Une imprimante 3D donne une nouvelle main à une victime de guerre

Publié Par Reason, le dans Technologies

Par Alyssa Hertig.

Un article de Reason.

Daniel Omar a perdu ses bras en mars 2012 quand il n’avait que 14 ans durant un bombardement exécuté par des avions soudanais, cette attaque faisant partie de la tentative du gouvernement visant à réprimer des rebelles. Daniel s’est abrité derrière un arbre pour se protéger des explosions, mais quand le vacarme a cessé ses deux mains avaient disparu. Selon The Guardian, « conscient du poids qu’il représentait pour sa famille, en 2012, Daniel Omar a déclaré à un envoyé spécial du Time qu’il aurait dû mourir sous les avions Antonov de l’État lorsqu’ils ont largué leur charge mortelle. » Il pensait ne jamais pouvoir reprendre une simple cuillère de sa vie.

Cependant, l’imprimante 3D apporte une solution incroyablement simple et économique. Mick Ebeling, qui dirige la start-up nommée avec optimisme Not Impossible Labs, était horrifié à la lecture de l’histoire de Daniel Omar. Après l’avoir trouvé dans les montagnes de Nouba, Ebeling a enfilé sur le moignon de Daniel une prothèse de bras réalisée par impression 3D. Sa conception a coûté à Ebeling un peu moins de 100$. « Project Daniel » apporte de l’espoir à plus de 50.000 personnes amputées durant les périodes de troubles soudanaises et nous donne un aperçu des futures possibilités qui nous sont offertes par cette machine.

The Guardian raconte :

« C’était un moment fabuleux de voir ce garçon sortir de sa coquille », a déclaré Ebeling, se rappelant du moment où Daniel prenait une cuillère pour la première fois depuis son accident. « Permettre à Daniel de pouvoir se nourrir par lui-même était un accomplissement personnel aussi important à mes yeux que la naissance de mes enfants. »

Le Sud du Soudan a été brisé par une sombre guerre civile entre ethnies divisées depuis une prise de pouvoir en suspens commencée en décembre 2013. La situation est si déplorable que des groupes humanitaires comme Médecins Sans Frontières ne peuvent endiguer la propagation des cas d’amputations violentes.

Ebeling est d’ailleurs déçu par l’insuccès des campagnes étrangères de soutien et cherche à produire une solution alternative. Il est retourné chez lui à Los Angeles, mais il a laissé derrière lui quelques imprimantes 3D afin que les locaux autochtones puissent apprendre à les utiliser. Ils arrivent à présent à assembler un membre par semaine pour les personnes accidentées de la région.

Harry McCracken dans le Time:

Cette innovation ne parviendra pas à obtenir la moindre attention à côté des télévisions 4K, tablettes et autres gadgets durant l’émission de cette semaine – il est pourtant difficile d’imaginer d’autres dispositifs susceptibles de rendre le monde meilleur.

L’attention des masses a surtout été orientée vers les applications controversées de cette technologie innovante, mais les gens peuvent utiliser des imprimantes 3D avec d’autres objectifs que la production artisanale d’armes à feu. Elle est au cœur de nombreux développements révolutionnaires dans une grande variété de domaines : soins dentaires, biotechnologies, lunettes, art, cuisine, géographie et architecture.

Dans un monde aux disparités économiques, politiques et technologiques importantes, l’imprimante 3D délivre une lueur d’espoir pour des citoyens piégés dans des régions politiquement fragilisées.


Sur le web. Traduction : Barem/Contrepoints.

  1. Voilà une application intéressante..pour les autres dépêchez vous d’acheter une imprimante 3D avant que nos édiles ne pondent des textes et des lois rendant l’achat et la possession aussi contraignants qu’un fusil de chasse ou d’un taser…

  2. Il est urgent de déployer des imprimantes 3-D dans toutes les zones où se déroulent des guerres sales. Ou plutôt de convaincre le consommateur qu’il montre sa haute moralité en en achetant une. Après, on pourra le spammer avec des objets au lieu de le faire avec des textes et des images, l’obliger à acheter des anti-virus, des anti-sextoys et des anti-excréments, etc. Et si on revenait au bon vieux modèle où le boulanger fait le pain, la maraîcher cultive les radis, et le prothésiste les prothèses ?

    1. Voila voila

  3. Bel effet de com.

    Le fait que la prothèse ait été réalisée avec une imprimante 3D n’a aucune importance. C’est de la pure com.

    Ce qui est important c’est que quelqu’un se soit pencher sur le sort de cette personne en souffrance et ait fait le nécessaire pour lui procurer une prothèse.

    Qu’elle ait été fabriquée avec un machine a commande numérique classique, un artisan qui travaille se ses mains ou une imprimante 3D n’a strictement aucune importance.

    L’impression 3D est un moyen, pas une fin. C’est un moyen qui réponds à certains besoins.

    Cela fait 10 ans que ces imprimantes 3D existent (au moins). Elles ont beaucoup apportés aux bureaux d’études, aux bureaux de prototypage etc …..

    Mais aujourd’hui, la révolution annoncée depuis si longtemps n’a toujours pas eus lieux.

    Pourquoi ? Il a plein de raison, mais si on fouine du coté du coût de revient d’une telle pièce (une cahine de production produis pour bien moins chère), des garanties de conformité aux réglementation (sujet ouvert) etc …. On se rends compte que la deferlante et la révolution 3D n’est pas encore pour aujourd’hui.

    Alors oui, il y a des marchés de niches pour lesquels ces imprimantes sont une révolution, mais elles ne changeront aps le monde à court terme du moins.

    1. « Le fait que la prothèse ait été réalisée avec une imprimante 3D n’a aucune importance. C’est de la pure com. »

      Le fait que ça n’ait coûté que 100$ pour une prothèse sur-mesure (forcément…), avec du matériel façile à transporter, a une très grande importance, au contraire.

      « L’impression 3D est un moyen, pas une fin. C’est un moyen qui réponds à certains besoins. »

      Comme tous les outils. Et alors?

      « Mais aujourd’hui, la révolution annoncée depuis si longtemps n’a toujours pas eus lieux. »

      Quelle impatience! Vous voudriez que ça se fasse en claquant des doigts?

      « Pourquoi ? Il a plein de raison, mais si on fouine du coté du coût de revient d’une telle pièce (une cahine de production produis pour bien moins chère) »

      Mais seulement des pièces-types, toutes identiques.

      « On se rends compte que la deferlante et la révolution 3D n’est pas encore pour aujourd’hui. »

      Mais pour bientôt. On est probablement plus qu’a quelques avancées supplémentaires de la révolution. Evidemment, si on croit qu’on peut prévoir les avancées technologiques au jour près, ce genre de considérations nous touche beaucoup moins…

      1. « Alors oui, il y a des marchés de niches pour lesquels ces imprimantes sont une révolution, mais elles ne changeront aps le monde à court terme du moins. »

        Comment vous le savez? Vous l’avez lu dans le tarot? Personne n’est capable de savoir quelles seront les avancées technologique des 2 prochaines années (déjà qu’a 6 mois, les risques d’erreurs sont bien réels…).

        Mais sinon, je veux bien que vous me prêtiez votre boule de cristal quelques jours, je saurais en faire bon usage.

        1. Pourquoi cette arrogance et cette condescendance ?

          Un complexe ?

          1. Pourquoi voir de l’arrogance et de la condescendance là ou il n’y a que de l’ironie?

            1. @LOL
              Ford présente une auto mobile pour remplacer à terme l’hyppo mobile…
              Polémique entre ceux qui y croient et ceux qui regardent l’avenir dans un rétroviseur.
              Une compétition est organisée entre une auto et un cheval en départ arrêté sur un stade devant des milliers de spectateurs-témoins.
              Le moteur de La voiture explose au bout de 30 m
              L’auto mobile n’a aucun avenir !

      2. 100$ avec du matériel facile à transporter… Et combien avec le matériel du prothésiste ? Quel est l’avantage de transporter l’imprimante 3-D sur les lieux où l’électricité est incertaine, le réseau épisodique, les opérateurs incultes, et l’insécurité absolue ? C’est génial que les prothésistes puissent s’équiper de matériel performant et bon marché, c’est beaucoup moins génial de vouloir en tirer argument pour que chacun s’achète une imprimante 3-D pour fournir en prothèses home-made les nombreux infirmes de sa famille.

        1. « 100$ avec du matériel facile à transporter… Et combien avec le matériel du prothésiste ?  »

          Envoyer un prothésiste en Afrique, ça coûte bien plus que 100$.

          « Quel est l’avantage de transporter l’imprimante 3-D sur les lieux où l’électricité est incertaine, le réseau épisodique, les opérateurs incultes, et l’insécurité absolue ? »

          Que l’électricité soit incertaine n’empêche pas de s’en servir quand il y’a de l’électricité. Pareil pour le réseau. La machine n’a pas besoin de tourner en continu pendant des jours.

          Les opérateurs incultes peuvent être formés.

          « C’est génial que les prothésistes puissent s’équiper de matériel performant et bon marché »

          Tout à fait.

          « c’est beaucoup moins génial de vouloir en tirer argument pour que chacun s’achète une imprimante 3-D pour fournir en prothèses home-made les nombreux infirmes de sa famille. »

          Qui, au juste, à voulu en tirer cet argument? Parce que je n’ai pas entendu parler de ça dans l’article.

          1. « Envoyer un prothésiste en Afrique, ça coûte bien plus que 100$. »
            Bon, ben alors la prothèse a bien coûté plus de 100$ puisque le marchand d’imprimantes 3-D y est allé avec sa prothèse. Et combien ça coûte d’envoyer un formateur ? Cette affaire est une démarche publicitaire, fondée non pas sur la résolution du problème du client mais sur le désir de publicité du vendeur. Je n’en ai rien à cirer de la manière dont le problème de l’infirme a été résolu, s’il a été résolu. Mais on ne parle pas des fonctionnalités de la prothèse, et le coût avancé est manifestement déformé (sans compter qu’au Soudan, 100$ doivent représenter 6 mois de revenus moyens). S’il ne s’agit pas de vendre des imprimantes 3-D au grand public, quelle est la finalité de l’article ?

            1. Non non, c’est bien cent dollars. parce que dans le cas d’une prothèse classique on aurait du envoyer un formateur prothésiste (doc une place d’avion), récupérer un cabinet médical embarqué ou bien en prendre un sur place si on a la chance d’avoir le matériel, puis construire la prothèse. Si on envoie une imprimante 3D, on envoie un formateur qui peut apprendre son métier aux autochtones (contrairement au prothésiste), on fait livrer des imprimantes 3D, ce qui coutera moins cher qu’un cabinet médical prêt à embarquer, et on fabrique des prothèses sur mesure pour moins cher que normalement.

              Donc, oui, c’est un coup de com’, mais un coup de com’ pas pour dire « Regardez je suis un mec charitable » mais plutôt « Regardez, c’est une solution qui marche, on a juste besoin d’un peu de financement ».
              Et ça, c’est très bien.

            2. Sans compter les coût induits par la simple présences en Afrique. Envoyer un prothésiste 6 mois c’est horriblement cher, il ne forme personne. Une imprimante 3D ça coûte plus rien à maintenir une fois sur place.

          2. Ce jeune blogueur, ingénieur en mécanique, avait déjà bien circonscrit l’utilisation de l’imprimante 3D :
            http://ingenieurchamane.wordpress.com/2014/02/06/impression-3d/

        2. Ce n’est pas parce que vous personnellement n’en voyez pas l’intérêt que la planète entière n’en à pas usage.
          Je m’en sert à des fin de modélisme personnellement. Tout le monde sait que ce n’est pas le synthétiseur de StarTrek.

          Au mieux ça sera une technologie qui sera un kickstart à d’autre idées, au pire ça sera une mode qui va passer et on en reverra pas avant quelques années. On verra c’est tout,

  4. Encore un bien bel exemple. Et ils sont nombreux et c’est surement la médecine qui bénéficiera le plus de cette technologie. On a parlé de pleins d’autres exemples sur cette page http://www.imprimeren3d.net/sante-medecine/

  5. J’ai fait faire la reproduction d’une petite statuette dans une échoppe 3D au coin de ma rue, c’est tout aussi étonnant qu’une photo 3D. La photo 3D est basée sur l’épaisseur du plastique qui reproduit en grisé le cliché, tout aussi époustouflant. Le patron de l’atelier a fabriqué une autre imprimante avec celles dont il dispose en façonnant les diverses pièces pour la construire. Elle peut « imprimer » des pièces jusqu’à 40 cm de hauteur.
    On vient de reconstituer de la peau par 3D :
    http://jacqueshenry.wordpress.com/2014/02/23/deja-de-la-peau-par-impression-3d-et-ensuite/

  6. C’est sympa qu’Omar est une pince.

    1. « ai » trop matinal !

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