Pourquoi certains pays sont plus pauvres ?

Publié Par Le Minarchiste, le dans Économie générale
Helping hands by David(CC BY-NC-ND 2.0)

Helping hands by David(CC BY-NC-ND 2.0)

 

Pourquoi certains pays sont si pauvres alors que d’autres sont relativement riches ? J’ai publié une série d’articles intitulée « Diagnostic Pauvreté » pour explorer la situation de certains pays qui sont très pauvres (Bangladesh), dont la situation s’est détériorée (Brésil, Argentine, Vénézuela) et dont la situation s’est améliorée suite à des réformes (Chili, Nouvelle-Zélande, Suède, Inde, Rwanda, Pologne, Pérou, Singapour). J’ai aussi étudié les hypothèses émises sur cette question par certains économistes tels qu’Hernando De Soto, Darren Acemoglu & James Robinson et Erik Reinert. Voici les grandes conclusions que j’ai tirées de mes recherches (vous trouverez les liens vers ces articles au bas du présent billet).

Le système légal et l’état de droit

L’un des fondements du système capitaliste est l’existence d’un système de protection des droits de propriété efficace. Selon l’économiste Hernando De Soto, il est inutile d’amener les pays du tiers-monde à adopter les façons de faire des pays développés (devise stable et flottante, libre-échange, privatisations, etc) si à la base il n’y existe aucun système de droits de propriété efficace et accessible.

Dans les pays sous-développés, les gens disposent d’une quantité non-négligeable de capital. Cependant, ce capital est détenu sous forme non-productive : des maisons construites sur des terrains dont la propriété est mal définie ainsi que des entreprises non-incorporées et informelles, voire illégales. Ces actifs sont du « capital mort ».

Comme les droits de propriété de ces actifs ne sont pas adéquatement documentés, ils ne peuvent être transformés en capital productif, par exemple faisant l’objet d’un prêt hypothécaire qui pourrait servir à investir dans une entreprise. En fait, le crédit hypothécaire est la plus grande source de capital pour démarrer une entreprise aux États-Unis.

Le capital est un concept intangible, et comme plusieurs autres concepts intangibles – comme la musique ou le temps – l’humain a dû inventer des systèmes pour les représenter, les mesurer et les utiliser productivement (la notation musicale, l’horloge, le calendrier…). C’est la même chose pour le capital : le système légal gérant les droits de propriété est le système qui donne vie au capital et lui permet de libérer son potentiel productif.

Un système légal déficient favorise les inégalités sociales, puisque les seuls qui puissent avoir accès à la propriété et, par conséquent, au capital créateur de richesse, sont ceux qui ont les moyens de payer les avocats, les lobbys et les pots-de-vin nécessaires à l’obtention des permis et des autorisations. Les pauvres se retrouvent dans l’impossibilité de lever des capitaux pour investir et produire davantage. L’accès à la richesse leur est bloqué par le « ruban rouge ».

De Soto pense que les économistes et politiciens occidentaux ont oublié ce qui a causé le succès du capitalisme, tant en Angleterre qu’aux États-Unis : un système efficient de droit de propriété.

Le système judiciaire est d’ailleurs un talon d’Achille important pour des pays comme le Bangladesh, le Brésil, l’Argentine et le Venezuela. Les réformes de Singapour ont fait de son système légal l’un des plus efficaces de la planète, ce qui a contribué à l’essor économique de ce pays. La facilité à démarrer une entreprise est un facteur important pour la création de richesse. Des pays comme la Nouvelle-Zélande, le Rwanda et Singapour ont mené des réformes visant à faciliter le processus administratif de démarrage d’une entreprise, qui a contribué à leur succès économique.

D’autre part, la propriété publique des terres ou l’ingérence du gouvernement dans les droits de propriété des terres semblent être un problème dans les pays en développement comme le Bangladesh, l’Inde, le Venezuela et la Chine. Les réformes du Chili, du Rwanda et de la Pologne ont amélioré cet aspect.

Des institutions inclusives

Pour plusieurs économistes, la géographie est un facteur déterminant du niveau de richesse d’un pays (Jeff Sachs, Jared Diamond). L’hypothèse géographique ne parvient pourtant pas à expliquer les différences entre Nogales, Mexique et Nogales, Arizona, entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest en 1989. En Corée du Nord, les gens ont 10 ans de moins d’espérance de vie que leurs voisins du Sud. Cette hypothèse ne parvient pas non plus à expliquer pourquoi un pays comme le Japon a stagné pendant si longtemps, pour ensuite soudainement entamer une période de forte croissance suite à la Restauration Meiji. Alors, pourquoi est-ce que certaines nations réussissent à se développer tandis que d’autres échouent ?

Pour Daron Acemoglu et James Robinson, ce sont les institutions qui déterminent le succès ou l’échec économique d’une nation. Les auteurs identifient deux types d’institutions. Les institutions extractrices sont conçues de manière à ce qu’une élite exerce un contrôle peu contraint du pouvoir politique, ce qui lui permet d’extraire des rentes économiques du reste de la population. Les institutions inclusives sont celles où le pouvoir politique est réparti de manière plus diffuse et plus démocratique, ce qui fait en sorte que l’organisation économique de la société permet à tous et chacun de récolter une part de l’activité économique, tandis que tout le monde est égal devant la loi et que les droits de propriété sont respectés.

Les tentatives par les organisations internationales telles que la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International à « fabriquer » de la croissance pour sortir les pays pauvres de la pauvreté n’ont pas fonctionné car elles ont pris pour acquis que l’adoption de quelques politiques publiques dites libérales et un influx de capital allaient magiquement résulter en la création de richesse, alors que ces institutions ont bien peu fait pour rendre les institutions de ces pays plus inclusives. En fait, sous des institutions extractrices, l’aide internationale est dilapidée en gaspillage et corruption et ne permet qu’au régime en place de subsister un peu plus longtemps. (voir ceci, ceci et ceci)

L’aide internationale aux pays du tiers-monde a totalisé plus de $600 milliards en 50 ans. De telles dépenses auraient dû conduire à des améliorations dans le développement, mais ont en réalité seulement servi à enraciner le système corrompu dont les politiques entravent le développement. Ensuite, les pays donateurs ne donnent pas par pur altruisme, ils avancent leurs intérêts stratégiques et économiques. L’aide fournie implique souvent que le pays récipiendaire achète en contrepartie au donateur, à un prix généralement plus élevé que le marché.

A&R démontrent que des institutions inclusives sont nécessaires à la mise en place d’un système de capitalisme de marché créateur de richesse pour tous. Ces institutions sont la démocratie, une constitution comportant une branche judiciaire indépendante et un parlement bicaméral, l’égalité de tous devant la loi, la protection des droits de propriété privés et la protection des libertés individuelles.

Une banque centrale saine

S’il y a une chose que l’on retrouve dans presque tous les pays pauvres, c’est l’existence d’une banque centrale inflationniste, c’est-à-dire qui crée de la monnaie à profusion pour permettre au gouvernement de dépenser davantage, ce qui fait gonfler les prix et appauvrit davantage la population. D’ailleurs, comme dans ces pays la gouvernance est faible et la corruption élevée, cet argent n’est généralement pas déployé dans du capital productif, mais est plutôt dilapidé.

Les pays qui ont réussi à faire diminuer la pauvreté suite à des réformes ont souvent fait en sorte que la banque centrale devienne indépendante et ont limité sa capacité à créer de la monnaie. Ce fut le cas au Chili, en Nouvelle-Zélande, en Pologne et au Pérou notamment.

Des impôts raisonnables

La plupart des pays qui ont fait diminuer leur niveau de pauvreté ont réduit le fardeau fiscal soit des particuliers, soit des entreprises, et parfois les deux. Cela stimule l’épargne, l’investissement et l’accumulation du capital productif, ce qui crée de la richesse (effet Laffer). Les impôts élevés et complexes demeurent un problème significatif au Brésil par exemple.

Des dépenses gouvernementales limitées

Si la banque centrale ne peut plus monétiser le déficit et que les impôts sont réduits, il devient incontournable que le gouvernement réduise ses dépenses. Les deux postes de dépenses gouvernementales auxquels se sont attaqués les réformes du Chili, de Nouvelle-Zélande, de Suède, de l’Inde et de la Pologne sont la fonction publique bureaucratique et les subventions aux entreprises. Malheureusement, les dépenses bureaucratiques et les subventions demeurent très élevées au Brésil, en Argentine et au Venezuela.

Privatisation des entreprises d’État

Les entreprises gouvernementales sont prépondérantes dans les pays pauvres comme le Bangladesh, l’Inde, le Brésil, la Chine et le Venezuela. Pratiquement tous les pays qui ont adopté des réformes bénéfiques ont massivement privatisé leurs entreprises d’État, notamment au Chili, en Nouvelle-Zélande, en Suède, au Rwanda, en Pologne et au Pérou. Cela a comme impact d’améliorer l’efficience économique de ces entreprises et leur capacité à créer de la richesse, tout en dynamisant le secteur privé et l’investissement. Cela permet aussi d’attirer les capitaux étrangers dans le pays pour financer son développement. Cependant, les privatisations doivent se faire graduellement et être accompagnées d’autres réformes structurelles de manière à ce qu’il ne s’agisse pas d’une vente de feu à rabais. À noter qu’un pays dont la situation économique se détériore, l’Argentine, a récemment été dans la direction opposée, c’est-à-dire que de nombreuses nationalisations d’entreprises privées y ont eu lieu.

Libre-échange

L’abaissement des barrières protectionnistes a fait partie intégrante de toutes les réformes structurelles qui ont réussi à faire diminuer la pauvreté, que ce soit au Chili, en Inde, en Chine, au Rwanda, en Pologne, au Pérou et à Singapour. En revanche, des pays tels que le Bangladesh, le Brésil, l’Argentine et le Venezuela demeure obstinément protectionnistes. D’ailleurs, l’Argentine, qui est en déclin économique, a récemment augmenté ses barrières protectionnistes.

Réduction des contrôles de capitaux

Si on veut une banque centrale saine, une augmentation du commerce international et un afflux d’investissements étrangers, il faut assurément une libéralisation des flux de capitaux. Par conséquent, la devise doit devenir flottante. À ce propos, on constate que les contrôles de capitaux sont très problématiques en Chine, au Brésil, en Argentine et au Venezuela, pour ne nommer que ceux-là, dans un contexte d’appréciation du dollar américain. Plusieurs pays ont bénéficié de réformes visant à assouplir les contrôles de flux de capitaux, incluant la Suède, l’Inde, le Rwanda et Singapour.

Flexibilité du marché du travail

Les pays pauvres sont généralement caractérisés par un marché du travail où il est très coûteux de mettre à la porte un employé, ce qui nuit au développement économique. La rigidité du marché du travail fait en sorte de nuire aux mouvements de main d’œuvre entre des industries ou entreprises qui détruisent la richesse vers celles qui en créent et qui ont besoin de main d’œuvre. Ces mouvements deviennent très importants lorsqu’un pays entreprend des réformes. C’est pourquoi le Chili et la Pologne ont adopté des réformes à cet égard. De son côté, la Nouvelle-Zélande a libéralisé son marché du travail beaucoup trop tardivement dans son programme de réformes, ce qui fut une erreur coûteuse. L’un des meilleurs exemples de réforme du marché du travail est celui du Danemark et de sa Flexi-Sécurité.

Conclusion

Selon certaines personnes, il y a des pays pauvres parce que les pays riches les exploitent. Pour eux, la richesse est une tarte qui est aujourd’hui divisée inéquitablement. C’est faux, les pays du tiers-monde sont pauvres parce qu’ils créent peu de richesse en raison d’une structure économique déficiente. Pour d’autres, la pauvreté résulte du fait que certains pays ont adopté des réformes dites « néo-libérales » qui les ont appauvris davantage. C’est faux. Certaines réformes ont réussi, d’autres ont échoué, mais ces pays étaient déjà pauvres avant de commencer les réformes, qui ne sont donc pas la cause primaire de leur pauvreté.

Il y a finalement ceux qui pensent que pour s’enrichir, les pays du tiers-monde doivent bénéficier d’aide internationale et adopter des stratégies de substitution des importations (c’est-à-dire des barrières protectionnistes, des entreprises d’État et des subventions gouvernementales directes). À la lumière de mes recherches, l’aide internationale n’aide pas ces pays et contribue même à perpétuer leurs problèmes, tandis que les stratégies interventionnistes n’ont jamais fonctionné.

En fait, quand on observe les pays qui ont mené des réformes, on constate qu’il existe une recette ou un « pattern » de réformes qui permettent de créer de la richesse et, par le fait même, de réduire la pauvreté. Ces réformes permettent la mise en place d’un système capitaliste, non pas de capitalisme d’État, non pas de capitalisme de connivence, mais bien de capitalisme de libre-marché.

À noter cependant que ces réformes accompliront bien peu et auront peut-être même des effets pervers si elles ne sont pas mises en place de manière simultanée et coordonnée, ce qui a causé des problèmes dans certains cas (en Nouvelle-Zélande par exemple). Par exemple, si on privatise des entreprises d’État sans avoir réformé le système légal et libéré les contrôles de capitaux, on laissera aller ces actifs à rabais à des investisseurs locaux corrompus. Autre exemple, si on lève les barrières protectionnistes sans améliorer la flexibilité du marché du travail, on se retrouve avec une pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs. Finalement, si on diminue les impôts et contrôle l’inflation monétaire sans toutefois diminuer les dépenses gouvernementales, on se retrouve en fâcheuse situation quant aux finances publiques. Même chose si on ne laisse pas la devise flotter.

Malheureusement, les politiques économiques véhiculées par les économistes gauchistes de ce monde, tels que Thomas Piketty, vont à l’encontre de cette recette en raison de leur obsession envers les inégalités… quel dommage ! Pourtant, ce que l’on observe dans les pays pauvres est que leur structure économique déficiente engendre d’énormes inégalités et injustices, non pas entre les plus performants et les moins productifs de la société, mais plutôt entre les élites gouvernantes et les masses. Ce sont d’ailleurs ces fonctionnaires et dirigeants corrompus qui sont l’obstacle le plus massif aux réformes que je propose.

 

 

Retrouvez les autres articles « Diagnostic pauvreté » :

Sur le web

  1. Joli exercice qui ressemble plus à de la propagande qu’à autre chose, avec une foule d’erreurs ou de relectures historiques….

    Les sociétés se construisent sur leur histoire, sur leurs coutumes, sur leurs habitudes afin d’affronter les aléas.

    Seul l’échange permet de brasser les coutumes, le « capital » historique d’une société et de la faire évoluer.

    Tous les pays qui réussissent économiquement et socialement sont à la fois ouverts aux échanges et conservateurs de leur culture. Le plus bel exemple est le Japon de Meiji qui a fait un bond énorme à partir du moment où il s’est ouvert au monde, mais en conservant son ADN, sa spécificité.

    C’est l’échange qui crée la richesse, pas le capital. Les pays d’Europe se sont développés grace à l’échange.

    Le « capitalisme » est une vision fausse, statique, intellectuelle de l’économie. Le capitalisme libéral est basé sur l’exhange, c’est cela qui lui donne sa puissance face au capitalisme planifié, au socialisme etc…

    Et pour qu’il y ait échange, il faut qu’il y ait diversité, donc conservation des spécificités.

    1. Ouvrez donc un blog pour nous faire part de vos analyses pertinentes conservatrices au lieu de distiller ici et là des commentaires qui une fois mis bout à bout sont sans queue ni tête : ça devrait vous permettre de vous en rendre compte… peut-être, même pas sûr. C’est quoi la culture, l’histoire sur laquelle se développent les USA ? 200 ans de tradition ?
      Il vous a certainement échappé que c’est ici une analyse générale qui doit donc s’affranchir des particularités.
      Quant au conservatisme affiché dans votre commentaire c’est le même qui est pris comme excuse lorsqu’en france on affiche l’impossibilité de réformer… à cause des structures… héritées des générations passées

  2. Hans Rosling de Gapminder Foundation présente un autre aspect, qui semble essentiel et est probablement complémentaire, concernant l’accroissement des richesses d’un pays : la natalité. Plus un pays amélioré les conditions de survie de ses enfants en bas âges, moins les familles sont nombreuses, meilleur est leur niveau de vie, meilleur est le terreau qui permet au pays de se développer selon les axes que vous exposez dans l’article.
    Mon résumé est très réducteur, mais j’ai le sentiment que les deux catégories de facteurs se complètent bien.

  3. J’aime bien les articles du Minarchiste mais j’ai quelques critiques à émettre :

    1) Chaque pays est particulier (bien que tous leurs agents soient plus ou moins rationnels), or l’auteur (et ses références) donnent parfois l’impression de réciter une recette magique applicable à tous.

    On cite souvent le succès des dragons asiatiques. Aucun n’étaient démocratiques, tous ont bénéficié d’accords avec le gouvernement américain qui les a gentiment biberonné en leur ouvrant le plus grand marché du monde. Je ne parle même pas des politiques industrielles à foison, du blocage de l’épargne, la fermeture des systèmes bancaires locaux et du change fixe. Pour ce qui est des droits démocratiques, on y tirait sur les syndicalistes qui manifestaient et emprisonnait un paquet d’opposants politiques. Singapour a longtemps mis en place des châtiments corporels et interdit toujours l’homosexualité. Pour autant, le pays est un succès économique indéniable. Je ne critique en aucun cas ces pays, ils ont au contraire été pragmatiques et n’ont pas suivi aveuglément ce type de recette magique (la recette était communiste à l’époque). Ils bénéficiaient en outre d’une large façade maritime pour s’ouvrir au commerce international.

    Quid des autres pays toujours en développement aujourd’hui? Ceux qui subissent la concurrence subventionnée agricole ou manufacturière (directement ou via la monnaie). Quand la démographie est galopante et nécessite des investissements sociaux importants (éducation, santé). Avec un électorat potentiel jeune et instable. Ou des pays trop petits pour attirer les investisseurs. Ou des pays enclavés voir isolés au milieu d’une zone pauvre et instable? Que se passe-t-il quand les avantages comparatifs vous laisse pour débouché le tourisme et les services échangeable de bas de tableau. On fait quoi? On laisse crever l’agriculture vivrière, on brade l’immobilier, on privilégie le tourisme dont on ne tire quasiment pas de valeur ajoutée (tour opérateur et chaîne hôtelière multinationale). On s’étonne que les importations augmentent que le change flottant s’effondre (normal avec une population peu éduquée et consumériste dopée par un secteur bancaire privé averse au risque) . On sur-investit dans l’immobilier parce que c’est moins risqué que développer un secteur industriel. L’État se retrouve à développer des infrastructures dans des zones précises pour attirer les investisseurs. Dans certaines villes, on en vient à entretenir des quartiers vides de résidences secondaires d’étrangers quand la population locale s’entassent dans des cités dortoirs périphériques. Oui peut être le pays se retrouvera bloqué dans une trappe à revenu intermédiaire (surement au prix d’une émigration énorme) mais ca ne veut pas dire que d’autres voies n’auraient pas pu donner un meilleur résultat.

    1. « On sur-investit dans l’immobilier parce que c’est moins risqué que développer un secteur industriel.  »

      Si on parle de sur-investissement, c’est à dire de ce qu’on investit quand on a déjà de quoi satisfaire ses besoins essentiels, la politique de facilité de création d’entreprise, de faible taxation des bénéfices, et de réglementation légère et stable va l’emporter sur le risque.

    2. Bonjour MIA

      On n’a jamais dit que cela était simple, mais on a tout essayé rien ne marche.. sauf le libéralisme.. et l’huile de coude.

      1. gillib,

        Qu’on soit bien clair, je me considère comme un partisan du libéralisme (sur le long terme) et je sais reconnaître les bienfaits du marché. Mais cet article est une énumération de mesures politiques et économiques dont certaines ont toutes les chances d’empirer les choses (en cas d’application brutale) dans beaucoup de pays en voie de développement. On croirait lire un cynique optimiste qui pense qu’à la fin tout s’arrangera. Cet article cité et du même auteur est bien plus mesuré:

        https://minarchiste.wordpress.com/2010/11/24/les-programmes-d’ajustements-structurels-du-fmi-et-de-la-banque-mondiale/

        Si vous voulez aller plus dans le détail, on peut avoir des débats sans fin sur le type de démocratie et le système monétaire par pays. Je déconseillerai la démocratie à l’Arabie Saoudite à court terme par exemple et certains petits pays n’ont rien à gagner à un change flottant.

        Les différences climatiques et d’environnement, de positionnement par rapport aux flux du commerce international, de natalité sont bien plus déterminants dans la comparaison entre pays pauvres. Il est d’ailleurs tragique que l’article ne cite pas une fois l’importance de l’épargne alors qu’elle est l’un des fondements de la croissance pour les pays pauvres selon Solow. De même le secteur privé investit rarement dans certains milieux ruraux dans les pays en développement (énergie, assainissement, éducation). Oui, il faut que les gens sur place se bougent aussi mais un coup de main (public ou non) n’a jamais fait de mal. L’auteur cite De Soto, pourtant ses thèses appliquées dans certains bidonvilles péruviens n’ont pas amené un avenir rayonnant.

        Oui, les déficits budgétaires, de balance courante et l’inflation sont des déséquilibres qu’il faut combattre, mais des politiques publiques dans l’éducation, la santé et l’urbanisme sont bien plus susceptible d’apporter du bien être aux populations qu’un consumérisme au rabais. Il est navrant qu’on éclipse totalement l’importance du secteur public dans les succès des dragons asiatiques.

        1. Mais l’article ne parle pas de démocratie, il parle d’état de droit, du respect de la propriété, d’une monnaie saine, d’un budget de l’état en équilibre et modeste.
          En un mot, le libéralisme, et non des politiques publiques dans l’éducation, la santé et l’urbanisme, qui obtiennent en général des résultats mitigés.

        2.  » Il est d’ailleurs tragique que l’article ne cite pas une fois l’importance de l’épargne… »

          Relisez l’article.
          Et concernant les changements l’auteur indique bien que certains sont à faire graduellement et dans un certain ordre afin que par exemple les privatisations ne soient pas accaparées à vil prix par ceux qui disposaient précédemment du capital, ce qui sous entend que les conditions de l’épargne soient préalablement rétablies.

  4. Excellent article qui presente de façon synthétique et très claire les thèses très convainquantes développées dans des ouvrages tels que « Why Nations Fail? » ou « The Mystery of Capital » !

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