Liberté scolaire, la concurrence ne peut que servir la vérité
Publié le 14/03/2013
Contrairement au souhait de Vincent Peillon, l’État n’est pas là pour éduquer, mais pour favoriser l’instruction qui doit nourrir la quête du Vrai.
Par Cyril Brun.
Comme chaque ministre Vincent Peillon s’attaque au « Mammouth ». C’est d’autant plus louable que la tâche est, on le sait, dangereuse pour qui s’y attèle. Pourtant, comme ses prédécesseurs, le nouveau ministre cherche plus à récupérer le système qu’à le réformer. L’enjeu pour lui est de faire cette machine à uniformiser l’instrument de sa propagande. Il faut dire que l’outil s’y prête. Il a d’ailleurs été conçu pour cela par Napoléon Ier et jalousement préservé depuis deux siècles, y compris par les libéraux au pouvoir après lui. Unifier la nation dans une seule et même pensée, qu’elle soit catholique d’abord ou anticléricale ensuite, était bien le but du monopole du « système universitaire » mis en place en 1806/08. Une telle conception de l’unité se nourrit de deux travers : d’une part la peur de la différence et le manque de confiance en ses propres convictions et d’autre part une vision erronée du rôle de l’État.
C’est parce qu’elle est fondée sur la crainte que cette vision exclut la liberté. Car la Vérité ne craint pas la liberté. Si on est obligé d’imposer par la force ses convictions, c’est, soit parce que celles-ci ne sont pas fondées (c’est l’argument d’autorité du sénateur J.-P. Michel sur le mariage pour tous par exemple), soit parce que ceux qui les promeuvent ne parviennent pas à en rendre compte. Or la liberté qui consiste précisément à chercher la vérité en est aussi une garantie. Une garantie, mais également une exigence, qui elle-même est une garantie. Car pour défendre la vérité, il faut la chercher et surtout accepter de se laisser façonner et dérouter par elle. Chercher la vérité, c’est accepter de se déposséder de ses certitudes, de ses vérités et se laisser apprivoiser par ce que l’on contemple et découvre. Or pour cela, il faut être libre. Libre de ses peurs, libre de ses chaînes. Aussi, la liberté scolaire qui repose sur la liberté de conscience ne peut-elle qu’être un gage de vérité. En effet, dans la mesure où la vérité est le chemin de la réussite et de l’épanouissement, la véritable concurrence entre les établissements scolaires se fera autour de la vérité. C’est, du reste tout le combat du père de la liberté scolaire Charles de Montalembert.
Vérité et liberté vont de pair. Qui craint la vérité réduit la liberté. La vérité rend libre, mais la liberté conduit à la vérité. Or la vérité doit susciter une adhésion libre que garantit, justement, la conscience. Une conscience libre et éduquée, précisément par une vérité passée au crible de la liberté. C’est pourquoi la liberté scolaire est fondée sur la liberté de conscience. Aller contre la liberté scolaire en imposant une pensée unique, c’est aller contre la liberté de conscience. Mais c’est aussi empêcher l’adhésion à la vérité et ainsi déconnecter vérité et liberté. Or cette déconnexion conduit à une perversion de la vérité, dans la mesure où celle-ci n’est plus soumise au crible de l’intelligence critique. Sans l’émulation que crée la liberté, la quête de la vérité se dilue dans le nihilisme ou le relativisme. Or, sans la quête de la vérité et cette adhésion libre de l’intelligence, c’est la croissance même du monde qui se trouve ralentie, c’est la dignité même de l'homme qui se trouve abaissée, réduite au niveau d’un bestial conditionnement. Imposer la pensée unique par le refus de la liberté scolaire, c’est condamner l’homme au déterminisme de la pensée unique.
En outre, l’État n’est pas là pour éduquer, mais pour favoriser l’instruction qui doit nourrir la quête du Vrai et du Bien. C’est aux parents qu’il revient d’éduquer non à l’État. L’État doit, en vertu du principe de subsidiarité, aider les parents à ouvrir leurs enfants à cette quête du vrai, dans le respect des consciences et cela passe précisément par cette concurrence de la liberté scolaire.
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Lire aussi :
- Vincent Peillon : une bien curieuse conception de la neutralité
- Le socialisme est une religion pour Vincent Peillon
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À peine nommé ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon a annoncé qu'il voulait mettre fin à la semaine de 4 jours. Pas de doute, on sent qu'avec ce nouveau gouvernement, il va y avoir du changement à l'école !...
Lier l’école à l’État, c’est mettre en danger la liberté de l’esprit, en liant la science ou la morale à une idéologie particulière, celle de la république laïque...
Le contraste de la réaction des parents espagnols en face de celle des parents français laisse songeur...
La morale républicaine de Jules Ferry était intéressante, mais est-ce bien cet enseignement là que veut promouvoir Vincent Peillon?...
Le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon va lancer demain un groupe de travail sur l'éducation sexuelle à l'école, dès la primaire, selon une information du Figaro, confirmée mercredi par le ministère....
L'école a-t-elle pour but premier d’instruire ou bien de réduire les inégalités sociales ?...
Sur les 25 dernières années, le coût de l'élève n'a cessé d'augmenter pour des résultats toujours plus médiocres. Vincent Peillon poursuit cette politique de l'échec....
Vincent Peillon, le ministre de l’Éducation nationale, a affirmé sa volonté de remettre en place une formation des enseignants. C'est certes souhaitable, mais à condition de ne pas réintroduire les IUFM dont les résultats ont été catastrophiques....
On ne peut que féliciter l'auteur pour la description du lien absolu qui unit liberté et vérité. Ce qui valable pour l'école l'est évidemment pour tout le reste : il n'est plus besoin de démontrer que le socialisme mensonger, qui truande le sens des mots pour se justifier, est nécessairement liberticide.
très abstrait, tout ça...
Certes, mais c'est la base de tout.
La vérité a un sens scientifique: Ce qui se démontre, peut se reproduire, être prévu.
Et un sens religieux: Ce qui dans l'homme est absolu. Ce qui est solide, sur quoi on peut construire une société belle et prospère.
C'est même selon moi la définition de la religion, et c'est ce qui en explique l'immuabilité: Si l'objet de la religion est de dégager ou de définir l'absolu, elle ne peut changer sans se discréditer et se dissoudre.
C'est aussi pourquoi le relativisme (déni de tout absolu anthropologique) est indissociable du nihilisme.
Le christianisme évoque la vérité anthropologique avec l'image du rocher, et affirme notre capacité à la reconnaître (vous reconnaîtrez l'arbre à ses fruits).
Elle est d'une importance centrale, elle revient sans cesse.
Elle est le principe qui limite la charité (caritas in veritate).
Le libéralisme a été construit sur de tels principes. Comme le disait Bastiat:
"Ce n'est pas parce qu'il y a des lois qu'il y a des propriétés, mais parce qu'il y a des propriétés qu'il y a des lois.
L'opposition de ces deux systèmes est radicale. Les conséquences qui en dérivent vont s'éloignant sans cesse"
C'est pourquoi le socialisme voue la même haine aux libéralisme qu'au christianisme. Comme le démontre l'auteur, c'est bien le relativisme qui entraîne le dirigisme.
Le rejet de la vérité est manifeste dans le conformisme et le dogmatisme écrasants que nous impose le socialisme par ses lois mémorielles, son révisionnisme historique, son déni des problèmes économiques et identitaires, et surtout sa charité perverse.
L'Église enseigne depuis longtemps que la charité ne peut aller contre la vérité. Le socialisme, entre culture de l'excuse, assistanat, et "mariage pour tous", combat constamment la vérité au nom de la charité, et pervertit l'homme.
Ce n'est pas véritable, au sens chrétien, et cela ne peut pas durer.
D'où notre dette publique.
Libérer l'enseignement des griffes de l'État socialiste pour le restituer à la société civile, c'est restaurer la laïcité. La déroute financière et morale de l'enseignement public et les nouvelles technologies vont nous y aider.
L'arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.
Mais celui-ci aura fait u mal incommensurable.