Quand les politiques s’en mêlent ou s’emmêlent?

Nous sommes dans une situation difficile parce que nos hommes politiques nous y ont collé alors que personne ne leur demandait rien

Comme les lecteurs s’en sont sans aucun doute rendus compte, les marchés financiers depuis plus de 10 ans ont été quelque peu… difficiles.
Les crises ont succédé aux crises, les crashs aux crashs, et bien sûr il est de bon ton de rendre responsables de tous ces malheurs la mondialisation, l’ultra-libéralisme, l’avidité des financiers ou des banquiers. Bref, comme dans tous les temps difficiles, la recherche du bouc émissaire bat son plein.

A mon humble avis, toutes ces excuses ne valent pas tripette.

Nous sommes dans une situation difficile parce que nos hommes politiques nous y ont collé alors que personne ne leur demandait rien.

Ces braves gens ont décidé que les investissements dans le monde devaient non pas suivre la rentabilité marginale du capital investi, comme cela avait été le cas de 1980 à 2000, mais les directions obligatoires que dans leur grande sagesse ils savaient être les bonnes.

Pour faire simple, nous sommes en crise parce que nous avons des hommes politiques qui veulent laisser leurs noms dans l’Histoire (à ce propos, quelqu’un connait-il le nom d’un homme politique Suisse ? Est-ce pour cela qu’il n’y a pas de crise en Suisse ?…) et  bien sûr ils s’y sont tous mis…

Les Chinois ont décidé de suivre une politique mercantiliste en sous-évaluant systématiquement leur monnaie. Le capital là-bas est donc investi  non pas en fonction de la rentabilité du capital dans une économie libre mais en suivant un « faux prix » (le taux de change est anormalement bas). Tout le monde sait que cette politique n’est pas durable et entraîne de graves déséquilibres à l’échelle du monde. Pour assurer le succès de cette brillante idée, les dirigeants Chinois pratiquent inévitablement  le contrôle des changes et empêchent donc leurs citoyens d’investir à l’étranger les surplus que leur travail a engendré, ce qui déchaîne l’inflation et la spéculation immobilière chez eux. On se croirait en France en 1981

Les Européens pour ne pas être en reste ont créé un monstre financier sous le beau nom d’Euro. J’ai écrit il y a 10 ans que ce « machin » comme aurait dit de Gaulle allait amener à la plus mauvaise allocation de capital depuis l’invention de l’Union Soviétique et qu’il allait mener à trop d’usines en Allemagne, trop de maisons en Espagne et trop de fonctionnaires en France, tout cela se terminant par la faillite de certains États lorsque l’Allemagne, selon une tradition bien établie, ne voudrait plus payer. Nous y sommes, l’épargne française a été dirigée manu militari vers les obligations d’États européens, tous plus malades les uns que les autres et a donc une valeur « faciale » élevée, mais une valeur réelle douteuse. La nymphe Europe avait été enlevée par le Dieu Grec Zeus déguisé en taureau, il est à craindre que l’Euro ne souffre à nouveau du fait des Grecs. L’histoire se répète.

Enfin, aux USA, les keynésiens qui avaient disparu de la scène après les désastres qu’ils avaient créés dans les années 70 sont revenus au pouvoir et expliquent à qui veut les entendre que la solution pour les USA est de ruiner les épargnants en maintenant  des taux réels négatifs, d’appauvrir le consommateur  en faisant baisser la monnaie et de créer de la richesse en faisant croître le poids de l’État dans l’économie (la base philosophique de toute bonne politique keynésienne), ce qui là encore n’incite personne à investir ou à embaucher, à la grande surprise des économistes, en particulier français convertis depuis longtemps à la religion étatique qui les nourrit .

Comment ? La croissance de l’État ne nourrit pas la croissance économique ? Stupéfaction générale.

Cette description est un peu inquiétante, aussi pour ne pas désespérer non pas Billancourt mais la mythique veuve de Carpentras je me dois de signaler quand même trois très bonnes  nouvelles.

La première, comme je ne cesse de le répéter, c’est que, parallèlement à ce désastre étatique, les sociétés industrielles ou commerciales n’ont jamais été aussi bien gérées et profitables.

La deuxième, c’est que nous arrivons à la fin de ce que j’ai appelé le social clientélisme. Ce qui veut dire que nous avons devant nous non pas une crise économique mais une crise des États, ce qui n’est pas du tout la même chose et ce qui va les forcer à se reformer comme l’avait fait la Grande Bretagne de Mrs Thatcher, la Suède après sa faillite de 1992, le Canada après 1994, la France sous Pinay il y a hélas bien trop longtemps déjà.

La troisième, c’est que tous ces blocages vont sauter un jour ou l’autre, et que quand ils sauteront, ce sera une bonne nouvelle et non pas une mauvaise.

La stratégie d’investissement que je préconise est donc fort simple et n’a pas bougé depuis plusieurs trimestres :

  • Acheter les sociétés à cash flow positif qui ne dépendent pas pour leurs chiffres d’affaires de l’un ou l’autre des États endettés.
  • Mettre des limites stupides (à l’achat) sur ces valeurs, en espérant que dans une panique elles seront touchées. Les conserver précieusement ensuite puisqu’elles ont une valeur intrinsèque, ce qui n’est pas le cas du reste.
  • N’avoir aucune obligation d’État a l’intérieur de l’Euro sauf allemande : qu’est-ce que vaut une obligation émise dans une monnaie qui ne devrait pas exister par une État qui a vocation à faire faillite ?
  • Pour les plus braves faire du « trading » en achetant au son des canons quand le marché est bien « survendu » pour vendre aux sons des violons quand il est bien « suracheté »