Les meilleures citations de Frédéric Bastiat

Publié Par Institut Coppet, le dans Histoire de l'économie

Un article de l’Institut Coppet

Frédéric Bastiat (image libre de droits)

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COMMERCE INTERNATIONAL — La différence des coûts de production dans l’échange international : « — Si l’on vous dit : Les terres de Crimée n’ont pas de valeur et ne paient pas de taxes. Répondez : Le profit est pour nous qui achetons du blé exempt de ces charges. — Si l’on vous dit : Les serfs de Pologne travaillent sans salaire. Répondez : Le malheur est pour eux et le profit pour nous, puisque leur travail est déduit du prix du blé que leurs maîtres nous vendent. » IV, p.254

CYCLES ÉCONOMIQUES — À une première phase d’abondance anormale des capitaux succède un resserrement du crédit et une crise : « Sans doute, les quatre époques des grandes crises, semblables à celles dont nous sommes témoins aujourd’hui, sont celles où le mal se manifeste ; mais les trois époques de prospérité anormale sont celles où il se prépare. Dans celles-ci, l’énorme épargne, que le pays réalise dans l’achat des subsistances, accumule des capitaux considérables dans les banques et aux mains des classes industrielles.

Ces capitaux ne trouvent pas immédiatement un emploi profitable. De là un agiotage effréné, un téméraire esprit d’entreprise ; opérations lointaines et hasardeuses, chemins de fer, usines, tout se développe sur une échelle immense, et comme si l’état de choses actuel devait toujours durer. Mais les époques de cherté surviennent, et alors il se trouve qu’une grande partie du capital national a été aussi certainement englouti que si on l’eût jeté dans la mer. » II, p.56-57

« Tout le monde veut vivre aux dépens de l’État, et on oublie que l’État vit aux dépens de tout le monde. »

DÉFICIT — Pourquoi y a-t-il un déficit permanent : « Pourquoi nos finances sont-elles dérangées ? » — « Parce que, pour les Représentants, il n’y a rien de plus facile que de voter une Dépense, et rien de plus difficile que de voter une Recette. » …. « J’en sais encore une raison. » « Tout le monde veut vivre aux dépens de l’État, et on oublie que l’État vit aux dépens de tout le monde. »  V, p.447

DÉPENSES PUBLIQUES — Compatibilité avec la liberté : « Lourd budget et liberté sont incompatibles. » IV, p.153

DÉPENSES PUBLIQUES  — On ne peut pas les diminuer sans heurter certains intérêts : « L’idée de réaliser des économies sans froisser personne implique contradiction. » V, p.440

« Le plus pressé, ce n’est pas que l’État enseigne, mais qu’il laisse enseigner. »

ÉDUCATION — Contre le monopole de l’enseignement : « Le plus pressé, ce n’est pas que l’État enseigne, mais qu’il laisse enseigner. Tous les monopoles sont détestables, mais le pire de tous, c’est le monopole de l’enseignement. » V, p.93

ÉTAT — Ce que veut dire la gratuité de l’État : « On parle beaucoup, depuis la République, de crédit gratuit,d’instruction gratuite. Mais il est clair qu’on enveloppe un grossier sophisme dans ce mot. Est-ce que l’État peut faire que l’instruction se répande, comme la lumière du jour, sans qu’il en coûte aucun effort à personne ? Est-ce qu’il peut couvrir la France d’institutions et de professeurs qui ne se fassent pas payer de manière ou d’autre ?

Tout ce que l’État peut faire, c’est ceci : au lieu de laisser chacun réclamer et rémunérer volontairement ce genre de services, l’État peut arracher, par l’impôt, cette rémunération aux citoyens, et leur faire distribuer ensuite l’instruction de son choix, sans exiger d’eux une seconde rémunération. En ce cas, ceux qui n’apprennent pas payent pour ceux qui apprennent, ceux qui apprennent peu pour ceux qui apprennent beaucoup, ceux qui se destinent aux travaux manuels pour ceux qui embrasseront les carrières libérales.

« L’instruction est gratuite. Gratuite ! oui, pour quelques-uns de ceux qui la reçoivent, mais non pour ceux qui la payent, sinon au professeur, du moins au percepteur. »

C’est le Communisme appliqué à une branche de l’activité humaine. Sous ce régime, que je n’ai pas à juger ici, on pourra dire, on devra dire : l’instruction est commune, mais il serait ridicule de dire : l’instruction est gratuite. Gratuite ! oui, pour quelques-uns de ceux qui la reçoivent, mais non pour ceux qui la payent, sinon au professeur, du moins au percepteur. » VI, p.295 — « Il n’est rien que l’État ne puisse donner gratuitement à ce compte ; et si ce mot n’était pas une mystification, ce n’est pas seulement l’instruction gratuite qu’il faudrait demander à l’État, mais la nourriture gratuite, le vêtement gratuit, le vivre et le couvert gratuits, etc. Qu’on y prenne garde.

Le peuple en est presque là ; du moins il ne manque pas de gens qui demandent en son nom le crédit gratuit, les instruments de travail gratuits, etc., etc. Dupes d’un mot, nous avons fait un pas dans le Communisme ; quelle raison avons-nous de n’en pas faire un second, puis un troisième, jusqu’à ce que toute liberté, toute propriété, toute justice y aient passé ? Dira-t-on que l’instruction est si universellement nécessaire qu’on peut, en sa faveur, faire fléchir le droit et les principes ? Mais quoi ! est-ce que l’alimentation n’est pas plus nécessaire encore ? Primo vivere, deinde philosophari, dira le peuple, et je ne sais en vérité ce qu’on aura à lui répondre. » VI, p.295-296

« Ce pays est trop gouverné, voilà le mal. »

ÉTAT — Le problème de la France est qu’il y a trop d’État : « Ce pays est trop gouverné, voilà le mal. Le remède est qu’il apprenne à se gouverner lui-même, qu’il apprenne à faire la distinction entre les attributions essentielles de l’État et celles qu’il a usurpées, à nos frais, sur l’activité privée. Tout le problème est là. » V, p.487-488

ÉTAT — S’il veut tout faire les finances publiques seront dans le rouge : « Les finances publiques ne tarderont pas d’arriver à un complet désarroi. Comment pourrait-il en être autrement quand l’État est chargé de fournir tout à tous ? Le peuple sera écrasé d’impôts, on fera emprunt sur emprunt ; après avoir épuisé le présent, on dévorera l’avenir. » IV, p.313

ÉTAT — Son intervention permanente trouble toute activité économique : « Je vous avoue que l’avenir m’inquiète beaucoup. Comment l’industrie pourra-t-elle reprendre, quand il est admis en principe que le domaine des décrets est illimité ? Quand chaque minute, un décret sur les salaires, sur les heures de travail, sur le prix des choses, etc., peut déranger toutes les combinaisons ? » VII, p.382

« L’État pourrait être efficace dans la police et la justice, s’il ne s’occupait pas de mille préoccupations accessoires »

ÉTAT — L’intervention de l’État perturbe le signal des prix : « Sous le régime de la liberté, le résultat est là qui avertit à chaque instant si l’on fait ou non fausse route. Mais quand l’État s’en mêle, c’est tout différent ; car quoiqu’il ne puisse pas changer le résultat général et faire que la perte soit bénéfice, il peut fort bien altérer les résultats partiels et faire que les pertes de l’un retombent sur l’autre. Il peut, par des taxes plus ou moins déguisées, rendre une industrie lucrative aux dépens de la communauté, attirer vers elle l’activité des citoyens, par un déplorable déplacement du capital. » II, p.33-34

ÉTAT — Il pourrait être efficace dans la police et la justice, s’il ne s’occupait pas de mille préoccupations accessoires : « Je ne suis pas un profond jurisconsulte, mais je crois véritablement que si le gouvernement était renfermé dans les limites dont je parle, et que toute la force de son intelligence, de sa capacité fût dirigée sur ce point-là : améliorer les conditions de sécurité des hommes, je crois qu’on pourrait faire dans cette carrière des progrès immenses. » V, p.492

« De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes, ni leurs bras. »

FONCTIONNAIRES — Plus il y en a, plus la liberté est compromise : « On ne peut multiplier les fonctionnaires sans multiplier les fonctions. Ce serait trop criant. Or, multiplier les fonctions, c’est multiplier les atteintes à la liberté. » II, p.478

FONCTIONNAIRES — Tout ce qui devient à leur charge ne progresse plus : « Tout ce qui est tombé dans le domaine du fonctionnarisme est à peu près stationnaire ; il est douteux qu’on enseigne mieux aujourd’hui que du temps de François Ier ; et je ne pense pas que personne s’avise de comparer l’activité des bureaux ministériels à celle d’une manufacture. » VI, p.549

GUERRE — Tempérament belliciste des journalistes : « De toutes les classes d’hommes, la plus belliqueuse c’est certainement celle des journalistes. Ils ont le bonheur de ne laisser sur le champ de bataille ni leurs jambes, ni leurs bras ; c’est le paysan qui est la chair à canon, et quant à eux, ils ne contribuent aux frais de la guerre qu’autant que leur coûtent une fiole d’encre et une main de papier. Il est si commode d’exciter les armées, de les faire manœuvrer, de critiquer les généraux, de montrer le plus ardent patriotisme, la bravoure la plus héroïque, et tout cela du fond de son cabinet, au coin d’un bon feu ! »  II, p.198

« Il est mauvais d’imposer des choses par la force à d’autres peuples »

IMPÉRIALISME — Il est mauvais d’imposer des choses par la force à d’autres peuples : « Et puis, comment se fait-il qu’il n’y ait pas assez d’impartialité, au fond de notre conscience nationale, pour comprendre combien nos prétentions à imposer une idée, par la force, blessent au cœur nos frères du dehors ? Quoi ! nous, le peuple le plus susceptible de l’Europe ; nous, qui, avec raison, ne souffririons pas l’intervention d’un régiment anglais, fût-ce pour venir ériger sur le sol de la patrie la statue de la liberté, et nous enseigner la perfection sociale elle-même ; quand tous, jusqu’aux vieux débris de Coblentz, nous sommes d’accord sur ce point qu’il faudrait nous unir pour briser la main étrangère qui viendrait, armée, s’immiscer dans nos tristes débats, c’est nous qui avons toujours sur les lèvres ce mot irritant : prépondérance ; et nous ne savons montrer la liberté à nos frères, qu’une épée au poing tournée vers leur poitrine ! Comment en sommes-nous venus à nous imaginer que le cœur humain n’est pas partout le même ; qu’il n’a pas partout la même fierté, la même horreur de la dépendance ? » V, p.451-452

« Que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres. »

IMPORTATIONS — Peu importe si l’étranger nous « inonde » de produits : « Supposez, si cela vous amuse, que l’étranger nous inonde de toutes sortes de marchandises utiles, sans nous rien demander ; que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres. » IV, p.57

IMPÔTS — Au-delà d’un certain niveau d’imposition, augmenter les impôts provoque une baisse des recettes : « Si un impôt est graduellement et indéfiniment élevé, par cela même qu’à chaque degré d’élévation il restreint un peu plus la consommation ou la matière imposable, un moment arrive nécessairement où la moindre addition à la taxe diminue la recette. » II, p.189 — « On se rappelle que la taxe s’élevant sans cesse, et la consommation diminuant à mesure, il arriva un moment où, en ajoutant 5 p. % au taux de l’impôt, on eut 5 p. % de moins de recette. » II, p.225

« Diminuer les impôts, voilà donc la première moitié du programme financier républicain. »

IMPÔTS — Conséquence de l’excès d’impôts : « Un tel impôt serait de la confiscation, et voyez les conséquences. Si, en fait, toute propriété était confisquée à mesure qu’elle se forme, qui est-ce qui se donnerait la peine de créer de la propriété ? On ne travaille pas seulement pour vivre au jour le jour. Parmi les stimulants du travail, le plus puissant peut-être, c’est l’espoir d’acquérir quelque chose pour ses vieux jours, d’établir ses enfants, d’améliorer le sort de sa famille.

Mais si vous arrangez votre système financier de telle sorte que toute propriété soit confisquée à mesure de sa formation, alors, nul n’étant intéressé ni au travail ni à l’épargne, le capital ne se formera pas ; il décroîtra avec rapidité, si même il ne déserte pas subitement à l’étranger ; et, alors, que deviendra le sort de cette classe même que vous aurez voulu soulager ? » II, p.475

IMPÔTS — Diminuer les impôts est la première exigence : « Diminuer les impôts (ce qui ne veut pas toujours dire diminuer les recettes), voilà donc la première moitié du programme financier républicain. » V, p.438

« La liberté n’existe plus quand le peuple est surtaxé »

IMPÔTS — La liberté n’existe plus quand le peuple est surtaxé : « Mais la question est précisément de savoir si un peuple surtaxé peut être libre, s’il n’y a pas incompatibilité radicale entre la liberté et l’exagération de l’impôt. Or, j’affirme que cette incompatibilité est radicale. » II, p.477

IMPÔTS — On ne peut pas réclamer beaucoup de l’État, et croire qu’il suffira de taxer les riches : « Imposer à l’État des attributions exorbitantes, et persuader qu’il pourra y faire face avec l’argent prélevé sur le superflu des riches, c’est donner au public une vaine espérance. » V, p.416 — « Mais lorsque l’État soutire à la nation le quart, le tiers, la moitié de ses revenus, il est réduit à agir de ruse, à multiplier les sources de recettes, à inventer les taxes les plus bizarres, et en même temps les plus vexatoires.

« On a essayé tant de choses, quand est-ce donc qu’on essayera la plus simple de toutes : la Liberté ? »

Il fait en sorte que la taxe se confonde avec le prix des choses, afin que le contribuable la paye sans s’en douter. De là les impôts de consommation, si funestes aux libres mouvements de l’industrie. Or quiconque s’est occupé de finances sait bien que ce genre d’impôt n’est productif qu’à la condition de frapper les objets de la consommation la plus générale.

On a beau fonder des espérances sur les taxes somptuaires, je les appelle de tous mes vœux par des motifs d’équité, mais elles ne peuvent jamais apporter qu’un faible contingent à un gros budget. Le peuple se ferait donc complètement illusion s’il pensait qu’il est possible, même au gouvernement le plus populaire, d’aggraver les dépenses publiques, déjà si lourdes, et en même temps de les mettre exclusivement à la charge de la classe riche. » II, p.475-476

LIBERTÉ — Il est temps de l’essayer : « On a essayé tant de choses, quand est-ce donc qu’on essayera la plus simple de toutes : la Liberté ? La liberté  de tous les actes qui ne blessent pas la justice ; la liberté  de vivre, de se développer, de se perfectionner ; le libre exercice des facultés ; le libre échange des services. » VI, p.125

« Malheur donc aux peuples qui ne savent pas limiter la sphère d’action de l’État. »

LIBERTÉ — Il faut la conserver, sans quoi tout disparait : « Malheur donc aux peuples qui ne savent pas limiter la sphère d’action de l’État. Liberté, activité privée, richesse, bien-être, indépendance, dignité, tout y passera. » IV, p.141

LIBERTÉ — C’est le dada de Bastiat : « Nous avons tous une idée chérie, un dada, en style shandyen. Mon idée chérie, pourquoi ne l’avouerais-je pas ? c’est la LIBERTÉ » V, p.431

LIBERTÉ — Elle est la cause du peuple : « La liberté commerciale, comme les autres, est la cause du peuple. » II, p.132

LIBERTÉ — Pas de milieu entre liberté et non-liberté : « Entre Liberté et Contrainte je ne vois pas de milieu. » V, p.61

LIBERTÉ — Il faut la fixer comme principe de la politique intérieure : « Il ne nous reste qu’à proclamer, comme principe de notre politique intérieure, LA LIBERTÉ, la liberté des arts, des sciences, de l’agriculture, de l’industrie, du travail, de l’échange, de la presse, de l’enseignement ; car la liberté est le seul système compatible avec un budget réduit. Il faut de l’argent à l’État pour réglementer et opprimer. Point d’argent, point de réglementation. » V, p.465

Problème : la France est trop habituée à être beaucoup  gouvernée

LIBERTÉ — Problème : la France est trop habituée à être beaucoup  gouvernée : « Nous sommes dans un pays habitué à être tellement gouverné qu’on ne peut s’imaginer qu’il puisse y avoir un peu d’ordre et de sécurité avec moins de réglementation. » V, p.489

LIBRE-ÉCHANGE — Si l’étranger paie moins d’impôts que nous, c’est une raison de plus d’ouvrir en grand nos frontières : « Mais je vais bien plus loin : je dis que, plus nos impôts sont lourds, plus nous devons nous empresser d’ouvrir nos ports et nos frontières à l’étranger moins grevé que nous. Et pourquoi ? Pour lui repasser une plus grande partie de notre fardeau.

N’est-ce point un axiome incontestable en économie politique, que les impôts, à la longue, retombent sur le consommateur ? Plus donc nos échanges seront multipliés, plus les consommateurs étrangers nous rembourseront de taxes incorporées dans les produits que nous leur vendrons. » IV, p.51

« Aujourd’hui on décrète que le salaire de tel genre de travail sera fixé ; qui peut prévoir le décret de demain, celui d’après-demain, ceux des jours suivants ? »

LOI — Elle est spoliatrice quand elle prend aux uns pour donner aux autres : « Comment reconnaître la spoliation ? C’est bien simple. Il faut examiner si la Loi prend aux uns ce qui leur appartient pour donner aux autres ce qui ne leur appartient pas. Il faut examiner si la Loi accomplit, au profit d’un citoyen et au détriment des autres, un acte que ce citoyen ne pourrait accomplir lui-même sans crime. » IV, p.354

LOI — L’inflation législative désordonnée empêche d’entreprendre : « Quel est en ce moment le hardi spéculateur qui oserait monter une usine ou se livrer à une entreprise ? Hier on décrète qu’il ne sera permis de travailler que pendant un nombre d’heure déterminé.

Aujourd’hui on décrète que le salaire de tel genre de travail sera fixé ; qui peut prévoir le décret de demain, celui d’après-demain, ceux des jours suivants ? Une fois que le législateur se place à cette distance incommensurable des autres hommes ; qu’il croit, en toute conscience, pouvoir disposer de leur temps, de leur travail, de leurs transactions, toutes choses qui sont des Propriétés, quel homme, sur la surface du pays, a la moindre connaissance de la position forcée où la Loi le placera demain, lui et sa profession ? Et, dans de telles conditions, qui peut et veut rien entreprendre ? » IV, p.287

« L’objectif doit être de changer l’opinion publique »

OPINION — L’objectif doit être de changer l’opinion publique : « Non, non, l’obstacle n’est pas au ministère, c’est tout au plus là qu’il se résume. Pour modifier la pensée ministérielle, il faut modifier la pensée parlementaire ; et pour changer la pensée parlementaire, il faut changer la pensée électorale ; et pour réformer la pensée électorale, il faut réformer l’opinion publique. » VII, p.37

POLITIQUE — Difficulté de convaincre en politique : « Bon Dieu ! que de peine à prouver, en économie politique, que deux et deux font quatre ; et, si vous y parvenez, on s’écrie : « c’est si clair, que c’en est ennuyeux. » — Puis on vote comme si vous n’aviez rien prouvé du tout. » V, p.347

POLITIQUE ÉTRANGERE  — Principes sur la politique étrangère : « En abordant notre politique extérieure, je commencerai par établir nettement ces deux propositions, hors desquelles, j’ose le dire, il n’y a pas de salut. 1° Le développement de la force brutale n’est pas nécessaire et est nuisible à l’influence de la France. 2° Le développement de la force brutale n’est pas nécessaire et est nuisible à notre sécurité extérieure ou intérieure. De ces deux propositions, il en sort, comme conséquence, une troisième, et c’est celle-ci : Il faut désarmer sur terre et sur mer, et cela au plus tôt. » V, p.449

POLITIQUE ÉTRANGÈRE — Ce que le gouvernement devrait dire à son propos : « Oui, chacun chez soi, chacun pour soi, autant qu’il s’agit de force brutale. Ce n’est pas à dire que les liens des peuples seront brisés. Ayons avec tous des relations philosophiques, scientifiques, artistiques, littéraires, commerciales. C’est par là que l’humanité s’éclaire et progresse. Mais des rapports à coups de sabre et de fusil, je n’en veux pas.

Parce que des familles parfaitement unies ne vont pas les unes chez les autres à main armée, dire qu’elles se conduisent sur la maxime chacun chez soi, c’est un étrange abus de mots. D’ailleurs, que dirions-nous si, pour terminer nos dissensions, lord Palmerston nous envoyait des régiments anglais ? Le rouge de l’indignation ne nous monterait-il pas au front ? Comment donc refusons-nous de croire que les autres peuples chérissent aussi leur dignité et leur indépendance ? » V, p.467

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — C’est du communisme : « Mais le Communisme revêt une troisième forme. Faire intervenir l’État, lui donner pour mission de pondérer les profits et d’équilibrer les fortunes, en prenant aux uns, sans consentement, pour donner aux autres, sans rétribution, le charger de réaliser l’œuvre du nivellement par voie de spoliation, assurément c’est bien là du Communisme. Les procédés employés par l’État, dans ce but, non plus que les beaux noms dont on décore cette pensée, n’y font rien.

Qu’il en poursuive la réalisation par des moyens directs ou indirects, par la restriction ou par l’impôt, par les tarifs ou par le Droit au travail ; qu’il la place sous l’invocation de l’égalité, de la solidarité, de la fraternité, cela ne change pas la nature des choses ; le pillage des propriétés n’en est pas moins du pillage parce qu’il s’accomplit avec régularité, avec ordre, systématiquement et par l’action de la loi. » IV, p.515-516

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — C’est la chimère du jour : « La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres. » IV, p.355

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — Ces schémas sont oppressifs et gaspillent les richesses : « La loi, qui restreint le travail et les jouissances de tous au profit de quelques-uns, est une loi oppressive. Elle prend une certaine somme dans la poche de Jean pour la mettre dans la poche de Jacques, avec perte définitive d’une somme égale pour la communauté. » II, p.70

REDISTRIBUTION DES RICHESSES — Cycle infernal de l’intervention de l’État dans les fortunes individuelles : « Aujourd’hui qu’on a admis en principe que l’État est institué pour distribuer la richesse à tout le monde, il est naturel qu’on lui demande compte de cet engagement. Pour le tenir, il multiplie les taxes et fait plus de misères qu’il n’en guérit.

Nouvelles exigences de la part du public, nouvelles taxes de la part de l’État, et nous ne pouvons que marcher de révolution en révolution. Mais s’il était bien entendu que l’État ne doit prendre aux travailleurs que ce qui est rigoureusement indispensable pour les garantir contre toute fraude et toute violence, je ne puis apercevoir de quel côté viendrait le désordre. » IV, p.309

RESPONSABILITÉ INDIVIDUELLE — Le problème des mesures socialistes est qu’elles l’attaquent : « Leur écueil naturel est dans le déplacement de la Responsabilité. Ce n’est jamais sans créer pour l’avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu’on soustrait l’individu aux conséquences de ses propres actes.

Le jour où tous les citoyens diraient : « Nous nous cotisons pour venir en aide à ceux qui ne peuvent travailler ou ne trouvent pas d’ouvrage », il serait à craindre qu’on ne vît se développer, à un point dangereux, le penchant naturel de l’homme vers l’inertie, et que bientôt les laborieux ne fussent réduits à être les dupes des paresseux. Les secours mutuels impliquent donc une mutuelle surveillance, sans laquelle le fonds des secours serait bientôt épuisé. » VI, p.459

SÉCURITÉ — C’est le plus grand bien : « Pour une nation, la Sécurité est le plus grand des biens. Si, pour l’acquérir, il faut mettre sur pied cent mille hommes et dépenser cent millions, je n’ai rien à dire. » V, p.340

SÉCURITÉ — La France n’a rien à craindre si elle est fidèle au libre-échange et à la non-intervention : « Avec ces trois choses : libre-échange, non-intervention, attachement des citoyens pour les institutions du pays, une nation de 36 millions d’âmes n’est pas seulement invincible, elle est inattaquable. » II, p.308

« Puissent-ils se préserver longtemps de cette peste du socialisme ! »

SERVICES PUBLICS — Par nature, ils sont inefficaces : « Quels sont les modes d’activité humaine qui offrent le spectacle de la stagnation la plus complète ? Ne sont-ce pas précisément ceux qui sont confiés aux services publics ? Voyez l’enseignement.

Il en est encore où il en était au moyen âge. Il n’est pas sorti de l’étude de deux langues mortes, étude si rationnelle autrefois, et si irrationnelle aujourd’hui. Non seulement on enseigne les mêmes choses, mais on les enseigne par les mêmes méthodes. Quelle industrie, excepté celle-là, en est restée où elle en était il y a cinq siècles ? » II, p.478

SOCIALISME. — La France et le socialisme : « Puissent-ils se préserver longtemps de cette peste du socialisme ! » I, p.88

SPOLIATION — Entourée de beaux slogans, elle se développera dans le futur : « Je le dis sincèrement : je crois que nous entrons dans une voie où, avec des formes fort douces, fort subtiles, fort ingénieuses, revêtues des beaux noms de solidarité et de fraternité, la spoliation va prendre des développements dont l’imagination ose à peine mesurer l’étendue. » IV, p.432

  • Sélection effectuée à partir de Frédéric de A à Z : les meilleures citations de Frédéric Bastiat classées par thèmes (Institut Coppet, juin 2016). Cette sélection est à retrouver dans le nouveau numéro de la revue Laissons Faire.

Sur le web

  1. Le pauvre! S’ il revenait à la vie ces jours-ci, il serait au minimum effaré de devoir constater qu’il n’aurait aucun besoin de changer quoi que ce soit à son discours d’il y a un siècle et demi… Bien au contraire, il ne pourrait faire que d’ y ajouter pour le mettre à jour quant à la progression constatée dans l’horreur étatique…

  2. Quelqu’un sait-il à quoi se réfère la « statue de la liberté » évoquée par Bastiat ?

    Il ne peut s’agir de celle connue de tous car érigée trente-six ans après sa mort.

    1. Peut-être le Grand sceau de la république française.

  3. Je trouve assez cocasse qu’à une époque où le néolibéralisme est triomphant, où l’essentiel se décide dans les temples du lobbying mené par d’opaques conglomérats, où la démocratie est bafouée tous les quatre matins, où l’État est perverti et noyauté au profit des puissances de l’argent, des idéologues libéraux viennent encore pleurnicher.

    1. Le mot « néolibéralisme » n’a aucun sens. C’est l’exemple type d’un anti-concept (au même titre que ultralibéralisme). Personne ne se dit néolibéral. Demandez à quelqu’un qui utilise de ce terme néolibéral qu’est ce que cela veut dire ?? quel est la définition ?? Dans bcp de cas, il en sera totalement capable et même s’il arrive, sa définition sera différente de celle d’une autre personne employant aussi ce terme. Demandez à dix personnes leur définition du néolibéralisme, vous aurez de grandes chances d’avoir dix définition différentes.
      Même s’ils ne sont pas d’accord entre eux sur la définition de ce mot, un certain nombres de personnes font diront que c’est un mouvement du début des années 80. Pourtant, le mot néolibéral vient de la fin du 19 siècle et a été utilisé tout au long du 20 siècle même s’il est vrai qu’il a été grandement popularisé par les antilibéraux depuis vingts ans. Les antilibéraux utilisent de ce mot néolibéralisme (tout comme ils utilisent du mot ultralibéralisme) car le mot libéralisme a une certaine connotation positive en tout cas dans sa dimension politique. Un certain nombre de principes fondateurs de l’état de droit et de la démocratie (que l’on appelle démocratie libérale) découle du libéralisme (politique). Voilà pourquoi les antilibéraux pour critiquer le libéralisme préfère utiliser d’autres termes comme néolibéralisme (qui sous entend une déformation du libéralisme) ou ultralibéralisme (qui sous entend un extrémisme).
      L’avantage avec le mot néolibéralisme c’est qu’on peut utiliser ce mot à tort et à travers, on peut utiliser ce mot pour désigner tout ce que l’on veut. De toute facon , tout ce qui va mal c’est de la faute du méchant néolibéralisme (même si l’on sait pas trop ce que c’est). Je trouve cela pathétique.
      En général, avec les gens qui employent le mot néolibéralisme: ce sont soit des antilibéraux qui ne changeront pas d’opinions et qui sont de mauvais soit des gens ignorants (ignorance qui est totalement compréhensible étant donné le climat antilibéral de la France) soit des gens qui utilisent ce mot car cela fait vendre.
      Il y a même des gens utilisant le mot néolibéralisme qui vous disent qu’il est impossible de définir ce mot .
      Si vous demandez aux gens de dire ce sont qui les néolibéraux, là aussi leurs réponses sont très floues. Même si la plupart vous diront que Tatcher et Reagan sont des piliers du néolibéralisme, en général, pour le reste ils ne sont pas d’accord d’entre eux. Une bonne partie disent aussi que Friedman était un néolibéral (sans doute parce que c’est l’économiste libéral le plus connu du 20 siècle, en général, le seul économiste qu’ils connaissent) . Une bonne partie des antilibéraux utilisent le mot néolibéralisme croyent que l’école néoclassique est néolibéral montrant toute leur ignorance de l’économie et de la pensée économique. J’ai déja vu des gens disant que Keynes était un néolibéral.

      Le « néolibéralisme » au même titre qu’ultralibéralisme permet de diaboliser le libéralisme. Les antilibéraux préfèrent utiliser ces deux termes plutôt qu’utiliser le terme « libéralisme » car dans le libéralisme, il y a le libéralisme politique (qui est connoté positivement par la plupart des gens) en utilisant un autre mot, cela permet de faire une distinction entre les deux, de bien montrer que c’est deux concepts différents. Que le néolibéralisme est une « perversion » ou un « excès » de libéralisme.
      C’est profondément malhonnête.
      En plus, comme ce sont des termes ne voulant rien dire, on peut les utiliser pour les accuser de tous les maux. Les libéraux auront tendance à moins se défendre vu qu’ils ne se reconnaissent pas dans ces termes débiles

    2. Don’t feed the troll.

    3. Tant mieux car le libéralisme veut un état neutre, ayant une intervention mineure dans l’économie et qui est différente selon les auteurs et leur époque. On peut définir le libéralisme par cette phases : « autant d’État que nécessaire, aussi peu que possible ».

      la démocratie doit être bafouée en partie car démocratie veut aussi dire dictature de la majorité. Une bonne démocratie est une démocratie libérale: une démocratie composée de contre-pouvoirs.
      Qu’entendez-vous par « démocratie bafouée » ?

      Le néolibéralisme sert à désigner des courants libéraux nouveaux : l’école de Chicago, Keynes (qui n’était keynésien que pendant les crises …), le social-libéralisme, l’ordo-libéralisme, etc… Ce n’est qu’un mot pour ranger des courants nés après le libéralisme du XIXÈME, mais la gauche radicale et la gauche avec la droite des fois aussi l’utilisent comme un point Godwin.

    4. On peut se demander si le socialisme ne relève pas plus de la maladie mentale que de la philosophie politique
      Être pour la liberté revient à défendre l’état de droit et la concurrence et donc à réduire les risques de constitution de conglomérats et d’opacité. C’est bien au contraire l’intervention tous azimuts de l’état par le jeu des décrets, normes, lois etc qui engendre au mieux les lobbies et au pire la corruption et la concusion.
      Ce sont toujours les pays dans lesquels l’état est le plus présent et le plus autoritaire qui sont les plus corrompus
      Le summum étant dans la confiscation totale du droit de propriété via le communisme qui aboutit alors à créer un capitalisme d’état
      La légitimation de la force dans la spoliation des biens est la première étape, la suite logique c’est la légitimation de la force Armée. Ainsi en a t il été du national … Socialisme

  4. Merci pour ce florilège
    J’ajouterais bien celle-ci:  » La loi peut bien forcer l’homme à rester juste; vainement, elle essaierait de le forcer à être dévoué. Ce n’est pas moi du reste, qui ai inventé cette distinction. Ainsi, il y a dix-huit siècles, ces paroles sortirent de la bouche du divin fondateur de notre religion:  » la loi vous dit: ´ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’il vous fût fait’. Et moi je vous dis: faites aux autres ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous. »
    Je crois que ces paroles fixent la limite qui sépare la Justice de la Fraternité, entre le domaine circonscrit de la loi et la région sans borne de la spontanéité humaine ». (Justice et Fraternité)
    Un Etat qui s’occupe de « Fraternité » dérive vers le totalitarisme.

  5. Je trouve assez cocasse qu’un pays soit déclaré néo-libéral dés lors que 57,7% de la richesse produite part dans les dépenses de l’état. Moi, je parlerais plutot d’un état spoliateur, prévaricateur, de type socialiste, communiste. Le pays est en vérité malade de sa fonction publique, 90/1000 hab quand en Allemagne c’est moitié moins.

  6. Bien, sauf pour la redistribution des revenus qui seraient une spoliation. Je veux bien être d’accord quand il s’agit de réduire les inégalités économiques, mais pas quand il s’agit de pauvreté. Et aussi CERTAINS services publics sont mieux que le privée…. Enfin quand ils servent de services publics avec des travailleurs publics qui ne sont des atouts électoraux sur-protégés, et que les services publics gardent leur autonomie et ont une mission d’efficacité (pas forcement de rentabilité) accolée à celle de mission collective.

  7. Il et encore plus cocasse qu’alors que L’INSEE a publié en début de semaine (lundi je crois) une étude montrant que le pays est presque deux fois plus collectivisée (% des dépenses collectivisées) que dans les années 60, le peuple se convainc d’être toujours plus « néo ultra libéralisé ». Alors que dire du delta depuis les années 1850 à nos jours sur l’augmentation des dépenses collectivisées, des régulations, normes etc. Êtes-vous vraiment sûr qu’il s’agisse de plus de libéralisme ? La seule façon, c’est d’avoir un problème de définition du concept…

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