Heureusement, nos quartiers sont de plus en plus calmes

Au moins, avec le grand plan vélo et de la distribution d’argent, on est sûr que les quartiers émotifs de la République resteront calmes. Ou pas.

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La carcasse d'une voiture, incendiée lors des violences urbaines d'Amiens.

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Heureusement, nos quartiers sont de plus en plus calmes

Publié le 20 juillet 2020
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Par h16.

C’est donc un gouvernement resserré et décidé à redresser le pays après sa délicate crise sanitaire qui a lancé, en grande pompe, plusieurs grands chantiers visant essentiellement à verdir la politique d’Emmanuel Macron (2022 approche, que voulez-vous), à commencer par un grand et indispensable « plan vélo » sans lequel, on le sentait, la République aurait été en danger.

Et au-delà de ces nouveaux territoires d’expérimentation politique et sociale, ainsi que des bisous marqués en direction des indigénistes et autre néo-racistes que certains médias s’empressent de légitimer à grands coups de doubles pages obséquieuses et complaisantes, force est de constater que, pendant ce temps, la société française se remet gentiment de sa période de confinement et se prépare maintenant à une rentrée sereine et décidément orientée sous le signe du travail studieux et de l’effort collectif pour remonter la pente économique.

Il faut dire que cela urge : entre les rentrées fiscales qui ne sont pas exactement ce qu’elles devraient être pour soutenir le train de vie d’un État particulièrement large avec l’argent des autres, et les indéniables besoins de l’économie française, il est temps que tout le monde se retrousse les manches pour retourner au travail, ♩ tagada ♪ tsoin ♫ tsoin ♬.

Cette belle unanimité du peuple français à rester concentré sur un avenir qu’il veut florissant, à mobiliser toutes ses forces vives pour produire de la richesse comme jamais se traduit d’ailleurs très concrètement dans l’actualité qui recommence, petit à petit, à se remplir de ces pépites d’ingéniosité, d’optimisme et de perspectives positives qui font la marque de notre savoir-vivre à la française.

C’est ainsi que la sécurité et l’ordre que l’État entend faire régner sur le territoire se mesure de mieux en mieux. La semaine passée, on découvrait, pas tellement surpris au fond, que conduire un bus devient maintenant un vrai métier à risques, ce qui – soyons en sûr – ne manquera pas d’impulser de nouvelles idées politiques pour mieux protéger les chauffeurs dans l’exercice de leur travail (sachant que l’idée qui consisterait à faire disparaître les risques de ce métier en imposant la sécurité régalienne est une idée vraiment rétrograde et quelque peu passéiste, disons-le tout net).

De la même façon, le week-end passé nous aura montré qu’on peut aussi viser une société plus efficace et plus joyeuse en faisant table rase de ses encombrants monuments classés, par exemple en les brûlant. La protection qu’on serait en droit d’attendre d’un État qui prélève plus de 1000 milliards d’euros dans les poches de ses citoyens ne peut pas et ne doit pas se situer dans ce domaine banal et sans intérêt. Si on commence à attendre de l’État qu’il protège les lieux de culte, où va-t-on chers lecteurs, où va-t-on ?

Mais surtout, quel intérêt pour l’État de rappeler que force doit rester à la loi lorsque cette dernière évolue sans cesse, qu’elle n’est pas appliquée et qu’à vrai dire, comme elle est écrite par des mâles blancs patriarcaux de plus de 50 ans, elle ne peut manifestement pas être ni bonne, ni juste, ni même réaliste ?

Dès lors, il sera sain de laisser les quartiers historiquement émotifs ventiler sagement leurs petits mouvements de frustration et regagner par eux-mêmes leur calme et leur pondération.

Dans ce cadre, on devra donc comprendre que les récentes violences urbaines, nombreuses, qui se sont multipliées avant et pendant le 14 juillet, ne sont pas des dérives ou les graines de futurs problèmes dans ces quartiers, mais la réalisation simple d’une expression alternative de la joie de vivre d’une petite partie des cancrelats racailles jeunes qui y vivent, ♩ youpi ♪ youpi, et ♫ vive le rodéo n’est-ce pas ♬.

Les tirs de mortiers d’artifice, les embuscades de pompiers et de policiers servant de cibles pour des tirs, les affrontements entre certaines populations de ces quartiers susceptibles et les forces de l’ordre, tout ceci participe en réalité d’un mouvement artistique et social de décompression après ces mois de confinement strict qui furent particulièrement bien respectés dans ces zones. Il apparaît donc normal que la fête y batte maintenant son plein.

En outre, quand ces quartiers ne décompressent pas sur place, ils savent exporter leur bonne humeur dans d’autres espaces et ambiancer d’autres lieux, comme dans ces parcs d’attraction dont on sait tous qu’ils seraient un peu tristes sans cette jeunesse et cette vitalité débordantes.

Dans le précédent billet, on pouvait établir le décalage de plus en plus criant entre les besoins des Français et les mesures économiques prises par le gouvernement, résolument tourné dans le bricolage médiatique sans intérêt, les mesurettes cosmétiques parfaitement inutiles et les tabassages fiscaux tous azimuts qui continuent d’enfoncer le pays dans la misère en lieu et place de réformes de fond indispensables à relancer l’activité.

Malheureusement, ce décalage visible au niveau économique est encore plus profond au niveau social : ce qui, normalement, relève de la fonction de base de l’État, le régalien, n’est plus assuré depuis longtemps et, pire encore, tout indique qu’il n’y a même plus volonté d’assurer au moins une façade cohérente ; la fermeté n’est plus affichée que de façon épisodique, devant l’une ou l’autre caméra, et encore, tout juste.

En fait, la conviction manque d’autant que cette fermeté est de plus en plus dénoncée comme la marque abominable du patriarcat/du racisme/d’une phobie quelconque/ de la lutte des classes/etc. (utilisez le concept du moment, panachage possible), ce qui entraîne un abandon croissant de tout ce qui légitime encore l’État et ses ponctions, dans certains quartiers au début, puis progressivement dans des villes entières, puis des pans complets de territoires qui échappent alors à toute vie normale.

Soyons objectif : l’État est parfaitement nul lorsqu’il intervient en économie ; et plus il intervient, plus il déclenche de catastrophes. Parallèlement, à mesure qu’il s’agite en mesures sociétales et économiques, il en fait de moins en moins dans le régalien et moins il en fait, plus la situation se dégrade, obligeant nos très médiocres dirigeants à redoubler d’activité dans le sociétal et l’économique.

Une seule conclusion s’impose devant ce cercle vicieux : ce pays est foutu.

Assemblée : CPEF
—-
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  • Sans effondrement, il n’y aura pas la moindre chance de réforme et encore rien n’est moins sûr. Sauve qui peut!

  • Encore un développement exponentiel mais qui bizarrement n’a pas l’air de troubler les futurologues …

    • J’habite dans une rue passante et proche ‘un rond-point dans une petite ville.

      – il y a 40 ans, le spectacle se limitait à des ivrognes qui s’encastraient dans une façade le soir de réveillon.
      – il y a 30 ans, c’était simplement le voisin dont un automobiliste avait voulu visiter la vitrine un soir ordinaire sans quitter son siège.
      – il y a 20 ans, la police m’a réveillé le matin pour faire un constat car un motard avait percuté la voiture garée derrière moi avec une telle douceur que celle-ci avait percuté la mienne. (d’où mon assureur a conclu que j’étais un conducteur à risque !)
      – depuis 10 ans la CGT défile devant chez moi à grand renfort de mégaphone tandis que les chauffards continue à percuter les véhicules en stationnement sous mes fenêtres.
      – depuis 1 ans les CRS-SS tabassent en plus de l’étudiant-diant-diant sous mes fenêtres.
      – l’autre jour, la police a voulu m’interviewver pour savoir si j’avais assisté au braquage du commerce en face.

      J’attend le défilé de têtes au bout de piques sous mes fenêtres …

      • J’attend le défilé de têtes au bout de piques sous mes fenêtres …

        Patience. Il y a 10 ans, je n’aurais jamais dit cela…

  • Faudra pas que l’Etat s’étonne de voir se développer des milices citoyennes après. La population n’acceptera pas de se laisser rouler dessus ad vitam aeternam. Le danger c’est que là la justice n’aura aucune prise sur les événements et ça risque d’être très sale.

    • Face à ces milices citoyennes qui sont la révélation de la nullité de l’Etat, celui-ci saura se montrer très ferme, voire très violent.

      • Sans doute, toutefois rien ne dit qu’une partie des FDO ne fera pas partie de ces milices. De manière officieuse bien sûr.

      • Oui, tout se passe comme si on préparait le terrain à un gouvernement autoritaire, très autoritaire, du type de ce que l’on voit (ou qu’on a vu) dans les pays ayant connu de graves troubles sociaux, des émeutes, une dégradation de la sécurité des personnes et des biens. Une forme de retour de balancier : après des décennies de laxisme, une dictature pour une durée indéterminée. On aura, peut-être, la sécurité, mais pour la liberté, Tintin. Sans parler du risque de partition du pays, car nous ne sommes plus entre nous : même Hollande et Collomb les socialistes, si complaisants en temps normal avec l’islam conquérant, ont reconnu que le risque devenait très élevé, c’est dire.

  • quand j’apprend que la république tchèque et la Slovaquie sont des pays plus sures que la France et l’Italie , je me dis que l’on est tombé bien bas ; il me semble que la corse échappe à cette gangrène , mais eux ils ne se laissent pas faire….

    • Bah, la maffia a une utilité pour le maintien de l’ordre, les pays corrompus sont super calme, c’est bon pour les affaires, quand c’est l’état ça ne marche jamais.

    • @vera la rép tchèque a été une des premières démocraties et puissance d Europe, elle n a jamais été ni sous sous-développé ni peu sûre. En fait on gagnerait à prendre modèle sur elle …

  • Nos quartiers.. Non, les leurs et c’est pareil dans les petites villes, l ‘ idéal, le trou perdu. Mais y a la volaille, le bouseux énervé du matin au soir.. La vie est dure quant on fait partie des majorités trop silencieuses.

  • Tout va ♩ très ♪ bien ♫ madame la Marquise ♬. Tout va ♩ très ♪ bien ♫ .
    Attention les vélos ; superbe plan vélo, moyen de transport du futur, pour tirer le pays hors de l’ornière… Cela déménage avec Super Macron ;mrgreen:

  • Ce pays est foutu !
    Avec un Ministre de l’intérieur poursuivi par une plainte pour viol, un Ministre de la Justice grand consommateur de ces substances euphorisantes vendues dans les quartiers émotifs, un Ministre de l’Economie qui ne comprend absolument rien à la Matière dont il a la charge, une Ministre des Armées qui sait à peine faire la différence entre un couteau de table et un couteau de cuisine, l’avenir s’annonce très compliqué !
    Si on y ajoute -et il le faut bien- que le responsable de cet impressionnant casting est le jeune Président, dévoyé à ses 15 ans par une professeure de français issue de la bourgeoisie provinciale, qu’il a épousé par la suite, victime du syndrome de Stockholm, on aurait tort de croire que le génie français existe encore.
    Ou alors c’est un mauvais génie !

  • Belle initiative de notre gouvernement, effectivement un vélo s enflamme moins bien qu une voiture. Longue vie à nos brillants timoniers pour penser au petit peuple en lui montrant le chemin.

  • Moi, je ne suis pas inquiet, parce que je sais que le pire à venir est le réchauffement climatique et que, heureusement, notre bon gouvernement est en bonne marche pour y faire parade…

  • CPEF…
    Mais n’était-ce pas l’objectif des vauriens, lâches, incompétents, corrompus qui nous gouvernent? Ou du moins de ceux qui les ont placés là (l’élection démocratique étant un enfumage?)

  • des cyniques un jour qu’ils pourraient garder le pouvoir en utilisant la peur de « l’extreme droite », avec un discours nécessairement simplificateur, il suffit d’être contre si ils sont pour…

  • quand je vous dis que ces chers ministres sont des traîtres à la nation …quand est ce que le peuple le comprendra ???

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