Reding contre Lellouche, 2e round

Pierre Lellouche (Crédits France Diplomatie, licence Creative Commons)

Le commissaire de l’UE à la justice n’est pas exactement la préférée du gouvernement français

Suite à la fameuse querelle sur la déporatation des Roms, le commissaire de l’UE à la justice Viviane Reding n’est pas exactement la préférée du gouvernement français.

Mais il y a à Paris, semble-t-il, une personne qui ne supporte vraiment pas Mme Reding : le ministre aux affaires Européennes Pierre Lellouche. Et voilà que ces deux là s’empoignent à nouveau. Cette fois-ci le désaccord concerne la proposition Franco-Allemande de modifier le traité de Lisbonne pour autoriser le défaut des pays de la zône Euro en situation difficile.

Dans une interview à Die Welt, publiée aujourd’hui mais dont des extraits circulaient déjà hier, Mme Reding a déclaré :

Il me semble complètement irresponsable de mettre sur la table ces chimères à propos de nouveaux traités.

Rejeter comme « complètement irresponsable » une proposition émanant des deux Etats membres les plus puissants de la zone Euro, c’est fort de café pour un membre de la commission. Mais au cas ou quiconque n’aurait pas encore capté le message, Viviane a ajouté :

Les décisions [dans l’UE] ne se prennent pas à Deauville [où Merkel et Sarkozy se sont mis d’accord pour un changement de traité la semaine dernière] mais à 27 et à l’unanimité. La France et l’Allemagne sont les deux pays qui ont sabordé la première version du pacte de stabilité en 2004 et en 2005. L’Euro a subi une crise grave depuis cette date, mais il semble que certains n’ont pas encore appris la leçon […] Nous devons cesser de détruire ce que proposent les institutions Européennes.

Lellouche qui lui même ne recule pas devant les propos musclés, n’a pas perdu son temps pour répondre. S’adressant au sénat Français hier, il a dit :

Quand on est commissaire Européen, et qui plus est vice président de la commission, est-il concevable de qualifier le président de la république Française et le chancelier de la république fédérale d’Allemagne, d’irresppnsables?

Bon, d’accord, mais Lellouche voulait encore lancer une pique.

Franchement, les mots utilisés par ce commissaire [il évite de prononcer son nom, tout comme l’avait fait Sarkozy à l’occasion de sa dispute avec Barroso le mois dernier] pour dénigrer les propositions Franco-Allemandes sont inacceptables. Ils sont de la même étoffe que le ton insultant, que je n’oublierai pas, contre la France, qu’elle a utilisé elle même sur la question des Roms.

Vivement le 3ème round.

Un article repris du Blog d’Open Europe avec son aimable autorisation.