COP22 : panique chez les Fluffies

Publié Par h16, le dans Édito

Si l’élection de Donald Trump ouvre, comme on le dit avec Hollande, « une période d’incertitude » (surtout pour lui), elle provoque aussi un enchaînement de petits cataclysmes rigolos dans le Camp du Bien dont il serait idiot de ne pas se réjouir. Parmi ces rebondissements goûtus, l’impact de cette élection sur la lutte contre le réchauffement climatique est à noter.

Avec Trump élu, c’est toute la clique verte qui vient de se prendre une claque : ce qui était devenu facile en huit ans d’administration Obama, entièrement, tendrement, amoureusement, et intégralement acquis à la cause réchauffiste, devient soudainement compromis par l’arrivée d’un Poil de Carotte irritant, et surtout résolument climato-sceptique.

Pire encore : outre l’aspect totalement inattendu (ou presque) de son élection, l’embarrassant homme d’affaires débarque dans le paysage politico-écologique en pleine COP22 !

oh noes

Pourtant, tout avait bien commencé. La conscientisation des esprits ronronnait tranquillement, de petits articles orientés en calculs consternants, montrant avec luxe détails ridicules qu’un Paris – New-York en avion équivaut à la fonte de 3 mètres cube de glace en Arctique (les pingouins ne vont plus pouvoir se blottir les uns contre les autres, c’est troporribl).

Malheureusement, l’accession de Trump au pouvoir lève pour les participants à la réunion « Petits Fours & Discours Grandiloquents » COP22 le spectre d’un gros changement dans la politique américaine, d’une baisse drastique des juteux financements qui ont jusqu’à présent permis à la propagande carbono-réchauffiste de se répandre dans toutes les oreilles et devant tous les yeux.

En effet, comme l’explique assez bien un récent article de Contrepoints, le nouveau président américain a clairement fait figurer l’abandon des agitations onusiennes financées par le contribuable américain pour lutter contre le réchauffement climatique, que Trump qualifie de canular, et il a même été jusqu’à placer cet abandon dans les mesures à prendre d’urgence, dans les cent premiers jours de sa présidence (et donc, entre janvier et avril 2017). On n’a pas de mal à imaginer quelques difficultés de déglutitions de nos éco-conscients, entre deux petits fours, lorsqu’ils ont appris l’improbable élection…

Qu’à cela ne tienne, cependant : après tout, ce n’est que le président des États-Unis, et même si ses promesses en matière de climat sont particulièrement limpides et sans la moindre ambiguïté, moyennant le bon battage médiatique, certains ne désespèrent pas le faire revenir à la raison, c’est-à-dire les bonnes conclusions imposées par tous sur le sujet :

« Il verra les réalités, il verra les catastrophes. (…) Il aura le temps de remettre les bonnes idées [sur la table] et n’appliquera pas ce qui a été dit dans la campagne. »

On ne s’embarrassera pas de notions comme celle de la démocratie qui met des gens au pouvoir sur un programme donné, puisqu’au final, tout le monde sait qu’on va remettre les bonnes idées sur la table et oublier celles du programme.

L’un des pompons de démocrates en peau de lapin reste bien évidemment détenu par une Française, et nulle autre que notre ministre de la Verdure et des Petits oiseaux qui gazouillent, Ségolène Royal. Si, pour d’autres, il va falloir convaincre Trump de ne pas appliquer ce pourquoi il s’est engagé, ce pourquoi des gens ont voté pour lui, et ce pourquoi il a été élu, pour Royal, en revanche, la question n’est même pas là : « il ne pourra pas, contrairement à ce qu’il a dit, dénoncer l’accord de Paris », scrogneugneu et non mais et puis quoi encore. En somme, il pourra bien gesticuler comme il veut, l’accord de Paris entrera en vigueur, un point c’est tout.

Ah, qu’il est simple, le monde des Bisounours Autoritaires Qui Syntonisent Grave Avec Gaïa ! Si vous êtes d’accord avec eux, tout va bien et vous pourrez même reprendre des petits fours. En revanche, si vous vous opposez à la marche cadencée qui doit tout tendrement écraser sur son chemin, vous serez (aimablement) écrabouillé. Ou, si vous n’êtes que le président des États-Unis, on se contentera de vous ignorer superbement. Dans le respect démocratique et du vivrensemble, bien entendu.

royal : la crisitude

Pourtant, ma pauvre Ségolène, si, si, Donald a bien le pouvoir de mettre ton bel accord à la poubelle. D’une part, il lui suffit de défaire ce que Barack a fait, et c’est d’autant plus facile que le président sortant n’a pas fait passer ce traité devant le Congrès. Et pour cause, ce Congrès, républicain, y est majoritairement opposé. Et d’autre part, Barack n’ayant utilisé qu’un décret, Trump n’aura aucune difficulté à l’annuler, d’autant qu’il est lié a une agence (l’EPA) que le nouvel arrivant entend bien sinon dissoudre, au moins affaiblir grandement.

Évidemment, à ce stade de la politique américaine, la question reste posée de savoir si Donald Trump le fera effectivement. Il faut comprendre qu’il a en face de lui tous les lobbyistes du réchauffement climatique anthropique, tous les médias largement acquis à cette cause et une partie non négligeable des scientifiques dont les subventions de recherches dépendent ultimement de leur soutien au dogme officiel.

Trump devra aussi composer avec l’opinion publique. Si, au niveau des États-Unis, une majorité des Américains rejette à présente l’idée qu’il y aurait un consensus scientifique, il en va en revanche un peu différemment en Europe dont la population semble absolument vouloir reléguer toujours plus de ses libertés aux institutions politiques diverses et variées, locales, nationales ou transnationales, pour éviter que le ciel ne lui tombe sur la tête. L’émotivité des uns et des autres reste de toute façon grande qui confondent allègrement climat et lutte contre la pollution, CO2 et polluants.

Difficile dans ce contexte de savoir si le nouveau président américain aura le courage de tenir l’une de ses promesses de campagne. En revanche, on peut estimer bien plus modeste celui qu’il faudra rassembler pour envoyer paître les accords de Paris, et mortifier la pauvre Ségolène.

Ce serait une excellente chose (mortifier Ségolène et laisser tomber les accords de Paris) : ces idioties coûtent cher et n’ont que trop duré.

pollution
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Sur le web

  1. Le pire, c’est que à chaque fois que le « camp du bien » affiche clairement ses priorités : tout pour l’écologie, rien contre le chômage, les extrêmes (droite ou gauche) engrangent évidemment des intentions de vote.

  2. Quelle excellente nouvelle pour le pragmatisme et le débat argumenté que cette élection de TRUMP ! Nous allons enfin pouvoir sortir des discours lénifiants et prédigérés des bien-pensants khmers verts et peut-être même enfin accepter quelles vérités chiffrées n’allant pas dans le sens du discours officiel.
    Parce que, entre la foldingue du Poitou et Donald, il n’y a pas l’ombre d’un doute sur qui gagnera le duel.
    Ce mec aura au moins réussi a amener une vraie fraicheur dans le débat politique, à casser un plan si bien huilé et à faire plonger dans la dépression l’ensemble de la classe médiatico-politique française, et ça c’est jouissif !

    1. je reconnais avoir avoué j’aimerais bien voir trump élu que rien que vous voir cela…c’est l’avantage de voir ça de france…

      1. Pas seulement de France, je suis aux USA et beaucoup de nous sont plus positifs que négatifs car outre les théories réchauffantes pas mal des discussions mises sous clés par les ténors de la pensée unique sont maintenant remises sur la table, même pas peur!

    2. Ouaip il est clair que la Trumpitude l’emporte haut la main sur la bravitude ….

  3. L’article du huffpost ne parle pas de 3 mètres cubes mais de 3 mètres CARRÉS 😨
    Le type qui a écrit ça ne comprend même pas de quoi il parle, c’est consternant !
    Sinon dans la série des andouilleries climatique, j’ai vu que « léscientifik » prevoient (comme tous les ans) l’été le plus chaud de tous les temps pour 2017. J’espère pour eux qu’ils ont de meilleurs previsionnistes que ceux qui ont planché sur les élections américaines 😆
    Quelle bouffée d’air que l’élection de monsieur Trump, qu’est-ce qu’on se marre 😁

    1. L’article de Science n’est disponible en ligne que sur abonnement. Je vous copie le résumé ci-dessous. En clair et dans la langue de Molière: les auteurs ont examiné les données disponibles sur la superficie de banquise arctique à la mi-septembre. Ils ont mis ces données en relation avec les chiffres d’émission de CO2 (naturel ou produit par l’homme? ce n’est pas pas précisé dans le résumé). Ils ont mis en évidence une corrélation. En prolongeant la tendance ils estiment que la banquise sera détruite lorsqu’on aura émis 1000 Gt de CO2.

      Et comme on pouvait s’y attendre, nos amis les journalistes confondent allègrement corrélation et causalité…

      Arctic sea ice is retreating rapidly, raising prospects of a future ice-free Arctic Ocean during summer. Because climate-model simulations of the sea-ice loss differ substantially, we used a robust linear relationship between monthly-mean September sea-ice area and cumulative carbon dioxide (CO2) emissions to infer the future evolution of Arctic summer sea ice directly from the observational record. The observed linear relationship implies a sustained loss of 3 ± 0.3 square meters of September sea-ice area per metric ton of CO2 emission. On the basis of this sensitivity, Arctic sea ice will be lost throughout September for an additional 1000 gigatons of CO2 emissions. Most models show a lower sensitivity, which is possibly linked to an underestimation of the modeled increase in incoming longwave radiation and of the modeled transient climate response.

      1. Merci pour votre réponse. Je n’ai pas tout compris sauf que je me suis trompé sur l’histoire des mètre carrés… je ne suis pas scientifique mais ce n’est pas un peu curieux de parler de fonte de glace en termes de superficie et pas de volume ? Je suppose que la banquise n’a pas la même épaisseur partout… si vous pouviez m’éclairer sur ce point merci.

        1. L’épaisseur de la banquise saisonnière est de 1m en fin d’été à 10 ou 20 cm près.
          En fait on devrait parler de « latitude libre de banquise en un point donné » (72°20’30N par exemple) en fonction des longitudes (60°18’50W par exemple) mais comparativement c’est plus facile de parler de surface et de comparer celles-ci d’une année sur l’autre.

          La banquise pérenne est d’épaisseur supérieure à 3-4m. Quand dans des films on voit des sous-marins en remontée rapide défoncer la banquise, ce qui est assez spectaculaire, il s’agit bien de la banquise saisonnière : aucun risque, le sous-marin supporte des contraintes bien plus énormes quand il est à une profondeur de 5 ou 600m par exemple. Idem pour les brise-glaces qui grâce à leur inertie due à la vitesse se contentent en fait de propager des fissures dans la banquise : un choc et ça pète sur 1km de long. Mais un brise glace qui se fait piéger à l’arrêt attendra l’été.

        2. D’un point de vue physique la quantité d’énergie pour faire fondre la glace est une question de masse, donc de volume plutôt que de superficie, donc votre première réaction est parfaitement logique. Après, si on fait des hypothèses sur l’épaisseur moyenne de la banquise, on peut très bien faire les calculs avec la superficie.

          Surtout, les auteurs de l’article de Science travaillent avec les données dont ils disposent. Il est beaucoup plus facile de mesurer la superficie de la banquise (sur des photossatellite par exemple) plutôt que son épaisseur, son volume, ou sa masse.

  4. « le réchauffement climatique »… ça n’existe pas! Il n’y a que des échauffés du climat.

  5. Trump est un pragmatique, je l’avais écrit sur ce site il y a une semaine, il ne faut pas prendre à la lettre ses promesses électorales, et c’est tant mieux. Obama m’a d’ailleurs honteusement copié dans son dernier discours jugeant du président élu. ☺
    Quoiqu’il en soit j’ai une certitude, Trump ne reviendra pas sur ces menaces sur sa politique en matière de climat.
    D’abord il a le soutien total de son parti, du Sénat et de la Chambre des représentants sur ce sujet, l’un des seuls oú les pouvoirs convergent.
    Il a également besoin de d’infléchir la politique énergétique, sauf à trahir ses soutiens populaires.
    Nos écolos devront taper dans une autre poche !

    Quant à notre Sego elle a doctement déclaré hier à la COP que les 2000 plus grands scientifiques du climat affirmaient qu’il y a bien réchauffement climatique du fait des activités humaines et même que ça chauffait plus que prévu. Ouf, bientôt la retraite.

  6. Très bien ! Bravo !
    on peut ajouter la fin annoncée du scandale du financement de cette ineptie qu’est le Global Alliance on Clean Cookstoves, GACC, tant critiquée par le NY Times….
    La GACC,grace a la FONDATION CLINTON promeut « de force » , que les pays en développement doivent continuer à cuisiner au bois, avec des réchauds soit disant améliorés (+5% d’amélioration), car le bois est du RENOUVELABLE, histoire de continuer à Déforester l’Afrique, de réduire les puits de captage du CO2 (la forêt), de détruire la biodiversité, et de convaincre que seuls les barbecues fumeux est ce qui convient le mieux aux Africains.
    Un vrai scandale, car les gouvernements Africains n’en veulent pas…. mais sont obligés de singer ce mécanisme pour recevoir de l’argent (en particulier le SE4ALL de l’ONU, United nation sustainable energy for all program).

  7. H16: Le nouveau président américain a clairement fait figurer l’abandon des agitations onusiennes financées par le contribuable américain pour lutter contre le réchauffement climatique

    Radio Suisse, interview:
    Un type explique pendant 10 minutes tous les gaïa-dégâts que cet abandon ferait subir, j’écoute d’une oreille distraite l’énumération du nombre de bébés phoque aux-yeux-noyés-de-larmes qui vont être tout mort. On y apprend entre autres que l’ONU est responsable à elle toute seule de la lutte contre la misère, la mort, le big crunch, enfin bref…

    Le type embraie sur le financement : 80% payé par les muricains ? Mazette ! Son discours devient d’autant plus clair qu’il continue sur les pauvres bureaucrates (dont il fait partie) qui vont devoir aller gratter la terre pour manger du pissenlit. « Vous vous rendez compte !? »

    Le bébé phoque sèche ses larmes, allume un gros cigare et se sert un whisky (avec trois glaçons), désabusé.

  8. Amusant, cette année Juillet 2016:
    Voguant vers le pôle Nord, le « Polar Ocean Challenge » s’était engagé dans une campagne de deux mois qui devait apporter la preuve de la fonte des glaces dans le Grand Nord, en montrant qu’il est possible de passer dans les zones jusqu’ici bloquées y comprises en été.
    Le navire a dû arrêter sa course, en raison de l’amoncellement de glace près de Mourmansk en Russie, faute de montée des températures suffisantes pour provoquer la fonte annoncée… ou espérée ?
    En définitive, la plupart des segments de la route que prétendait emprunter le navire scientifique sont restés impraticables depuis le début de l’été.

    Pas un mot dans les médias officiels…On nous a même annoncé l’été le plus chaud de tous les temps….

    Du pouvoir de la désinformation….

    1. Oui, extrait d’un article :

      « There has been one small hiccup thus-far though: they are currently stuck in Murmansk, Russia because there is too much ice blocking the North East passage the team said didn’t exist in summer months, according to Real Climate Science.
      Real Climate Science also provides a graph showing that current Arctic temperatures — despite alarmist claims of the Arctic being hotter than ever — is actually below normal. »

      Real Climate Science nous aurait menti ?

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