Plein emploi ? Ce n’est pas gagné

Malgré les discours encourageants des membres du gouvernement, le plein emploi est encore loin d'être atteint.
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Plein emploi ? Ce n’est pas gagné

Publié le 25 novembre 2021
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Par Nathalie MP Meyer.

Dans sa note de conjoncture du 6 octobre dernier, l’INSEE prévoyait que le taux de chômage baisserait fortement au troisième trimestre 2021, pour atteindre 7,6 % de la population active en France entière hors Mayotte après les 8 % du second trimestre. Une perspective plaisante qui fleurait bon la possibilité du plein emploi bientôt retrouvé et qui poussa immédiatement le ministre de l’Économie Bruno Le Maire à mettre en avant l’action absolument novatrice de la majorité LREM dans la renaissance économique vécue actuellement par le pays (vidéo ci-dessous, 01′ 46″) :

« Pour la première fois depuis un demi-siècle, la France peut atteindre ce que les autres grandes nations développées ont atteint depuis des années : le plein emploi, soit un niveau de chômage de 5 à 6 %. » (Assemblée nationale, le 11 octobre 2021)

 

 

L’étrange bilan de Bruno le Maire

Il est bon de reconnaître que la France est très en retard parmi ses pairs du monde développé. Mais entendre le ministre s’exclamer sur le ton satisfait qui le caractérise en toutes circonstances qu’aucun gouvernement depuis 20 ans n’avait eu le courage de lancer une politique de l’emploi cherchant à renforcer la compétitivité des entreprises, à mieux former les salariés, à baisser les impôts et à résister à la tentation d’augmenter les taxes, c’est déjà une autre histoire.

Outre qu’il y aurait beaucoup à redire sur chacun des points avancés par le ministre pour vanter l’excellence des choix d’Emmanuel Macron, notamment sur le fait que le « quoi qu’il en coûte » covidien a été érigé en politique publique généralisée (voir par exemple ici et ici), on a aussi envie de rappeler à M. Le Maire qu’il y a 20 ans, il arpentait déjà les allées du pouvoir dans les cabinets de Chirac et Villepin, avant de devenir secrétaire d’État puis ministre de Sarkozy jusqu’à la parenthèse Hollande de 2012-2017. Il était déjà très content de lui, mais que faisait-il ? Rien, si l’on en croit sa nouvelle thèse sur l’inactivité crasse des gouvernements précédents.

Mais de toute façon, tout cet enthousiasme sur l’emploi semble maintenant légèrement prématuré puisque l’INSEE a livré ses chiffres effectifs du troisième trimestre 2021 et situe notre taux de chômage à 8,1 % de la population active France hors Mayotte, après 8,1 % au quatrième trimestre 2019 (avant la pandémie), des hauts et des bas non significatifs de 7 % à 9 % au cours de l’année 2020 (au plus fort des restrictions d’activité) et un rétablissement aux alentours de 8,0 % en 2021 (reprise de l’activité) :

De son côté, la direction de la statistique du ministère du Travail (ou DARES) a fait de même et il s’avère que le nombre de demandeurs d’emploi sans aucun emploi (catégorie A) en France entière hors Mayotte est revenu peu ou prou à son niveau de fin 2019, soit un peu plus de 3,5 millions de personnes. Si l’on tient compte des personnes ayant eu un emploi de courte durée dans le trimestre (catégories B et C) puis celles actuellement en stage, formation ou emploi aidé (catégories D et E), le chiffre monte à 5,9 puis 6,7 millions, soit assez nettement plus qu’en 2019.

J’ai récapitulé tous ces éléments chiffrés dans le tableau ci-dessous. Pour en faciliter la lecture, voici quelques explications préalables sur nos deux suivis du chômage :

Méthode statistique1 

La DARES comptabilise les chômeurs effectivement inscrits dans les listes de Pôle emploi tandis que l’INSEE se fonde sur une enquête trimestrielle portant sur un échantillon représentatif de 110 000 personnes selon les critères du Bureau international du travail ou BIT.

Halo autour du chômage de l’INSEE 

Nombre de personnes désireuses de travailler mais non comptabilisées parmi les demandeurs d’emploi car non immédiatement disponibles ou n’effectuant pas de recherche active.

Les chiffres de l’Allemagne et des Pays-Bas

Donnés à titre de comparaison ils sont issus des publications de l’Union européenne qui collecte les statistiques d’emploi des États membres sur la base des recommandations du BIT.

Chômage France entière (hors Mayotte) fin 2019, fin 2020 et au troisième trimestre 2021
Sources : Dares (2019 & 20, 2021) – Insee – Eurostat (2019 & 20, 2021) – Milliers ou %

Alors oui, on peut dire comme Bruno Le Maire que la France a retrouvé cet automne le niveau d’emploi d’avant la crise du covid. Tout est revenu à l’identique dans ce pays « pas comme les autres » qui se fait une gloire d’être plus généreux et plus épris de justice qu’ailleurs dans le monde – système social lourdingue inchangé, bureaucratie tatillonne inchangée, État en première ligne pour faire des plans de développement pour les autres alors qu’il est incapable de se gérer lui-même.

Un changement, cependant, et de taille : la dette publique est passée de 98 à 115 % du PIB en 2020. D’après l’INSEE, elle se montait à 2376 milliards d’euros à fin 2019 et elle atteint maintenant 2762 milliards. Un alourdissement spectaculaire de près de 400 milliards en quelques mois qui ne signifie qu’une seule chose : les prélèvements obligatoires que M. Le Maire se flatte d’avoir baissés ou de ne pas avoir augmentés, alors qu’à 45 % du PIB ils sont déjà parmi les plus élevés du monde développé, seront nos impôts futurs voire les impôts de nos enfants.

De bons résultats… en apparence

Il n’empêche que le gouvernement empile savamment les motifs de satisfaction. Non seulement le taux de chômage a retrouvé son niveau de 2019, mais le taux d’activité (incluant les personnes en recherche d’emploi) et le taux d’emploi se redressent nettement après le repli dû aux restrictions anti-covid :

Sources : INSEE (2019 – 2020 – 3T 2021 ) – Note : Les données soulignées sont issues des publications de l’INSEE, les autres données sont calculées à partir des précédentes.

Le taux d’activité serait même à son plus haut niveau depuis que l’INSEE le mesure au sens du BIT (1975) et il dépasse son niveau d’avant crise. C’est du reste le point que la ministre du Travail Elisabeth Borne met en avant pour expliquer que malgré le rebond économique de 2021 – croissance de 6,25 % prévue sur l’année – le taux de chômage peine à descendre en dessous d’une sorte de plancher de verre à 8 % :

« Le paradoxe, c’est que le taux de chômage ne baisse pas. Pourquoi ? C’est parce que, avec la reprise économique et le nombre important d’offres d’emploi, certaines personnes qui ne cherchaient plus de travail se sont remises à chercher. »

La limite de ce genre d’explication, c’est que si personne ne se met à chercher du travail ou si des personnes qui en cherchaient n’en cherchent plus, le taux de chômage sera forcément en baisse.

On le voit très bien chez les seniors de 50 à 64 ans : au troisième trimestre 2021, le taux d’activité y est plus bas que la moyenne française (69,5 % contre 73,5 % et même 60 % pour les 55-64 ans) et le taux de chômage nettement plus agréable qu’en France entière (5,9 % contre 8,1 %). Mais l’effet est trompeur. Non pas que le dynamisme du marché du travail soit fabuleux pour cette tranche ; simplement, peu nombreuses sont les personnes en recherche d’emploi, en raison notamment de départs en retraite précoces par rapport aux 64 ans qui marquent la limite du groupe.

À l’inverse, chez les 15-24 ans, le taux d’activité est nettement plus bas (41,1 %) en raison du lycée et des études supérieures, mais ils sont proportionnellement beaucoup plus nombreux à rechercher du travail, d’où un taux de chômage de 20 %.

Si l’on compare la France aux autres pays de l’OCDE, et notamment à ses grands voisins européens, on constate que ses taux d’activité sont systématiquement plus bas. C’était vrai en 2019 :

Taux d’activité, OCDE 2019

Taux d’emploi, OCDE 4T 2019

Et c’est toujours vrai en 2021 (ici) :

Taux d’activité, OCDE, 2T 2021

Taux d’emploi, OCDE, France 2T 2021

Or dans le même temps, son taux de chômage est systématiquement plus haut – 8,1 % aujourd’hui contre 3,4 % en Allemagne et 3,1 % aux Pays-Bas, sachant que cet écart véritablement béant existe depuis des années. Il en résulte que ses taux d’emploi sont systématiquement plus bas que chez ses voisins également. Là est le paradoxe. Là est le retard de la France sur les grandes nations développées, comme disait Bruno Le Maire plus haut.

La nécessité de réformer le système pour atteindre le plein emploi

La semaine dernière, dans sa présentation de la dernière étude économique de l’OCDE sur la France, le secrétaire général de l’Institution Mathias Cormann soulignait combien nos coûteuses politiques publiques manquaient totalement d’efficacité. Notamment, malgré des dépenses d’éducation et de formation élevées par rapport au reste de l’OCDE, les jeunes Français persistent à performer plus que médiocrement dans les tests éducatifs internationaux et rencontrent les plus grandes difficultés pour s’insérer dans le marché du travail. D’où l’urgence absolue de démonopoliser notre mammouth éducatif.

À l’autre bout de la pyramide de la population en âge de travailler, l’âge de sortie du marché du travail est le second plus bas de l’OCDE en raison d’un âge légal de départ en retraite plus bas que chez nos voisins (62 ans contre 64/65 ans voire 67 ans), ce qui nuit à l’emploi et à la croissance potentielle du pays. D’où l’urgence absolue de repenser2 notre système de retraite qui réussit à combiner désincitation au travail et déficit perpétuel.

Bref, qu’on parle d’emploi, d’éducation, de retraite ou de santé, la France doit impérativement se réformer. Inutile de rêver au plein emploi sans commencer par remettre sévèrement en question nos rigidités idéologiques donc structurelles.

Mais contrairement à ce que dit Bruno Le Maire, si l’on se réfère à la litanie citée plus haut des mesures courageuses qu’il a prises, la première chose à faire n’est pas de baisser les impôts. Faire cela sans baisser les dépenses n’est qu’une façon de jouer la montre pour engranger un petit succès immédiat dont les conséquences délétères seront subies par d’autres via la dette (ou via l’érosion de leur épargne).

Non, la première chose à faire, c’est de baisser nos dépenses publiques. De RGPP (révision générale des politiques publiques de Nicolas Sarkozy) en MAP (modernisation de l’action publique de François Hollande) et de Choc de simplification (encore Hollande) en Action publique 2022 (Édouard Philippe), toutes ces politiques n’ont jamais débouché sur le moindre gain de productivité dans notre système. Tout indique que ce sera impossible sans une remise en cause profonde de notre système économique et social hyper collectivisé et hyper bureaucratisé.

Le plein emploi, puisqu’on parle de lui, ne peut éclore dans un État qui met en quelque sorte son honneur à dépenser toujours plus. Pour notre bien, officiellement. Laissez-moi rire.

 

Sur le web

  1. En principe, la catégorie A de la DARES devrait correspondre au taux de chômage de l’INSEE, mais ces deux grandeurs tendent à diverger depuis à peu près 2010.
  2. Il existe de multiples façons d’envisager la réforme des retraites. J’en parle ici.
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  • Comment Le Maire/Macron osent-ils nous balader avec les chiffres du chômage ? L’industrie est sinistrée, notre balance commerciale est largement déficitaire etc… Comment peut on dire alors que le chômage baisse ?, tout est dans le rouge.. L’industrie du vêtement est totalement sinistrée.. On nous balade encore une fois avec ces chiffres.

    • le taux de chomage est la tarte à la creme que l’on envoie au bon peuple, il est plus pertinent de regarder quelques chiffres qui en disent longs sur la degradation financiere, le taux d’emploi dans la fonction publique sur la population active est de 22%, contre 14.5 % en Europe et hop quelques chomeurs camouflés. Le taux d’emploi salarié et publique par rapport à la population est un des plus bas d’Europe, et oui de moins en moins de personnes cherchent un emploi et donc ne sont pas comptabilisées dans les statistiques, la balance des paiements courants est devenue deficitaire depuis plusieurs années, les dettes SNCF, EDF, etc ne sont pas comptabilisés dans la dette de la France, idem pour les communes, le réveil, parce qu’il y aura un, sera vraiment douloureux

    • Oui, c’est très curieux cette situation du chômage en France: avant le covid on avait déjà un des taux les plus élevés en Europe, aujourd’hui on nous balade avec une soi-disant « reprise » avec baisse du chômage alors que la restauration ( par exemple) propose des emplois, mais peine à recruter. Beaucoup de commerces et de PME ont mis (ou vont mettre) la clé sous la porte, mais tout va bien! Magique non?
      A mon avis, il faudrait peut-être regarder si parmi les migrants en partance pour le Royaume Uni, il n’y aurait pas un fort % de futur chômeurs français? Chercher du boulot en France, sur le long terme, c’est déjà peine perdue! CPEF

  • Le coeur du problème n’est pas le taux de chomage.. qui ne permet que de comparer aux autres pays, sinon au taux naturel de chomage dans une économie saine;
    n’aurions nous pas de point de comparaison , il ne nous dirait rien des problèmes, problèmes que l’on peut voir d’une autre façon..

    ce qui importe c’est les destins individuels. et les souffrances.. certains doivent travailler pour les autres, d’autres sont « contraints » ne pas travailler et souffrent..

    le pire reste notre transformation progressive en « pions » du jeu politique..

  • Bien sûr il faut baisser les dépenses mais contrairement à l’auteur je pense que le meilleur moyen d’y parvenir est de *commencer* par baisser les prélèvements obligatoires les plus toxiques (par exemple les charges dites patronales) pour amorcer la pompe du redressement.

    • seul probleme: si vous baissez les charges soicales, vous devez baisser les prestations qu elles financent. autrement dit les retraites et la securite sociale

      • Pour faire court: si vous baissez les charges sociales, les entreprises deviennent compétitives, pour faire face à la demande accrue elles embauchent et les dépenses de chômage diminuent.

  • Le très gros problème structurel français, c’est en effet le surcoût exorbitant de production des services publics, pour une efficacité finale moindre que chez nos voisins.
    D’une part l’Etat administre davantage d’activités qu’ailleurs (62 % des richesses produites passent entre ses mains), mais d’autre part il le fait moins bien que lorsque ces activités sont confrontées à la concurrence qui exige l’excellence de gestion.
    Une étude de l’IFRAP avait d’ailleurs chiffré le surcoût de production des services publics français à 60 Mds d’euros par an !!
    Ce qu’on a du mal à comprendre, c’est que les tenants de l’Etat Partout , devraient être les premiers à exiger que leur idole soit efficace, et bien plus que n’importe quel opérateur privé, pour démontrer le bien fondé de leur thèse garantissant ainsi « l’intérêt général » des citoyens.
    Au lieu de cela, les mêmes ne cessent de réclamer – sans jamais dresser le bilan de l’emploi des moyens actuels – toujours plus de moyens nouveaux, de lois, de règlementations, de normes, d’avantages fonctionnaires etc, qui ne cessent d’alourdir le dispositif actuel et le rendre encore plus coûteux et moins efficace.
    Tant que les français n’auront pas compris ce simple contexte et resteront persuadés que l’Etat et ses services sont le seul opérateur efficace contre la misère et l’injustice, tant que les candidats à la gouvernance n’auront pas le courage de prioriser cette question…

    • Oui mais l’État est dirigé par les meilleurs d’entre nous, que le monde entier nous envie.
      L’État sait ce qui est bon pour nous.
      L’État veut notre bien, tout notre bien.
      Merci l’État! ?

  • Et encore, le taux de chômage ne prend pas en compte le RSA!!!
    Pourtant la solution est simple : personne (à part quelques cas spécifiques comme les handicapés) ne devrait toucher des indemnités telles que le RSA plus de 3 ans dans sa vie. Au delà de 3 ans, c’est un refus de travailler. Il y a des jobs sans qualification qui peuvent être pourvus par toute personne n’ayant pas de travail.
    Mais pour ça, il faut une volonté politique non clientéliste et mettre au travail les fonctionnaires de pôle l’emploi avec obligations de résultats.

    • admettons qu on supprime le RSA apres 3 ans. Que va t il se passer ?
      vous avez des gens qui ne veulent pas travailler. Vont il travailler ? probablement pas. Ils essaieront soit de parasiter un autre systeme (par ex en se declarant malade) ou se lanceront dans la criminalité. pas evitant qu on soit gagnant meme sur un simple plan comptable (un prisionnier ca coute cher)

      Vous avez une partie qui sont quasi inapte au travail. Incapable de respecter des horaires par ex. d autre qui pourrait travailler mais qui n ont pas la possibilité (je pense a un cas reel: la personne a divorcé. sa femme est parti avec la voiture et lui a laissé le credit. il s est retrouve en surendettement. il ne pouvait acheter un autre vehicule et devait aller travailler en stop. inutile de dire que c est redibitoire)
      Ensuite il faut quand meme etre clair: il n y a pas tant de job sans qualification que ca. et pire certains job ne sont pas rentable: faire 30 km pour travailler 2 h au mac do paie juste l essence

      • Le fait est que si au bout de 3 ans de RSA ayant suivi 2 ans de chômage la personne ne travaille pas, c’est qu’elle se complaît dans l’aide sociale qui pourrait être attribuée à une autre personne en ayant plus besoin.
        Que font les autres pays ?
        L’Allemagne subventionne par l’aide sociale des jobs à très faible valeur ajoutée et non des individus à rester devant leur télé.
        Et que se passe-t-il alors?
        La personne cherche un job plus intéressant pour s’en sortir.
        En France, l’adepte du RSA à vie cherche comment faire pour échapper à tout job.

  • Heureusement que nous sommes aux 35 h et 25h dans la fonction publique, la retraite a 62 ans et un peu moins avec les préretraites sinon nous aurions 50% de chomeurs. Merci les socialistes !

    • Sinon, je recherche un jardinier, y a pas, une femme de ménage faisant le ménage, y a pas, un médecin référent, y a pas, on manque d’immigrés dans ma région… Mais pas de personnel à la mairie…

      • Faire le ménage ou le jardin : trop fatiguant. Surtout qu’il faudra en plus payer des impôts.
        Au moins à la mairie, on peut discuter avec les potes. Seul risque : le bore-out.

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