Le coût des professions protégées et la solution grecque

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La réglementation de certaines professions ne bénéficie qu’à leurs salariés

La réglementation de certaines professions, toujours mise en place au nom de l’«intérêt général», montre son vrai visage quand on regarde son coût pour le reste de la société. Ainsi, selon les estimations de Morris Kleiner de l’université du Minnesota, réglementer une profession augmente le salaire des personnes concernées de 15%. En d’autres mots, vous payerez 15% plus cher le même service. Tout cela se paye bien sûr : si l’on compare les mêmes professions dans des États où elles sont réglementées ou non réglementées, on observe que l’emploi dans ces professions croît 20% plus vite quand elles sont non réglementées. En résumé, tout le monde y perd, le consommateur comme les personnes aspirant à ces métiers, au profit exclusif de ceux qui sont ainsi protégés.

L’impact est en outre évident en termes de mobilité : aux États-Unis par exemple, cela freine très fortement la mobilité entre États quand il faut se faire recertifier à chaque fois dans le nouvel État. Les nouveaux arrivants et leurs talents se retrouvent écartés au profit des « insiders » déjà certifiés. A en croire une étude de l’Institute for Justice, les États dans lesquels il faut être embaumeur qualifié pour diriger une maison de pompes funèbres ont largement moins de femmes directrices (-24%).

Pourtant, malgré un coût évident et des avantages qui eux sont tout sauf évidents, faire marche arrière sur les professions réglementées est loin d’être aisé. En France, cela fait depuis la Commission Rueff-Armand (il y a 50 ans…) que la déréglementation des taxis à Paris est à l’ordre du jour… Aux États-Unis, une proposition de loi pour déréglementer l’enseignement des danses de salon (!) ou la décoration d’intérieur a été rejetée.

Alors que faire ? La solution grecque semble en train de marcher: on déréglemente tout, sauf les professions pour lesquelles on peut prouver qu’il y a un intérêt à réglementer (médical ou droit par exemple). Tout le reste est supprimé, d’un coup, pour ne pas affronter chaque lobby de front sur son domaine. Certes la crise rend ces changements d’autant plus impératifs, mais réjouissons-nous en quand même. Alors faisons nôtre la conclusion du journaliste : La fin de ce corporatisme hors d’âge – qui existe aussi en France ou ailleurs en Europe pour certaines professions —, donnera un bol d’air bienvenu aux Grecs confrontés à une dramatique augmentation du chômage : la croissance ne pourra qu’être stimulée par ce surcroît de concurrence.