Danger pour votre épargne : les taux négatifs

Publié Par Sébastien Maurice, le dans Monnaie et finance

Par Sébastien Maurice.

Danger credits Appledave via Flickr ((CC BY-NC 2.0))

Danger credits Appledave via Flickr ((CC BY-NC 2.0))

 

Nous avons parlé du danger que représentent pour vos libertés l’interdiction progressive de l’utilisation de l’argent liquide et le glissement vers une monnaie totalement électronique. L’État pourrait en effet tout savoir de vos moindres faits et gestes via le suivi des transactions que vous réalisez.

Mais un autre danger se cache derrière l’émergence d’une telle société, un danger qui menace votre indépendance financière et l’avenir économique de l’Europe : la mise en place de taux d’intérêt négatifs.

Dans le monde parallèle des banquiers centraux, qui vivent pour la plupart dans une quatrième dimension nommée « keynésianisme », les épargnants sont en effet les responsables de tous les maux de l’économie. Qui consomme fait tourner l’économie, s’enrichit et enrichit. Qui épargne sabote l’économie et freine la machine.

baisse livret A rené le honzecDepuis la débâcle financière de 2008, causée par la politique monétaire de ces mêmes banquiers centraux, une véritable guerre contre les épargnants a commencé pour faire baisser les taux d’intérêt et donc la rémunération de l’épargne : baisse du taux de refinancement à quasiment 0%, assouplissement quantitatif, LTRO…

Toutes ces mesures, combinées au durcissement des réglementations et à l’alourdissement de la fiscalité, ont entraîné un effondrement de l’investissement privé et le déclenchement d’une spirale déflationniste.

La prochaine étape sera la mise en place de taux d’intérêt négatifs afin de forcer les épargnants à consommer. Cela a déjà commencé au Danemark et en Allemagne. Autrement dit, nous allons devoir payer pour le privilège d’avoir de l’argent en banque. Il s’agit ni plus ni moins que d’une remise en cause du droit fondamental dans une société libre à la propriété privée.

Bien entendu, une telle mesure n’est pas soutenable dans le temps sans risque de bank run (ou fuite des dépôts) ce qui remettrait en cause la stabilité du système financier. Afin de vous garder prisonniers des banques, l’État doit donc d’abord procéder à la transition vers une monnaie totalement électronique, donc supprimer la possibilité de disposer de votre argent sous la forme de billets détenus en dehors du système bancaire.

Ce mouvement augmentera les difficultés d’accès au crédit pour les entreprises (du fait de l’assèchement de l’épargne) et provoquera encore davantage de fuite des capitaux vers les devises étrangères, affaiblissant davantage l’économie et réduisant encore la valeur de vos avoirs.

Enfin si des taux d’intérêt durablement inférieurs à 0% deviennent possibles, il n’y aurait plus aucune limite à la taxation de votre épargne par les banques centrales…

Voilà pourquoi nous devons réagir rapidement si nous voulons avoir encore un espoir de pouvoir transmettre à nos enfants un patrimoine et un avenir économique.


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  1. Vous avez raison sur les effets, mais pas forcément sur les causes.

    Les taux à 0, puis négatifs… ne traduisent pas une guerre faite aux épargnants. Mais plus simplement, la nécessité de financer les états.

    La gigantesque manipulation du prix de l’argent par les banques centrales, toutes les banques centrales, depuis 2008… a une seule motivation principale : faire survivre coûte que coute le financement des états, via l’endettement.

    Même si c’est au prix de l’euthanasie des épargnants. Entre la peste et le choléra, le Système a choisi le moins pire, du moins à court terme.

    Prenons un seul exemple pour illustrer cela : la France.

    Avec le 10 ans français à 1,2 %… La France paye déjà 45 milliards d’euros d’intérêts par an, pour un déficit public de 80 milliards d’euros environ. Notre dette est énorme, et augmente sans cesse.

    A présent, imaginez le retour au monde « normal » : les taux français seraient en forte hausse. Entraînant une spirale mortelle… les intérêts s’envoleraient, le déficit exploserait davantage… jusqu’au moment où l’Etat serait obligé de :
    -faire défaut
    -et/ou couper massivement dans les dépenses publiques
    … entrainant de facto (puisque l’économie française est majoritairement « soviétisée ») une dépression économique proprement stupéfiante.

    Voilà l’enjeu. Ontologique.

    Mais je suis d’accord avec vous : cette politique démente entraîne, en effet secondaire, l’écrasement des épargnants, et donc à terme le financement de l’économie productive.

    Donc le résultat final sera le même : c’est juste une question de tempo, de rythme.

    1. J’ajouterai que ce ne sont pas les ZIRP et NIRP qui ont conduit a l’effondrement de l’investissement prive.

      L’effet escompte des ces politiques est au contraire, de favoriser l’investissement : quand l’argent est gratuit, autant l’emprunter pour investir. Le probleme est que la crise fait que les entreprises n’ont plus confiance dans l’avenir et n’investissent plus, que l’argent soit gratuit ou pas.

    2. Financer les Etats obèses et faire la guerre aux épargnants, c’est la même démarche. Parce que l’Etat non régalien ne produit rien mais déplace la richesse déjà créée par ailleurs, son intérêt est strictement opposé aux intérêts de la population productive. On a pu s’illusionner quelque temps avec la dette. Mais cette période est terminée. Pour survivre encore un peu, l’Etat sacrifie les individus par la fiscalité ou la monnaie, ce qui revient finalement au même. Mais ce faisant, le parasite tue son hôte, menant l’économie à la récession et les individus à la pauvreté. Il n’y a plus que deux issues à cette situation : ou tout le monde retombe dans la pauvreté de masse, ou bien seul l’Obèse, qui se croyait providentiel mais qui est en réalité démentiel, disparaît. Franchement, le choix est vite fait.

    3. vous avez raison , le principal problème c’est l’extension progressive des états qui s’occupent de tout(mal !), avec une productivité minable (on préfère augmenter le nombre des élus et des fonctionnaires administratifs que de rendre un meilleur service).

      Le reste n’est que technique pour mieux capter l’argent des autres.

      C’est bien évidemment à la cause qu’il faut s’attaquer en premier.

  2. Ce mouvement augmentera les difficultés d’accès au crédit pour les entreprises

    Elles pourront se tourner vers l’état… En route vers l’UERSS :mrgreen:

    En Suisse, les taux négatifs, sur les comptes dont le solde est au-delà de 100000 CHF, sont appliqués au taux de 0.75%. Et donc les organismes de retraite se font rouler dans la farine, les épargnant avec, peu importe leur fortune réelle.

  3. Bonjour,

    La banque est une boutique commercial comme un autre.

    Pourquoi vous ne négociez pas la mise à disposition de vos revenus à la banque?
    Le taux d’un livret A est normalisé, mais rien ne vous empêche de négocier autre chose.

    C’est la banque qui a besoin de vous, pas l’inverse.

  4. Je suis perplexe.
    Dans cet article, dans les commentaires, et dans tous les médias spécialisés reviennent en permanence le rôle désastreux et confiscatoire des banques centrales ou autres financiers.

    Je pensais, naïvement peut-être, que les banques centrales dépendaient du pouvoir politique en place. Et cette façon de rejeter toute la responsabilité sur la « finance » était une lâcheté de plus de nos élus, et donc de nous-mêmes électeurs.

    J’ai en mémoire un voyage que j’avais fait au Portugal il y a deux ans, où notre guide pestait tant et peu contre cette europe qui leur avait donné de l’argent et qui osait aujourd’hui en, réclamer le remboursement. Pour lui; le gouvernement portugais n’avait rien fait de mal, il avait seulement accepté de rentrer dans l’UE et avait accepté l’argent qu’on lui donnait pour développer le pays.
    Même schéma que chez les grecs, qui ont dépensé les 320 milliards que l’Ue et le FMI leur avaient avancé, argent disparu on ne sait où.

    Comme les 60 milliards d’impôts levés par le gouvernement Hollande, pour soi-disant ramener le déficit structurel de la France à 3%. En fait, le déficit est passé à 4,5% et personne ne sait où sont passé les 60 milliards. Encore la faute aux banquiers?

    Alors moi je veux bien qu’on accuse les banquiers, mais j’aimerais surtout que nos politiciens professionnels assument leurs responsabilités, car ce sont eux qui sont réellement responsables. Ils sont élus pour gouverner le pays et le gérer au mieux, et gouverner c’est avant tout prévoir.

    Ils se font élire avec des promesses qu’ils ne tiennent jamais, nous coutent entre 20 000 et 40 000€/mois, sont les derniers à subir les rigueurs fiscales ayant fait voter les lois ad-hoc pour cela, et disent ensuite « c’est pas nous, c’est la finance, l’ennemi… ».

    Et c’est nous qui donnons le pouvoir à ces voyous qui passent leur temps à se bidonner devant les rapports de la Cour des Comptes.

    1. « Nous » sommes les responsables. Les politiciens ne font que nous diviser pour mieux régner. Tant que chacun s’escrimera à défendre sa vision du pays où à se laisser bourrer le mou, nous continuerons sur ce chemin désastreux.

  5. Ce que je comprend pas c’est pourquoi des banques ont des taux d’intérêt négatif alors que si on met l’argent dans un coffre c’est un taux 0 ….

    1. Le coffre a un coût.

      1. Les services banquaires sont déjà payants!

  6. si les dépôts « bénéficient » de taux négatifs, les banques ne devraient elles pas me rémunérer mon découvert ?

  7. de toute façon , il n’y a que des taux négatifs , on n’ a jamais gagné quoique ce soit sur un compte bancaire ou un livret de caisse d’épargne , on limite les pertes dues a l’inflation !
    alors des taux réellement négatifs permettront aux gens d’ouvrir enfin les yeux et ils investiront , ils prendront des risques..et les requins les attendent et moi aussi 😉

    1. Ah, la bonne vieille vision duale, la sécurité anesthésiante de l’Etat nounou opposée à la liberté risquée du vilain méchant marché où les requins nagent librement. C’est le mensonge classique de la propagande étatiste. La bienveillance de l’Etat non régalien est aussi trompeuse et illusoire que celle vendue par n’importe quelle mafia. Etat ou mafia, les maîtres de ces monstres n’ont qu’un but, prospérer sur le dos de leurs victimes sans avoir besoin de faire l’effort de créer des richesses, pour laisser à d’autres le soin de gagner leur pain à la sueur de leur front.

  8. Déflation? Où ça?

  9. Les mafieux de l’État espèrent que l’illusion monétaire dissimulera leurs manœuvres abjectes afin de se débarrasser de leurs immenses dettes de gamblers en les diluant au sein des populations comme le feraient des dealers de shit

  10. Ne reste plus qu’a acheter du bitcoin. Au moins, vous etes l’unique et heureux proprietaire de cette crypto monnaie. Tiens, pour un site ‘liberal’, feriez bien de creuser de ce cote : une monnaie decentralisee, c’est interressant. Et ca aucun gouvernement ne peut vous le prendre

  11. Vous avez bien raison de souligner l’origine keynesienne de la situation actuelle, on ne le répète jamais assez.

    Il est d’ailleurs très intéressant quand on a affaire à de gens de gauche et/ou des altermondialistes de leur expliquer ce qu’est le keynésianisme et surtout par où il est entré dans le monde politique … il y a de quoi ébranler pas mal leurs certitudes …

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