Comment protéger efficacement votre or à la maison

Publié Par Anthony Alberti, le dans Monnaie et finance

Par Anthony Alberti.
Un article de L’Or et l’Argent.com

Au-delà de la volonté d’échapper aux éventuelles politiques confiscatoires des États désireux de renflouer leurs propres caisses, l’une des préoccupations immédiates de celui qui conserve ce métal à son domicile c’est encore de protéger son or le plus efficacement possible, et pas seulement contre les voleurs.

Même s’il est souvent préférable de confier son or à des entreprises spécialisées qui le conserveront dans des coffres à l’abri des outrages du temps comme de la convoitise des voleurs ou même d’éventuelles catastrophes, beaucoup de détenteurs du précieux métal préfèrent encore disposer de leurs pièces, voire de leurs lingots, à la maison. Les raisons, parfaitement légitimes, sont nombreuses : protection contre la confiscation, disponibilité immédiate en cas de coup dur, discrétion, méfiance à l’égard des banques, etc. Il peut également s’agir de pièces, de bijoux ou d’objets anciens obtenus par héritage, cadeau ou donation et dans ce cas, la valeur sentimentale vient s’ajouter à la valeur économique, rendant encore plus évidente la conservation chez soi.

Néanmoins, pour ceux qui choisissent cette solution, la question de la sécurité devient très vite une préoccupation importante. En effet, si la première crainte reste le vol, d’autres risques existent qui sont susceptibles d’amputer la valeur de leur patrimoine doré… voire de le faire disparaître.

Protéger son or du temps qui passe

Les collectionneurs de pièces ou ceux qui possèdent des bijoux se sentiront sans doute moins concernés par cette précaution, qui concerne davantage les détenteurs de pièces d’investissement dont la valeur dépend directement de la préservation de leur état neuf. En effet, l’or étant un métal fragile, il souffre rapidement des manipulations répétées, il se raye facilement, voit ses reliefs s’estomper sous la pression, s’écraser même parfois… Bref, il faut peu de temps à une pièce d’or pour perdre de son lustre neuf, même si sa brillance et ses qualités intrinsèques resteront, quant à elles, quasiment éternelles. Pour les pièces d’argent, c’est d’autant plus criant qu’elles ont en outre tendance à noircir à l’air libre.

Pour toutes ces raisons, certains professionnels de la vente de pièces d’investissement proposent des étuis individuels, parfois même scellés autour des pièces vendues, dans le but de garantir un parfait état de conservation et de préserver les pièces dans leur état neuf ou d’origine. Ainsi, la revente est assurée au meilleur prix et, pour peu que les emballages sécurisés intègrent un système de traçabilité et d’identification infalsifiable, ces protections garantissent également l’authenticité des pièces.

Protéger son or du vol et des catastrophes

Le cambriolage reste la principale crainte de ceux qui conservent leur or à domicile, mais un incendie, un séisme ou tout autre catastrophe naturelle peuvent également faire disparaître un « trésor » mal protégé. Sur internet, on voit souvent des sites qui proposent des astuces pour cacher son or ou ses bijoux à la maison.

On peut par exemple citer cette méthode qui consiste à évider une grosse bougie d’ambiance afin d’y déposer son trésor avant de sceller la cachette avec un bouchon de cire. L’idée est amusante mais pendant combien de temps ce « coffre parfumé » résistera-t-il à un incendie, par exemple ? La boîte étanche dans la chasse d’eau ou le compartiment à glaçons du réfrigérateur est également un grand classique… qui est connu des voleurs même les moins doués depuis des dizaines d’années. Enfin, les offres pullulent proposant à la vente de prétendus « coffres-forts » à partir d’une centaine d’euros (et parfois moins) qui ne sont en réalité que de vulgaires boîtes en fer-blanc qu’un enfant un peu astucieux pourra réussir à forcer avec un simple tournevis. Bref, à moins de vouloir perdre son temps et son argent, ce genre de solution est généralement à proscrire.

Pour les détenteurs d’or les plus sérieux (et les plus riches aussi !), le coffre-fort reste évidemment une valeur sûre. À condition toutefois de choisir du matériel professionnel (fuyez les magasins de bricolage et autres supermarchés), c’est-à-dire au moins de catégorie IV, doté d’un système d’ouverture à retardement avec système d’alarme relié avec l’extérieur, corps renforcé et totalement étanche pour résister à toute tentative d’effraction mais aussi au feu, à l’eau, aux explosifs, etc. L’ennui, c’est que ce genre de coffre ne se trouve pas à moins de 5000 euros, et le prix peut grimper à 12 ou 15000 en fonction de la taille, de l’épaisseur, mais aussi de l’assurance qui les accompagne généralement et qui couvre les « sinistres » éventuels à hauteur, parfois, de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Le bon sens avant tout

Toutefois, une telle solution risque bien de ne pas convenir du tout à la très grande majorité de ceux qui conservent « seulement » quelques milliers d’euros de pièces ou de bijoux à la maison. Dans ce cas, il faut souvent privilégier l’astuce et le bon sens. Pour protéger son or, on oublie donc les bougies parfumées et on opte plutôt pour la bonne vieille cachette sous le plancher, derrière une plinthe ou encore à l’intérieur d’un mur qu’on pourra ensuite tout simplement carreler.

Les possibilités sont infinies, et à chacun ses méthodes, mais dans l’idéal il est recommandé de multiplier les cachettes et d’y placer à chaque fois une petite partie seulement de vos objets précieux. Ainsi, en cas de vol, le risque est beaucoup moins grand de voir disparaître l’intégralité de vos biens. Dans la plupart des cas, en effet, une fois qu’il aura déniché une cachette, le voleur préfèrera s’enfuir avec le butin qu’il y aura trouvé plutôt que de repartir à la recherche d’un nouvel endroit dans la maison.

Enfin, n’oubliez pas que la meilleure sécurité c’est la discrétion, y compris avec vos proches ou vos enfants, ces derniers pouvant par ailleurs révéler tout à fait innocemment l’endroit où « papa et maman ont caché un trésor ». Et si vous craignez que l’information disparaisse avec vous en cas de décès, laissant vos héritiers totalement démunis, vous pouvez révéler l’emplacement de vos cachettes dans un document que vous déposerez chez un notaire, en même temps que votre testament par exemple. Une précaution qui viendra également en complément d’un testament numérique qui vous assurera, quant à lui, d’une bonne succession pour vos comptes et de vos dépôts d’or gérés à distance.

Sur le web

  1. Être, comme Harpagon, prisonnier de son magot, vivre dans la crainte, à l’égard même de ses propres enfants. Drôle de conception de la liberté.

    « Ne vous thésaurisez pas des trésors sur la terre, où mites et vers détruisent, et où voleurs percent et volent… »

    1. paroissien: vivre dans la crainte, à l’égard même de ses propres enfants. Drôle de conception de la liberté.

      La liberté c’est aussi ne pas risquer d’être jeté à la rue sans ressources du jour au lendemain parce que des tiers irresponsables détiennent les clés de votre existence. Comme les fourmis ou les écureuils, on stock et on n’y pense plus, on ne vit justement plus dans la crainte.

      Je suis indépendant, j’ai vécu avec le risque de tout perdre pendant des années, j’ai même frôlé la pauvreté et la déprime à plusieurs reprises. Ça a bien tourné à force de travail et j’ai eu de quoi mettre pas mal de côtés, le confort moral et le sentiment de liberté est sans pareil.

      C’est l’été et vous chantez ? Serez-vous encore libre en hiver ?

  2. Ne pas oublier de placer de la limaille de fer pour brouiller les détecteurs de métaux. Cordialement.

  3. oui, ne pas oublier de laisser un document indiquant où est caché l’or (surtout si le « trésor » est destiné à ses descendants…! En cas d’accident brutal, les héritiers pourraient tout jeter sans le savoir !

  4. Ne pas oublier qu’en cas d’émeutes, de guerre civile, d’agression organisée, ou de guerre tout court, on peut se trouver exproprié, expatrié, etc. Bref, avoir de l’or chez soi planqué dans un mur ne permet pas d’en disposer rapidement en cas d’urgence…

    Mieux vaut presque l’enterrer en forêt ou à la campagne. Pas une forêt d’exploitation de bois, plutôt une forêt de chasse. Un petit massif montagneux stable, voire un bloc de béton immergé dans une calanque, un lac, près d’un pilier de pont, etc.
    La « carte au trésor peut alors être confiée à un notaire, ou mieux, a un avocat d’un pays étranger.

    En fait, les bonnes questions à se poser sont de savoir ce qui se passerait en cas de coup dur :
    – home jacking (si, ça arrive) avec menace sur le conjoint, les enfants, etc. Les réponses doivent être automatiques, immédiates, de bonne foi…
    – faillite du prestataire spécialisé dans le négoce d’or (préférer un prestataire spécialisé dans le stockage hors France et hors réseau bancaire, régi par une législation dédiée, type Suisse)
    – besoin de récupérer tout ou partie de son or rapidement et si possible facilement (abattre un mur, déclouer un parquet, ça prend du temps)
    – possibilité de revente ou de négoce rapide de son or (pas évident en temps de crise)
    – nécessité de transporter son or discrètement (c’est lourd, ça sonne dans les portiques de sécurité, etc)

    Enfin, se pose la question : si j’étais cambrioleur et que j’avais le temps, où est-ce que je chercherais ? Et éviter bien entendu comme cachette toutes les réponses que l’on donnerait à cette question !

  5. Pour ceux qui ont un jardin le mieux c’est enterrer son or….et le dire a quelqu’un ou du moins laisser des instructions aux descendants. Quand on voit le nombre de magots perdus et retrouvés 50 ans après on se demande pourquoi personne ne prend cette précaution!

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