c’est inéluctable…

  • Normal :

    « Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise »

    Jean Monnet

  • Ce n’est pas un pays qui fait faillite, mais un état qui fera défaut de paiement.
    Ce qui veut dire au moins deux choses. 1)a) Aucun huissier ne viendra saisir les actifs des palais dorés ou réside la caste dirigeante, ni même le patrimoine « public » pour indemniser les créanciers. 1)b) La faillite pour une entreprise représente sa disparition, ce ne sera malheureusement pas le cas pour l’état en situation de défaut. Tel un phoenix, il renaîtra de ses cendres.
    2) Les hommes de l’état agissent en toute impunité et en totale irresponsabilité en plombant les comptes jusqu’au défaut de paiement, c’est à dire lorsque les « ressources »(spoliation légale) sont beaucoup trop faibles au regard des dépenses, et que l’endettement ne devient plus possible. Et cela bien evidemment en total infractions avec les traités, les constitutions, les pactes, etc…
    La dernière solution consiste à imprimer de la fausse monnaie à gogo. Il semble pour le moment que jc trichet après avoir manger les 3/4 de son chapeau, s’accroche désespérement à une branche morte pour tenir le seul objectif attribué à la bce : Stabilisation des prix à moyen terme.
    En conclusion, je me servirai avec un grand bonheur de votre bulletin de vote destiné aux futurs candidats pour la prochaine élection présidentielle.

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