Intelligence artificielle : l’Europe a déjà raté le train

L’Europe a contribué en partie aux recherches fondamentales, mais l’industrie, l’application de ses recherches, sont largement concentrées aux États-Unis, voire en Chine.

Par Olivier Laurent.

À chaque innovation technologique, la même blague revient, qui ne semble pas avoir pris une seule ride :

Les Américains inventent, les Chinois copient et les Européens légifèrent.

Malheureusement, les technologies d’Intelligence Artificielle n’échapperont pas à cette règle.

Les progrès technologiques sont tels que l’on peut désormais parler de science-fiction sans rougir quand il s’agit d’intelligence artificielle. Des programmes toujours plus complexes fonctionnant sur des processeurs toujours plus puissants avec des bases de données toujours plus vastes permettent peu à peu aux ordinateurs de ne plus se borner à calculer mais à produire des conclusions, à juger d’une situation, proposer une action.

L’Europe a contribué en partie aux recherches fondamentales, mais l’industrie, l’application de ses recherches, sont largement concentrées aux États-Unis, voire en Chine.

Il existe évidemment des perles comme Rasa, une startup allemande dans le développement d’agent conversationnel, c’est-à-dire des programmes pouvant comprendre ce que vous dites et vous répondre sur des sujets précis. Mais elle a dû rapidement s’installer à San Franscico pour se rapprocher de son écosysteme car elle utilise des moteurs de traitement du langage naturel développé par Google.

On assiste à l’arrivée de toute une gamme de services : reconnaissances faciales automatiques, voitures autonomes et plus loin à l’horizon, des recherches médicales sur des traitements des maladies rares.

Il y a toujours un côté plus sombre et on peut aussi percevoir des véritables révolutions dans le domaine militaire, comme des drones autonomes ou des équipements terrestres autonomes.

Rôle secondaire de l’Europe

Comme pour la révolution numérique de la fin des années 1990, il est fort à parier que l’Europe n’aura qu’un rôle très secondaire dans cette nouvelle avancée technologique et ce pour de vieilles raisons fiscales et réglementaires qui n’inquiètent en rien l’Union europénne.

Pour l’Union européenne l’intérêt est tout autre.

L’émergence de ces intelligences artificielles est surtout l’occasion d’adopter une posture politique et d’en faire un outil de communication à destination de la population qu’elle administre.

Elle a tenu à se proclamer futur leader des intelligences artificielles dignes de confiance. Que se cache-t-il derrière ce charabia cousu main par des experts en communication à 250 euros de l’heure? Du vent et de futures excuses. L’Europe malheureusement a déjà raté le train.

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