Pourquoi la santé est moins bon marché que les télés

Publié Par Foundation for Economic Education, le dans Économie générale

Par Richard N. Lorenc.

Imaginez : vous vous sentez mal, vous sortez votre smartphone et utilisez une application spécifique. Un infirmier arrive chez vous 20 minutes plus tard. Il vous fait une prise de sang et recommande au docteur de vous prescrire un traitement adapté. L’information est envoyée à la pharmacie la plus proche, qui vous délivre le produit en 20 minutes. Le coût total de l’opération est de 20€.

Cela vous semble impossible ? Pas tant que ça. Pas si les soins de santé étaient en concurrence. Les soins médicaux ont augmenté de 105% ces 20 dernières années. Autre contraire, le prix des télévisions a baissé de 96% sur la même période.

Monopole de la santé et concurrence des télés

Jetez un œil à ce graphique mis au point par l’A.E.I. (American Entreprise Institute), qui montre deux choses importantes. Premièrement, il n’existe pas vraiment de niveau global des prix, ce qu’on appelle le niveau des prix est une fiction statistique. Secondement, il montre que les industries concurrentielles fournissent des biens et des services dont les prix baissent à cause de la pression des marchés. À l’opposé, les industries en situation de monopole extraient de la population des rentes toujours plus élevées grâce aux restrictions.

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Regardez chaque produit ou service du graphique. L’éducation (College dans le graphique) est fortement subventionnée et régulée, et ses coûts montent en flèche. L’industrie des manuels scolaires est très entravée par la propriété intellectuelle et dépend d’acheteurs captifs. La garde d’enfants fait partie des industries les plus réglementées du pays. N’y entre pas n’importe qui. Chaque fourniture est contrôlée par l’État.

De l’autre côté, les logiciels (Software), la téléphonie (Wireless service), les jouets (Toys) et les télévisions (comprendre : le libre-échange) se trouvent dans des marchés relativement plus libres. La pression sur les prix mène à leur baisse.

Ce n’est pas si compliqué. Si vous voulez de bons services, de bons produits, des idées innovantes et des prix bas, vous avez besoin de concurrence. Plus les marchés sont contrôlés, plus les prix montent et pires sont les résultats.

Traduction d’Antoine Dornstetter pour Contrepoints de Why Luxury TVs Are Affordable when Basic Health Care Is Not.

  1. C’est sur en 20 ans le prix des téléphones a diminué.
    Pour la santé la fin du monopole est proche certains patients ont commencé à en bénéficier :
    http://www.20minutes.fr/sante/1901999-20160729-scandale-centres-dentaires-dentexia-etat-debloque-aide-financiere-victimes

    1. Et nombre de nos compatriotes choississent d’aller se faire soigner dans les pays de l’est ou outre manche (pour l’optique) car les soins y sont moins chers et d’une qualité comparable à supérieure.

      Après, ce n’est pas parcequ’une société privée a fait n’importe quoi que c’est le cas des autres…par exemple, dans les sociétés gérées par l’Etat, on peut remercier la Poste de s’assurer – surtout en période estivale – que certains biens transportés n’arrivent jamais à leur destinataire sans que ni lui ni l’expéditeur puissent se retourner vers le transporteur…

      1. Les soins ne sont pas moins cher, les charges de ces pays sont inférieure et le report de ces charges sur les tarifs payés sont plus faibles. Donc si vous voulez des tarifs de soins des pays de l’est en France, il faut accepter alors d’aligner le smic, les charges sociales, les droits sociaux sur les standards de ces pays.

        Après moins cher pas sur tout.

      2. Ah ? vous allez vous faire poser une prothèse de hanche dans les pays de l’est vous ? Et il n’y a pas d’anglais à venir se faire soigner en France leur NHS étant HS !
        http://www.francetvinfo.fr/monde/les-etrangers-viennent-se-faire-soigner-en-france_838525.html
        Pour les implants dentaires pourquoi pas en Hongrie c’est 3 fois moins cher. Par contre il ne faut pas qu’il y ai de complications, difficile de gérer à distance !
        les soins dentaires  » simples » sont 3 fois moins chers en France ( tarif opposable sécu le moins cher en Europe)

        1. Il ne faut pas avoir de complications non plus en France…ensuite, pour ce qui est des tarifs dentaires, demandez-vous pourquoi les dentistes traitent désormais chaque dent séparément là ou avant ils en traitaient potentiellement plusieurs.

          Demandez-vous aussi combien peut couter un parcours de santé nécessitant l’exploration de plusieurs pistes différentes par plusieurs spécialistes différents. A chaque visite, on doit repasser chez le médecin traitant qui bien souvent refacture une consultation…en Suisse, avec les maisons de santé regroupant plusieurs spécialistes, ces parcours sont bien moins couteux et bien plus rapides.

  2. Il est amusant de voir une « analyse » économique qui évite de rentrer dans la structure des coûts des produits qu’ elle compare.

    Une télévision est elle moins chère aujourd’hui qu’hier par exemple. Le problème est que si la consultation est globalement identique à hier en terme de contenus en dehors des normes d’hygiènes qui ont été augmentées, une télévision elle n’a plus rien à voir par rapport à celle hier. Et comparer un tube cathodique de 70 cm à un téléviseur à led identique sachant que la marché à évolué vers des écrans plus grand est souvent plus cher n’a pas de sens.

    De même le cout du transport à évolué pour la simple raison que l’on met plus de télévisions à écrans plat dans un conteneur que d’écrans cathodiques qui pesaient en même temps plus lourd. On a un secteur qui à pu délocaliser massivement et ne supporte plus les charges sociales, ni même les impôts en france contre un secteur qui lui est obligé de répercuter le cout de l’état providence, les normes, les impôts dans ses tarifs au final.

    Enfin, je vous inviterez un jour à démonter un televiseur pour voir l’évolution des composants.

    1. Bourgpat vous me semblez faire là un commentaire pertinent. La base de données utilisées provient du « Bureau of Labor Statistics », plus précisément de leur indice d’évolution des prix à la consommation (CPI). Les variations de prix « faciales » observées sont corrigées de l’évolution de la qualité des produits (ainsi, lorsque le BLS ne parvient pas à justifier des variations importantes de prix, il demande d’éventuelles justifications aux acteurs du marché concerné, on imagine bien comment les logiciels et TV peuvent prétendre à d’importantes évolutions en terme de qualité de leurs produits, mais si la qualité d’une TV était mesurée par le service rendu rapportée à sa durée de vie, il est à peu près sûr que l’indice d’évolution du prix en serait fortement bouleversé). Pour la catégorie « TV » l’évolution des prix tient compte … du nombre de chaines proposées. L’exemple donné par le BLS est à ce titre parlant : vous passez de 71 à 80 chaines, le prix « normal » (donc sans augmentation) passe alors de 40 à 45$. Un maintien du prix est donc une baisse du prix. Pourtant, vous ne pouvez pas passez davantage de temps devant votre TV (le service est grosso-modo le même). Corrige-t-on les frais de scolarité du nombre de matière ? du nombre d’années d’études ? Et bien il semblerait que non.

      Ainsi, concernant par exemple les frais de scolarité, il existe dans la préparation de l’indice plusieurs exceptions qui en font un indice qui ne peut à mon avis être utilisé aussi simplement :

      – les changements de qualité d’enseignement ne sont pas faciles à refleter et aucune explication n’est donnée par les universités donc les prix ne sont pas ajustés à la qualité (alors que la durée moyenne des études a peut-être changé… sauf qu’en l’absence d’explications reçues par le BLS, aucune correction n’est appliquée aux prix). Comprenons donc que si les universités voulaient diminuer ce ratio qui vous choque, elles en auraient la possibilité, sans changer leurs frais de scolarité … En revanche des produits de consommation courante à forte concurrence ont peut-être davantage de temps à accorder à « améliorer » ce type de statistiques, peut-être pour renforcer la nécessité de justifier des politiques économiques à leur avantage, comme le fait d’ailleurs cet article… Bref … intéressant mais à utiliser avec précaution.

      – deuxième aspect qui pourrait compliquer l’analyse de ce chiffre : les étudiants dont la scolarité est financée (« full scholarship », ce qui concerne de nombreux étudiants, notamment sportifs) sont exclus (ils ne font pas baisser le prix moyen), de même que certains étudiants partiellement financés. Si les statistiques sur la santé sont produites de la même façon, un effet « obamacare » sur les prix est inévitable.

      Source : http://www.bls.gov/cpi/cpifacct.htm (Issues associated with college tuition)

      Enfin, un autre angle de présentation aurait pu être la différenciation produit manufacturé / service (ou délocalisable / non délocalisable) plutôt que juste « libre concurrence » et « monopole » (savez-vous ce qu’est un monopole ? enfin je dis ça mais je sais bien que l’auteur initial de l’article ne lira pas mon commentaire, l’article étant publié à l’origine en anglais).

      Au final, je ne vais pas nier l’augmentation du prix de la scolarité (voire de la santé) aux US mais si l’on s’intéressait au prix rapporté au service rendu (incluant donc notamment la durée de vie des TVs et la durée des études, mais aussi les étudiants boursiers), l’on aurait des statistiques davantage pertinentes.

  3. Un joli graphique qui n’a pas vraiment de sens. Qui peut un seul instant imaginer qu’une TV qui coûtait l’équivalent de 500 ou 1000€ il y a 20 ans coûte aujourd’hui entre 20 et 50€ ? Sauf s’il s’agit le la TV telle qu’elle,était construite à l’épique, avec tube, SD, analogique et Péritélévision. Et même là je doute que le compte y soit.
    Pour les logiciels, disons que j’en consomme pas mal et que j’en produits aussi : les prix n’ont pas vraiment baissé. Ah, c’est certain, une licence Windows 95 ou un jeu vidéo s’il y a 20 ans, ça a bien perdu en valeur. Mais l’équivalent d’aujourd’hui n’a pas vraiment baissé. Du moins pour ce que j’en vois et ce que j’en paie…
    En euros constants les honoraires des médecins, des Kinésithérapeutes, des chirurgiens n’ont pas vraiment augmenté. En revanche le coût de l’imagerie médicale à explosé. Mais la plupart des appareils et des techniques actuelles n’existaient pas il y a 20 ans : chiffrer l’évolution des dépenses de santé sans rapprocher les données du gain en termes d’espérance de vie ou d’amélioration des soins est de la,propagande, ni plus ni moins.

    Je vais m’arrêter là mais c’est à peu près pareil pour tous les thèmes de ce joli graphique. Il semble démontrer quelque-chose mais il est fondamentalement biaisé. La concurrence fait baisser les prix de toutes sortes de produits et de services. Mais cette baisse de prix permet parfois de proposer de nouveaux produits, de nouveaux services. Et ainsi, globalement, le consommateur repartira ses dépenses suivant des critères différents.

    Impliquer l’opposition entre monopoles et libre concurrence sur aussi peu d’éléments me semble abusif. A minima.

    1. Vous avez raison, et pour la TV je vous invite à lire ma réponse à Bourgpat ci-dessus : s’il y a 5% de chaines en plus d’une année à l’autre et que la TV coute le même prix à l’acheteur, leur modèle présente une baisse de prix de 5%, mais pas forcément de baisse du prix des études si leur durée est rallongée d’un an…

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