Interview des responsables du projet « Libres »

Publié Par Collectif La Main Invisible, le dans Culture, Lecture

Stéphane Geyres et Ulrich Genisson, sont à l’origine d’un projet hors du commun, consistant à faire écrire un livre, libre de droits, par 100 auteurs sur le thème de la liberté. Ils ont associé à ces auteurs venus aussi bien du monde universitaire que du grand public, 100 supporters officiels qui se sont portés volontaires pour promouvoir les idées que porte ce livre. C’est donc en tout 200 personnes réunies autour d’un livre, d’un projet. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur ce projet qui devrait faire parler de lui à la rentrée de septembre.

Contrepoints — Stéphane, Ulrich, qui êtes-vous ?

Stéphane Geyres — Nous sommes de simples citoyens, de tous horizons sociaux, mais qui tous pensons qu’il est temps dans ce pays que le peuple exprime haut et fort sa confiance en la liberté comme mode de vie. Notre collectif – 100 auteurs et 100 supporters – s’est constitué pour l’occasion, spontanément. Nous ne sommes ni un parti, ni même une association. Simplement un groupe de citoyens qui croyons qu’il est important de contribuer spontanément à redonner à ce pays ses Lumières depuis trop longtemps éteintes.

Ulrich Genisson — Nous sommes des femmes et des hommes libres ! Nous pensons qu’une personne libre d’agir, libre de prendre ses décisions, libre de prendre ses responsabilités, est toujours préférable à un État à la fois nounou et père fouettard, préférable à un État qui vous taxe vos sodas et vos cigarettes au motif que ce serait mauvais pour votre santé et qui dans le même temps laissera filer le nombre de décès par maladie nosocomiales dans ses hôpitaux. Nous faisons partie du peuple, nous sommes simplement l’expression d’une soif de liberté. Nous sommes le collectif [La Main Invisible], en hommage au symbole attaché à Adam Smith. Nous sommes ceux qui font et qu’on ne voit pas, car nous sommes tout le monde.

Comment vous est venue l’idée de ce livre ?

Stéphane Geyres — Nous sommes dans un monde où les intellectuels se gaussent de pensées obscures et souvent vides de sens commun, où la liberté n’a plus cours, où la pensée unique et le politiquement correct vont de pair, dans une immense vacuité. Or l’homme de la rue, le désintérêt pour la politique le montre, n’est pas sur cette ligne, nous en sommes convaincus – nous-mêmes ne le sommes pas. Nous avons voulu faire parler cet homme de la rue, les gens simples, des gens de tous horizons. Mais montrer aussi que penser la liberté peut aussi donner lieu à des réflexions profondes, où la morale et la justice, valeurs humanistes intemporelles, sont omniprésentes. D’où ce livre qui rassemble à la fois des gens simples et de partout et quelques auteurs reconnus pour la profondeur de leur analyse. Ulrich a eu l’idée, elle m’a plu, je suis tout de suite monté à bord avec lui.

Ulrich Genisson — L’idée est très simple. Faire cohabiter dans un livre très facile d’accès des universitaires incontestés avec Monsieur et Madame Tout-le-monde. La liberté est un bien précieux que tout le monde croit acquis alors qu’il ne nous en reste que des miettes. « La trahison des clercs » de Julien Benda, est presque totale, que ce soit les milieux journalistique, artistique, scientifique ou qui plus est politique, nous sommes tous reliés à cet État nourricier par subvention et autorisation, où la contestation nous vaudrait une mise au pilori, une ruine certaine, voire une incarcération. La liberté à été vidée de sa substance par les hommes de l’État soi-disant garant de notre sécurité. Comme le disait Benjamin Franklin : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. » Je crois que ce moment est arrivé, c’est pourquoi nous devions faire en sorte qu’un tel livre, un projet populaire qui touche chaque homme et chaque femme, puisse voir le jour.

Pourquoi un autre livre sur le libéralisme ?

Stéphane Geyres — Justement, il y en a fort peu. Allez donc dans une librairie moderne au grand débit et aux innombrables rayons. Vous trouverez peu de livres politiques, à part ceux plus en vue de quelques personnalités. Sur ces rares rayons, quelques livres parleront de liberté, encore moins parleront de libéralisme. Et ceux qui osent afficher ce mot s’affichent en général comme des critiques cinglantes. Même chose en matière d’économie. Selon la mode ambiante, l’économie serait abominablement « néo- » ou « ultra-libérale ». Pourtant, à y regarder de près, pratiquement aucun de ces ouvrage ne démontre la moindre objectivité sur la liberté et le libéralisme, concepts pourtant issus des Lumières et qui sont une des gloires de notre histoire. Devant ce vide, il nous est apparu qu’il fallait nous mobiliser pour contribuer à un plus juste équilibre en redonnant la parole aux gens, aux oubliés de la liberté, justement. Et toucher tous ceux qui ne trouvent pas le livre qu’ils cherchent.

Ulrich Genisson — J’ai coutume de dire que l’ultra-libéralisme n’existe pas car il n’existe pas d’ultra-liberté ! Soit vous êtes libre, soit vous ne l’êtes pas. Bien sûr il existe des droits – les mêmes pour tous – mais le simple fait de garantir ces droits suffit pour que chacun puisse vivre librement. Ceux qui qualifient la liberté « d’ultra ou de néo-libéralisme », toujours accompagné par « échec », sont en fait des hommes de pouvoir ! Ne vous y trompez pas, celui qui vilipende le libéralisme, c’est celui qui fera campagne électorale au même moment vous demandant d’abandonner votre liberté pour la lui confier à lui ! Celui qui vilipende le libéralisme, c’est celui qui crache sur le système financier et qui dans le même temps octroie des dizaines de milliards de votre argent pour lui venir en aide. Il y a eu des dizaines de très grands auteurs depuis des siècles, de sincères humanistes, qui ont écrit sur la vie en société en toute liberté. Notre livre n’est pas un de ces ouvrages merveilleux. Il serait plutôt une porte d’accès, une première étape pour celui qui voudrait croire en lui-même. À défaut, notre livre est un sérieux pavé dans la mare dans le camp des « Socio-Tyrans » de droite ou de gauche ou des extrêmes. Ce livre a pour ambition de redonner des envies de liberté aux gens, ce livre se destine à nous tous.

Le libéralisme n’a-t-il pas fait la démonstration de ses limites ?

Stéphane Geyres — Cette question mériterait largement un volume entier, beaucoup d’auteurs se sont exprimés pour montrer qu’il n’en est rien, mais ce n’est pas l’objet de notre livre que d’y répondre directement. Par contre, nous vous proposons de feuilleter quelques-uns des articles de notre livre – « Personne sur le Carreau », « Libéralisme et Pauvreté », « Taxi ! Vous êtes Libre ? » par exemple – et de décider ensemble si la liberté est un concept passé de mode qui ne vous importe pas. Vous verrez au contraire que la liberté est l’avenir de l’Homme.

Ulrich Genisson — Je ne connais pas de société vraiment libérale de par le monde. Quelques bribes de libertés ont été accordées ici ou là, soit économiques, soit sociétales, mais malheureusement quand on s’arrête à mi-chemin, c’est-à-dire qu’on donne la liberté sans son corolaire qui est la responsabilité, ça se termine toujours mal, et c’est la liberté qu’on accuse et qui en fait les frais. Si on déréglemente les banques, on leur précise qu’en cas de mauvaise gestion ce sera la faillite. Si on est un État qui se veut libéral, on ne crée par 2 milliards de dette par semaine comme c’est le cas en France, dette qui engage des enfants qui ne sont même pas encore venus au monde. Le libéralisme c’est exactement le contraire du monde où nous vivons, où tout vous est dicté par la force de la loi, dans les moindres petits détails de la vie quotidienne. Le libéralisme n’a pas démontré ses limites, le libéralisme n’a en fait jamais été essayé. Car de tous temps, les hommes de pouvoir nous ont fait croire que l’homme était un loup pour l’homme. Je ne m’explique pas pourquoi, alors, nous en sommes encore et toujours à élire notre loup suprême…

La droite ne démontre-t-elle pas que ces idées ont fait leur temps ?

Stéphane Geyres — La droite en France, tout comme le centre d’ailleurs, n’a au contraire pas grand-chose de libéral. Le libéral n’est rien d’autre qu’un homme normal qui a confiance en ses semblables et donc en leur liberté conjointe. Or, lisez les discours  de ces derniers mois : où trouvez-vous que ces politiciens nous font confiance ? On est constamment dans la répression ou dans l’État-providence qui nous assimile aux moutons. Pourquoi la liberté serait-elle une mode, dont l’importance sociale varierait au vent des tourmentes politiciennes ? Vous-même, ne souhaitez-vous pas être libre ? Comme le bonheur, la recherche de la liberté est dans nos gènes à tous, elle est naturelle, l’homme tend naturellement à la respecter. Penser que la liberté a fait son temps, ce serait donc croire que nous ne pourrions ambitionner que la tyrannie ?

Ulrich Genisson — Nicolas Sarkozy l’a dit explicitement lors d’une interview, il ne croit pas au libéralisme. C’est donc parfaitement clair, ni la droite, ni la gauche, ni les extrêmes ne croient en la liberté de chacun, presque comme si c’était inéluctable que le peuple doive être soumis à une sorte d’aristocratie divine pourvue d’un savoir tout aussi divin, sachant ce qui est bon pour chacun, distribuant des miettes pour certains et de grosses tranches de gâteau à d’autres à sa seule discrétion. Ce temps est révolu. Les États occidentaux sont en ruine, car ils ont ruiné notre génération et les générations à naître. Désormais c’est le temps de la croisée des chemins, soit vous reprenez votre liberté, soit vous l’abandonnez totalement à un homme ou une femme providentiel qui vous promettra une solution à tous vos problèmes. L’histoire nous à montré comment ça se terminait à chaque fois, et l’enjeu de notre livre est bien à ce niveau.

Qui sont vos auteurs, comment les avez-vous recrutés ?

Stéphane Geyres — Nos auteurs sont pour la majorité des gens simples issus de la société civile. Il y a quelques universitaires de renom, quelques personnalités engagées, mais aucun politicien. Certains vivent à l’étranger, mais ont à cœur la liberté de la France. Le recrutement a été mené de proche en proche. Les réseaux sociaux ont joué un rôle d’ailleurs déterminant. Nous-mêmes ne nous étions jamais rencontrés, et nous n’avons physiquement rencontré que très, très peu des 98 autres auteurs et des 100 supporters. Ce qui a été déterminant pour le recrutement, c’est d’une part la volonté d’agir pour la liberté et l’adhésion à un tel projet. Vous êtes un libéral sincère et vous croyez qu’on peut et qu’on doit écrire un livre à 100 sur la liberté ? Bienvenu à bord ! Voilà la seule stratégie de recrutement de ce projet.

Ulrich Genisson — Les auteurs qui ont écrit dans ce livre sont tous francophones. Nous leur avons demandé leur lieu de résidence et non leur nationalité, car ce n’est pas un passeport qui fait un individu mais bien l’endroit où il vit. À quelques détails près, dans les pays francophone d’Europe ou d’Afrique, au Québec, les problèmes et les ambitions de chacun sont les mêmes, nous aspirons à la liberté et à un avenir meilleurs pour nos enfants. Avec ce livre nous sommes sur les 5 continents, partout le bilan est le même : « Trop d’État, trop de spoliation, trop de privation, trop peu de liberté ». Nos auteurs ont tous répondu favorablement à notre demande de rédaction d’un sujet précis dans des mots simples, avec comme seule ambition d’apporter une pierre à la construction de ce projet et avec comme seule rétribution la satisfaction d’avoir fait ce qui devait l’être. Le professeur d’université main dans la main avec un salarié, un étudiant ou un demandeur d’emploi, unis par cette liberté que nous chérissons pour qu’elle nous protège de la tyrannie.

De quels sujets traitez-vous, comment les avez-vous choisis ?

Stéphane Geyres — Nous avons cherché à aborder la liberté selon une combinaison de sujets très concrets, d’autres plus vulgarisateurs, ainsi que des thèmes plus en rapport avec le droit, l’économie et la société. De manière à toucher divers publics, l’homme ou la femme de la rue restant notre première cible, mais aussi les personnes cultivées mais qui souvent, hélas, connaissent mal les idées libérales authentiques. Chaque auteur a proposé un ou plusieurs sujets, parfois nous avons négocié pour gérer les conflits ou élargir le champs, mais le plus souvent, ce sont les sujets voulus par les auteurs eux-mêmes. Le livre est au final construit en six parties. Une première pose les principes de la liberté et de la société libre. Nous continuons sur des aspects en rapport avec la vie professionnelle et l’économie. Vient ensuite une petite série sur l’éducation, la recherche et l’enseignement. La liberté de choix du mode de vie fait notre quatrième partie. De là nous passons à tout ce qui touche à la question de l’appréciation du risque par chacun, pour finir par une partie très riche sur les dysfonctionnements de notre société moderne et sur les alternatives offertes par la liberté.

Ulrich Genisson — L’ordre spontané du collectif [La Main Invisible]. Ce n’est pas une légende. Voici la recette : Déterminez une liste de 300 sujets, classez-les par ordre d’importance, prenez les 100 premiers, trouvez 100 auteurs en leur demandant d’exprimer 3 souhaits de sujets qu’ils aimeraient traiter, et spontanément vous avez 85% de vos thèmes qui ont trouvé un rédacteur. Des sujets comme « Qu’est-ce que la Monnaie ? » de Pascal Salin ou « Les dettes souveraines » de Pierre Lemieux ou encore « La banque libre » de Nathalie Janson, sont tous des sujets très pointus qui mériteraient des livres entiers, pourtant chaque auteur a joué le jeu de la vulgarisation et de la synthèse pour que ces problématiques d’actualités ne soient plus réservées à une élite politique qui essaie de nous faire croire qu’eux seuls y comprennent quelque chose.

Quel public visez-vous ?

Stéphane Geyres — Vous d’abord, bien sûr, et tout le monde en général. Journalistes, intellectuels, étudiant, simple citoyen, cadre, dirigeant, agriculteur, employé, c’est un livre où chacun peut trouver quelque chose. Nous avons un petit questionnaire en annexe, dont le but est de montrer que même certaines personnes qui sont convaincues d’être antilibérales sont en fait moins loin des idées portées par ce livre qu’elles pourraient le croire. Nous avons fait le test avec un CGTiste qui s’est découvert en fait libéral. Cela montre bien que la liberté n’est ni de droite ni de gauche et concerne tout le monde.

Ulrich Genisson — Je crois pouvoir dire, que nous visons vraiment tout le monde, sans exception. J’ose même espérer convertir l’homme ou la femme politique qui a fait de la spoliation, de l’arbitrage, de la promesse électoral et de la privation de liberté son métier, de rejoindre le camp des gens libres en étant convaincu de son inutilité et qui œuvrerait désormais à déconstruire nos États obèses et redistribuer la liberté au peuple. En travaillant sur ce livre, j’avais à l’esprit le sans-abri que nous sommes potentiellement tous, car plus nous sommes en bas des couches sociales et plus nous souffrons du manque de liberté. Qui est le plus à même de parler du manque de liberté que celui qui ne peut pas se loger, ne peut pas travailler, ne peut pas se soigner ? Le libéralisme a tant à dire et à faire pour les plus démunis ! Je suis certain que vous seriez très surpris de savoir qu’un SDF coûte chaque mois en France 930€ à la « collectivité », il est donc inutile de démontrer l’inefficacité d’un tel système, tout le monde peut le constater quotidiennement. Notre livre est donc un ouvrage profondément humaniste tout public de 7 à 97 ans. La politique (constructiviste par essence) est en faveur de l’un aux dépens de l’autre. Notre livre souligne cette hérésie que Frédéric Bastiat résumait si merveilleusement en : « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ». Ainsi, nous attendons de cet ouvrage qu’il produise une grande vague de liberté, c’est un livre de vie, un déclic à partager et à faire découvrir pour engager débats et échanges entre tous. C’est pourquoi nous avons voulu que cet ouvrage soit librement utilisable et reproductible.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à réaliser ?

Stéphane Geyres — C’est un projet qui repose sur le bénévolat de tous. Personne ne touche le moindre centime, à commencer par nous. Dans ces conditions, il n’est pas toujours facile de faire travailler 100 personnes à distance, qui ne se connaissent pas, en respectant des délais, des règles de longueur de texte, en vérifiant la valeur des sujets et sans trop débattre des différences de vue. Constamment mobiliser le groupe et convaincre que la spécificité de chacun serait respectée ont probablement été deux de nos défis les plus grands. Mais c’est aussi ce qui a donné à ce projet un côté affectif qui se traduit désormais en une grande solidarité du collectif, une grande fierté d’y appartenir.

Ulrich Genisson — Notre grande faiblesse s’est transformée en formidable atout. Stéphane et moi, nous ne sommes que de simples individus, nous sommes salariés, sans engagement politique ni mandat. Nous étions donc « neutres » quand nous avons organisé tout ce projet. Là où d’autres auraient été soupçonnés de vouloir récupérer cette action, nous avons tout de suite suscité la confiance car nos ambitions étaient nobles et désintéressées, nous n’avons rien à vendre si ce n’est un livre libre de droits ayant pour ambition d’aider chacun à un sursaut de liberté. Je dirais que le plus difficile a finalement été d’être disponibles pour chacun, rapidement, tout le temps, nuit et jour avec les décalages horaires. Stéphane et moi avons envoyé plus de 40 000 emails en 6 mois pour ce projet. Il n’a parfois pas été simple de ménager la susceptibilité de chacun vis-à-vis de suggestions émanant soit de Stéphane et moi, soit du comité de rédaction. Il n’est que plus remarquable de constater que des libéraux autrichiens cohabitent dans le même ouvrage avec des libéraux classiques, des monétaristes et jusqu’au libéraux de gauche. Quelques-uns n’ont même jamais ouvert de littérature libérale, mais ils sont tout aussi légitimes pour s’exprimer sur la liberté. C’est donc bien un message de liberté dans son ensemble qui s’exprime face aux Étatistes de tous poils.

Comment comptez-vous atteindre le public ?

Stéphane Geyres — De toutes les manières qui se présenteront à nous, tout simplement. Nous comptons notamment nous appuyer sur notre réseau d’auteurs répartis un peu partout pour faire connaître le livre localement – car c’est sur le terrain que nous voulons aller. Mais surtout, nous parions tout simplement sur le bouche à oreille. Si le livre vous parle, vous en parlerez autour de vous. Et quand on voit que des auteurs qui « s’indignent », alors que leurs thèses reposent sur du sable, arrivent à toucher plus d’un million de lecteurs, nous gardons confiance en la capacité de notre livre à faire encore mieux.

Ulrich Genisson — La liberté est une valeur universelle. Elle est bafouée depuis bien trop longtemps maintenant. Ce livre aspire seulement à remettre l’Homme au centre, nous comptons donc sur celui-ci, sur sa clairvoyance pour promouvoir notre livre et le message qu’il porte, qu’y a-t-il de mieux qu’un homme libéré grâce à notre livre pour faire la promotion de la liberté ? Toute personne souhaitant nous rejoindre et nous aider dans cette tâche sera la bienvenue. Chez nous il n’y a ni carte, ni cotisation, ni campagne, ni parti, mais seulement des hommes et des femmes libres qui font entendre leur voix.

Quelles retombées espérez-vous ?

Stéphane Geyres — Une seule : que la liberté retrouve la place qu’elle mérite dans le cœur des français et dans notre société et celle de nos enfants. Et peut-être que d’autres reprennent les idées – ou même qu’ils nous copient – pour que la liberté fasse boule de neige.

Ulrich Genisson — Je n’aspire qu’à une chose : La liberté, pour tous, partout, maintenant ! Le livre est un outil pour y arriver, ce n’est pas une fin en soi. Le jour où massivement le peuple demandera des comptes aux hommes qui nous gouvernent, le jour où massivement les gens demanderont aux hommes et femmes politiques de tous niveaux de ne plus s’occuper de leurs vie, alors notre but sera atteint. Je rejoins Stéphane, si notre projet était copié dans le monde, dans d’autres langues, ce serait une grande satisfaction pour nous.

Quelles sont les personnalités qui vous soutiennent ?

Stéphane Geyres — En complément de nos 100 auteurs, nous avons rassemblé 100 ‘supporters’, de personnes elles aussi de tous horizons et dont la seule motivation est d’exprimer leur soutien à ce projet, et donc à la liberté. Parmi ces 100, nous trouvons un double champion du monde de moto, la traductrice de La Grève, immense roman de Ayn Rand, plusieurs universitaires et même un grand intellectuel péruvien. Notre souci n’a jamais été de quémander le soutien d’une célébrité quelconque et surtout pas politique. Mais de montrer au contraire que nous sommes proches des « vrais gens » et de leurs préoccupations.

Ulrich Genisson — Les hommes et les femmes qui nous soutiennent sont tout simplement un échantillon de notre peuple. Des professeurs d’universités, un champion, un trader, un chemineau, des artisans, des agriculteurs, des ouvriers, des jeunes et des moins jeunes, nous avons vraiment un échantillon représentatif, car notre livre parle à chacun, de sa liberté.

Ne craignez-vous pas de vous faire récupérer ?

Stéphane Geyres — Nous faire récupérer par qui ? Quel homme ou femme politique français contemporain oserait de nos jours se revendiquer de la liberté ou du laissez-faire ? Quand bien même, tant mieux si nous devions nous faire récupérer, car cela ferait parler de liberté et de ces sujets qui sont réellement d’importance pour les gens comme vous et moi, gagner sa vie, la choisir ou encore, mieux maîtriser son destin. Si Messieurs Hollande ou Sarkozy, voire tous les élus de tous horizons, souhaitent se montrer avec notre livre en main, nous serons heureux de leur en dédicacer chacun un exemplaire.

Ulrich Genisson — Si un parti ou un groupe politique nous récupérait, il n’aurait aucun autre choix que d’organiser l’émergence d’une vie en société basée sur la liberté et la responsabilité de chacun, c’est-à-dire un recul radical des prérogatives de l’État.

Comment vous suivre, quand sort votre livre ?

Stéphane & Ulrich — Vous pouvez nous suivre sur Facebook ou nous avons une page très active, nous avons aussi une chaîne sur Youtube ou nous vous réservons de nombreuses surprises très bientôt. Twitter est bien sûr notre outil quotidien pour tenir informés tous nos supporters et nos sympathisants. Nous avons réalisé une « pré-édition » très limitée à seulement 2 000 exemplaires pour nos auteurs et nos fidèles supporters, qui sera livrée en juin. La sortie officielle de notre ouvrage « Libres ! » du collectif [La Main Invisible] est prévue pour septembre 2012 dans toutes les bonnes librairies, sur internet et dans tous les pays francophones.

Site web: http://www.lamaininvisible.org

 

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  1. très bon papier, c’est dense et sérieux . Le projet est clairement expliqué, l’esprit et l’enthousiasme bien restitués .
    peti bémol, vous avez omis de préciser qu’un de vos sujets avait été rédigé par un ongulé vivant en milieu aquatique, ce qui est à ma connaissance une première mondiale .

  2. Bon principe de bouquin.

    « Je ne connais pas de société vraiment libérale de par le monde. » dit Genisson. »

    Une société qui arrive à faire cohabiter des Mélenchon et des Genisson, sans qu’aucun des deux ne risque l’emprisonnement ou l’assassinat n’est elle pas un tantinet libérale ?

    En Chine, les 100 auteurs de ce livre seraient déjà convoqués au commissariat.

      1. Armand Losserant

        Je n’y manquerai pas, sitôt que ce sera paru. Ne voyez pas dans ma critique un dénigrement de votre démarche qui est très intéressante.

        Je lirai l’article quand j’aurai lu de votre plume la réponse à la question suivante : un chinois peut-il sans risque publier de chez lui, sur internet un livre qui critiquerait son propre gouvernement avec la même virulence que votre livre critique le gouvernement Français ?

        Ne crachons pas dans la soupe. Si la Chine est aujourd’hui toujours cet immense pays pauvre au PNB/H inférieur à celui du Swaziland, c’est aussi parce qu’il est encore impossible au citoyen de base de critiquer les parasites communistes qui le gouvernent sans risquer la prison.

        1. Armand,

          Bien sur, la Chine est encore loin d’etre liberale et vos points sont pertinents. Mais la these de notre auteur sur ce pays consiste a faire remarquer que chez eux, la liberte croit, et croit vite, meme si cela est dans d’autres domaines que celui que vous evoquez. Alors que chez nous, la liberte decroit, et cela de maniere incontestable.

          1. Mr. Geyres, vous dites

            « Chez nous, la liberté décroit ».

            Ecrit en Chine, votre message aurait déjà été indexé par les autorités. Le mot « Liberté » fait partie des « trigger words » du système de censure.

            1. Et donc ? La Chine part de plus bas, et monte. La France part de très haut, et descend. Un jour, ces deux pays vont se croiser : le mot clef « liberté » ne déclenchera plus rien là-bas, et sera censuré ici. Rien de réjouissant.

          2. h16, vous dites « un jour, ces deux pays vont se croiser ». Vous faites donc une prédiction (sans la dater ce qui est prudent). Je pourrais faire d’autres prédictions, et nous serions bien avancés, car une prédiction non seulement ne sert à rien mais est en général fausse.

            La votre est basée sur des tendances que vous auriez observées. Les poubelles de l’histoire débordent de tendances prolongées.

            Bien à vous. Ah, j’ai lu quelques uns de vos billets. Sachez aussi que dire « Ce pays est foutu » en Chine pourrait vous valoir des bricoles.

            Tendances ou pas, la réalité est dure : la chine est une dictature, communiste et (donc) pauvre.

  3. Waouh, waouh, après lecture d’un « pareil article », difficile d’affirmer autre chose que ceci : un GRAND BRAVO à Contrepoint !! Petite question innocente : Contrepoint serait-il par hasard « le seul magasine ‘qui ne limite pas la longueur des article' » ? Je dis cela rassurez-vous dans un sens « très positif » puisque tout un chacun pourra constater qu’en pareille densité de cet article, aucune « parole veine » n’est prononcée. Alors vraiment : « bravo à son rédacteur » !

    Et bravo aussi bien sûr…..à Ulrich Génisson et Stéphane Geyres pour « leurs réponses pertinentes » (un « auteur journalistique » ne pouvant rien produire de bon « sans le p’tit effort de l’interviewé ») !