C’est aux riches de payer plus ?

Publié Par Def, le dans Fiscalité

Par Def.

def riches1

def-riches2

  1. La BD bien pourrie : l’ouvrier réellement rouge, casquette moustache, en face d’un cadre, petit pull cravate. Deux caricatures pour un sujet qui mérite mieux que ce genre de gribouillage.
    A noter Qu’Yves Renouard dans son ouvrage de 1978 sur les marchands italiens du moyen age, notait déjà que le capital rapportait plus que le travail.
    Le sujet n’est pas neuf, mais l’amalgame capital-riche, anticapitaliste pauvre donc ouvrier, s’en est caricatural a l’heure ou tout un chacun peut participer a la vie economique via l’achat de produits financiers.
    NUL

    1. Vous voyez ce que vous voulez voir… Pourquoi quelqu’un en « petit pull cravate » serait un cadre ? Pourquoi la personne avec casquette et moustache serait-elle un ouvrier ? Cette personne pourrait très bien être aussi en « petit pull cravate ». Merci pour ce poncif.
      C’est vrai que le capital qui rapporte plus que le travail est un constat tellement bien connu et documenté que Piketty propose naturellement des retraites par capitalisation… Hum hum.
      Ce que j’ai beaucoup aimé dans cette bd, c’est la restitution de l’absence de dialogue. Quelqu’un émet un raisonnement, l’autre personne boucle sur son credo. Sur ce sujet l’article de Damien Theillier (http://www.contrepoints.org/2016/04/26/249098-etes-vous-progressiste-conservateur-ou-liberal) est excellent.

    2. Je me suis d’avantage concentré sur le contenu des phylactères… Bien entendu que la BD joue sur des codes caricaturaux afin que le lecteur comprenne très vite de quoi il retourne. Il faut comprendre avec le bleu et le rouge qu’il y a à la base un antagonisme entre les personnages. On aurait pu se contenter de la seule simple retranscription du dialogue.
      Je suis d’accord avec vous sur ce point, on est de plus en plus de capitaliste. Vous avez un compte-épargne, une assurance-vie, un PEA ? Vous êtes capitaliste…

      1. M’étant concentré sur le dialogue, je n’avais effectivement pas fait gaffe mais il n’y a effectivement rien de choquant là dedans.
        L’idée de la BD est pas mal je trouve.

      2. « Vous avez un compte-épargne, une assurance-vie, un PEA ? Vous êtes capitaliste… »

        Ce n’est malheureusement pas clair pour beaucoup de monde. La dernière fois que j’ai essayé de l’expliquer, j’ai eu deux types de réponses :

        – on change le sens des mots : oui, mais non, en fait j’entends pas capitaliste celui qui ne tire ses revenus que du capital – cela afin de maintenir, coûte que coûte, l’opposition entre le gentil salarié qui travaille et le méchant capitaliste qui vit comme un rentier sans rien faire;

        – je conchie les épargnants qui tirent un revenu de leur épargne – réponse d’un communiste pur jus.

  2. C’est à la case 6 que le moustachu décroche.
    Son inconscient se rend compte que derrière cette logique simple il doit y avoir un loup contraire à la doctrine du Parti. A la case 5 il a la preuve que son idée est la bonne : l’Etat prendra plus de pognon aux riches, Youpi !
    A la case 6 ses fondations commencent à se fissurer : son interlocuteur lui propose deux pistes pour que le riche patron engrange plus de pognon pour payer son supplément d’impôts. S’il y a deux pistes, peut-être que l’une est bonne, l’autre mauvaise, mais comme il ne connaît rien au monde de l’entreprise, son « Euh, oui, peut-être » est bien le signe qu’il a décroché, et qu’il n’écoutera et ne comprendra plus la suite…
    Donc, il boucle sur son idéologie, là où le cravaté boucle sur la sienne.
    Avec un tel sermon (économiquement plutôt juste) le cravaté n’arrivera jamais à une quelconque avancée. Mauvaise pédagogie (en fait, absence de pédagogie), argumentation incompréhensible par le moustachu (José B., Noël M., voir même Yann A.B. ?).
    Il serait intéressant de savoir s’il existe une case 6 qui permette de conduire le moustachu lui-même à la solution.

  3. L’affirmation de la case 3 est une hypothèse qui me semble quelque-peu réductrice. Pour ne pas dire fantaisiste.
    L’actionnaire d’une PME (c’est mon cas) est bien conscient que ses dividendes sont le « reste » de la production de richesse de l’entreprise diminuée par toutes ses charges. Impôt sur les sociétés compris. Et une PME normale ne reporte pas une augmentation d’IS sur ses clients ni sur ses salariés : on n’en n’a pas la possibilité n’ai l’envie…
    En revanche un investisseur boursier (c’est aussi mon cas) sait bien que les dividendes ne correspondent à rien de concret de nos jours, tant ils sont issus de traitements comptables sophistiqués. Tout comme les cours des actions. Des lors l’investisseur de base ne cherche pas à obtenir « tel montant » de dividende net : son gain espéré se fait sur la durée, et tient compte des cours de ses actions, et des possibilités de se reporter sur d’autres titres.
    L’actionnaire n’est pas fidèle !
    Enfin, le vrai gros actionnaire institutionnel se fiche comme de son premier milliard du montant des dividendes versés (sauf peut-être l’Etat francais). Ses arbitrages sont aujourd’hui informatisés, automatisés, intègrent en temps réel les possibilités de dividendes à recevoir.

    Et donc au final cette BD illustre selon moi deux problèmes : la difficulté pour les moustachus de sortir de leurs convictions et de comprendre certains mécanismes économiques simples, mais aussi la difficulté pour un cravaté de poser des hypothèses réalistes.

    Je peux m’être trompé dans mes idées, mais le cravaté de la BD ne vaut pas mieux, en définitive, que notre cher Piketty…

    1. En fait, il faut aussi voir l’argent que l’actionnaire a investis dans son capital, cette argent attend un rendement, si les impôt augmentent sans compensation sur le BRUT, le rendement de l’action diminue, et donc l’interêt à investir.

    2. Oui Pukura Tane vous oubliez comme dit Dexter que l’actionnaire ou même le chef d’entreprise attendent un rendement du capital investi dans l’entreprise. Si le retour d’investissement n’est pas valable ça impactera obligatoirement les salariés en commençant par les conditions de travail, puis l’externalisation puis la délocalisation (donc réduction d’effectifs pour ces deux derniers cas). En final c’est bien le salarié qui est perdant soit par réduction de salaire (le salarié étant externalisé et donc moins bien payé), soit par le chômage.

      1. Non, je continue à ne pas être d’accord. L’objectif de l’actionnaire et du chef d’entreprise que je suis est avant tout de satisfaire mes clients. Non pas par simple altruisme, mais parce que s’ils sont satisfaits, alors mon entreprise engrangera plus de marge. Ce qui me permettra de satisfaire mes salariés, car c’est eux qui sont en première ligne. Et des salariés satisfaits délivrent de meilleurs services et rendent les clients plus nombreux et fidèles.
        Au final, la conséquence de ces choix simples est qu’il restera plus de bénéfices pour moi.
        Le bénéfice est le résultat de ces actions, pas leur objectif.

    3. Modigliani & Miller, que l’actionnaire soit rémunéré en dividendes ou en cours de l’action est indifférent. Ça ne change en fait pas la démonstration, pour le coup.

  4. Euh non. Cette BD est à côté du problème en cas de surtaxation du capital, c’est que c’est l’investissement qui en prendra dans les gencives. Les prix au consommateur et les pratiques sociales des entreprises sont des éléments directement vérifiables par les intéressés et c’est l’entreprise et non l’état qui est mis sur la sellette. Donc, ce qui prend le plus cher c’est l’investissement qui va occasionner des retards de développement de entreprise. Et dans la mondialisation, ce genre de retard est fatal. C’est surtout ça le problème.

    1. Et donc c’est bien le salarié qui est impacté.

      1. Le produit et sa production avant… Mais en économie tout est lié, mais pas à la même intensité. Une nouvelle taxation a de toute façon toujours un effet ralentissant voire récessif. Jamais l’inverse. Ceci va raréfier les investissements. Les conséquences du sous-investissement dépendent de l’état des marchés des biens et du travail. Par exemple, l’Allemagne est en état de sous-investissement chronique sans pour autant connaître un chômage de masse. Qu’il arrive la même chose en France et c’est le chômage à 15%.

        Pour la Belgique, il y a des chances que les salariés soient peu impactés, vu qu’il y a encore l’indexation des salaires sur les prix à la consommation… Les effets seront réels, mais diffus dans le temps et en partie atténués par l’action du marché, pour peu qu’il ait été réformé…. Oups, ah non, pour les belges ça va aller au moins aussi mal que la France.

  5. Depuis que les vilains cadres supérieurs qui investissaient dans l’immobilier voient les loyers perçus intégrés dans leurs revenus du travail (Et donc souvent taxables à plus de 40%), la construction de logements a baissé fortement en France. De 550 000 à 350 000. On taxe le capital, c’est bien, mais les gens ne sont pas idiots et préfèrent désormais laisser leur argent sur leur compte courant plutôt que de se prendre les contraintes d’un bien locatif
    (Vacance locative, impayé, taxe, impôts, travaux ) En ce qui me concerne, le choix a été vite fait. Cash only. Merci Christian ECKERT, le racket, c’est pas trop mon truc.

    Trop de taxes, moins de logement, plus de difficultés de logement pour les défavorisés.

  6. Robin Rivaton est en faveur d’un nouvel impôt remplaçant l’impôt sur le revenu, la CSG-CRDS, les prélèvements sur les capitaux mobiliers et l’impôt sur la fortune. Ce nouvel impôt, acquitté par tous, suppose la suppression de toutes les niches fiscales et repose sur deux taux (5 % pour les revenus inférieurs à 12 000 euros et 20 % au dessus).. Retrouvez ses analyses dans la vidéo de sa note pour la Fondation pour l’innovation politique intitulée « Taxer mieux, gagner plus » https://lc.cx/4u6y

Les commentaires sont fermés.