La Corée du Nord existe-t-elle ?

Publié Par Contrepoints, le dans Asie

Communiste, totalitaire, idéologique, dynastique, psychopathe, suicidaire, ou tout à la fois ? La RPDC est le pays le plus hallucinant du globe, mais pas seulement. Visite-express d’un univers qui ne devrait pas être.

Un max de non-droit

Soixante-cinq ans. Soixante-cinq interminables années que le régime nord-coréen est en place. Il est aujourd’hui le système politique le plus totalitaire au monde – peut-être même le seul, si l’on s’en tient à la définition la plus académique du terme totalitaire –, et un des plus étranges que la planète Terre ait jamais connus. Frontières hermétiques, absence complète de Droits Fondamentaux, réseau de camps de concentration où règne une épouvante permanente, famines à répétition – des millions de morts dans les trente dernières années –, population réduite à la condition de bagnard, éducation et rééducation idéologiques massives de l’individu tout au long de sa vie, misère, corruption, absurdité, laideur, dénonciations, désespoir : coupés du reste le l’humanité, les Nord-Coréens vivent un enfer difficile à imaginer. Ajoutons à cela la menace permanente que fait peser cette petite nation sur ses voisines ; à la moindre contrariété, Pyongyang a l’Apocalypse à la bouche et menace de faire s’embraser la région.

Et ce n’est pas tout : la RPDC est également le plus gros producteur et le plus gros vendeur de faux Dollars, le fournisseur du Hezbollah en missiles, une plaque tournante idéale pour tous les trafics illégaux possibles, un pourvoyeur d’esclaves pour la Russie – ils peuplent les zones désertiques de Sibérie –, et l’enfant chéri du communisme chinois. À la fois stalinienne, maoïste, dynastique, mafieuse et terroriste, la Corée du Nord est un cas unique et passionnant dans l’histoire idéologique. Pour l’esprit libéral, cette nation hors de la réalité, black hole économique et tumeur géopolitique, est un formidable champ d’analyse et de réflexion sur l’État et sur le socialisme. Que l’actualité en cours attise notre curiosité révolutionnaire !

Design by Stalin

Incapables de décoder la logorrhée du matérialisme dialectique, les médias occidentaux mainstream sont prompts à oublier que la Corée du Nord est purement et simplement un régime communiste. Son idéologie présente pourtant un pédigrée de haut rang. Elle repose sur deux idées fondamentales, dont les noms sont répétés à longueur de journée par les hauts-parleurs, les affiches, les fresques humaines, les ballets, les commissaires politiques, les enfants robotisés, les chorales, les fanfares et les émissions de radio et de télévision : le Djoutché et le Songun.

C’est à Staline qu’il faut attribuer l’invention du premier. Accédant au pouvoir à la mort de Lénine, il élabore un concept nouveau : « le socialisme dans un seul pays ». C’est-à-dire : un communisme nationaliste, affirmant haut et clair n’avoir pas besoin des autres nations pour prospérer à son rythme fulgurant, loin de leurs manigances et de leurs vices. On met l’internationalisme entre parenthèses, le temps d’échafauder un totalitarisme qui tienne la route, et de s’armer pour les conquêtes à venir. Les Khmers Rouges donnèrent, eux aussi, dans cette logique du renfermement complet sur soi-même, même s’ils en ont bricolé une interprétation préhistorique, très différente de la version nord-coréenne – plus proche de l’épopée et, involontairement, du burlesque. Bien entendu, cette autarcie génère une xénophobie systématique, une mégalomanie étatique complète, une paranoïa caractérisée, et une formidable incapacité à créer de la richesse. Les Coréens du Nord n’ont aucun moyen de communiquer avec l’extérieur, et n’en reçoivent aucune nouvelle. Quelques malheureux tentent de traverser la frontière la mieux gardée au monde, certains y parviennent. Un reportage montre une Nord-Coréenne arrivant à Séoul et découvrant l’existence du four à micro-ondes. Elle éclate en sanglots : « Comment ont-ils pu me voler ma vie à ce point ? » Elle ne parle pas de la faim, elle parle du mensonge. Ce peuple est le plus désinformé, le plus censuré, le plus manipulé, le plus brainwashé qui soit. Est-il pire torture, que de naître il y a 65 ans du mauvais côté du no man’s land, et de n’avoir rien connu d’autre depuis, que la peur, le dénuement et la propagande ? Être nord-coréen est une malédiction. Certains sont nés en camp de concentration, de parents enfermés, et ont survécu tant bien que mal, des décennies durant, en ces zones d’une cruauté sans nom – on y voit des enfants de gardiens y tuer des enfants de condamnés –, et y sont morts, sans avoir entrevu une seule seconde de leurs existences ce que nous appelons « liberté ». Que sont ces vies ? Des vies de victimes du communisme. Il est moral d’avoir froid dans le dos, si l’on songe à la Corée du Nord.

La Grosse Bertha Rouge

La seconde idée, le Songun, est la militarisation de la première. L’autarcie du Djoutché  trouve son climax dans un communisme de guerre fidèle à l’esprit de Lénine dans les années 1918-1921 : la totalité de l’économie sert le renforcement de l’armée. Sauf qu’ici, c’est un genre d’état de guerre sans guerre. On fait comme s’il fallait constamment soutenir le front, mais il n’y a pas de front. Ce conflit est imaginaire, légendaire, narratif, quand bien même la production d’armes est réelle. La guerre est racontée par le régime à ses victimes à des fins de communication interne et de cohésion populaire : pur orwellisme [1]. Elle permet également de vendre des armes aux autres dictatures. Et d’obtenir des devises en échange de traités de paix in extremis – raison pour laquelle la RPDC se lance régulièrement dans un numéro de pitre thermonucléaire. Kim brandit un couteau électrique, on rigole un bon coup, et la communauté internationale passe à la caisse à la fin du spectacle, en échange de six mois de calme. C’est cyclique et sempiternel, à l’image des mimes d’Avignon. Et sans doute est-elle un tantinet racontée par Kim 3 à lui-même, aussi, cette guerre. Être le petit-fils de Kim 1 et le fils de Kim 2 ne vous arrange pas les neurones. Recevoir le totalitarisme en héritage, comme une voiture de collection, ne rend ni raisonnable, ni humble. Kim 3 joue comme il peut avec les jouets qu’il a. Bercé par le marxisme-léninisme, les exploits de ses aînés, l’envie d’être aussi célèbre que Psy, et l’énorme médiatisation dont il fait l’objet depuis quelques jours, sans doute Kim 3 fait-il des rêves étranges. Ils débordent sur les nuits des Coréens du Sud et des Japonais. Ils parviennent à réveiller Obama en pleine nuit. Mister President, we have a problem. Pyongyangnam style. Kim 3 est une star. Il a rattrapé et dépassé Papa et Papy. Il est Doctor No 2.0.

Ne riez pas trop vite

Ne riez pas trop vite, non, car Kim 3 a des armes chimiques et bactériologiques. Il ne s’en servira jamais ? Aucun expert ne peut prétendre savoir avec certitude ce qui se passe dans la tête de Kim 3. La Corée du Nord, dit-on, est également équipée d’une puissante et nombreuse armée de hackers – c’est également le cas de la Chine. Peut-être, à l’instant même, êtes-vous épié par l’un d’entre eux : il est chargé de surveiller les sites libéraux français, vous arrivez sur cette page en même temps que lui, il vous détecte. Il note votre adresse IP, puisque vous lisez cet article ignoblement réactionnaire. Vous voilà happé par la fiction nord-coréenne. Nous sommes les figurants d’une fresque sans fin, dont Kim 3 est le centre. Le délire communiste a accouché d’un monstre parfait. Pékin veille sur lui comme le toxico adulte sur son petit cousin dealer.


Note :

  1. On ne peut complètement exclure que Kim 2 et/ou Kim 3 aient lu 1984.
  1. Décidément j’aime bien vous lire.
    Celà étant une remarque et une question.
    La remarque : étant donné les souffrances atroces endurés par les cambodgiens sous le régime de Pol Pot (lire Rithy Panh), je ne suis pas sûr que le terme « burlesque » convienne.
    Une question : c’est quoi cette histoire d’esclaves peuplant les zones désertes de Sibérie ?

    1. « c’est quoi cette histoire d’esclaves peuplant les zones désertes de Sibérie ? »

      http://edition.cnn.com/2011/12/15/world/asia/north-korean-labor-camps-in-siberia

      http://www.independent.co.uk/news/world/n-korean-loggers-flee-russian-slave-camps-1428700.html

      http://www.vice.com/vice-news/north-korean-labor-camps-part-1

      « je ne suis pas sûr que le terme « burlesque » convienne »

      Vous avez infiniment raison. Mais la Corée du Nord pousse bien souvent l’incompétence et l’arrogance à un point où le monde éclate de rire. Ce n’est pas recommandé, mais c’est humain.

      http://kimjongillookingatthings.tumblr.com/

      1. « looking at female soldiers » ça n’a pas l’air de l’inspirer. Pourtant il y a le vieux cochon à droite qui lui souffle à l’oreille « elle est bonne, la brune! »

        C’est sans doute pour ça que le petit Kim a l’air d’une poule qui a trouvé un dentier: laquelle? elles sont toutes brunes!

        1. Notez qu’il est toujours accompagné d’un ou plusieurs admirateurs qui notent tout ce qu’il dit. Ceux-là disparaîtront les derniers.

      2. Le rire est peut être, passé un certain niveau, la seule réaction possible face à l’absurdité la plus totalement absurde, si absurde même qu’elle dépasse la fiction. A bien y regarder, la RPDC est plus orwellienne que 1984, plus terrifiante que Brazil, plus absurde que Kafka, à un niveau où cela devient simplement inimaginable, au sens le plus strict du terme.
        Le problème ? C’est que là, c’est la réalité.

        Oh, ps, il me semble que lorsqu’il parlait du burlesque, il parlait de l’explication donnée à la doctrine du « socialisme en un seul pays » des cambodgiens.

    2. Tragédie, comédie, deux réactions également possibles devant l’absurde.
      Le burlesque n’est souvent qu’une manifestation du désespoir.

    3. Assez rapidement après l’instauration du communisme en Corée du Nord, KIM 1 a vendu certains de ses compatriotes aux soviétiques pour des grands travaux en Sibérie. Certains descendants nés en URSS, devenus citoyens soviétiques mais victimes des ratonnades des partis nationaux-communistes notamment à Saint-Petersbourg ont pu émigrer en France où j’ai pu en rencontrer.

      1. Oui, apparemment, c’est désormais une tradition entre les deux pays. Et je n’ai jamais ouï dire que la communauté internationale s’en soit formalisée.

  2. Mais non. Vous ne comprenez rien. Les dictatures sont toutes soutenues par des réactionnaires selon les gens de gauche….

  3. Bon article. Il manque néanmoins le paramètre chinois. AMHA Toute cette gesticulation soi disant à destination des USA est en réalité un message contre la Chine, dont la RPCN ne veut pas devenir une province, alors qu’elle en dépend tellement et de plus en plus.

    1. Je ne me suis pas étendu sur la Chine. J’ai simplement fait allusion au fait que Pékin aime beaucoup, beaucoup Pyongang. Mais vous avez raison d’y revenir : la solidarité entre ces deux nations est mafieuse, idéologique, militaire, géopolitique, et économique. Je ne suis pas certain qu’il y ait vraiment subordination de la RPDC à la Chine, mais la complicité est patente. Et Moscou aime Pyongyang. Et Damas aime Pyongyang. Et bien d’autres pays aiment Pyongyang. Pékin est le parrain de tout ce trafic.

      1. Je recommande chaudement, à tous le monde, de lire la BD Pyongyang de Guy Delisle, qui a passé trois mois en corée du nord. Très instructif, et simplement terrifiant quand on y réflechit (comme lorsqu’il explique qu’il n’a jamais été, une seule fois, en trois mois, sans avoir un portrait de Kim-Jong Il ou de son père sous une forme ou une autre).

        1. « Je recommande chaudement, à tous le monde, de lire la BD Pyongyang de Guy Delisle »

          Oui !

          1. Ah, ça fait plaisir !

  4. Une fois de plus il suffit de comparer les deux Corées pour assister à la « réussite » éclatante du collectivisme..

  5. La Corée du Nord n’est rien. Sans la Chine ça fait longtemps qu’on aurait du faire usage du devoir d’ingérence… Laisser ces hommes et ces femmes aux mains de ces crapules est de la non assistance à personnes en danger. Le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup de gaz ou de pétrole (en tout cas pas suffisamment pour déranger l’Europ et les US…)

  6. Il y a aussi que Pékin ne tient pas à ce que la Corée se réunifie, car elle deviendrait, malgré sa petitesse un concurrent non négligeable. Je ne suis pas sûr non plus que le Japon le souhaite…

    1. Et Pékin, et Moscou, et tant d’autres, y perdraient leur chère zone de non-droit. De la même manière, les islamistes n’ont pas du tout envie de perdre la zone tribale entre Afghanistan et Pakistan. La grande criminalité internationale a besoin de ports d’attache où ni Interpol, ni l’ONU, n’ont accès.

  7. Entendu aujourd’hui en prep’ENA :

    « Non mais à ton avis, si ça fait 65 ans que le régime tient en place, c’est que peut-être les nord-coréens ne sont pas si malheureux que ça !
    Et les quelques témoignages qu’on entend sont fortement biaisés. Après tout on ne connait rien de la vérité, puisque tout le pays est fermé »

    Dans ces cas-là, devant la négation de l’évidence, je suis toujours désarmé..

    Aidez-moi, que pourrais-je répondre à cet argument ? Des chiffres précis ? Des rapports ?

    Je précise, la personne est très fortement de droite…tendance souverainiste protectionniste etc

    1. Ahahahaha très drôle mais malheureusement sans effet sur la personne, je le crains.

    2. PLG: « Non mais à ton avis, si ça fait 65 ans que le régime tient en place »

      J’essayerais par exemple l’esclavage ou tout autre truc mortifère & durable pour démonter sa connerie: « Si ça a duré bien plus de 65 ans c’est que les gens n’étaient pas si malheureux… »

      Si il répond que ça ne marchais que grâce à l’oppression tu n’as plus qu’a le féliciter pour sa clairvoyance.

      1. C’est exactement ce que je lui ai dit (pour la question de l’oprression), d’où sa réponse qu’on n’en savait rien , et que les quelques rares témoignages étaient trop biaisés…

    3. T’as qu’a lui parler des 1,5 millions de Nord-Coreens morts pendant la famine qui a frappe le pays dans les annees 90. Ou alors du fait qu’en moyenne un Nord-Coreen fait environ 10 cm de moins qu’un Sud Coreen, que le pays reste en etat de sous-nutrition chronique malgre les aides internationales. Sinon tu peux parler des 200 000 Nord-Coreens en camp de concentration, ou de la pratique des executions par mortier sur certains officiels, ou encore le fait que tu peux partir en camp parce que ton grand-pere a commis une faute contre le regime.

    4. « Non mais à ton avis, si ça fait 65 ans que le régime tient en place, c’est que peut-être les nord-coréens ne sont pas si malheureux que ça ! »

      Tout dépend de l’ambiance, bien entendu, mais je serais tenté de répondre : « Si j’étais nord-coréen, je te démolirais la tête à coups de poings ».

      1. Les Nord-Coréens sont excellents en tae-kwon-do. Ça tombaient bien.

        1. Erratum. « Tombe », pas « tombaient ».

    5. La « négation de l’évidence » n’est pas forcément une pathologie mentale.
      Cela peut-être :
      – un exercice plaisant de dialectique à plusieurs, sans intérêt sur le fond
      – un moyen indirect pour défendre un point de vue
      – une réaction instinctive de protection face à une évidence trop fortement imposée
      Certes, pour ce dernier cas, le sujet peut avoir tord sur le fond. Mais là, c’est le corps physique qui se défend d’un risque de dépression…

    6. Le régime tient parce qu’il y a toujours des couillons de capitalistes occidentaux pour apporter une aide à ces régimes pourris. Le chantage fondé sur la culpabilité « si vous ne m’aidez pas, des milliers de gens mourront de faim, par votre faute », ça marche à tous les coups. Même Mme Thatcher, qui n’était pas la première des connes, est tombée dans le piège que Gorbatchev avait tendu aux Occidentaux pour sauver le pouvoir du parti communiste et non l’URSS comme il l’avait fait croire.

    7. Il y a la célèbre photo de l’Asie la nuit mais je ne me ferais pas trop d’illusion car comme le dit Solsyentisine on n’a jamais pu créer un obus à charge creuse capable de percer les fronts en fonte.

      Quand aux « souverainistes » souvenons-nous de De Gaulle allant sans vergogne solliciter l’appui de Staline, celui qui avait rendu possible l’invasion de la France et s’alliant à ceux qui en 40 sabotaient l’armée française. Ils s’allieraient à l’Alien de Ridley Scott si cela pouvait aboutir à le destruction de l’Amérique. Pires que les bobo-gauchistes.

  8. Décidemment, vos chroniques régulières sur les méandres du totalitarisme sont un vrai régal!
    Un lecteur reconnaissant,
    K.

  9. Surtout si l’on fait un commentaire…..D’une personne comme ça tout est possible, surtout le pire. La guerre du poulet est déclarée !

  10. Je recommande aussi le documentaire intitulé – The Vice Guide to North Korea – sur le voyage de Shane Smith (un Canadien) en Corée du Nord. Surréaliste.
    C’est en trois parties sur Youtube:

    1. Un bon documentaire sur la Corée du Nord vaut un bon livre sur la Corée du Nord, pour qui sait regarder avec un œil libéral. Merci pour cette initiative !

      L’émission belge Strip-Tease a suivi une délégation soc-dem en Corée du Nord. C’est ce que je connais de plus fou. Vous allez halluciner sévère.

      http://www.dailymotion.com/video/x1nrxn_striptease-coree-du-nord-partie-1_travel#.UV9Q52gdN34

      1. J’ai regardé le documentaire en entier. Wikipedia dit de Willy Burgeon et je cite:
        «Il a participé à l’émission Strip-Tease en se rendant en Corée du Nord en 2000, suite à quoi il a été démis de ses fonctions, vu son enthousiasme pour la politique locale.»
        Je ne sais pas si cela est vrai, (Wikipédia indique que la source de ce fait est manquante), mais c’est certainement ce qu’il méritait!

        Comme il y a le Dîner de con, il y a, en Corée du Nord, le Tour du con, réservé aux Occidentaux. C’est le dispositif que le Système a mis au point pour littéralement verrouiller le pays en créant une garderie pour touriste. Ce dispositif s’apparente à ce qu’un propriétaire fait lorsqu’il met sa maison en vente et la fait visiter. Il fait d’abord du «home staging», de la mise en valeur résidentielle, pour faire paraître au mieux sa propriété aux yeux des éventuels visiteurs-acheteurs. Tout est nettoyé, bien ordonné et présenté sous son meilleur jour.

        Quant à ce Willy Burgeon (que je ne connaissais pas), il VEUT que la maison soit finalement pas si mal, il VEUT que ce qu’il a lu sur la Corée du Nord dans les journaux occidentaux soit de la propagande, il VEUT que les enfants qui chantent les louanges du Grand Leader Éternel ne soient pas si lessivés du cerveau que les autres délégataires le disent. Ce type, je ne le COMPREND pas. Ce type, c’est ce que j’ai retenu de plus ahurissant dans ce documentaire.

        1. « Je ne sais pas si cela est vrai »

          Oui, c’est vrai.

          « il VEUT »

          Oui. Il croit, donc il veut.

          « je ne le COMPREND pas »

          Cela exige un effort sur soi-même, car il faut adopter le point de vue communiste, penser comme lui. Et c’est pourquoi nombre de grands spécialistes du communisme sont d’anciens communistes : ils connaissent intimement les déraillements que provoque l’idéologie dans le cerveau.

        2. J’adore le moment oùn ô miracle, ils tombent sur un groupe de paysans en costumes traditionnels nickel, avec plein de bouffe. Merveilleux communisme, capable de mises en scène ubuesques pour faire croire qu’il est bon.

          – J’ai une famine terrible ! », dit le guide…

  11. Kim echec et Mat, ca pourrait être un bon titre.

    A part ca No:3 c’est un UN. Soit plus proche de nul que son père.

  12. merci pour cet article et pour le lien vers le documentaire VICE News

  13. Au delà de l’absurde souffrance du peuple coréen du nord, peut-être que prendre un peu d’altitude aiderait à mieux cerner la situation. Et l’analyse de l’article ci-dessous nous donne justement cette hauteur de vue:
    http://www.atlantico.fr/decryptage/menace-nord-coreenne-qui-pyongyang-ou-etats-unis-joue-plus-double-jeu-alexandre-del-valle-691247.html?page=0,1
    Qu’en pensez vous?

    1. Éternelle rengaine… « S’il y a des dictatures, c’est que les USA le veulent bien ! » C’est oublier un peu vite que les USA ont tout fait pour chasser le communisme de la péninsule – la guerre de Corée fut d’une violence inouïe -, et qu’ils se sont résignés depuis, puisque Pékin et Moscou préfèrent faire sauter tout l’Univers que de perdre Pyongyang.

      Les articles de Del Valle ont toujours ce petit côté « je vous révèle la vérité cachée » qui m’inspire la méfiance. Et taxer Washington de jouer autant un double-jeu que Pyongyang, quand on connaît Pyongyang, c’est presque comme de se demander si les Juifs, par hasard, ne seraient pas un tout petit peu responsables de la haine que leur vouait Hitler.

      1. bonjour,

        il y a aussi un certains nationalisme, voire racisme chez les nords coréens qui permet au régime de jouer à fond cette corde et de ce maintenir malgré les souffrances terribles endurcies.

        Quant à une réunification, les nords coréens ont 65 ans de retard à rattraper : très dur (mais pas pire que ce qu’ils connaissent).

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