La drôle de vision de la Démocratie, par le PS et Ségolène Royal

Publié Par PLG, le dans Politique

Les remous suscités par le duel Royal/Falorni en Charente-Maritime montrent le peu de cas que le Parti Socialiste fait parfois de la Démocratie.

Par PLG.

La drôle de vision de la Démocratie, par le PS et Ségolène Royal

Depuis des semaines le Parti Socialiste suit de très près les rocambolesques péripéties de Ségolène Royal dans la circonscription de Charente-Maritime. Parachutée dans cette circonscription qu’elle a quand même en partie dirigé en tant que Présidente du Conseil Régional de Poitou-Charentes, l’ancienne candidate à la Présidentielle, forte de sa légitimité autoproclamée (sic) a dû penser, un peu comme J-L Mélenchon qu’en tant que membre de la République française, elle était partout chez elle.

En décidant donc « d’installer » S. Royal dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime, acquise à la gauche, le PS a certainement considéré qu’il offrait à son ancien porte-drapeau une reconversion de choix, après la déroute des primaires où son nom n’avait rassemblé que 7% des suffrages. Avec, à la clef, le « perchoir », c’est-à-dire la Présidence de l’Assemblée Nationale. Un poste sans pouvoir réel, juste de l’image, mais enfin il ne restait que cela et l’honneur était sauf.

Sauf… que c’était sans compter sur le fait que cette fameuse circonscription s’était choisie un autre représentant potentiel, Olivier Falorni, 40 ans, professeur d’Histoire-géographie,  historiquement proche de F. Hollande, et loin de S. Royal. Histoire classique vue et revue à chaque nouvelle campagne pour les législatives, il y a ceux qui suivent les ordres du Parti, et les dissidents. Falorni, voyant s’échapper  une victoire très probable, a donc décidé de se présenter contre Ségolène Royal, ce qui lui a valu l’exclusion du PS.

Premier écart avec la Démocratie, le Parti « donneur-de-leçon » Socialiste préfère imposer à des électeurs qui n’en demandaient certainement pas tant la présence d’une ancienne gazelle qui se voulait plus grosse que l’éléphant. Cela montre que ce parti (mais ceci vaut pour tous les partis en réalité) opère une confusion volontaire entre élections nationales et législatives. Les législatives, ce sont 577 élections locales. Il n’est donc pas surprenant de constater la réaction hostile des Charentais-Maritimes qui préfèrent un élu de terrain.

Là où le bât blesse, c’est que le résultat du premier tour a donné 32% à S. Royal, et 29% à Falorni. Ce qui, étant donné le fort taux d’abstention, donne un écart de seulement quelques voix. De ces quelques petites voix, le PS affirme sans peur que cela devrait logiquement inclure le « perdant » à s’incliner face à la « gagnante ». Pratique puisque S. Royal serait candidate unique au second tour. Au moins là, elle sera sûre de sa victoire, quoi qu’avec le PS, on ne sait jamais à quoi s’attendre… Un scénario « digne de l’URSS » d’après le dissident.  « Ségolène Royal est une candidate à part», déclarent ses soutiens. À part, traduisez « au-delà de la Démocratie ».

Depuis deux jours c’est donc un véritablement déferlement d’attaques, de petites phrases et de coups tordus auxquels on assiste, amusés. D’autant plus amusés que le Parti « donneur-de-leçon » Socialiste est le même qui, il y a quatre ans, a rejeté S. Royal comme une malpropre, en faisant élire Martine Aubry à sa place, dénonçant vivement se moquant totalement des irrégularités du vote. On n’est plus à ça près. Les mêmes qui l’ont joyeusement assassinée se pressent aujourd’hui, plein de commisérations, au secours de la candidate en perdition. Aubry, Duflot, et même son ex-compagnon, F. Hollande, qui s’est fendu d’une petite déclaration écrite de soutien. Les ennemis de mes ennemies sont mes… ennemis. Et les attaques sont féroces. On prédit à Falorni l’excommunication s’il est élu, horreur ! avec les voix de la droite. Parce qu’en face, à l’UMP, autant dire qu’on se régale. Le candidat malheureux Dominique Bussereau a appelé sans hésiter ses électeurs à choisir Falorni. Et l’on s’amuse de voir le PS se boucher le nez à l’idée qu’un des leurs puisse être élu avec les voix de la droite. À l’échelle nationale, on appelle cela être le « candidat du rassemblement ». En local, c’est une trahison. Les électeurs de droite sentent mauvais, c’est connu. Il y a dans cette rocambolesque affaire des odeurs et beaucoup de bruit…

Dernier rebondissement en date, franchement délicieux, à la minute même où cet article est écrit : Valérie Trierweiler, première dame de France, donc compagne de la personne qui soutient S. Royal, vient de publier un tweet… de soutien à Falorni! Décidément, au PS, la rancune est bien tenace, la confusion des genres, totale.

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