Cancer, nouvelles approches, nouvel espoir ?

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À ce jour, aucune des innombrables annonces de remède contre le cancer ne s’est révélée exacte, la plus grande prudence est donc de mise. Quelles sont les nouvelles approches dont les résultats restent entièrement à confirmer ?

Par Charles Boyer.

Récemment s’est tenue à Sanary, en présence du docteur Laurent Schwartz, une conférence regroupant médecins et malades sur de nouvelles approches du cancer donnant des résultats chez certains patients. Elle s’est déroulée en deux parties : une présentation par le docteur Schwartz, puis des témoignages de patients.

Que s’y est-il dit ?

Avant d’aller plus loin, il convient d’insister sur quelques points cruciaux.

Premièrement, si le cancer vous frappe, quoi que vous fassiez, faites-le avec votre oncologue ou médecin. L’organisme humain reste d’une complexité inimaginable et aucun amateur ne peut prétendre avoir suffisamment de connaissances pour pouvoir improviser sans l’aide d’un professionnel.

Deuxièmement, et le Dr Schwartz est entièrement clair sur ce point, nous n’avons pas le remède contre le cancer. Des cas discutés ici sont étonnants, en ayant déjoué des pronostics fort pessimistes, mais cela ne signifie pas que ces malades sont guéris.

Troisièmement, le cadre légal dans ce domaine est très (trop ?) restrictif ; soyez-en averti, tout n’est pas permis, du moins en France. Le point de savoir ce que l’on a le droit de dire et de faire, ou pas, est également abordé dans la vidéo de la conférence.

Cet article contient des informations vérifiables et en aucun cas des recommandations.

La plupart de ce qui suit découle de l’identification du cancer comme une maladie métabolique, un dysfonctionnement des mitochondries, ces centrales de production d’énergie à l’intérieur de chacune de nos cellules, les faisant passer d’un fonctionnement aérobique normal à un mode de fermentation fort inefficace en consommation de ressources.

Quelles initiatives ?

Le docteur Schwartz a créé une nouvelle fondation. Sous l’égide de la Fondation de France, elle a pour objectif de faire avancer la recherche avec le soutien d’experts principalement en provenance de polytechnique et de l’école normale supérieure. Cette fondation est accompagnée d’un site contenant des témoignages de malades, guerir-du-cancer.fr

Le vlogueur Guy Tenebaum, en rémission d’un cancer de la prostate au-delà du pronostic initial de phase terminale, a été l’organisateur principal de cette conférence. Il aborde parfois des concepts douteux comme la notion d’analyse de sang vivant, mais il est encore en vie malgré son pronostic de malade en phase terminale.

Le naturopathe Patrick Louis, fondateur de l’Association espoir métabolique, était co-organisateur de la conférence.

Quelles pistes ?

Au-delà des approches auxquelles chacun pense immédiatement quand il s’agit du cancer, telles que chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, qui ne sont bien entendu pas à exclure, d’autres approches peuvent être combinées et donnent des résultats pour certains patients. En voici certaines. Dans tous ces cas, la recherche est insuffisante.

L’hyperthermie, expliquée ici par le National Cancer Institute des États-Unis. Elle peut prendre la forme de sauna à 75 degrés pour faire monter la température à 39,5 degrés.

La vitamine C à haute dose et en intraveineuse : certains patients mentionnent des succès et il existe des articles de recherche allant dans ce sens : ici, ici et ici en combinaison avec l’immunothérapie.

L’approche métabolique combine l’acide alpha-lipoique, l’hydroxycitrate et le bleu de méthylène. On ne peut parler de guérison, toutefois, certains patients semblent retarder l’échéance et améliorent grandement leur qualité de vie grâce à ce protocole.

L’alimentation est peut-être le sujet le plus sensible, pour le cancer au même titre que l’ensemble de la santé. Sur ce point, le Dr Schwartz a changé d’avis à propos de la diète cétogène, qui figure parmi les solutions préconisées dans son livre, Cancer, un remède simple et non toxique. Pour bien des médecins adeptes de l’approche métabolique du cancer, la diète cétogène reste un outil utile. Ce qui est certain est qu’elle ne guérit pas le cancer et ne peut être qu’une partie de la réponse, et pas pour tous les cas. Maurice Israël, pour sa part, étudie la molécule SCOT pour bloquer le métabolisme des corps cétoniques.

Le jeûne, intermittent ou prolongé, fait partie des outils métaboliques pour s’attaquer au cancer. En particulier, il semble pouvoir rendre les chimiothérapies plus efficaces et en atténuer en même temps les effets secondaires.

L’activité physique peut également particiciper au combat contre le cancer.

L’optimisme, la force mentale, un bon sommeil, toutes choses faciles à énoncer mais bien entendu particulièrement difficiles à mettre en œuvre, nécessitent ue attention particulière de l’entourage et des professionnels de santé.

Il n’est pas à exclure que la multiplication des recherches mondiales sur toutes les pistes possibles permettent l’émergence de nouvelles options de soins.

Aller à l’étranger

La liberté laissée au médecin de diversifier les approches thérapeutiques est particulièrement limitée en France. Il en va de même pour la disponibilité de certains médicaments ou suppléments. Des solutions pour combattre le cancer sont disponibles ailleurs.

La priorité est de recouvrer la santé autant que possible, et de survivre. Pour ces raisons, certains malades choisissent d’être soignés dans d’autres pays. C’est le cas de Guy Tenebaum qui obtient des traitements aux USA, et qui y mène une grande partie de ses recherches.

Quelques médecins et chercheurs

De nombreux médecins travaillent des approches métaboliques en traitement du cancer, très souvent en combinaison avec les fondamentaux de combinaisons chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie, auxquelles il convient d’ajouter l’immunothérapie qui peut donner d’excellents résultats, mais seulement dans 25 % des cas.

Ulricke Kämmerer, en Allemagne, est l’auteur du livre Le Régime Cétogène contre le Cancer.

Thomas Seyfried effectue des recherches sur une approche press-pulse consistant à stresser les cellules cancéreuses puis à les frapper, par exemple avec des scéances d’oxygène hyperbarique. Il étudie également la molécule DON pour bloquer la fermentation de la glutamine.

Abdul Slocum combine la chimiothérapie avec certaines des approches mentionnées ci-dessus.

Éléonore Djikeussi explique son approche dans cette interview.

Dawn Lemanne a fait une conférence sur l’alimentation et le jeûne intermittent et une autre, plus récente, sur différentes approches en chimiothérapie en fonction du type de cancer, curable ou pas ; dans le premier cas, le concept de dose maximum tolérable se justifie, mais pas dans le second pour lequel une autre approche du dosage et de la périoditicté fonctionnera mieux.

Valter Longo est spécialisé dans le jeûne

Andrew Scarborough est un jeune chercheur en cours de rédaction d’une thèse de doctorat, cancéreux en phase terminale ayant survécu de longues années au-delà de son pronostic initial. Il souffre d’un glioblastome multiforme, qu’il traite par une alimentation cétogène, de l’oxygène hyperbarique entre autres soins. Il participe à l’association Brain Tumer research.

Cette sélection est minime et ne prétend à aucune forme d’exhaustivité.

S’impliquer, faire ses propres recherches

Il est préférable de sélectionner les articles de recherche disponibles sur Pubmed et Google Scholar. Tripping Over the Truth, de Travis Christofferson est un livre souvent cité et qui semble essentiel.

Chaque malade doit s’interroger : suis-je acteur ou seulement patient ? Est-ce que je préfère me plier à ce que me prescrit mon médecin ou est-ce que je préfère faire mes propres recherches et en discuter avec lui ?

Le professionnel n’y sera pas nécessairement sensible, et sera de toute façon fort limité par la législation et les règles du métier. Par ailleurs, même si le web contient désormais des quantités inimaginables de bonnes informations, il en contient aussi encore bien davantage de mauvaises. Il faut dès lors pouvoir disposer d’un esprit critique impitoyable. Inconvénient supplémentaire, presque tout ce qui vaut le détour est en anglais, rendant donc pertinent son apprentissage.

Conclusion

Les approches thérapeuthiques autorisées et reconnues en France sont trop limitées, interdisant aux médecins d’utiliser des outils qui pourtant pourraient donner de meilleurs résultats. Des crédits devraient être disponibles pour des recherches relatives à l’approche métabolique, au lieu d’être principalement consacrés aux solutions les plus lourdes (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie et immunothérapie).

Parallèlement, les médecins devraient manifester moins d’hostilité à l’encontre des malades menant leurs propres recherches et trouvant leurs propres solutions. Certains malades le feront de toute façon. Un médecin tolérant est mieux à même de repérer les patients qui font complètement fausse route et aggravent leur maladie au lieu de la combattre efficacement.

On peut même avancer que pour certains cas les méthodes les plus chères ne sont pas forcément les meilleures.

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