Le Honduras lance le Hong Kong du 21e siècle

Publié Par Contrepoints, le dans Amérique latine, Asie

Le Honduras prépare une « ville modèle », avec lois propres et régulation minimale, pour attirer les investisseurs dans le style de l’ancienne colonie britannique en Chine.

Par Daniel Luna

Une ville-État créée au milieu de nulle part. C’est ainsi que l’on peut résumer le projet que va mettre en marche le gouvernement du Honduras avec l’objectif de transformer le pays en une puissance économique mondiale.

L’idée est simple : on prend une zone inhabitée, on lui octroie des lois propres, différentes du reste du pays, qui n’offrent pas d’obstacles à l’investissement ni à la création d’emploi, et on ouvre les portes à tous les investisseurs nationaux ou étrangers disposés à s’installer. Le résultat, à en juger par l’expérience de Singapour, Hong Kong ou d’autres villes asiatiques avec des législations de ce type, devrait être un développement spectaculaire.

Une telle chose est-elle possible ? Le président du Congrès du Honduras, Juan Orlando Hernández, croit que oui : « Sous ce régime légal spécial, le résultat immédiat serait une quantité massive d’emploi, celui nécessaire pour construire autoroutes, ports, aéroports et toute l’infrastructure des installations pour les entreprises à venir. »

La possibilité d’offrir des emplois à grande échelle serait particulièrement bénéfique pour un pays où le manque d’opportunités pousse à émigrer quelques 100.000 citoyens par an. La majorité d’entre eux partent vers les États-Unis et le font de manière illégale, à travers la frontière du Mexique, où neuf sur dix sont arrêtés et déportés.

« Nous avons reçu des offres [pour nous installer dans la future ville] de grandes entreprises qui assemblent des véhicules, du matériel électro-domestique et aussi des produits de haute technologie », ajoute Hernández. Parmi les sociétés, le gouvernement a expressément cité Goldman Sachs et la Fondation Abu Dhabi pour le développement. « Ce système a donné des résultats dans d’autres pays du monde. Beaucoup pourraient dire qu’il est illusoire, mais celui qui ne rêve pas n’obtient rien, et au Honduras nous devons faire des choses différentes. »

Si le projet connaît le succès, pourraient fleurir plusieurs de ces villes, et le Honduras, le pays le plus pauvre d’Amérique après Haïti, deviendrait l’équivalent centre-américain des « tigres asiatiques ». En janvier, le congrès hondurien a modifié la constitution du pays pour abriter les dénommées Régions spéciales de développement (RED), nom officiel des cités-modèles, et il y a à peine un mois, à la fin juillet, a été approuvée la loi qui régulera ces nouvelles entités.

Quatre régions possibles

Dans cette loi, les RED sont définies comme des communautés urbaines orientées pour attirer un développement accéléré pour le pays grâce à un « environnement stable » et des « règles transparentes », qui sont capables de capter l’investissement national et étranger et créer des emplois.

Selon la loi, les RED appartiennent à l’État du Honduras mais sont régies par des normes propres, elles ont leur propre budget et jouissent d’une grande autonomie : elles collecteront et administreront leurs impôts, elles établiront les taxes qu’elles considèreront adéquates pour les services qu’elles fourniront et contracteront leurs propres dettes internes ou externes. Elles n’émettront pas de monnaie, mais pourront déterminer laquelle ou lesquelles circuleront sur leur territoire.

Elles pourront également avoir une police et un corps civil administratif propres, signer des traités commerciaux avec d’autres pays, établir leurs règles d’immigrations et adopter « les meilleures pratiques internationales avec l’objectif d’attirer l’investissement national et international ».

Le gouvernement analyse maintenant avec les investisseurs intéressés quatre régions du pays, chacune d’entre elles approximativement quelques 1.000 km², pour déterminer dans laquelle sera lancé le premier Hong Kong hondurien. On espère que les travaux d’infrastructures commencent au milieu de l’année prochaine, et que la ville fonctionne complètement en 2020.

La figure de Paul Romer

D’où le gouvernement du Honduras a-t-il sorti un projet aussi révolutionnaire ? De la tête d’un brillant économiste, Paul Romer, ancien professeur de l’université de Standford et entrepreneur heureux en affaires, maintenant reconverti en « prêcheur » des villes modèles (Charter Cities) comme meilleur moyen pour en finir avec la pauvreté dans le monde.

Romer a développé cette proposition à partir de l’idée que le développement dépend des normes qui régissent les relations économiques. Les pays pauvres le sont parce que leurs normes, déficientes, découragent l’investissement et la créativité des entrepreneurs.

Dans ses conférences, Romer cite le cas de la Guinée, où tous les adolescents ont accès à un téléphone mobile, mais beaucoup d’entre eux font leurs devoirs scolaires dans la rue, sous un lampadaire, parce qu’il n’y a pas de lumière dans leur maison.

Comment est-ce possible, puisque l’électricité est une technologie beaucoup plus ancienne et moins sophistiquée que la téléphonie mobile ? Simplement, les contrôles des prix sur l’électricité détruisent les incitants pour les entrepreneurs, qui n’investissent pas dans le réseau parce qu’ils perdent de l’argent à chaque nouvelle unité installée. Dans le secteur de la téléphonie n’existent pas ces restrictions et l’accès à ses services est universel.

La solution paraît évidente : éliminer les contrôles des prix. Cependant, les règles déjà existantes ne peuvent se changer aussi facilement, du fait de l’inertie et des intérêts créés. Quand le président de la Guinée tenta de le faire, les entrepreneurs des autres secteurs et les consommateurs protestèrent. Il dût faire marche arrière.

En Guinée, il n’est peut-être pas possible de changer les normes, mais dans une Charter City, créée là où il n’y avait rien avant, on peut partir de zéro avec des règles efficientes. De même manière, une norme qui favoriserait l’investissement et la créativité des entrepreneurs au Honduras rencontrerait sûrement une résistance si elle affecte tout le pays. Mais dans la ville modèle qui va être créée personne n’émettra d’objections puisque personne ne sera obligé de s’y installer.

Projet de Charter City pour Haïti.

L’année passée, à l’occasion d’un voyage officiel aux États-Unis, le président du Honduras, Porfirio Lobo Sosa, et celui du congrès, Juan Orlando Hernández, prirent connaissance du projet de Romer et revinrent dans leur pays décidés à le mettre en pratique. Ils invitèrent l’économiste à s’adresser au congrès de la nation, qui accueillit ses idées avec enthousiasme et les transforma en loi. Deux mois plus tard, une commission de 30 parlementaires voyagea à Singapour et en Corée pour négocier avec les constructeurs qui mettront sur pieds la nouvelle ville.

Romer pronostique que 10 ans après la création de la première RED, l’économie hondurienne croîtra à un rythme entre 7% et 8% annuel, et que dans 20 ans le revenu par habitant de ceux qui travailleront dans les RED pourrait atteindre les $32.000, quinze fois supérieur à l’actuel. Le Honduras atteindrait ainsi le plein emploi : « De manière directe ou indirecte, dans 10 ans, tout Hondurien qui voudra travailler le pourra », assurait Romer lors de sa dernière visite au pays centre-américain.

Durant les premières années, ces postes de travail offriront des opportunités aux personnes de basse qualification, comme ce fut le cas dans les villes modèles asiatiques. « Ces villes offrent des possibilités de travail à la main-d’œuvre peu qualifiée, qui s’instruit pendant qu’elle travaille et graduellement grimpe socialement jusqu’à faire partie de la classe moyenne et au-delà pour certains », dit le Ministre de la Présidence hondurien, Octavio Sánchez. « Dans les pays qui ont adopté des modèles de croissance rapide pareils à celui-ci, on peut le voir clairement. »

La majorité des entrepreneurs honduriens appuient le gouvernement. « Si le Honduras parvient à fonder des villes modèles, il se placera dans le concert des nations latino-américaines avec plus les plus rapides croissance économique et développement social », déclarait la présidente de la Chambre de commerce de Tegucigalpa, Aline Flores.

Les critiques du projet considèrent que l’on met entre parenthèses la souveraineté nationale en livrant à des investisseurs privés une partie du territoire, et qualifient les idées de Romer de « nouveau colonialisme ». Toutefois, la loi qui régule les RED établit dans son premier article que celles-ci sont « parties intégrantes de l’État du Honduras », qui maintient dans tous les cas sa souveraineté, de même que les compétences de défense et d’affaires étrangères. De plus, les RED seront soumises au code pénal hondurien et seront administrées par un gouverneur, de nationalité hondurienne, avec les compétences similaires à celle d’un maire, et les Honduriens pourront entrer et sortir librement du territoire.

« La souveraineté, logiquement, est nôtre, c’est un territoire hondurien », assurait le président Lobo Sosa lors d’une conférence de presse. « Sauf que dans cette portion de territoire, il y a des règles spéciales qui permettent que l’investissement parvienne sans restriction, qu’il y ait confiance et sécurité juridique, qu’il n y ait pas de délinquance et que les gens puissent vivre dignement,avec accès à l’enseignement et à la santé. »

« Quels problèmes pourraient-ils y avoir ? Nous avons un espace du territoire national où maintenant il n’y a rien? Là, on va construire des usines, des écoles, des hôpitaux, des universités, etc., et là, ils vont rester, parce que personne ne peut les emporter. »

Selon Paul Romer, « une ville satellite comme l’est Hong Kong au sein du territoire chinois peut faire que, comme cela s’est produit dans ce pays, tout le Honduras tire bénéfice de l’arrivée de capitaux étrangers, de l’embauche de main-d’œuvre et des développements technologiques.

Article publié originellement par Libre Mercado. Traduit de l’espagnol.

Lire aussi :

- Villes libres au Honduras.
- Les villes à chartes : Une solution médiévale pour secourir les Haïtiens.
- À l’origine du miracle de Hong Kong : John James Cowperthwaite.

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  1. @Xavier

    Oui la question de « comment ce droit peut évoluer » dans le futur est en effet un degré de liberté qui est absent de la réflexion. Comme si un droit décidé top-down et modifiable top-dow était acceptable du point de vue des libertés…

    Le sujet de la modification du droit et de l’espace souverain n’est pas compris par les jusnaturalistes qui posent un droit absolu et non-négociable comme base.

      1. Le post est clair concernant la notion de « vérité ».

        « Celui ou la société qui ne respecte pas ce droit s’en repent toujours à terme, c’est tout »

        Quelle société aurait appliqué ce droit plein et entier ? Je n’en vois aucune. S’il prétend n’être pas modifiable, comment aurait-il pu être modifié ?

        Si par ailleurs « ni admets que le droit puisse être modifié selon le caprices des générations successives », comment expliques-tu l’apparition de la notion de « droit naturel » dans le temps ? Prétends-tu qu’il « existe depuis toujours » ? Ou bien prétends-tu qu’étant apparu il serait défendu comme proposition de droit qui n’a en réalité encore aucune expérimentation véritable avérée ? Comment explique-tu que ce droit particulier là aurait le droit de modifier un autre droit, mais qu’un autre droit ne pourrait pas le modifier lui ? Selon quel principe prétends-tu cela ?

        « je ne reconnais aucune légitimité à un système démocratique d’établir le droit »

        Mais reconnais-tu le choix libre d’autrui d’adopter un tel système ou pas du tout ? Et s’il y a un désaccord perpétuel à ce sujet, comment proposes-tu de le régler ou de ne pas le régler en respectant ton point de vue et celui d’autrui ?

      2. « l’Egypte existe toujours sous une certaine forme qui n’a que très peu de rapports avec sa forme d’il y a 5000 ans… »

        Le principe d’essai-erreur-correction, ça te dit quelque chose ? Même si le droit naturel ne change pas dans le temps, les arrangements entre les hommes ne donneront pas toujours les mêmes résultats. Le Droit naturel permet donc la diversité.

        L’inverse de ceci, c’est l’URSS : disparition du Droit naturel, mêmes institutions, mêmes fonctionnements et même résultats à 70 ans d’écart. Le seul truc ayant changé dans le temps, c’était le nom des instruments de la répression.

  2. Le risque, que les Français connaissent bien, c’est que, une fois qu’il y aura un masse de créateurs de richesses, grand nombre d’autres personnes vont s’organiser politiquement pour réclamer « solidarité » et « justice sociale », et qu’un futur gouvernement sera élu plus ou mions explicitement sur la promesse de commencer à taxer plus ces RED.

    J’ai dit risque, pas certitude.

    1. « une fois qu’il y aura un masse de créateurs de richesses, grand nombre d’autres personnes vont s’organiser politiquement pour réclamer « solidarité » et « justice sociale » »
      ————————
      AMHA, c’est une certitude et non un risque.
      L’Amérique latine a flirté trop longtemps avec le socialisme. Il n’y a pas un seul pays qui ait même de très loin la mentalité du consensus et de l’harmonie, l’éthique du travail, la culture de la performance et surtout le niveau de QI des Asiatiques.
      C’est d’autant plus ironique qu’en matière de libéralisme, ces gars là veulent s’inspirer de Singapour, un Etat ultra-policé où mâcher le chewing gum en public est interdit ! Imaginez ce que ça donne appliqué à la mentalité latine.
      Alors pour le futur Dragon, on oublie. Le libéralisme ne transformera pas une grenouille en prince charmant. Je vois au mieux un tigron, qui va très vite se faire racketter par les syndicats et les politicards et partir en sucette grâce à la solidarité et la justice sociale. C’est tout juste bon pour une délocalisation de services financiers où on peut faire ses bagages vite fait, mais certainement pas pour planter une usine voire un hôpital.

  3. Intéressant. Cependant, pour qu’il y ait progrès, il faut aussi un intérêt pour l’éducation, qui est présent en Asie. Le danger évoqué par Nick de Cusa est réel, surtout en cas de changement de gouvernement. Mais pas certain, si la réussite est rapide.
    A suivre.

  4. En 2009, au Honduras, un coup d’état militaire renverse le président Zalaya pourtant démocratiquement élu. Les élections qui suivirent furent une parodie de démocratie. Des centaines d’opposants ont étés arrétés, des dizaines de journalistes assassinés. J’ai arrété de compter (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/honduras_488/france-honduras_1154/presentation_4496/assassinat-un-journaliste-au-honduras-16.05.11_92327.html) Applaudissons donc ces promoteurs de liberté. Singapour comme Hong Kong sont de simples dictatures. Il y a 40 ans, vous auriez aussi applaudit les mesures prises par Augusto Pinochet après son coup qui inaugurait l’ère de votre idéologie. Vive le libéralisme. Vive la liberté

    1. Le renversement de Zelaya a tout été sauf légal. Et il y avait de multiples scénarios possibles de dénouement possibles sans appel à la force. Y compris des procès et médiations à n’en plus finir. L’armée a très probablement rompu de son propre chef les médiations en cours menées par les US.

      Le parallèle avec Allende est tout à fait exagéré : le pauvre Zelaya demandait juste à l’armée d’assurer la logistique de cette élection, comme elle le faisait à chaque scrutin.

      Et à tout prendre, le quel de ces deux gouvernements jugeriez-vous le plus légitime :

      - Un gouvernement en place qui organise une consultation référendaire nationale contre l’avis de sa cour suprème ? (ce n’était pas un référendum direct sur les « term limits », c’était un référendum préliminaire, pour savoir si les gens seraient d’accord pour qu’on fasse un référendum pour savoir si les gens seraient d’accord pour qu’on élise une constituante qui pourrait in fine, une fois élue, décider entre autre de la possibilité de se faire réélire pour le président…)

      ou bien

      - Un gouvernement mis en place suite à l’expulsion par l’armée d’un président en exercice, de mesures d’exception arbitraires jamais votées, ni régularisées par le parlement, suivi d’élections dans un climat tout sauf serein.

      Ma question reformulée plus simplement : en cas de crise institutionnelle, vous préférez la légitimité des mitraillettes ou bien celles des urnes ?

      Même si les orientations et la personnalité de Zelaya ne sont franchement pas ma tasse de thé, je reste absolument persuadé que les médiations nationales et internationales, ainsi que les tribunaux, ou le simple débat politique au sens large, offraient un nombre d’alternatives pacifiques très conséquent.

      La remarque de Sper n’est pas à coté de la plaque :
      l’expérience très intéressante décrite par l’article est un projet de long terme, qui risque malheureusement d’être très fragilisé par une montée du populisme revanchard qui se manifestera sans nul doute aux prochaines élections… si l’armée les laisse se dérouler normalement.

      Perso, j’hésiterais toujours à investir dans un projet porté par un président de la république dont je sais maintenant d’expérience qu’il peut être débarqué à tout moment par son armée s’il a le malheur de lui déplaire.

      Je préfèrerais largement investir au Costa Rica qui lui s’est débarrassé de son armée tout court. Il n’y a pas de projet de RED là bas, par hasard ?

      1. pardon je m’autocorrige : le pauvre Zelaya demandait juste à l’armée d’assurer la logistique de ce référendum (et non « de cette élection »)

        1. Merci Villetocque pour l’honnêteté intellectuelle même si je ne partage pas le reste. Je voulais aussi rebondir sur un passage de l’article que je trouve un tantinet orienté ;-), comme j’aime les euphémismes:
          « Comment est-ce possible, puisque l’électricité est une technologie beaucoup plus ancienne et moins sophistiquée que la téléphonie mobile ? Simplement, les contrôles des prix sur l’électricité détruisent les incitants pour les entrepreneurs, qui n’investissent pas dans le réseau parce qu’ils perdent de l’argent à chaque nouvelle unité installée. Dans le secteur de la téléphonie n’existent pas ces restrictions et l’accès à ses services est universel.
          La solution paraît évidente : éliminer les contrôles des prix. »

          D’abord, le raisonnement est un peu simplet, le cout de choses assez peu comparable n’a rien à voir avec l’age de leur techno ou leur technicité respectives. Il est évident que produire de l’électricité et opérer un réseau de distribution présente un cout bien supérieur à celui qui consiste à opérer un réseau de téléphonie mobile seul. L’évidence de la solution, comme beaucoup « d’évidences » dont la propagande ici use allégrement pour arriver plus rapidement à des solutions biaisés parait déjà un peu moins évidente. Faites gaffe quand même aux contorsions qui vous permettent d’atteindre vos conclusion idéologiquement pures, par moment vous risquez un bon gros lumbago.
          Savez vous les enfants qu’il n’y a pas si longtemps, il y avait, dans votre pays une entreprise public, pardon pour le gros mot, qui garantissait à chacun un accès à l’électricité partout sur le territoire national? Étions nous soumis comme en Albanie à des coupures régulières d’électricité? Est ce sa libre introduction sur le libre marché qui en a fait l’un des groupes le plus puissant de ce secteur ou simplement son bon fonctionnement dans son précédent statut? De combien se sont envolés les prix depuis? N’aurait t-on pas affaire à une rente de situation pour ses actionnaires et donc à une forme d’impot privé? pouvons nous également parler de l’eau? http://www.dailymotion.com/video/xh0nme_water-makes-money-fr-1-5_news

          PS: je voulais dire 5 lettres et non 4 dans mon post précédent mais en bon anarcho syndicalo crypto stalinien, je compte très mal.
          Allez pour finir, et à propos d’opérateurs télécoms, je n’entends personne sur ce site, pourtant emprunt de liberté hurler à la fin programmée de l’internet illimité en France. Serait ce vil Etat, pardon pour le gros mot, qui en aurait décidé aussi?

        2. c’est une blague où vous y croyez vraiment au « bon fonctionnement » d’EDF ?
          La rente de situation, si elle existe, je préfère de beaucoup la voir sous forme de dividendes juteux, que n’en savoir rien parce qu’elle abandonnée dans des gaspillages et gabegies diverses, ou est auto-distribuée en interne.

          Ensuite il faut en tenir une sacré couche pour assimiler une « rente de situation » à un « impôt privé » (sic, parce que, bon , « impôts » et « privé », ça fait un curieux mélange…).

          L’internet illimité ? tant qu’il y aura de la bande passante à gogo, il y aura des gens pour en proposer gratuitement, et on l’utilise sans compter. Mais le jour où la saturation commence à apparaitre, même seulement de temps en temps et dans des zones limitées, la limite se fait sentir et l’illimité c’est fini. Et tu sais quoi ? c’est normal !

      2. Ah baa vous voyez quand vous voulez:
        Article 239 — No citizen that has already served as head of the Executive Branch can be President or Vice-President.
        Whoever violates this law or proposes its reform, as well as those that support such violation directly or indirectly, will immediately cease in their functions and will be unable to hold any public office for a period of 10 years.

        Donc ce n’es pas parce que seul le parlement peut réviser la constitution, c’est pour cette histoire de réelection qui aurait été IMPOSSIBLE pour les raisons que j’ai évoqué.

        Les arrestations et meurtres? toujours rien?

      3. « …en cas de crise institutionnelle, vous préférez la légitimité des mitraillettes ou bien celles des urnes ? »

        Question stupide … Historiquement les élections sont un comptage des forces militaires en présence (d’où le suffrage masculin et l’extension progressive du suffrage avec la démocratisation des armes). Les urnes ont rigoureusement la même légitimité que les mitraillettes, celle de la force.

      4. P nous dit :
        « Les urnes ont rigoureusement la même légitimité que les mitraillettes, celle de la force. »

        Personnellement, je préfère que la situation institutionnelle de mon pays soit mise en cause périodiquement par des suffrages plutôt que par des mitraillettes. Si vous trouvez que c’est pareil, c’est peut être que vous avez une mitraillette chez vous. ;-)

    2. Bah vous, vous êtes un vrai démocrate. Oui la cour suprème a déclaré la consultation illégale néammoins la constitution hondurienne dit ceci:
      « La souveraineté appartient au Peuple dont émanent tous les pouvoirs de l’Etat exercés par représentation. La Souveraineté du Peuple pourra également s’exercer de manière directe, à travers le plébiscite et le référendum. »
      Il est aussi précisé dans la constitution qu’il est interdit de modifier celle ci pour briguer plus d’un mandat présidentiel, c’est la dessus et uniquement la dessus que la cour suprème, fidèle à l’oligarchie a déclaré la consultation illégale (Le parlement n’a rien à voir la dedans)
      Dans votre système libre, le peuple ne peut pas s’exprimer? Et pourquoi destituer alors un président puisque au regard du résultat des élections qui ont suivie, libres et tout et tout, la consultation aurait rejeté l’initiative de ce bolchevo communiste?
      Un journaliste a obtenu des preuves des fraudes: l’opposition avait appelé à boycotter l’élection suite au putsch, la participation officielle a été de 62% or le journaliste a montré que la participation réelle avait été de 49%. Oui ce sont des gauchistes, mais que voulez vous, le figaro, comme libé ne s’était pas déplacé la bas. http://www.youtube.com/watch?v=1O_0uJqoVtI&feature=player_embedded#!
      Comme à chaque fois vous éludez certaines des remarques, notamment celles concernant les exactions et exécutions qui ont eu lieu et qui continuent encore aujourd’hui.
      Pour info sur votre miraculeux système de pensions, seuls 50% de la population en age d’y souscrire en profite vraiment.
      J’adore l’inertie que vous décrivez, attribuez les quelques réussites économiques de ces dernières années aux chicago boys alors qu’ils avaient disparus depuis 20 ans c’est un peu comme accuser les 35 heures de la crise d’aujourd’hui…vous me direz…vous n’êtes pas à ça près ;-)

    1. @Sper,
      Visiblement, vous pariez sur beaucoup de choses que vous ignorez.
      Mais continuez, entendre les idiots utiles gauchistes déblatérer sur la « légalité », « les exactions et les exécutions », eux qui font et ont fait pendant des décennies l’apologie des pires dictatures communistes, je trouve ça toujours instructif.

      1. Oui j’ignore beaucoup de choses, pardon vous êtes tous tellement supérieurs

        Oui, puisque je n’adhère pas à votre idéologie mortifère, c’est parce que je soutiens les régimes communistes, le goulag…d’ailleurs je voue un culte très fort à Staline, je l’avoue, j’ai quelques posters accrochés aux murs chez moi et le petit livre rouge ne me quitte jamais. Aujourd’hui, je suis très triste, il ne reste que la Corée du Nord pour me consoler mais ils sont asiatiques, vous pouvez pas comprendre. En tout cas, ravi d’apprendre que la légalité, les executions vous en avez rien à secouer, ouf ça me donne bonne conscience.
        Après tout la fin justifie les moyens, hein? quand on veut la mentalité du consensus et de l’harmonie, l’éthique du travail, la culture de la performance, on va pas s’embarasser de ces principes de gaucho crypto stalino mao mao syndicalo…(beurk) Notez une faute d’orthographe Singapour n’est pas un état ultra-policé mais ultra-policier. Bon je retourne préparer la dictature du prolétariat, ‘tain y a du taff.

  5. Sper : « J’adore l’inertie que vous décrivez, attribuez les quelques réussites économiques de ces dernières années aux chicago boys alors qu’ils avaient disparus depuis 20 ans c’est un peu comme accuser les 35 heures de la crise d’aujourd’hui…vous me direz…vous n’êtes pas à ça près »
    ———————-
    L’actuel ministre de l’économie chilien s’appelle Juan Andrés Fontaine Talavera, et c’est un … Chicago boy. Pour un type sensé « disparu depuis 20 ans », je le trouve très présent.
    Mais merci quand même à Sper pour sa tentative d’enfumage. Le reste est à l’avenant… me direz-vous, avec les gauchistes, on n’en est plus à ça près.

    1. Bah oui la droite est revenue au pouvoir aux dernières élections l’année dernières. C’est Pinera, l’homme le plus riche du pays, le président maintenant, le Berlusconi chilien. Je ne vois pas ou est l’enfumage.

      1. Sper : « Je ne vois pas ou est l’enfumage. »
        ———————–
        L’enfumage, c’est d’insinuer que « les Chicago boys ont disparu depuis 20 ans » alors même que leurs politiques de libéralisations et de réforme (dans le secteur des matières premières, dans le système de retraite, dans l’éducation…) ont été appliquées sans interruption depuis le début, tous gouvernements confondus et que la prospérité actuelle du Chili est le fruit direct de ces politiques, même si visiblement, ça vous fait mal au Q de le reconnaître.

        Et Pinera n’est pas « l’homme le plus riche du Chili », il est très loin derrière les plus riches, comme Fontbona ou Matte.
        Vous racontez n’importe quoi avec un aplomb d’escroc, c’est franchement pathétique.

  6. Le rapport avec la choucroute? bah c’est qu’avant de discuter du sujet lui même, il est bon de rappeler le contexte du Honduras pour éviter peut être de lire au long des posts des disciples de Friedman, dégouliner le mot « liberté ». Il serait aussi sain d’assumer que la démocratie est d’importance mineure face à la liberté économique voire contre productive puisque les syndicats et l’opposition y sont autorisés. Cela vous aiderai en plus à regler votre dissonance cognitive qui vous pousse à écrire n’importe quoi sur Allende pour mieux justifier la dictature de Pinochet.

    Bref revenons au sujet, en gros une idée fort brillante a jaillit dans l’esprit des dirigeants du Honduras, (épris de liberté, rappelons le ;), avec l’aide d’un non moins brillant idéologue américain: creer un paradis fiscal de toute pièce à l’image des villes états citées dans l’article. Wow, mais comment n’y avoir pas pensé plutot? r e v o l u t i o n a i r e (oups pardon).

    Alors, je lis:
    « Sous ce régime légal spécial, le résultat immédiat serait une quantité massive d’emploi, celui nécessaire pour construire autoroutes, ports, aéroports et toute l’infrastructure des installations pour les entreprises à venir. »…très bien mais…qui va financer ça? Non quand même pas… L’Etat Hondurien? …euh…bah, moi qui croyais que l’Etat était le mal absolu…? Seriez pas un peu coco sur les bords? Pourquoi faire appel à ce qu’on abhorre?

    « Nous avons reçu des offres [pour nous installer dans la future ville] de grandes entreprises qui assemblent des véhicules, du matériel électro-domestique et aussi des produits de haute technologie »
    Il peut pas dire lesquelles, histoire que les salariés de celles ci, si tant est qu’elles soient toujours en Occident soient d’ores et déjà prévenus de leur futur licenciement?

    « le gouvernement a expressément cité Goldman Sachs et la Fondation Abu Dhabi pour le développement. « Ce système a donné des résultats dans d’autres pays du monde. Beaucoup pourraient dire qu’il est illusoire, mais celui qui ne rêve pas n’obtient rien, et au Honduras nous devons faire des choses différentes. »
    Ouf si Goldman Sachs est de la partie, alors…des ptits gars sérieux GS, vont assurer la liberté économique, bon la leur d’abord mais au final… On sent quand même une petite pointe de lucidité sur la fin. Ca rappelle un peu Dubaï tout ça (d’ailleurs, y a pas un rapport avec la fondation Abu dhabi?), une belle réussite économique s’il en est ou la liberté des quasi esclaves qui l’ont construite n’est plus à démontrer.

    « En janvier, le congrès hondurien a modifié la constitution du pays pour abriter les dénommées Régions spéciales de développement (RED), nom officiel des cités-modèles, et il y a à peine un mois, à la fin juillet, a été approuvée la loi qui régulera ces nouvelles entités. »
    Comme quoi, quand on veut réformer la constitution…;-)

    Paul Romer est un brillant économiste donc, pourquoi parce qu’il adhère à votre idéologie? Tout ce qu’on peut dire c’est que c’est sans doute un « brillant  » homme d’affaires, c’est tout. Ravi d’apprendre qu’il prêche, la sémantique employée confirme l’aspect religieux de votre idéologie. Puisque le Monsieur fait des pronostics à 10 ans, on pourra en reparler d’ici la du plein emploi au Honduras.

    Tu m’étonnes que l’oligarchie hondurienne se frottent les mains, moins de droit du travail, moins d’impots, c’est la fête.. De la à ce que le peuple hondurien en tire réelement un profit… c’est pas gagné

    1. Bah je croyai qu’on était d’accord pour la non violation de la constitution par Zelaya? Faut que je réexplique? relisez un peu svp l’art 2, 239, verifier par vous même la date qui était prévue pour l’élection présidentielle et la convocation de la constituante. Et si je me trompe donnez moi l’article de la constitution qui interdit au président de la République de demander au peuple, à qui rien n’interdit de modifier la constitution (art 2) si il veut convoquer une constituante svp.

      Pour Pinochet, justifier était un peu fort, pardon, relativiser me semble plus juste; Pour Allende, dès que j’aurai un peu de temps, je n’y manquerai pas.

      « Une zone de dévellopement économique ce n’est pas un paradis fiscal. »
      Bah, toutes les comparaisons données Singapour, Hong Kong… en sont, les impots seront quasi nuls hein? Donc c’est un paradis fiscal. Si en plus la main d’oeuvre est docile et bon marché, c’est aussi une zone de dévelopement économique (Orwell au secours).

      « Bis repetita, vous ne savez pas lire et/ou êtes dur de la comprenure. Non, ce ne sera pas l’État hondurien qui financera.  »
      Je ne sais peut être pas lire, alors dites moi ou c’est écrit ça. Je parle des infrastructures, ports, aeroports, routes …etc… Vous croyez que des « investisseurs » vont payer ça tout seuls? vous rigolez non? C’est tout de suite à l’eau dans ce cas. Quel investisseur privé serait assez fou pour payer ce genre d’infrastructure? M’est avis que l’Etat paye ou emprunte et après les entreprises viennent s’installer. C’est que comme cela que ça peut marcher.(enfin c’est une façon de parler)

      « Quasi esclaves qui se disputent par millions l’opportunité d’y aller travailler. »
      C’est ça le libéralisme, c’est la liberté pour des millions de gens de choisir entre crever de faim et être surexploités. Le rêve, c’est simplement beau.

      « Et bien si c’est si merdique, personne n’y mettra les pieds dans ces RED? C’est tout. Et les investisseurs privés auront perdus leurs billes. »
      zavez pas bien compris ce que j’ai dit: « Pas sur que le peuple en tire profit », ca ne veut pas dire que personne n’ira. En tout cas à Dubaï, les investisseurs ont perdu quelques calots.

      1. « Si en plus la main d’oeuvre est docile et bon marché »

        Si tu me trouves une (pas deux ou 10, juste une) qui rêve d’aller travailler dans ce paradis sur terre qu’est la Corée du Nord, tu gagnes un Carambar.

        En revanche, aller me faire exploiter à Singapour ou à Hong Kong en négociant mon salaire et mes conditions de travail, je signe tout de suite.

  7. Enfin une incroyable bonne nouvelle ! Contrepoint devrait vraiment créer la rubrique des bonnes nouvelles. Dans le monde libéral, avec ce qu’il se passe en France et ailleurs, dur de voir la lumière.
    Sinon j’admire la patience de ceux qui arrivent à répondre aux commentaires de certains posteurs.