Norman Borlaug

L’homme qui nourrit le monde

Pour Borlaug, la chose était claire : si les opposants aux transgéniques l’emportent, ils précipiteront dans la famine et la mort les millions de gens pronostiqués il y a quarante ans.

Le docteur norman Borlaug passa son enfance dans les plaines de l’Iowa, à l’époque de la Grande Dépression, allant dans une école comprenant une seule classe. Il tenta ensuite une carrière scientifique, mais il échoua à l’examen d’entrée universitaire. Ce qui ne l’empêchera pas de recevoir le Prix Nobel de la Paix pour avoir sauvé de la famine et de la mort des millions de gens. Il lutta dans sa vie professionnelle contre d’immenses obstacles, y compris les barrières levées par les pessimistes et les alarmistes, qui insistaient pour dire que la mort par dénutrition de centaines de millions de personnes en Afrique et en Asie était inévitable.

Avec ses recherches, Borlaug réussit à développer des variété de blé à haute productivité qui permirent au Mexique, à l’Inde, au Pakistan, à la Chine et à diverses autres nations d’alimenter leur population. Entre 1950 et 1992, la production mondiale de céréales passa de 692 millions de tonnes à 1,9 milliards, représentant une augmentation de 175%, alors que l’extension des surfaces utilisées pour leur culture augmentait de moins de 2%. Il introduisit également une série d’innovations. Lui et ses collègues plantèrent et croisèrent des milliers de variété de blé à travers le monde pour obtenir de nouvelles variétés résistantes aux maladies, ce qui augmenta la productivité de 20 à 40%. Ensuite, il élabora une variété naine qui ne pliait pas sous les engrais répandus en grandes quantités. Il inventa également la techniques des récoltes-ponts, plantant deux fois par an au lieu d’une dans différentes régions du Mexique. La possibilité d’avoir deux récoltes par an réduit le temps requis pour développer une nouvelle variété de blé. Et comme les régions choisies possédaient des climats différents, les variétés résistantes aux maladies purent s’adapter à des terres, des latitudes et des altitudes différentes.

Ainsi explosa la production agricole mexicaine et les mêmes techniques furent ensuite appliquées et adaptées dans d’autres régions du monde. Sans cette plus grande productivité agricole, des millions de personnes seraient mortes de faim, ou pour les nourrir il aurait fallu augmenter de manière spectaculaire les surfaces de terres agricoles, détruisant forêts et animaux et freinant l’expansion urbaine et commerciale. Borlaug se souvient sans rancoeur des absurdes obstacles placés devant l’introduction de variété de plantes à haute productivité : chaos bureaucratique, opposition des vendeurs locaux de semences et siècles de coutumes, d’habitudes et de superstitions des paysans.

Or nous devons continuer à augmenter la productivité agricole, de la même manière que nous devons combattre les obstacles à l’innovation. Pour cette raison, Borlaug a consacré son temps à assurer le succès de l’équivalent pour le 21e siècle de la révolution verte : les aliments génétiquement améliorés. Cette deuxième vague promet des progrès similaires, nous offrant la possibilité de nouveaux sauts dans la productivité et la meilleure utilisation des produits chimiques et des insecticides dans l’agriculture. Malheureusement, les extrémistes des divers mouvements écologistes font tout leur possible pour empêcher le progrès scientifique. Pour Borlaug, la chose était claire : si les opposants aux transgéniques l’emportent, ils précipiteront dans la famine et la mort les millions de gens pronostiqués il y a quarante ans.

L’homme qui nourrit le monde, tel est le titre (The Man Who Fed the World) de la biographie consacrée à Norman Borlaug par Leon Hesser.