Annulation de dette : la France offre un royal cadeau à la Côte d’Ivoire

Publié Par Thibault Doidy de Kerguelen, le dans Afrique, Politique

3,76 milliards d’euro, soit environ 2500 milliards de FCFA, c’est le montant de la dette qui a été annulée par Paris en faveur de la Côte d’Ivoire, ce qui représente 163% du montant attendu de la « contribution exceptionnelle sur la fortune.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

En visite à l’Élysée hier, jeudi 26 juillet, le président ivoirien Alassane Ouattara a remercié François Hollande pour l’annulation de la dette de son pays à l’égard de la France.

C’est à n’y rien comprendre ! La France, super endettée, obligée d’emprunter tous les ans pour boucler son budget de fonctionnement, n’arrivant pas à diminuer ses dépenses suffisamment pour entrer dans le cadre des accords de Maastricht, obligée de ne pas remplacer trois fonctionnaires sur cinq, augmentant sa CSG pour pouvoir payer sa sécu, contrainte à prélever une « contribution exceptionnelle sur la fortune » dont nous savons qu’à terme elle nous coûtera très cher, augmentant les droits de succession, cherchant à revenir sur sa parole pour taxer les heures supplémentaires, pressurant les petits épargnants, préparant encore moult avatars fiscaux au détriment de ses citoyens fait un « royal » cadeau de 3,76 milliards d’euro à… la Cote d’Ivoire!

3,76 milliards d’euro (163% du montant attendu de la « contribution exceptionnelle sur la fortune), soit environ 2500 milliards de FCFA, c’est le montant de la dette qui a été annulée par Paris en faveur de la Côte d’Ivoire. Avant-hier, au premier jour de sa visite officielle en France, le président Alassane Ouattara, l’ami personnel de Nicolas Sarkozy, celui qui a pris le pouvoir grâce aux armes françaises en menant une guerre sans merci contre son prédécesseur Laurent Gbagbo membre de l’Internationale Socialiste, a assisté à la signature effective de l’accord d’annulation de la dette de la Côte d’Ivoire entre le ministre français de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici, et son homologue ivoirien, Charles Koffi Diby.

Le ministre français de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici, a indiqué au cours de cette signature toute la « satisfaction de la France » (sic) quant aux espoirs que suscite cet acte dans les perspectives de croissance de la Côte d’Ivoire. En effet, a-t-il ajouté, « c’est un effort exceptionnel de la France et une volonté du Gouvernement du Premier ministre Jean-Marc Ayrault d’accompagner la Côte d’Ivoire dans sa reconstruction et contribuer à son développement ».

Le ministre Diby a pour sa part exprimé toute sa gratitude à la France pour cette signature d’accord. Il a ajouté que le Gouvernement ivoirien s’engage à « optimiser les marges budgétaires issues de cette annulation » (au détriment de celles de la France ?) pour renforcer ses capacités infrastructurelles dans les domaines de la santé, de l’éducation, des routes et surtout à la réduction de la pauvreté en Côte d’Ivoire.

Il y a décidément des subtilités dans la politique qui m’échapperont toujours…

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  1. « Il y a décidément des subtilités dans la politique qui m’échapperont toujours… »

    Rien de subtil à tout cela, il l’a dit il y a longtemps :
    http://www.youtube.com/watch?v=wiaakIoG2Qc

    (Je n’ai trouvé que l’extrait ci-dessus, aucune intention de faire de la pub pour le site au début de la vidéo)

    Par ailleurs, cette annulation ne représente qu’1/3 de l’aide au développement annuelle distribuée généreusement par un pays surendetté.
    9 Milliards pour l’aide au développement
    37 Milliards pour les associations
    7 Milliards pour l’UE (sans les divers plans de renflouement)
    soit 53 milliards.
    Et Flamby préfère voter 45 milliards d’impôts supplémentaires plutôt que de couper dans ses dépenses totalement superflues.

  2. Ça me fait penser à un père de famille qui irait à la banque prendre le plus gros crédit à la consommation qu’on lui autorise, puis donnerait tout à un SDF pendant que ses enfants crèveraient de faim à la maison.

  3. Bah, il y a fort à parier que, derrière ce « cadeau » (avec l’argent du peuple) de Hollande à la Côte d’Ivoire, il doit y avoir des contrats commerciaux juteux (mais pas pour le peuple) entre ce pays et certaines entreprises françaises acoquinées au pouvoir. C’est toujours la même histoire…

  4. Pourquoi a-t-on souvent l’impression que les relations de certains de nos politiques avec l’Afrique sont empreintes de sous-entendus et renvois d’ascenseurs cachés… Ainsi je m’étais déjà posé la question quand certains commençaient leur campagne politique, non par un tour de France afin de sonder ses reins, mais par un déplacement de courtoisie auprès de chefs d’états africains…

  5. Un peu d’informations complémentaires?

    1. Cette pseudo-décision a été « prise » parce que la Côte d’Ivoire vient d’atteindre le 26 juin 2012 son point d’achèvement vis-à vis du PPTE (initiative pays pauvres très endettés), en répondant à toutes les conditions d’éligibilité très précises de ce programme d’assistance.

    2. Ce programme fut lancé par l’action conjointe du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale en 1996 et a été renforcé lors du sommet du G8 en 2005. Il pousse les gouvernements occidentaux à respecter un traitement systématique d’annulation des dettes pour les pays les plus pauvres du monde, tout en essayant de s’assurer que l’argent permettrait de réduire la pauvreté.

    Autrement dit: Hollande n’a absolument rien décidé… il tient juste les engagements qui ont été pris au niveau international sous des gouvernements… de droite.

    Par ailleurs, faut pas se leurrer… il y a toujours aussi une contrepartie: aider un pays à respirer, c’est aussi l’inciter à faire ses prochains investissements en faveur de la France (projets locaux de réfection de route, achat d’armes, etc.). En politique économique, y’a pas de philanthropie.