Privilégions l’humain plutôt que les protocoles

Ce monde qui ignore l’homme va finir par exploser. Il n’est que de constater l’état de dé-responsabilité de nos politiques qui ne fonctionnent plus que pour eux-mêmes

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Privilégions l’humain plutôt que les protocoles

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 avril 2022
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Depuis quelques semaines les scandales alimentaires pleuvent comme à Gravelotte : le scandale du sésame, les alcaloïdes de l’ergot dans les baguettes de pain, les salmonelles dans les jambons, les pizzas de Buitoni, les chocolats de Ferrero

Pour ce dernier, l’AFSCA (Agence fédérale belge pour la sécurité alimentaire) qui affirme :

« Les infos fournies par Ferrero sont incomplètes et se résument à  reconnaitre des défaillances internes, provoquant des retards dans la récupération et le partage d’informations dans les délais impartis. Cela a impacté la rapidité et l’efficacité des investigations. »

Voilà le problème : toutes ces grandes boites employant une armée d’auditeurs et de responsables qualité passant des jours en réunion à faire des webinaires, des formations, des coachings et autres concepts de management de qualité, de motivation et de contrôles internes et qui ont en permanence le mot qualité et client en bouche, passent à côté de la seule motivation qui vaille : la qualité du produit.

L’humain plutôt que l’informatique et les algorithmes

On confond tout et on oublie l’essentiel : l’humain qui est en charge de faire fonctionner les lignes, la propreté des lieux, la conformité du produit. Tout est automatisé et dans les bureaux occupés 8 heures par jour par les technocrates, on planifie et on établit des procédures ou des protocoles plus ou moins appliqués par la base plus ou moins motivée !

Ce système finit par une déresponsabilisation des petites mains pourtant indispensables. Les algorithmes ne remplaceront jamais complètement la main et surtout la pensée de l’homme. C’est généralement le maillon le plus faible qui rompt la chaine et cela aboutit aux catastrophes alimentaires que nous subissons aujourd’hui.

Autre conséquence de cette logique déshumanisée : les acheteurs, ces nouveaux dictateurs des logiques industrielles. Seul compte le tableau Excel ou l’on ne compare plus que le prix d’achat. L’origine, le savoir-faire, le respect du produit bien fait, l’éthique passent à la trappe car l’acheteur n’en a pas la moindre idée.

La concurrence exacerbée entre acteurs de la grande distribution a conduit à un terrorisme du prix avec toutes les conséquences induites : optimisation des produits par les fabricants, recherche de matières premières moins chères, origines douteuses et malfaçons. Le tout contrôlé par des normes qui très souvent éliminent les productions artisanales. Là aussi le terrorisme de l’étiquetage contrôlé épisodiquement par la DGCCFR qui se moque complètement de la qualité du produit mais ne voit que la conformité avec la législation. Le monde moderne ne fonctionne plus en mode de résolution du problème mais en mode de satisfaction au système. Les oubliés : le client, le consommateur, l’homme…

L’administration en folie

En France nous sommes particulièrement bichonnés par cette administration pléthorique et inefficace mais parfois très destructrice des entreprises, en particulier les petites, les artisans, les commerçants. Ces derniers n’ont bien sûr pas les moyens de se normaliser ni entretenir une responsable qualité.

De même le citoyen que l’on méprise : impossibilité de contacter un agent de l’État en direct car là aussi les algorithmes régissent le quotidien de chacun. Poser une réclamation ou même une demande aboutit à un répondeur automatique sans doute géré par une antenne marocaine moins chère. Vous êtes prié d’adresser une demande numérisée à laquelle on répond ou pas. Circulez, il n’y a rien à voir.

Les hôpitaux sont dans la même logique : un examen quelconque débouche sur un protocole ou l’on découvre logiquement tel ou tel bobo nouveau qui entraîne examen suivi d’opération le tout approuvé par les technocrates médicaux aux ordres de l’ARS qui appliquent sans chercher à savoir. L’humain là encore est totalement ignoré car la médecine sait et elle menace de conséquences tragiques quand on ose remettre en cause la doxa officielle. Voir la pandémie du covid !

Ce monde qui ignore l’homme va finir par exploser.

Il n’est que de constater l’état de dé-responsabilité de nos politiques qui ne fonctionnent plus que pour eux-mêmes. Aucune prise de risque, aucune initiative courageuse pour réellement corriger, proposer ou agir dans un sens autre que leur propre logique de mandat électoral. Par exemple le saccage du port de Marseille par les syndicats, les retraites de fonctionnaires de la SNCF payées par l’ensemble du monde du travail, le Code du travail de 3800 pages horriblement destructeur d’emplois et d’entreprises etc. Le tout alimenté par les ponctions innombrables réalisées par cet État dont les politiques issus du monde du travail sont absents est de plus en plus inefficace et confiscatoire.

h16 dixit : ce pays est foutu !

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  • En tant qu’informaticien (pour faire simple), je ne peux qu’être d’accord avec l’auteur. L’Homme est irremplaçable…cela dit, en occident, le niveau des ingénieurs baissant beaucoup et rapidement, beaucoup n’ont plus la capacité d’analyser et de trouver des solutions simples à des problèmes en apparence compliqués…et beaucoup sont obnubilés par l’idée que l’être humain peut être remplacé par la machine…alors même qu’ils ne se rendent pas compte des limites d’une telle approche…ce qui abouti à bien des catastrophes.

    Par ailleurs et pour illustrer le propos de l’auteur, Matt Parker (Stand-up Maths) a fait très récemment une vidéo illustrant les dérives de deux algorithmes très simples de fixation du prix d’un livre sur amazon…algorithmes ayant mené à une surenchère croissante du prix d’un livre (« The making of a fly – the genetics of animal design » pour les curieux) lorsque seuls deux vendeurs sont en concurrence…un livre initialement vendu une grosse trentaines de dollars s’est retrouvé vendu à plusieurs millions d’euros en l’espace de quelques semaines. Dans cette vidéo Matt Parker aborde également le cas de l’un des (nombeux) flash crash qui ont eu lieu sur les marchés financiers ces dernières années…

    Dans le même registre, Jez Humble (co-auteur du « DevOps Handbook ») citait également dans l’une de ses conférences, le cas d’un algorithme de trading qui s’était mal déployé sur une machine d’une grosse banque…ce qui a provoqué la quasi faillite de cette dernière en quelques minutes…

    Je ne parle pas non plus des diverses occurrences de malfonction des systèmes de détection avancé d’attaques nucléaires aussi bien américains que russes…heureusement qu’il y avait toujours un humain dans la boucle…malheureusement, avec les missiles hypersoniques, je crains que cette ère soit définitivement derrière nous, l’humain n’ayant plus le temps d’analyser la situation avant d’agir en conséquence…

    Bref, l’automatisation, c’est bien, mais à condition que ce soit maitrisé et qu’il existe des « Andon-Cords » permettant à des humains d’intervenir à n’importe quel moment dans un processus si ce dernier s’emballe.

    La vidéo de Matt Parker (en anglais) pour ceux qui seraient intéressés : https://www.youtube.com/watch?v=sseSi0k3Ecg

  • De façon générale c’est le système de pensée soviétoïde. Le marché vient de la rencontre entre l’offre et la demande. Si l’on veut lutter contre le marché, la rencontre ne doit pas se faire. Alors oui les produits ne sont pas produits par l’état, mais un cahier des charges précis dit ce qui peut être produit ou pas. Ce cahier des charges répond (plus ou moins) à l’opinion publique sur ces produits. Bien évidemment, y compris ceux qui n’achètent pas le produit en question.

  • Les dégâts de la bureaucratie qui finit par ne vivre que pour elle-même : trop d’Etat tue l’Etat

    • La bureaucratie n’est pas limitée à l’Etat. Et surtout, elle n’est que le symptôme du véritable mal, lequel consiste en l’abandon de l’initiative et de la responsabilité individuelles au profit du règlement collectif. La bureaucratie permet au mauvais exécutant de diluer et de masquer sa responsabilité. Du coup, il en devient le plus fervent supporter.

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