Russiagate : le pétard mouillé des démocrates

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Malgré l’absence de l’ombre même d’une preuve de collusion Trump-Kremlin, le Parti démocrate persiste à vouloir semer le doute chez les électeurs.

Par Daniel Girard.

À moins de six mois de l’élection présidentielle, l’establishment démocrate ne parvient pas à tourner la page de l’échec de ses efforts à prouver que c’est en raison d’une collaboration avec Moscou que Donald Trump est devenu président.

Les efforts pour y parvenir ont été constants et intenses.

De janvier 2017 à mars 2018, le comité de la Chambre des représentants responsable du renseignement a réalisé 57 entrevues sur la collusion présumée de Donald Trump avec le gouvernement russe. Ces entrevues, réalisées par le comité de manière bi-partisane alors que Devin Nunes en était le président, n’ont abouti à aucun élément de collusion.

Mais même si le comité a terminé son travail en 2018, son nouveau président, Adam Schiff a refusé, en 2019, de dévoiler la transcription des entretiens. Il a fallu que la Maison-Blanche le menace de dévoiler elle-même ce contenu pour qu’il accepte, le 7 mai dernier, de lever le voile.

Preuves de collusion avec la Russie ? Rien à signaler

Le manque d’empressement d’Adam Schiff à dévoiler les transcriptions est compréhensible.

Dès mars 2017, il claironnait sur les ondes de la MSNBC avoir trouvé les preuves de la collusion entre Donald Trump et le Kremlin mais sans rien dévoiler car il ne voulait pas « entrer dans les détails pour le moment »…   

En décembre 2017, il avait déclaré, sur les ondes de CNN, que la Russie avait bel et bien offert son aide à Donald Trump ; une aide qui avait été acceptée, sans plus de détails toutefois.

En avril 2018, lorsque le président du comité, Devin Nunes, a produit un rapport concluant n’avoir trouvé aucun élément de collusion lors des entrevues, Adam Schiff l’a accusé d’avoir ignoré les faits établis durant l’enquête.

En fait, aucun fait n’a été établi durant cette enquête.

En juillet 2017, l’ex directeur du renseignement, James Clapper, a affirmé à Adam Schiff et ses collègues n’avoir trouvé aucun élément permettant de conclure à la collusion.

En octobre, l’ancienne sous-procureur général Loretta Lynch a affirmé que rien de significatif dans l’enquête n’avait été soumis à son attention. Ce qui avait été corroboré, quelques semaines plus tard, par l’ancienne sous-procureur général Sally Yates.

Cette absence de détails significatifs n’a pas empêché l’état-major de Barack Obama de répéter ad nauseam sur les ondes de CNN avoir recueilli des preuves de collusion alors qu’il n’en était rien.

Une enquête inutile

La même dynamique s’applique aux agents du FBI qui ont été chargés de se pencher sur les soupçons de collusion. Selon l’ex-directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe, le FBI n’avait aucune raison valable d’enquêter sur Donald Trump en 2016.

S’ensuivit alors le défilé des membres de l’état-major de Barack Obama, l’ancienne conseillère à la sécurité nationale Susan Rice, son adjoint Ben Rhodes, l’ancienne ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Samantha Power et l’ancien directeur de la sécurité nationale, James Clapper. Ils ont tous témoigné sous serment n’avoir trouvé aucun élément de collusion entre l’équipe de Donald Trump et la Russie.

L’épisode Michael Flynn

L’establishment démocrate demeure incapable de digérer sa défaite face à un homme qu’il ne juge pas assez sophistiqué et articulé pour être président mais qu’il ne parvient pas à ternir à cause de ses partisans irréductibles.

Les démocrates espèrent qu’ils pourront raviver le spectre du Russiagate en l’associant aux événements entourant l’abandon des accusations contre l’ancien conseiller de Donald Trump, Michael Flynn.

L’abandon des accusations est survenu après la révélation que les avocats du procureur spécial Robert Mueller avaient averti Michael Flynn qu’il risquait la destruction de sa vie familiale et financière s’il refusait de plaider coupable d’une accusation de mensonge au FBI sur ses contacts avec le diplomate russe Sergueï Kisliak.

Des documents obtenus du FBI révèlent que Michael Flynn a reçu ces avertissements sans la présence de son avocat, en violation de ses droits.

Le ministère de la Justice a estimé que l’enquête contre Michael Flynn n’avait pas de base légitime.

Après la décision du procureur général William Barr d’abandonner les accusations, le directeur national du renseignement par intérim, Richard Grenell, a révélé l’identité des hauts fonctionnaires qui ont demandé à l’agence de sécurité nationale (NSA) de démasquer les contacts de Michael Flynn alors qu’il était conseiller à la sécurité nationale.

Une révélation qui a fait bondir des républicains.

Mais l’abandon des accusations contre Michael Flynn est loin de signifier que ce dossier est clos. Malgré la décision de William Barr de retirer les accusations dans cette affaire, le juge fédéral Emmet Sullivan a décidé d’entendre tout de même la cause en nommant un autre juge fédéral, John Gleeson, en amicus curie pour remplacer le ministère de la Justice comme accusateur.

C’est une décision judiciaire qui a fait froncer des sourcils.

Le juge Emmet Sullivan à contre-courant d’une décision unanime de la Cour suprême

Mais peu importe le prochain verdict du juge Emmet Sullivan, il sera énoncé alors que la Cour suprême des États-Unis vient de conclure dans un jugement unanime qu’il relève de la responsabilité des parties de présenter leurs arguments et que la Cour n’est pas là pour épauler ou remplacer une partie.

La Cour a pour seule responsabilité de trancher.

Après avoir été privé de son droit d’être représenté par un avocat, avoir été intimidé et manipulé odieusement par des enquêteurs, Michael Flynn mérite de voir tomber au plus vite les accusations malicieuses déposées contre lui.

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