Norman Borlaug

L’homme qui nourrit le monde

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Norman Borlaug

Publié le 2 décembre 2010
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Pour Borlaug, la chose était claire : si les opposants aux transgéniques l’emportent, ils précipiteront dans la famine et la mort les millions de gens pronostiqués il y a quarante ans.

Le docteur norman Borlaug passa son enfance dans les plaines de l’Iowa, à l’époque de la Grande Dépression, allant dans une école comprenant une seule classe. Il tenta ensuite une carrière scientifique, mais il échoua à l’examen d’entrée universitaire. Ce qui ne l’empêchera pas de recevoir le Prix Nobel de la Paix pour avoir sauvé de la famine et de la mort des millions de gens. Il lutta dans sa vie professionnelle contre d’immenses obstacles, y compris les barrières levées par les pessimistes et les alarmistes, qui insistaient pour dire que la mort par dénutrition de centaines de millions de personnes en Afrique et en Asie était inévitable.

Avec ses recherches, Borlaug réussit à développer des variété de blé à haute productivité qui permirent au Mexique, à l’Inde, au Pakistan, à la Chine et à diverses autres nations d’alimenter leur population. Entre 1950 et 1992, la production mondiale de céréales passa de 692 millions de tonnes à 1,9 milliards, représentant une augmentation de 175%, alors que l’extension des surfaces utilisées pour leur culture augmentait de moins de 2%. Il introduisit également une série d’innovations. Lui et ses collègues plantèrent et croisèrent des milliers de variété de blé à travers le monde pour obtenir de nouvelles variétés résistantes aux maladies, ce qui augmenta la productivité de 20 à 40%. Ensuite, il élabora une variété naine qui ne pliait pas sous les engrais répandus en grandes quantités. Il inventa également la techniques des récoltes-ponts, plantant deux fois par an au lieu d’une dans différentes régions du Mexique. La possibilité d’avoir deux récoltes par an réduit le temps requis pour développer une nouvelle variété de blé. Et comme les régions choisies possédaient des climats différents, les variétés résistantes aux maladies purent s’adapter à des terres, des latitudes et des altitudes différentes.

Ainsi explosa la production agricole mexicaine et les mêmes techniques furent ensuite appliquées et adaptées dans d’autres régions du monde. Sans cette plus grande productivité agricole, des millions de personnes seraient mortes de faim, ou pour les nourrir il aurait fallu augmenter de manière spectaculaire les surfaces de terres agricoles, détruisant forêts et animaux et freinant l’expansion urbaine et commerciale. Borlaug se souvient sans rancoeur des absurdes obstacles placés devant l’introduction de variété de plantes à haute productivité : chaos bureaucratique, opposition des vendeurs locaux de semences et siècles de coutumes, d’habitudes et de superstitions des paysans.

Or nous devons continuer à augmenter la productivité agricole, de la même manière que nous devons combattre les obstacles à l’innovation. Pour cette raison, Borlaug a consacré son temps à assurer le succès de l’équivalent pour le 21e siècle de la révolution verte : les aliments génétiquement améliorés. Cette deuxième vague promet des progrès similaires, nous offrant la possibilité de nouveaux sauts dans la productivité et la meilleure utilisation des produits chimiques et des insecticides dans l’agriculture. Malheureusement, les extrémistes des divers mouvements écologistes font tout leur possible pour empêcher le progrès scientifique. Pour Borlaug, la chose était claire : si les opposants aux transgéniques l’emportent, ils précipiteront dans la famine et la mort les millions de gens pronostiqués il y a quarante ans.

L’homme qui nourrit le monde, tel est le titre (The Man Who Fed the World) de la biographie consacrée à Norman Borlaug par Leon Hesser.
Voir les commentaires (5)

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  • Ce n'est pas la science qui pose problème, mais parfois ceux qui s'en servent.
    Des individus capables d'innover et de créer des produits qui améliorent la vie des gens sont tout ce qu'il y a de plus admirable.
    Mais si on prend l'exemple des semences, une entreprise comme Monsanto (oui je sais, encore eux), par son hégémonie et ses motivations pas forcément "altruistes", peut se permettre un contrôle très large du marché, avec des conséquences plus ou moins acceptables.
    Ils peuvent en l'occurrence se mettre à vendre des semences donnant des produits stériles, afin que les agriculteurs ne puissent se servir des graines pour les récoltes suivantes et soient ainsi obligés de racheter l'intégralité à Monsanto, tous les ans.

    Et avec le projet de loi S510 (http://www.contrepoints.org/2010/12/24/9682-le-lobby-alimentaire-prend-le-controle-aux-etats-unis ), on peut craindre que tout cela empire.

    Si au final les consommateurs ne sont plus LIBRES de manger ce qu'ils souhaitent, ils y a comme un bug dans le processus libéral…

    • Et dans l'exemple que vous reprenez chez nous , S510, en quoi une intervention étatique illégitime est-elle un bug dans le processus "libéral" ? Savez-vous ce qu'est le libéralisme ou vous contentez vous à ce sujet des âneries qu'on entend dans les médias et les salles de classe ?

  • Je me suis sans doute mal exprimé !

    Cette intervention étatique est évidemment en opposition totale avec les principes fondamentaux du libéralisme (liberté individuelle, liberté d'entreprendre, etc.)
    Mais si on revient à un exemple comme celui de Monsanto, il s'agit d'une entreprise dont les pratiques commerciales perverses (je vous vends ma semence, vous n'avez pas le droit d'en acheter une autre, je vous vends mon engrais, mon herbicide et vous vendez votre récolte aux distributeurs que je possède, au prix que je fixe) nous éloignent légèrement du principe de libre concurrence.

    Et si j'ai mentionné le projet de loi S510, c'est pour dire qu'il ne fera que servir les intérêts d'un groupe comme celui-ci, au détriment de tous les autres.

    • Bien. Si Monsanto n'a pas recours à la puissance publique (ou à des caïds) pour acquérir des rentes et des patentes, on a du mal à voir pourquoi, contrairement aux pleurnicheries alter-comprenantes, quiconque serait forcé de travailler avec eux. Si, par contre ils obtiennent des législation qui leur crée un coussinet confortable de rente ou de patente, là c'est clairement ce contre quoi lutte le libéralisme. A ce stade de notre petit débat, je ne vois pas le problème.

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