Comment le gouvernement aggrave l’inflation

L’histoire économique nous montre pourtant que le trio infernal dette publique + inflation + augmentation des taux d’intérêt est la recette parfaite pour une récession économique.

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Bruno Le Maire by Fondapol (CC BY-NC-ND 2.0)

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Comment le gouvernement aggrave l’inflation

Publié le 21 juillet 2022
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Déjà en 1978, le prix Nobel d’économie Milton Friedman alertait sur les causes de l’inflation : due aux politiques monétaires des banques centrales, celle-ci est principalement liée à trop de création monétaire et trop de dépenses publiques.

Concrètement, les banques centrales créent de la monnaie ex nihilo pour financer ou racheter la dette publique des États surendettés, ou encore accorder des crédits aux banques. L’injection d’une nouvelle masse monétaire dans l’économie induit, à terme, une baisse de la rareté de la monnaie, et donc une hausse généralisée et persistante du niveau des prix.

 

Le rôle de la BCE dans l’inflation

De fait, l’instauration de la Banque Centrale Européenne (BCE) entame une rupture avec une gestion saine de la dette publique par les États. En effet, sa politique de baisse continuelle des taux d’intérêts depuis 2012 – jusqu’à 0 % -, et de rachat des obligations d’État et d’entreprises les incitent à ré-emprunter… tout en augmentant la quantité d’euros en circulation. Ainsi, on observe une hausse constante de la masse monétaire dans la zone euro : plus de 9000 milliards en 2010 ; 13 000 milliards 10 ans plus tard ; et enfin 15 000 milliards cette année.

Certes, certains pourraient rétorquer que la situation actuelle est différente. Pourtant, le pic du niveau d’inflation en Europe avait déjà commencé en 2021, soit avant la guerre en Ukraine. En France, le niveau de l’indice des prix à la consommation (un outil de mesure de l’inflation) atteint 5,8 % en juin selon l’INSEE – un record depuis 1985. Bien entendu, notre politique monétaire est aggravée par ce facteur exogène, entre les sanctions économiques et la hausse des prix de l’énergie (électricité, pétrole, gaz) ; le blocage de l’exportation du blé ukrainien et la hausse des prix de l’alimentation… Mais il serait un peu rapide de tout réduire à cette guerre.

Ce qui est certain, c’est que le gouvernement et ses politiques sociales pour la relance de l’économie ne font qu’aggraver la situation à plus long terme : distribution de chèques alimentaires, remises sur le prix du carburant, plafonnement des loyers, voire blocage des prix… Ce qu’on ne voit pas, c’est que ces mesures se traduisent inévitablement sur l’état des finances publiques avec un poids supplémentaire pour la dette – déjà colossale – et auront donc des répercussions tôt ou tard sur les ménages. À ce titre, le dernier projet de loi Pouvoir d’achat est estimé à 25 milliards d’euros supplémentaires.

 

Les choix du gouvernement face à l’inflation

Alors comment soulager le portefeuille des ménages ?

En réalité, le seul fait de suggérer une baisse de la TVA et des taxes sur le carburant suffit pour braquer le gouvernement. Le ministre de l’Économie Bruno le Maire y voit non pas une économie pour les Français, mais « une dépense de 50 milliards d’euros pour l’État, soit plus que le budget du ministère de la Transition écologique ». La conservation des ministères inutiles et dispendieux prime donc sur le pouvoir d’achat des Français. Sens des priorités, dites-vous ?

De la même manière, l’inflation normative et la place croissante de l’État dans nos vies représentent un coût supplémentaire pour les citoyens, en particulier lors d’une crise inflationniste. Les taxes comportementales (alcool, alimentation, tabac), le niveau de réglementation du marché locatif, ou encore les taxes sur l’électricité impactent durablement les couches sociales les plus défavorisées.

Pour limiter l’inflation, le gouvernement a donc plusieurs solutions : soit réduire les dépenses publiques (solution d’ores et déjà écartée comme nous venons de le voir), soit augmenter les taux d’imposition (et conduire à une baisse directe du pouvoir d’achat, ce qui serait franchement déraisonnable au vu du contexte social), soit emprunter auprès de la BCE (ce qui n’ira pas sans une hausse des taux directeurs). Cette dernière solution est la plus probable et c’est ce que l’on constate déjà aujourd’hui. Mais qui dit hausse des emprunts, dit hausse des dépenses, et donc hausse du déficit. Et pour la première fois cette année, l’actif net des administrations publiques devrait devenir négatif…

Malgré la pente dangereuse entamée par l’État français, le gouvernement refuse de remettre en cause sa politique et s’entête à augmenter la dépense publique. L’histoire économique nous montre pourtant que le trio infernal dette publique + inflation + augmentation des taux d’intérêt est la recette parfaite pour une récession économique. Il est donc urgent de cesser la politique du « quoi qu’il en coûte ». Il en va de l’avenir de notre pays.

 

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  • Les 50 milliards du budget du ministère de la transition écologique pourraient être économisés, du fait que cet argent n’a quasiment aucun effet concret sur l’objectif à atteindre (s’il n’est pas nefaste au bilan).

    La TVA est plutôt un bon impôt (au regard des autres) , car taxe le résultat brut de toute activité, juste car difficilement contournable. En outre augmenter cet impôt en baissant (supprimant?) tous les autres génère le même effet qu’une dévaluation sans avoir a sortir de l’euro. Basculer les charges sociales sur la TVA serait un bon moyen de se sortir de l’ornière dans laquelle on est tombé…

  • Il faut le répéter inlassablement, une moindre recette et une dépense n’ont rien de commun, quoi qu’en dise le gouvernement.

  • Un travail jamais fait: examiner poste par poste si une dépense à un effet positif pour le pays ou non. C’est faire chaque année ce qui a été fait l’année précédente sans se demander si c’est encore utile et rajouter chaque fois une couche de nouvelles dépenses

  • Les commentaires sont fermés.

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Non, ce n’est pas le covid et la mise à l’arrêt de l’économie ou encore la guerre en Ukraine qui provoquent l’inflation actuelle dans l’Eurozone. Ce sont les politiques monétaires des banques centrales qui l’ont suscitée, au premier rang desquelles la BCE.

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