Seigneuriage : Pourquoi la Banque Centrale ne prête pas à l’État

Publié Par Acrithene, le dans Économie générale

Pourquoi le mode de financement du déficit public interdit par la fameuse loi de 1973 est-il machiavélique ? Parce que, économiquement inefficace, socialement problématique et profondément antidémocratique, il ne présente que l’intérêt de taxer le peuple sans qu’il ne le réalise.

Par Acrithène.

Plusieurs de mes amis m’ont déjà interrogé sur l’interdiction que s’est imposée en 1973 l’État de se financer gratuitement auprès de sa Banque Centrale. Une interdiction réaffirmée en 1992 par le Traité de Maastricht. La toile regorge en effet de vidéos très convaincantes expliquant toute la crise de la dette publique par cette interdiction, tandis que l’apparente absurdité de cette loi est rappelée par certains politiciens populistes.

Face à cette aberration soi-disant évidente, deux choses devraient pourtant nous mettre la puce à l’oreille. La démagogie notoire des politiciens promettant l’abrogation de cette loi, et l’implication que tant de grandes démocraties du monde seraient profondément masochistes.

Dans cet article, j’essaierai de vous montrer en quoi ce mode de financement du déficit public est machiavélique. Économiquement inefficace, socialement problématique et profondément antidémocratique, il ne présente que l’intérêt de taxer le peuple sans qu’il ne le réalise.

Deux règles de base

Ce billet repose sur les relations qu’entretiennent le PIB, la quantité de monnaie en circulation, et les prix. Plutôt que de me lancer dans de fastidieuses démonstrations mathématiques, je vous demande d’admettre les deux résultats simplifiés suivants. Je les juge assez convaincants pour me passer d’assommantes équations.

1. La personne qui dispose de 20% de la monnaie disponible détient 20% du pouvoir d’achat de la nation.

2. On ne crée pas de nouveaux biens par le simple fait de créer de la monnaie.

L’effet de l’impôt

Admettons maintenant que l’État saisisse par l’impôt 30% de la monnaie de ses citoyens. Leur pouvoir d’achat s’en trouvera amputé d’une égale proportion.

L’effet du prêt de la Banque Centrale

Imaginons ensuite que le gouvernement emprunte à la Banque Centrale une quantité de monnaie égale à 10% de celle déjà en circulation. Pour faire ce prêt, la Banque Centrale émet de la nouvelle monnaie. Si l’ancienne quantité de monnaie était égale à 100€, la nouvelle est alors de 110€. Donc les parts de chaque protagoniste dans la masse monétaire totale ont changé.

  • Les citoyens en possèdent désormais 70*(100/110)=64%
  • Et donc l’État détient le reste, soit 36%. Décomposable ainsi :
    • Impôts : 30*(100/110)=27%
    • Nouvelle monnaie : 10/110=9%

D’où une nouvelle décomposition du pouvoir d’achat de chacun.

Comment les citoyens ont-ils concédé des richesses à l’État sans avoir payé de nouvelles taxes ? En fait, l’émission monétaire à richesse réelle constante a provoqué une hausse proportionnelle des prix. Bien que ma démonstration par proportions se passe des prix, c’est pourtant leur hausse qui accroît la pression fiscale sur les citoyens.

Les économistes, mais aussi les faussaires, connaissent ce mode de taxation depuis des siècles. On l’appelle « Seigneuriage ». Le seigneuriage est le privilège par lequel l’émetteur de la monnaie peut capter une partie des richesses de manière invisible, et illégale quand c’est un faussaire. Il constituait un privilège féodal que les grands vassaux ont cherché à préserver de l’autorité royale à travers le Moyen-âge. La place du dollar dans le système monétaire international de Bretton Woods à la sortie de la Seconde Guerre mondiale constitue un exemple historique plus récent des abus du seigneuriage. Dans ce système, les transactions internationales devant être payées en dollars, et les États-Unis disposant du droit exclusif d’en imprimer, ils bénéficiaient, selon la formule de Jacques Rueff, du « merveilleux secret du déficit sans pleurs qui permet de donner en dollars sans les prendre dans les caisses, de prêter sans emprunter et d’acquérir sans payer. »

Pour le gouvernement, le seigneuriage présente une qualité fiscale précieuse : il est fourbe et invisible. Pour l’économiste, il constitue en revanche une absurdité. En effet, dans notre exemple, un impôt traditionnel de 36% aurait le même effet en termes de prélèvement de richesse aux citoyens, mais éviterait les effets néfastes de l’inflation.

Une dette sans existence « réelle »

Dans mon raisonnement, je n’ai jamais pris en compte l’apparition d’une dette et j’ai au contraire mis en évidence un impôt invisible immédiat. Où est donc passé l’apparition de la dette dans ma démonstration ?

En vérité, ce mode de financement de l’État n’a de dette que le nom. Cette dette est totalement virtuelle, elle n’existe pas. C’est d’ailleurs pour cela que les défenseurs de ce mécanisme peuvent affirmer sans risque que, sans sa disparition, la France n’aurait pas de problème de dette publique. Le seigneuriage transforme le déficit public en impôt immédiat via l’inflation. En fait, il évite de manière sournoise l’existence même d’un déficit public « réel ».

Je vous propose trois preuves que ce mécanisme empêche la création d’une dette « réelle ». Une perspective juridique, un point de vue financier, et une preuve de bon sens.

  • Juridiquement, une dette est une obligation de payer quelque chose avant une certaine date. Ici cette obligation de rembourser n’existe pas vu que c’est tout au contraire le prêteur qui a l’obligation légale de reprêter.
  • Pour le financier, c’est un peu la même chose.  Je reçois un prêt sans intérêt que je peux rembourser quand je veux. Conserver ma dette ad aeternam n’a aucun coût. Une telle dette n’a donc aucune valeur économique. On peut l’ignorer.
  • Enfin, une dette est toujours vis-à-vis de quelqu’un d’autre. Ici, la Banque Centrale serait une dépendance de l’État. Or l’État ne peut avoir de dette vis-à-vis de lui-même. Cela va à l’encontre du bon sens.

Finalement, si la dette a une existence administrative sans existence concrète, c’est bien qu’un impôt la compense de la plus concrète des manières, fusse-t-elle inconnue de l’administration fiscale.

Pourquoi le seigneuriage est tout sauf un impôt « social » ?

Comment cet impôt touche-t-il les citoyens ? La richesse prélevée est strictement proportionnelle au pouvoir d’achat. Aussi sa cousine la plus proche s’appelle-t-elle la TVA, qui à défaut d’être aussi invisible que le seigneuriage est souvent qualifiée « d’indolore ». Or la TVA est généralement l’impôt considéré comme le plus injuste par la gauche redistributionniste. On comprend alors mal pourquoi M. Mélenchon est favorable à un tel mécanisme. À moins qu’il ne soit un peu démagogique ?

Pourquoi est-ce impossible de rétablir ce mécanisme dans l’Union Monétaire ?

Par souci de simplification, rêvons un instant d’un monde sans les impôts traditionnels. Le tableau suivant décrit avec des chiffres fictifs cette situation à l’échelle de la zone euro.

Maintenant, comme le gouvernement français (GF) a des dépenses électorales en vue mais refuse de lever des impôts impopulaires, il demande leur financement à la Banque Centrale. Cette dernière « imprime » donc à cet effet 10% de monnaie supplémentaire. Les nouvelles parts de la masse monétaire des différents groupes sont les suivantes :

  • Français : 20*(100/110)=18%
  • Autres Européens : 80*(100/110)=73%
  • Gouvernement français : 10/110=9%

Ce dernier tableau montre que les traités européens interdisent le financement des États par l’emprunt à leur Banque Centrale pour une très bonne raison. Dès lors qu’une monnaie commune est adoptée, un État pratiquant le financement par le seigneuriage lèverait un impôt invisible sur les citoyens des autres nations… Inutile de vous expliciter les problèmes induits…

La disparition du Seigneuriage

Finalement, l’interdiction du financement des déficits publics par les banques centrales a de nombreux avantages.

D’un point de vue démocratique, elle contraint le gouvernement à se financer par des impôts explicites et transparents discutés par le Parlement. Le seigneuriage, parce qu’il constitue un impôt invisible sans existence légale, est profondément anti-démocratique.

Au plan économique, le seigneuriage ne présente aucun avantage vis-à-vis de l’imposition traditionnelle. En revanche, il présente les inconvénients de générer de l’inflation et d’être un impôt sans progressivité possible. Enfin, dans le cadre d’une Union Monétaire, l’existence du seigneuriage serait incompatible avec le juste principe de la territorialité de l’impôt.

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Sur le web.

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      1. L’article prend un point de vue non partisan sur cette question. Je dis bien que l’analyse de la progressivité est dans une démarche redistributionniste, et nulle part que la redistribution est a priori légitime car ce n’est tout simplement pas le sujet.

    1. Va donc jeter un oeil à mes coms ;-)

      Juste l’extrait le plus croustillant :
      « Dans le cas de la création monétaire, l’avantage serait toujours pour ceux qui émettraient la monnaie de crédit ; et comme le gouvernement représente la nation, la nation aurait épargné l’impôt, si elle, et non la banque, avait fait elle-même l’émission de cette monnaie… Le public aurait un intérêt direct à ce que ce fût l’État, et non une compagnie de marchands ou de banquiers, qui fît cette émission ».

      En fait Acrithene est plus intelligent que David Ricardo alors qu’il est que thésard en finance… ou pas.

  1. Très bon article.

    Et je pense que ce problème de dévaluation abusive de la monnaie ne se poserait pas si il y avait une liberté de création, de gestion et d’usage de devises, et donc, si il n’y avait pas de monopole public sur ce type de produits (la monnaie étant un produit comme peut l’être un bien ou un service)

    1. La dévaluation est le problème monétaire le plus simple à gérer. Il suffit de fabriquer de la monnaie.

      Enfin, la monnaie n’est ni un bien ni un service, il est la contrepartie d’un bien ou d’un service. Etant comptable, je saisie toute la nuance ^^.

  2. Mon seul souci c’est que les banques privées qui prêtent de l’argent aux états créent aussi de la monnaie (et augmentent la masse monétaire et l’inflation)… quelle différence en terme d’inflation et de masse monétaire avec de l’argent emprunté auprès de sa banque centrale?

    En outre, l’argent emprunté sur les marchés coûte plus cher que le même argent emprunté auprès d’une banque centrale (je dis le ‘même argent’ car il est créé ex-nihilo, qu’ils soit prêté par une banque centrale ou une banque privée).

    Le seul intérêt là-dedans est pour les banques privées qui se surent au passage… la loi de janvier 1973 fut adoptée précisément durant la présidence Pompidou (qui avait été, avant de devenir président de la république, un dirigeant de la banque Rothschild en France).

    Il est évident que les états sont trop dispendieux, mais que l’argent soit emprunté auprès d’une banque centrale ou privée ne change pas grand chose, sauf pour le contribuable qui paie plus cher l’argent emprunté sur les marchés. Ce qu’il faudrait faire, c’est interdire aux états d’emprunter tout court pour leurs dépenses courantes. Il pourrait y avoir des emprunts pour de gros investissements (mais pourquoi est-ce toujours à l’état d’allonger l’oseille – du contribuable – dès lors qu’il faut construire une autoroute ou un aéroport?).

    Il faut en revenir à un état régalien qui se concentre sur ses réelles missions (sécurité, défense, justice etc, ce n’est pas sous Hollande que la France va suivre ce chemin). Pour assurer ces missions régaliennes un impôt raisonnable suffit, nul besoin d’emprunter, ni auprès d’une banque centrale, ni auprès des marchés. Et tout le reste doit être confié au privé. Si la construction d’un aéroport en Picardie ou une autoroute dans les Pyrénées se justifient, si la demande existe réellement, les privées pourraient s’en charger…

    1. Je suis d’accords sur le fait qu’un état régalien devrait pouvoir se contenter d’une flat tax de 10 à 15% et que se serait bien mieux ainsi.

      Néanmoins les banques privées ne fonctionnent pas exactement comme la banque centrale. Bien évidement il y a aussi création de monnaie ex-nihilio, seulement cette création est est proportionnelle à la monnaie mise en circulation, contraint et forcé par la réglementation.
      Il n’y a donc inflation et « création de monnaie » qu’au moment de la mise en place de cette réglementation, ensuite, si le stock de monnaie « réelle » n’est pas manipulée (banque centrale), le stock de monnaie « virtuelle » cad les emprunts, ne bouge pas, c’est la fin de l’inflation.
      Les banques ont des frais, tout comme l’argent des impôts fait fonctionner la banque centrale, une partie des emprunts ne sera pas remboursée en totalité, ce risque doit être couvert et enfin les déposant, les véritables propriétaires de la monnaie rendant possible le prêt reçoivent une rémunération.
      Donc dire purement et simplement « les banques se sucrent » est un peu léger.

      Dans un emprunt privé, le taux d’emprunt représente l’équilibre entre l’offre et la demande d’argent, ainsi il va là où il est le plus utile (cad crée le plus de richesses), de plus il y a une limite aux montants empruntés. Ce n’est pas le cas avec une banque centrale, c’est en ça que la loi de 73 « protège » d’une gestion catastrophique.

    2. Nathanael, si la fin de votre message est pertinente, la première hypothèse posée est fausse : les banques privées qui prêtent aux Etats ne créent aucune monnaie.

      Il est fondamental de comprendre que, lorsqu’une banque privée prête à un Etat, elle le fait avec de la monnaie qui a été créée avant, au cours d’un autre processus. Si les prêts des banques privées aux Etats contribuaient à créer de la monnaie, M3 pèserait pratiquement le double de ce qu’il est actuellement en zone euro. Dit autrement, si votre affirmation était vraie, les Etats détiendraient environ 50% de M3. Ce n’est pas le cas. Affirmer que les banques privées créent de la monnaie en prêtant aux Etats ne permet pas de décrire la réalité. Il est en revanche exact de considérer qu’en prêtant aux Etats, les banques privées déplacent la monnaie existante et que ce transfert est néfaste, tant économiquement que socialement.

      Les prêts directs de la BC aux Etats sont créateurs de fausse monnaie, c’est-à-dire une monnaie sans contrepartie de création de richesse. Heureusement, d’abord la loi de 73 puis le Traité de Maastricht nous protègent de l’appétence des politiciens, historiquement sans limite, pour la spoliation inflationniste. Une fois écarté le risque inflationniste du fait de ces textes, il est également important de comprendre qu’un Etat ne doit pas s’endetter, non plus à cause du risque de création monétaire, mais parce qu’il est, par nature, par construction, par destination, absolument incapable de produire la moindre richesse nette.

      Les dettes publiques ont un effet similaire à celui provoqué par les impôts, même si cet effet est partiellement décalé dans le temps : elles réduisent le potentiel créatif du secteur privé. Les dettes publiques, comme les impôts, affaiblissent la croissance, jusqu’à parvenir à inverser le processus créatif et provoquer la récession. L’affaiblissement de l’économie, inversement proportionnel à la croissance des dépenses publiques, nous le vivons en France depuis plusieurs décennies, phénomène mis en lumière par le ralentissement constant du taux de croissance moyen du PIB. Pour ceux qui aiment les maths, on peut dire que la dérivée seconde du PIB français est négative en tendance. Si nous n’inversons pas ce phénomène sans attendre, l’économie française deviendra inéluctablement récessive en tendance au cours des prochaines années (la dérivée première deviendra négative).

      1. « lorsqu’une banque privée prête à un Etat, elle le fait avec de la monnaie qui a été créée avant »
        Sauf que la solvabilité de la banque n’est en réalité pas déterminée par les dépôts qu’elle a reçus mais pas les créances qu’elle détient, notamment sur les Etats puisque le collatéral des liquidités qu’elle obtient de la BC est constitué d’obligations publiques.
        Comme les Etats s’endettent pour rembourser et même pour payer les intérêts, il y a bien création monétaire.

        1. Non. Le rollover sur les dettes publiques ne provoque aucune création monétaire. Quant aux collatéraux, ils ne changent rien à l’affaire. Vous devez encore travailler avec application votre cours sur la création et la destruction monétaire. Courage !

          1. Oui bubulle a raison.

            Mais je pense qu’en fait, Hueb et Nathanel veulent dire que les banques centrales crééent de la monnaie pour financer l’état et les intérêts.

      2. Cher Bubulle, votre tentative d’utiliser l’argument d’autorité (les mathématique) montre la pauvreté de votre argumentaire.

        Actuellement la croissance est positive mais, vous avez raison, la tendance depuis quelques années est que cette croissance est de plus en plus faible. Cela se montre par le fait que la dérivée première de la fonction PIB=f(t) est négative.

        Vous n’expliquez absolument rien ici. Vous utilisez un vocabulaire de maths pour impressionner.

        Vos derniers mots sont absurdes (« la dérivée première deviendra négative ») puisqu’elle l’est déja. Je pense que vous confondez dérivée et intégration.

        Quand à la dérivée seconde (c’est à dire l’intégration, l’aire sous la pente), pour qu’elle devienne négative il faudrait que le PIB soit négatif.

        Je me demande si vous croyez vous même à ce que vous racontez ;o)

        Bien Cordialement,

        Etienne

      3. Si elle créé la monnaie scripturale qui est fonction de la monnaie fiduciaire prêtée par la banque centrale et qui est réglementée par les accords de Bâle (si je me trompe pas).

    3. Tu as raison, c’est le premier com’ vraiment intelligent que je lis !

      Le seul intérêt de faire procéder au prêt par les banques privés c’est d’éviter les dérives populistes qu’on peut suspecter à un gouvernement.

      Exemple : Hollande arrive au pouvoir, il faut relancer la croissance, il fait tourner la planche (car il a le pouvoir dessus), il génère de l’inflation et n’augmente pas la richesse créée : le pays entre en crise.

      Le pouvoir monétaire aux banquiers privés garantie en principe, la bonne gestion.

      Après, n’oublies pas que les entreprises publics sont utiles lorsqu’il s’agit de rendre des missions de service public. Le privé étant adéquat pour tout ce qui suit une logique de compétition.

      Après, là où commence le service public et là où commence la compétition c’est un débat complexe.

      Le plus intéressant est le cas de la compagnie de chemin de fer où tu dois descendre à quatre gares, acheter trois tickets à trois compagnies différentes car ce sont des entreprises concurrentes.

      Il y a aussi le problème lorsque le coût d’entrée sur le marché est trop important et les débouchés incertains. (exemple : procédé d’extraction sans fracturation hydraulique du gaz de schiste).

  3. Très bon papier Acrtithène, mais il y a un contresens dans le chapeau, me semble-t-il…

    « Pourquoi le mode de financement du déficit public promis par la fameuse loi de 1973 est-il machiavélique ? »
    Quand je lis cette phrase, je comprends que vous condamnez que vous considérez la loi de 1973 comme machiavélique…

  4. Bon article. D’accord avec les arguments.

    Cependant, je voudrais ajouter que le principe de dette publique est aussi aberrant, puisque si l’état a besoin d’argent pour financer ses dépenses, il n’a qu’à augmenter les impôts, sans oublier qu’une dette aujourd’hui, c’est un impôt demain.
    S’ils ne veulent pas augmenter les impôts, ils doivent alors baisser les dépenses.
    Cependant, cela a un coût politique et économique indésirable pour les politocards responsables mais non-coupables, qui voulant le beurre et l’argent du beurre, font alors ce qu’ils font de mieux : ne pas assumer et reporter à plus tard.
    Et c’est comme ça que viennent la dette et l’inflation.

  5. D’accord avec l’article, mais il y a un petit quelque chose qui me semble erroné quand il est écrit que le seigneuriage touche à égalité toutes les catégories sociales (« Pourquoi le seigneuriage est tout sauf un impôt « social » ? »), car s’il est vrai qu’il a par certains aspects le même effet que la TVA dans le sens où tous les prix s’en trouvent augmentés du fait de l’inflation, il n’empêche qu’il y a également une perte pour tous ceux qui ont épargné. En effet, si vous aviez une certaine somme placée à la banque avant l’inflation, vous avez toujours la même somme ensuite mais comme les prix ont augmenté, vous pouvez acheter moins de choses avec. Donc plus vous avez épargné, plus cette mesure vous est défavorable. Et comme ce sont en général les riches qui ont beaucoup d’argent mis en épargne, cette mesure leur est davantage défavorable. Voilà pourquoi elle est défendue par les populistes comme Mélenchon !

    1. Bonjour Félix,

      Il est dit dans l’article que le seigneuriage touche proportionnellement au pouvoir d’achat. L’épargne constitue une thésaurisation de pouvoir d’achat, donc il n’y a pas de problème conceptuel dans l’article à ce propos. De même la TVA touche proportionnellement à la consommation à une période t, consommation qui dérive du revenu en t et de la variation de la dette nette (donc de la reprise sur épargne). Une autre façon de le dire est que l’épargne n’est qu’une consommation reportée, un pouvoir d’achat transféré.

      Donc oui ce que vous décrivez est vrai, mais est capté par l’article qui ne parle pas du revenu mais du pouvoir d’achat qui inclut le stock d’épargne (je parle aussi de monnaie détenue dans l’article…).

      Ensuite, si on s’intéresse à l’effet par « classe », je ne suis pas certain que les pauvres soient aidés par l’inflation. En effet les banques refusant de leur prêter, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils empruntent. En revanche, le riche qui a l’entière confiance de sa banque a pu bénéficié d’un fort endettement bancaire pour investir dans un actif réel. Le rendement de son investissement s’envolera grâce l’inflation qui détruira la dette sans vraiment affecter le retour de l’actif réel dont les prix s’ajusteront.

      De manière générale, je ne pense pas qu’il existe une forte corrélation inversée entre le niveau social (une fois la dimension de l’âge enlevée) et la détention de dette monétaire. Les riches/classes moyennes ont plus facilement accès à l’investissement non monétaire qui n’est pas directement dévalorisé par l’inflation et disposent d’une capacité d’endettement monétaire beaucoup plus forte. J’avoue que je ne connais pas les chiffres de ce que j’avance… il faudra que je me renseigne là dessus.

  6. Très bon article merci d’essayer de faire clair pour les profanes..

    Un des arguments des démagogues en questions seraient les taux « exorbitants » auxquels les banques prêtent aux états…ou plutôt la différence « abusive » des taux banques centrales/banques privées (si j’ais bien suivi).

    Pouvez-vous m’éclairer à ce sujet également ?

    Merci par avance

    1. Bonjour JS,

      Vous pouvez lire le commentaire de Bubulle à ce sujet plus haut. Je peux ajouter un autre argument à ce qu’il a présenté.

      Imaginons que la France veuille placer 100€ sur le marché de la dette. L’argument que vous présentez consiste à dire que la BNP emprunte à 1% à la BCE et reprête à 3%, prenant donc une marge nette gratuite de 2%.

      Dans le jargon du financier, cela s’appelle un « free lunch », et une règle de base de la finance est que les « free lunchs » n’existent hélas pas. Généralement, l’existence d’un « free lunch » sur un marché financier est détecté si rapidement par les algorithmes qu’il disparaît en quelques secondes sous la pression des requins qui se jettent dessus.

      Illustrons avec notre exemple. Il y a des centaines d’établissements bancaires qui peuvent emprunter à la BCE à 1%. Voyant que la BNP prête à la République avec une marge nette de 2%, Deutsche Bank devrait immédiatement offrir à l’Etat 2,99%, emporter toute la transaction promise à la BNP tout en réalisant une marge de 1,99%. Tant que la marge nette est positive, il existerait pour des centaines d’établissements bancaires des opportunités de free lunch en abaissant leur taux de epsilon % et d’ainsi emporter la transaction en réalisant une marge. D’epsilon en epsilon la marge devrait totalement disparaître.

      Conclusion, la différence de taux n’est probablement pas une marge de profit net, mais doit être associé à un coût. Ce coût est décomposable par le fait que l’argent prêté à l’Etat vient des épargnants qui exigent de la banque un rendement, et du fait que le prêt à l’Etat est risqué (d’ailleurs un tel investissement peut perdre de sa valeur sans aller jusqu’au défaut de l’Etat).

      1. Ton raisonnement est faux Acrithene car tu ne prend pas en compte les réglementations internes et financières qui obligent les investisseurs à revendre certains titres de dette en fonction de la note fixée par les agences de notations.

        Dès lors, l’offre de monnaie diminue ce qui augmente le prix (donc les intérêts) sans que pour autant le risque soit réel (car l’agence de notation peut inclure des biais qu’un investisseur n’aurait pas considéré, cependant, ce dernier n’a pas le choix).

        Source :
        http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/07/04016-20110707ARTFIG00542-les-agences-de-notation-decryptees.php

        Si tu avais un peu de culture, tu serais également que la dégration par les agences de notations est une opération de déstabilisation de la zone €uro par les Etats Unis d’Amérique.

        Source :
        http://www.portail-ie.fr/article/153/Valery-Giscard-d-Estaing-prend-conscience-de-la-guerre-financiere-des-hedge-funds-contre-l-Europe

        http://www.amazon.fr/Manuel-dintelligence-%C3%A9conomique-Christian-Harbulot/dp/213059140X

        L’auteur du dernier lien est membre du conseil scientifique nationale, lieutenant-colonel de l’armée de réserve (plus haut gradé de france), directeur de l’école de guerre économique (3ème école mondiale en intelligence économique), il a rendu des rapports aux premiers ministres…

        En d’autres terme, c’est une source beaucoup plus lourd qu’Acrithene, petit thésard en finance qui veut illuminer les néophytes de sa non-connaissance.

  7. Non,
    si les salaires sont indexés sur l’ inflation (comme les retraites et si les tx d’ assurance vie suivent par ex) la monnaie de singe ne banane que ceux qui ont des 0 sur des ordinateurs

    1. Les retraites et les assurances vie suivent l’inflation avec un peu de retard, vous perdez quand même…
      Comme la nouvelle monnaie crée est injectée de façon localisée il y a aura un très forte inflation dans un petit secteur au moment de l’injection et avec le temps l’inflation va se répartir dans tout les secteurs, ainsi il n’y a pas de mesure parfaite de l’inflation et ne peut donc jamais être exactement compensée.

      Soit dit en passant, les 0 sur les ordinateurs (ou les billets sous le matelas), aussi appelé épargne est une composante très importante de notre économie.

    2. Contrairement à l’hypothèse que yeti expose, ni les assurances-vie et encore moins les salaires dans le privé ne sont indexés sur l’inflation.

      Les grands perdants de l’inflation ne sont pas seulement les épargnants, les entrepreneurs ou les investisseurs mais également et surtout les salariés du privé (la hausse du smic, marginale, ne compense pas le chômage et la compression de l’échelle des salaires du privé). Les seuls qui maintiennent leur niveau de vie en cas d’inflation sont les fonctionnaires, les bénéficiaires d’aides sociales et les retraités (plus pour longtemps pour cette dernière catégorie, qui sera bientôt sacrifiée pour préserver les acquis des deux premières).

      L’opposition artificielle entre « capitalistes » et salariés, au coeur de la propagande socialiste néo-marxiste, n’est pas opérationnelle : pour bien percevoir les rapports de force en jeu, la division à retenir oppose ceux qui se gavent des rentes publiques et tous les autres, qui doivent les payer.

      Loin des yeux (du pouvoir), loin du coeur…

      1. A titre personnelle, j’estime que la rente publique est prélevé par le service en général et pas que les fonctionnaires.

        Un banquier, un coiffeur, un professeur, un cheminot vivent de la rente publique.

        C’est la création de richesse du primaire et du secondaire qui permet de dégager les biens matérielles nécessaires à la vie qui permettent aux profession tertiaires de « vivre du service ».

        A ce sujet, la révolution française s’explique en partie par le fait qu’il y a eu famine et qu’un des facteurs de cette famine était que la campagne se vidé car la bourgeoisie donné 2 sous pour être domestique alors que le travail de paysan rapporté 1 sous. Ce qui a déplacé les campagnes dans les bourgs et donc a diminué la production agricole.

        On peut donc dire que cela a créé de l’inflation sur la nourriture ce qui a diminué le pouvoir d’achat gagné en travaillant pour le bourgeois. Ironique non ?

        Néanmoins, cette analyse est réductrice dès lors qu’on intègre le gain de productivité. D’autant plus que la rente publique peut être investi dans l’accroissement à long terme du gain de productivité. Un professeur ne permet il pas une main d’oeuvre plus qualifiée ? Un salarié français avec une machine (inventé par un ingénieur donc un improductif) n’est il pas aussi productif que 5 ouvriers chinois (en travaillant 35h) ?

        Dès lors, la rente publique peut être analysée comme un investissement pour l’avenir.

        Je t’accorde cependant bubulle que certains socialiste néo-marxiste distribue plus de l’argent comme ils aimeraient qu’on leur distribue des bulletins en leur nom en retour. Mais pas tous… Même un socialiste néo-marxiste sera rattrapé par la réalité.

  8. D’où vous sortez que Mélenchon est favorable à la TVA ? Vous dénoncez l’interdiction de prêter directement aux Etats pour les banques centrales mais quand lui le dit, il est « populiste » ? Arrêtez avec votre anti-mélenchonisme primaire !

  9. Bonjour,

    Très bon article. On peut aussi invoquer un argument supplémentaire. Le fait qu’il y ait un prêteur oblige l’état à plus de rigueur puisqu’une dégradation des comptes ou une mauvaise gestion implique un taux d’intérêt plus élevé.

    1. Surtout d’éviter l’édition monétaire qui ne serait pas garantie par une création de richesse réelle.

      C’est d’ailleurs le seul argument car celui d’Acrithene est fallacieux. Le seigneuriage existe dans tous les cas, il est inhérent à la création monétaire. La seule question est qui doit en avoir l’usage ? La banque privé ou l’état ?

      Ce à quoi David Ricardo répond : « Dans le cas de la création monétaire, l’avantage serait toujours pour ceux qui émettraient la monnaie de crédit ; et comme le gouvernement représente la nation, la nation aurait épargné l’impôt, si elle, et non la banque, avait fait elle-même l’émission de cette monnaie… Le public aurait un intérêt direct à ce que ce fût l’État, et non une compagnie de marchands ou de banquiers, qui fît cette émission ».

      En fait, Acrithene se croit plus intelligent que Ricardo. Mais lisez vos classique plutôt que les thesard en finance !

      1. That’s cute.

        Mais malgré la citation d’un auteur du XIXème siècle qui croyait à la stagnation des salaires au niveau de subsistance et à la valeur travail comme argument d’autorité, la remarque n’a pas grand sens.

        D’abord, le sujet n’est pas full-reserve vs fractional reserve, mais l’émission de la dette publique, qui d’ailleurs n’est pas spécialement adressée aux banques, mais à l’ensemble des épargnants.

        Ensuite, la différence notable entre l’émission par la banque centrale et l’émission par les banques commerciales au regard du seigneuriage est simple : monopole vs concurrence.

        S’il vous semble tellement évident qu’une banque peut faire du profit gratuitement en créant de la monnaie, ne perdez pas votre temps à commenter les articles de Contrepoints, ouvrez une banque.

        Seule une situation de concurrence significativement imparfaite (comme le monopole d’une banque centrale) peut permettre à une banque de pratiquer un seigneuriage qui excède le coût de production de la monnaie.

        Le seul monopole monétaire qui existe est celui de l’émission des pièces et billets, qui est un monopole étatique.

        1. Oui, Ricardo est un économiste, pas un devin. Il n’a pas prédit la montée exponentielle de la productivité qui aller retarder l’analyse Malthusienne de la société. Où, devrais je dire, il était dans la logique d’assurer la subsistance à tous, en fonction du travail réalisé moins la plus value. En clair, Ricardo est tout à fait crédible, mais homme de son temps.

          La question de la valeur utilité, des besoins secondaires (au sens de Maslow) est la continuité de la révolution industrielle, l’étape suivante, en quelque sorte. Sachant que le paradigme de la valeur utilité a été imposé très tardivement au monde et correspond au rapport de force des anglo-saxons par les deux guerre mondiale et la guerre froide pour imposer se système qui les arrange géo-politiquement. On a donc une question sous-jacente des rapports de forces entre nations qui influe sur le paradigme de la valeur.

          Sauf qu’il est interdit d’ouvrir une banque sans autorisation de l’état ^^. Et qu’il y a trois niveaux de banques : centrale, systémique et secondaire. Si j’ouvrais une banque, elle serait au mieux secondaire (emprunte aux banques systémique) or, pour bénéficier du seigneuriage il faut avoir une banque systémique (emprunte à la banque centrale). On peut ainsi voir là, une supply chain bancaire. Or, tout le monde sait que, dans une supply chain, c’est la firme pivot qui concentre les profits (la plus importante). Dès lors, le profit du seigneuriage est concentré par les banques systémiques dominantes au détriment de la banque centrale et des banques secondaires.

          Le fait que la BCE placé l’argent à 0.01% pour la FED, 1% pour la BCE alors que les taux de prêt aux états battaient des records (jusqu’à 32% au paroxysme de la crise) faisait qu’en effet, il y avait des placements fort intéressant pour les banques systémiques.

          Sinon votre discours sur la concurrence comme votre discours en général est dépeint de naïveté. Le fait que vous négligez totalement la variable « rapport de force » dans votre analyse me laisse à penser que vous méconnaissez la discipline que l’on homme Intelligence Economique (ou Guerre Economique au niveau macro). J’avais commencé un doctorat dans cette discipline, j’ai très vite compris qu’elle ne consistait qu’à altérer les principes de Knight pour justement fausser le jeu de la concurrence pure et parfaite en fabriquant un rapport de force. Vous devriez y jeter un oeil, si cela vous en dis.

  10. La démonstration est imparable. Mais il est question pour la banque centrale de PRETER à l’état. Pas de lui donner de l’argent sans contrepartie (pour financer des dépenses de fonctionnements réccurentes).
    Que se passe-t-il si l’état, via sa banque centrale, s’octroie a lui même un « prêt » sous forme de création de monnaie afin de réaliser un investissement et qu’à une certaine échéance, l’état se « rembourse » en détruisant la monnaie qu’il avait crée ?
    Ex : Etat emprunte X€ à sa BC qui les créent, construit un pont pour X€, engrange les recettes fiscales issues du surcroît d’activité que cette nouvelle infrastructure produit puis rembourse à sa BC les X€ initialement crées. La BC détruit les X€.
    Le pont est payé par les effets de l’inflation, n’est ce pas ?
    La destruction de monnaie est elle problématique à ce stade ?

    1. P01550n: « Mais il est question pour la banque centrale de PRETER à l’état. Pas de lui donner de l’argent sans contrepartie »

      L’emprunt est le fruit d’une mauvaise gestion, un arrosage d’argent « gratuit » sur le moment qui ne coute rien au joyeux élus.

      Rembourser réellement n’est absolument pas dans l’intérêt de l’emprunteur (ce qui rend le « cadeau » caduque) ni dans celui des successeurs (suicide politique). Un bon gestionnaire n’a absolument pas besoin de prêts puisqu’une état est pérenne (sauf guerre etc.). D’ailleurs dans la constitution l’état doit en principe utiliser l’argent des impôts mais pas plus.

      Donc si ils font des emprunts (mauvaise gestion) ils ne vont forcément pas rembourser et tailler le lois pour que le pot de confiture reste ouvert ce qui était le cas avant 1973.

      1. Ilmryn dans votre raisonnement vous considérez que l’état n’a pas besoin d’investir au delà d’une année. Ce qui est faux bien entendu. L’état a besoin d’investir en permanence mais surtout et le plus souvent sur plusieurs années. Et c’est d’ailleurs heureux qu’il soit au moins encore l’état pour permettre des plans de financement qui dépassent le cours terme qui devient de plus en plus la norme dans le privé.

        Mais en définitive, aussi cohérent et stable que le système puisse être d’ordinaire et en théorie, on voit à quel point il a des limites graves et particulièrement en situation de crise ou il faut accepter de quitter l’orthodoxie de l’idéologie pour reprendre le contrôle d’une système totalement déchaîné et bancal.

        Le financement des états ne devrait pas être considéré comme celui de n’importe quelle entreprise privée car l’état n’a pas pour objectif d’avoir une activité rentable. En outre, vous considérez que la création de richesse se limite à la richesse matérielle. Or ce n’est pas le cas. La valeur ajouté sociale est considérable, qu’elle se mesure par l’éducation, ou l’acquisition de la qualification et la compétence. Ou encore qu’elle se mesure par l’acquisition d’un niveau de vie qui permet une existence dans de meilleures conditions (de santé).

        C’est toute une vision du rôle de l’économie dans la société qui est en question. Et une économie purement marchande conduit la civilisation à la décadence, nous en voyons les signes chaque jour. Il est temps de revoir notre modèle.

      2. Non, l’emprunt est nécessaire pour financer la croissance sinon tu créer de la déflation.

        Après, les sommes emprunter doivent être proportionnelle à la richesse produite.

  11. Intéressant.
    Moi aussi, je suis intéressé par le point soulevé par P01550n : vous expliquez que l’emprunt est sans intérêt et que l’État ne rembourse pas sa dette. Mais si l’État avait l’obligation de rembourser l’emprunt à la banque centrale avec intérêts, comme à une banque privée, que se passerait-il ?

    Juste une toute petite erreur de grammaire — nous en faisons tous :-( : « fusse-t-elle » –> « fût-elle » (« fusse-t-elle » n’existe pas).

    1. L’écriture de la création monétaire c’est :

      Débit : 512 Banque
      Crédit : 4 Dette à la Banque Centrale

      En fait, la Banque Centrale se réalise une dette à elle même en échange de liquidité qu’elle créé.

      Pour être très concret, c’est comme s’il te manquait 10 000 € pour faire des courses et que tu te jugeais suffisamment digne de confiance pour te prêter toi même l’argent qu’il te manque. Tu ne manqueras pas de rendre cet argent avec les revenus de ton travail.

      Donc ce qu’il ce passe c’est ça :
      Création Monétaire
      Débit > 512 Banque > 10 000 €
      Crédit > 4 Dette > 10 000 €

      Ensuite tu prêt l’argent à l’Etat
      Débit > 411 Créance Client > 10 000 €
      Crédit > 512 Banque > 10 000 €

      Et quand l’état te rembourse (on va dire que c’était prêté à 3% sur 1 ans)
      Débit > 512 Banque > 10 300 €
      Crédit > 411 Créance Client > 10 000 €
      Crédit > 76 Produit Financier > 300 €

      Et du coup, il faut détruire l’argent créé par la banque central
      Crédit > 4 Dette > 10 000 €
      Débit > 512 Banque > 10 000 €

      La banque a donc réalisé un bénéfice de 300 € qu’elle a en liquidité sans aucune contrepartie. C’est bien pour ça qu’on appelle ça seigneuriage. Car c’est un droit féodal comme le rognage (qui correspond à la création monétaire).

      En fait, à la révolution, on a donné les privilèges des seigneurs aux banquiers mais au lieu d’un système or, on a fait un système papier ce qui est plus simple pour contrôler le flux monétaire en circulation.

      C’est tout simple. Dommage qu’un financier comprennent moins bien son domaine qu’un comptable. En fait, les financiers veulent avoir une vue du dessus sans avoir une vue du dessous. Ce sont comme des architectes qui pensent qu’ils savent mieux que les maçons comment se construisent une maison.

      1. Sachant que tu créés toujours de la monnaie en fait car il faut toujours financer l’économie.

        http://www.les-crises.fr/bilan-bce/#!colorbox5826/2/

        Tu vois, là tu as les créance de la banque centrale sur banques privés qu’elles doivent rendre. C’est la monnaie créée par la banque centrale. Sachant que les banques privés prêtent aux Etats, aux ménages, aux collectivités territoriales. Si par exemple un Etat, un ménage, une collectivité territoriale ne rembourse pas la banque privé, la banque centrale ne peut être remboursé et la banque privé fait faillite (à moins que la banque centrale s’emprunte à elle même pour prêter à la banque privé pour qu’elle fasse du bénéfice et la rembourse).

        Il n’y a donc pas que les frais de gestion qui sont couvert par le seigneuriage, il y a le risque de défaut. D’une certaine façon, on peut dire qu’en transférant le seigneuriage en quasi totalité aux banques privés la banque centrale se garantie du risque de défaut puisqu’elle reporte la faillite à son « sous traitant ». Néanmoins, si le sous traitant est trop gros, elle risque également la faillite.

        C’est la logique du TBTF (To Big To Fail – Trop gros pour faire faillite) qui estun acronyme en finance pour décrire le fait que lorsqu’une banque privée fait faillite, la banque centrale s’endette massivement et lui prête massivement pour la sauver afin d’éviter la faillite de son partenaire, les conséquences sur tous les acteurs en aval sur la supply chain (les déposants de la banque privé) donc une crise généralisé du système.

        C’est ce qu’il c’est passé dans certains cas au USA.

  12. L’article explique bien le coté néfaste du fait que la BCE prête aux Etats en émettant de la monnaie. En augmentant la masse monaitaire on diminue la part des citoyens. Certes.

    Mais cela ne répond pas à la question: pourquoi permettre que la BCE prête aux banques en émettant de la monnaie ? Cela ne revient-il pas AUSSI à l’augmentation de la masse monaitaire et donc à la spoliation des citoyens ?

    Seul argument qui reste: les frais de gestion. Ce serait pour laisser aux banques le soins de gérer ces prêts ?!! Je ne comprends pas bien pourquoi.

    La question reste entière: « Pourquoi la Banque Centrale ne prête pas à l’État? »

    Bien Cordialement,
    Etienne

      1. A la différence également que des politiciens démagogiques pourraient abuser de la planche à billet alors que les banques privés ont intérêt à éviter de faire trop d’édition monétaire car elles accroîtrait dès lors l’inflation ce qui viendrait réduire leur rendement.

        Si tu fait 10% de rendement sur un portefeuille avec 15% d’inflation en fait, tu perds en pouvoir d’achat réel. C’est d’ailleurs pour cela que la politique de la BCE est d’avoir un taux d’inflation bas car c’est l’Allemagne qui a le rapport de force et son intérêt est de protéger les rentiers (qui sont très nombreux du fait des retraités). A contrario, une économie jeune peut avoir de l’inflation à condition que cela finance l’emploi productif. L’inflation sera donc, à long terme, jugulée par la croissance réel.

        Acrithene n’explique pas non plus que l’inflation permet de faire « fondre la dette » comme elle fait fondre le pouvoir d’achat.

        Il n’explique pas non plus que les banques centrales émettent trop de monnaie ce qui créé de l’inflation qui est « stockée » dans les bulles spéculatives. En effet, une bulle spéculative est une « inflation sur un titre ».

        Le fait que l’inflation se déplace et n’est pas la même pour tout complexifie le problème (qu’Acrithene simplifie à l’extrême). Il y a ce que j’appelle le phénomène de « structure de consommation ». C’est à dire qu’un ménage pauvre et un ménage riche ne consomme pas de la même façon. Si on a une population de 10% de riches et de 90% de pauvre et qu’on supprime les riches le fait que la structure de consommation ne soit pas la même fait que la consommation des pauvres va subir de l’inflation (plus de pauvres voudront acheter les même biens) et la consommation des riches va subir la déflation (plus personnes pourra consommer les biens des riches).

        En fait, le problème est donc très complexe.

        D’ailleurs si ton salaire augmente autant que l’inflation tu n’y perd rien. Il faut donc analyser l’inflation avec un rapport Hausse des revenus / Hausse des prix. Si le rapport est > 1 alors tu es gagnant.

        Fin bref, Acrithene devrait aller bosser sur sa thèse plutôt que de se croire journaliste à être un libéraux dogmatique et prétentieux.

  13. Cet article est d’une mauvaise foi et / ou d’une bêtise.

    Le seigneuriage existera toujours dès lors qu’on devra émettre de la monnaie pour permettre la croissance (si on ne fabrique pas de monnaie on a de la déflation ce qui n’est pas bon politiquement).

    La seule question qui se pose c’est qui doit avoir le seigneuriage ? Est ce que c’est la Banque Centrale sous la direction de l’état ou est ce que c’est des banques privés ?

    Je pense qu’il est vraiment prétentieux pour Acrithene de vouloir, d’une part se croire tellement intelligent que son article doivent être cité sur wikipedia et d’autre part d’expliquer de manière simpliste que Ricardo avait tort en disant que : « Dans le cas de la création monétaire, l’avantage serait toujours pour ceux qui émettraient la monnaie de crédit ; et comme le gouvernement représente la nation, la nation aurait épargné l’impôt, si elle, et non la banque, avait fait elle-même l’émission de cette monnaie… Le public aurait un intérêt direct à ce que ce fût l’État, et non une compagnie de marchands ou de banquiers, qui fît cette émission ».

    En fait, le mécanisme qu’explique Acrithene est juste, ce qu’il ne dit pas, c’est que ce sont les banques privés qui bénéficie du seigneuriage alors qu’un libéraux classique considère que cela aurait du être l’Etat car il aurait fallu que cette spoliation de tous soit au profit de tous qui sont représente par l’Etat.

    Si tu es de mauvaise foi je dirai rien, si tu es bête, va lire Dollar, Actualité et Avenir de la Monnaie Impériale de Marian Stepczynski.

    La finance ne s’explique pas par la finance mais par la géopolitique.

    Le seul thésard en finance qui comprenne le truc que je connaisse, c’est quelqu’un qui a été 10 ans gestionnaire de patrimoine. Moi je suis thésard en comptabilité / intelligence économique.

  14. Les banques ont dépossédé l’Etat de la création monétaire, mais à quel prix ?

    On doit payer un intérêt énorme sur la dette de l’Etat qui doit se financer auprès des marchés au lieu de créer sa propre monnaie sans intérêt. Dans un cas on fait l’économie du paiement des intérêts et des intérêts sur les intérêts, évidemment au lieu de faire un peu d’inflation on doit mener des politiques d’austérité budgétaire tout aussi vicieuse voir plus que l’inflation alors qu’il a au moins un avantage pour les débiteurs pour rembourser leur dette et de permettre un ajustement de la compétitivité par la monnaie et non par les salaires.

    l’intérêt que l’on paye au banque est plus honnête ? il est invisible aussi et pourtant il représente le 2ème poste de dépense de l’Etat derrière l’éducation ! Et finalement on augmente nos impôts pour payer le déficit et les intérêts de la dette !!

    Ce qui est anti-démocratique c’est que le pouvoir de création monétaire soit aux mains d’intérêts privés.

    Le scandal c’est que nos impôts ont servi à payer près de 100% de la dette en intérêts aux banques alors que nous avons toujours cette énorme dette à rembourser et qui ne fait qu’augmenter.

    Ce qui est machiavélique c’est de laisser penser que des intérêts privés, des banquiers, puissent mieux gérer dans l’intérêt collectif un pouvoir qui revient au peuple, car c’est lui qui produit la vraie richesse par son travail et non la banque qui crée sa monnaie par la dette sur les autres et qui encaisse des profits privés pour des actionnaires privés.

    Votre démonstration est fallacieuse parce que vous mélangez masse monétaire et base monétaire et augmenter la base monétaire de 10% quand celle-ci représente moins de 5% de la masse monétaire ne génère pas d’inflation.

    Or vous dites que la masse monétaire est de 100 et qu’elle est passé à 110 ce qui signifie que la banque centrale devrait injecter 10% dans la masse monétaire et donc pour couvrir un déficit de l’Etat qui représente généralement à peine 0,01% de cette masse, vous mélangez les grandeurs et vous tirez des conclusions hâtives.

    En attendant l’inflation créée par les banques centrales sur les actifs financiarisés vous en parlez pas ?

    1. j’ajoute que si les prix augmentent par l’inflation, les revenus aussi et donc les salaires…. donc une perte en pouvoir d’achat toute relative qui est du taux d’inflation moins la hausse du revenu.

      Aujourd’hui où en somme nous, pas d’inflation, chômage de masse, déficit public, dette abyssale,les intérêts de dette toujours plus élevés, ajustement par les salaires et les coûts au lieu d’un ajustement par l’inflation et la valeur de la monnaie (avec l’euro)

      1. Ce qu’il manque à la France c’est surtout une vision politico-économique à long terme.

        Il faut construire une Europe social et écologique quitte à mettre des barrières protectionnistes sachant que ça peut inclure des taux de TVA spécifique en fonction de la provenance du produit, des subventions pour les entreprises…).

        Le but est de rendre « rentable » des projets européens qui ne peuvent s’aligner sur les contraintes sociales et écologiques des pays du Tiers Monde pour construire une Europe d’Avenir.