Le PS a enfin son programme

Parti Socialiste

Aubry vient de présenter le programme du PS. Étatisme, démagogie, écologie de complaisance : du grand n’importe quoi.

Le PS a enfin son boulet… pardon, programme

L’avantage d’un parti qui commence à dater, c’est qu’on peut assez facilement ressortir un de ses vieux programmes, le ripoliner rapidement et le servir tiède aux militants sans qu’ils bronchent devant le réchauffé. Le Parti Qui Assume Totalement Son Socialisme Latent vient ainsi de réaliser cette entourloupe, sans déclencher la moindre hilarité. Félicitations.

Bon, il faut reconnaître aux petits cuisiniers qui nous ont préparé la soupe 2012 un certain talent pour accommoder les restes puisque l’ensemble ne jure pas trop dans le décor en formica blanc et stratifié imitation chêne qui constitue maintenant ce parti résolument seventies, baby.

Plutôt que ressortir, de but en blanc, un programme socialiste pas trop récent (celui de 2007, par exemple, est encore trop présent dans l’esprit des militants), on va coller des petits bouts d’un programme avec les morceaux choisis dans un autre, et ça fera l’affaire.

On retrouvera donc dans ces propositions « toutes fraîches » l’habituel crin-crin socialiste qui est ressorti, finalement, à toutes les élections (perdues et gagnées) et qui constitue, en quelques sortes, le fond de sauce sur lequel seront ensuite disposés les petits légumes tièdes et gorgés d’eau récupérés dans les moments les plus grandioses de l’histoire socialiste.

Pour faire passer l’ensemble, on pipeautera, comme Martine actuellement, que cet assemblage hétéroclite de bidules déjà évoqués à de nombreuses reprises, est en fait le résultat d’un travail profond et sérieux pendant plusieurs mois : « C’est un projet de société pour la France, une mise en cohérence de ce qu’on a fait depuis deux ans et demi » bonimente-t-elle avec aplomb, essayant ainsi d’oublier le patinage autistique du parti socialiste sur cette période.

On pourra même pousser la rigolade jusqu’à coller une tag-line (sorte d’accroche publicitaire sexy en dessous du titre principal) sur ce programme pour lui donner des airs de film d’action.

A ce sujet, nos amis socialoïdes auraient pu choisir quelque chose comme « Programme Socialiste 2012 : un avenir d’avance dans un monde de progrès » ou une variante approximative, à mi-chemin entre un alicament douteux et une pâte dentifrice déodorante vantée avec forces images de synthèse et logos texturés.

Mais non. Ils savent faire sobre, quand ils s’y mettent.

Là, ça donne ceci : « Sérieusement de gauche et d’une gauche sérieuse. »

Évidemment, quand on le découvre, on pense plutôt « Sérieusement gauche et d’une gauche poussiéreuse. »

Quand on le parcourt, on ne peut en effet s’empêcher d’avoir ce goût chimique dans la bouche, cette saveur étrange de Tang Orange… Vous savez, c’était cette poudre qu’on ajoutait à de l’eau pour obtenir un succédanée bizarre de jus d’orange à base de vraies oranges en plastique, fin des années 70 et début des années 80, période faste pour le socialisme de bricolage qui a vu, finalement, Mitterrand accéder au pouvoir sur un malentendu (celui qu’il aurait été de gauche).

Armé de cette solide référence, nous pouvons éplucher les propositions de Martine. Pas de doute, ça dépote.

Je passe rapidement sur le fond de sauce (l’égalitude à tous les étages, limiter la précarité, la pauvreté, la méchanceté des uns et la vilenie des autres, plus de bisous avec des CV anonymes…) pour m’attarder un peu sur les grosses couleuvres.

Ce que les socialistes ont toujours haï, finalement, ce sont les gens libres, surtout de penser. Et cela se vérifie ici encore. Les gens libres de fixer le loyer de leur bien, les gens libres de fixer les salaires dans leur entreprise, ceux-là, on va les contrôler et remettre une saine dose d’égalité dans leur liberté beaucoup trop large. Contrôle des loyers, des salaires, en avant ! Et l’avantage d’une telle mesure est qu’elle est bien plus efficace qu’une guerre pour remettre les compteurs à zéro.

Au sujet des salaires, on peut d’ores et déjà pouffer puisque les socialauds ne sont jamais en mal d’une idée qu’ils n’appliqueront jamais et qui, de toute façon, fusillerait la croissance puis leur électorat au profit d’un autre parti plus en vogue actuellement ; ils proposent ainsi d’encadrer (c’est le terme habilement choisi, plutôt que limiter) les salaires de 1 à 20 SMIC dans les entreprises où l’État est présent. Et ça tombe bien, en France l’Etat est présent à peu près partout…

Et cette présence de l’état ne va pas s’amenuisant puisque la proposition suivante est une bonne grosse fusion des impôts avec la CSG. Après tout, personne n’a dit que la CSG, la CRDS et tout ça devaient être purement temporaires, hein. Si ? Ah ? Bah non.

Ainsi, en fusionnant une cotisation de sécurité sociale avec l’impôt, on entérine, on officialise de façon parfaitement limpide le fait que c’est bel et bien l’état qui s’occupe de votre retraite, de votre santé, de votre chômage. Comme il s’occupe de votre éducation, de votre emploi, et d’une bonne partie de votre enterrement (dont on se doute qu’il sera rapidement laïcisé pour éviter les insoutenables atteintes à la République qu’une cérémonie religieuse peut engendrer), l’État vous accompagnera, du téton au sapin, en prenant un abonnement mensuel dérisoire payé en monnaie, en nature et en années de servitude.

Souriez, quoi, c’est pour votre bien !

D’ailleurs, on peut aller plus loin et Martine tente le coup : après le succès de la TVA sociale et son application en fanfare, elle propose une TVA écologique dont on devine tout de suite qu’elle sera accueillie sous les applaudissements de tous, à commencer par les consommateurs qui ont réellement bien besoin, en ces temps de crise, de se faire généreusement raboter un portefeuille trop bien portant.

Au rayon écologique, on trouve aussi la proposition, furieusement tendance, de sortir complètement du nucléaire et du pétrole sur une période allant de 30 à 40 ans (plus ou moins 33%, c’est ça, la précision diabolique des politiciens). D’une part, une telle durée les met définitivement à l’abri de tout compte à rendre. D’ici là, ils seront morts ou en voie de dégénérescence avancée. Alzheimer, pour certains, constitue finalement un refuge. D’autre part, c’est suffisamment lointain pour ne pas affoler le péquin moyen, tout en donnant le change écologique aux extrémistes de Gaïa triomphante. Enfin, c’est totalement ridicule puisqu’actuellement, il n’existe aucune solution de remplacement écobobo-compatible, sauf un retour à la terre violent et vengeur.

Après les limitations, les brimades en tout genre et l’écologie attrape-mouches du coche, il fallait compléter par l’habituel saupoudrage massif d’argent gratuit des autres.

En ces temps de criiiise, on aurait pu s’attendre à une vague tentative de ne pas trop charger la barque, que déjà de frétillantes andouilles du parti s’emploient à percer.

Eh bien non ! On remet deux fois les couverts : des embauches en nombre, du contrat finement ouvragé pour les djeunzs qui ne trouvent pas d’emplois avec leurs diplomz, plus de moyens pour la justice, pour les gendarmes, pour les policiers, les greffiers, plus d’incitants pour les médecins en zone rurale abandonnée, plus de stages obligatoirement rémunérés et interdits en dehors des études, moins de CDD…

Et en face, le pognon rentre à gros bouillon grâce à des budgets équilibrés comme un porté de danseuse en plein concours de danse standard. Parce que bon, c’est comme ça : dès que la France aura un président (ou une présidente, pas de sexisme, que diable !) de gauche, paf, les comptes tomberont juste et la croissance repartira pour de bon.

Mais le pompon, c’est cette idée — qu’on retrouvera partout — d’une banque publique d’investissement : comme les dégâts provoqués par les injections massives et pifométriques de fric par des États toujours plus endettés n’ont pas suffi, on nous propose donc, à l’instar des Freddy Mac et Fannie Mae qui ont littéralement fait exploser les crédits américains, de faire exactement pareil en France.

Malin, non ?

Non, pas de doute : tout ce programme est à l’image de toutes les précédentes tentatives du Parti Officiellement Socialiste de faire croire qu’il a quelque chose à proposer.

Ou bien on nage dans la plus parfaite démagogie, ou bien on explore les terres arides de l’interventionnisme d’État. Dans tous les cas, on dépense l’argent qu’on n’a pas, on pêche à l’électeur avec de l’appât grossier et on ressort les formules qui n’auraient pas dépareillé dans les années 30, 40, 50, 60, 70, 80 et 90.

L’avantage d’une présidentielle est que les Français voteront pour un individu et pas un programme. Mais avec un tel salmigondis de bêtises, le candidat socialiste part avec un lourd boulet.
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