Reload ! Comment l’Amérique invente le siècle, de Drieu Godefridi

L'Amérique de Trump tourne le dos à celle d'Obama. L'ouvrage de Drieu Godefridi dresse un bilan positif de la gouvernance Trump.
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Reload ! Comment l’Amérique invente le siècle, de Drieu Godefridi

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 28 février 2020
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Par Francis Richard.

L'Amérique de TrumpEn Europe, dans les médias et dans la classe politique, il est de bon ton de vouer aux gémonies Donald Trump, depuis qu’il a fait acte de candidature à la présidence américaine en 2016 et de dire de lui pis que pendre, à défaut de pouvoir le faire.

Drieu Godefridi se dit cartésien. Il analyse donc le phénomène Trump rationnellement, sereinement, sans céder à l’émotion, et conclut que, dans ce phénomène, fond et forme, résultats et style, statistiques et vitupérations ne sont pas […] dissociables.

Ce sont les clés qui permettent de comprendre que contrairement à ce qui est dit et pensé en Occident, Trump est d’une grande cohérence dans sa manière de présider aux destinées de son pays et de prendre ses décisions, y compris en matière d’immigration : S’il n’y a pas de frontières, il n’y a pas de pays.

Déréguler

Trump est d’abord un businessman : Le businessman envisage la réglementation avant tout comme un coût et une contrainte. Si Trump ne porte pas l’Union européenne dans son coeur, il est vraisemblable que ce soit en raison de sa folie régulatoire.

Les premières décisions de Trump sont d’ailleurs de déréguler (un mot que la gauche a rendu odieux) :

– par l’abrogation du Clean Power Act : l’énergie, avant d’être un projet éthique (conception européenne), est aussi vitale à l’économie, en vérité la vie, que l’eau et l’oxygène ; ainsi son objectif pour l’Amérique est-il non seulement de parvenir à l’indépendance énergétique mais, qui plus est, à la domination énergétique ;

– par l’abrogation du principe de neutralité du net : il en donne l’exemple, car, comme il n’est pas du genre à ne pas rendre coup pour coup et que les médias traditionnels lui en assènent tous les jours, il les court-circuite avec ses tweets, où il commet globalement peu d’erreurs et qui surprennent ces médias, aveuglés par le mépris en lequel ils le tiennent ;

– par la sortie de l’Accord de Paris : il refuse le coût astronomique pour le contribuable d’une transition énergétique basée sur la réduction immédiate en Occident des émissions de CO2, c’est-à-dire par le renoncement au nucléaire et aux énergies fossiles, et sur le financement par le même Occident du renoncement futur à ces sources d’énergies par le reste du monde ;

– par des réductions massives d’impôts : les Américains ont de la dette (Obama n’a pas seulement doublé la dette publique américaine, il est à l’origine d’une explosion normative sans précédent) et des impôts faibles ; les Européens ont de la dette et les impôts les plus élevés  du monde.

Un tempérament combatif

Trump, qui est un fervent défenseur de la concurrence pour faire de l’argent, s’est attaqué vigoureusement au crony-capitalism, qui en fait en obtenant des faveurs de la part de l’État et qui, en retour, finance le parti étatiste qui les lui accorde, à savoir le Parti démocrate.

Trump s’est attaqué à la communauté du renseignement, le Deep State (qui a succombé aux fake news de la presse traditionnelle et qui l’avait perçu comme une menace, alors que Clinton garantissait la continuité, notamment budgétaire), et à ses agissements criminels.

Ce tempérament combatif est conforme à sa technique, éprouvante, de gestion des ressources humaines : il s’entoure de gens de qualité sans chercher à prévenir les conflits et de carrières exceptionnelles, fussent-elles en désaccord radical avec lui sur des sujets importants.

Ce tempérament combatif est conforme au businessman qu’il est resté dans l’âme quand il s’agit de relations internationales, en marquant le monde de son empreinte coût-bénéfice ; car c’est elle qui explique son appétit de retrait raisonné des bourbiers afghan et syrien.

Ce tempérament combatif est conforme au président qui se fait respecter par les alliés des États-Unis au Moyen-Orient en s’y montrant brutal, peu diplomatique, grossier, c’est-à-dire, par exemple en osant parler d’islam radical en Arabie Saoudite.

Comme disait Reagan : We maintain the peace through our strength; weakness only invites aggression (Nous maintenons la paix par notre force ; la faiblesse incite à l’agression. Discours du 23 mars 1983)

Conclusion

L’Amérique de Trump tourne le dos à celle d’Obama. C’est une Amérique libérale-conservatrice – ou constitutionnaliste – dont la conception du monde, de 1776 à nos jours, situe le centre de gravité de l’existence non pas dans le politique, mais dans la société civile.

Cette renaissance de l’Amérique est due à un homme qui se caractérise par trois régularités de fonctionnement, discernables au terme de son mandat de président :

Management non pas en dépit de mais par le conflit.

Capacité à trancher et à s’en tenir à des décisions ancrées dans des principes et rivées à des objectifs.

Recherche de l’angle neuf, minoritaire et comme en friche.

Les résultats sont là : l’Amérique renaît, dans le sens donc où elle se régénère, conquérante, dominante et fidèle à ses valeurs fondatrices. En somme, elle invente le siècle.

Drieu Godefridi est moins optimiste à propos de notre continent, du moins pendant un temps :  entre 2020 et 2075, l’Europe, au moins occidentale, déclinera fortement, en valeur relative sinon absolue. Les premiers black-out seront, à cet égard, riches d’enseignement…

Drieu Godefridi, Reload ! – Comment l’Amérique invente le siècle, 152 pages, Texquis

Livres précédents :

La loi du genre, 92 pages, Les Belles Lettres (2015)

La passion de l’égalité, 150 pages, Texquis (2018)

L’écologisme, nouveau totalitarisme ?, 180 pages, Texquis (2019)

Sur le web

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  • La leçon est intéressante : pour lutter contre le mur blindé des réglementations, rien ne sert de s’encombrer de nuances ou d’atermoiements si chers aux français, envoyer au front un clown jaune simplet permet de renverser tout sans émoi. Mais il va de soi que nous n’avons, de ce côté de l’Atlantique, que des politiciens très intelligents…

  • L’Amérique renaît sous certains aspects mais sombre sous d’autres. Il ne faudrait pas négliger la malheureuse influence qu’a le marxisme sur les jeunes générations américaines (et européennes bien entendu).

  • Cet article est une grosse blague. Il aurait mieux valu le publier le 1er avril, en tant que poisson d’avril. Honte à contrepoints de publier une telle propagande. Les libéraux digne de ce nom n’oublieront pas les trahisons à répétitions de contrepoints.
    L’Amérique de Trump n’a pas « tourné le dos » à celle d’Obama : elle est toute aussi étatiste, toute aussi liberticide. Les seules bonnes choses effectuées par Trump sont les baisses d’impôts et les déréglementations, cependant celles-ci n’ont rien de « massives . » Voici une courte vidéo libertarienne (en anglais) faisant exactemement le même constat que je fais depuis des années dans mes messages sur contrepoints :
    « Trump: Good, Bad, and Ugly » https://www.youtube.com/watch?v=mkosbgYIOWM
    (PS : la partie « Ugly » est plus subjective que les deux autres, donc moins pertinente.)

    • « Les libéraux digne de ce nom n’oublieront pas les trahisons à répétitions de contrepoints. »

      Je suis d’accord avec vous sur le fond concernant Trump, mais ne prenez pas la mouche : c’est un article « Opinion » publié en page jaune : ça signifie clairement que c’est la publication d’une tribune avec laquelle Contrepoints prend une certaine distance…

      • Il serait peut-être bon de se dire que l’action de Trump est vraisemblablement pensée sur 2 mandats et qu’il est un peu prématuré de tirer des conclusions aujourd’hui . Pour moi, le simple fait que la mafia Clinton ait été sorti du jeu est déjà positif . S’il est réélu ce ne sera pas un hasard et je pense qu’il est assez difficile d’avoir une information suffisamment impartiale pour avoir une vision globale à moyen terme . Croyez vous qu’un français ayant pour objectif de libéraliser la France pourrait mettre tous les chantiers indispensables à un changement de paradigme sans tenir compte de la réalité à laquelle il serait confronté dés son arrivée au pouvoir? Pour ma part je ne tirerai aucune conclusion hâtive . Comme dit le proverbe: » c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses »

      • Un publi-rédactionnel alors… Ce serait bien de l’indiquer en toutes lettres, même petites.

    • Les libertariens ne seraient-ils pas les idiots utiles des démocrates?

    • « Les seules bonnes choses effectuées par Trump sont les baisses d’impôts et les déréglementations,  »
      C’est une très bonne chose et c’est la base de tout!
      Moins d’argent pour l’Etat et moins de moyens juridiques permettant à l’Etat de s’immiscer dans les échanges entre les gens via la réglementation.
      Ce sont des choses infaisables en France au vue du fonctionnement de nos politiques et de la majeure partie de la population.

      Et vous oubliez la nomination de nouveaux juges à la Cour Suprême US par Trump permettant de juguler pour de nombreuses années à venir l’influence délétère des progressistes US de tout poil et leur volonté de modifier jusqu’à la constitution elle-même!
      En 4 ans, on ne peut libérer entièrement un pays d’une administration rongée par le progressisme et noyautée par le deep state . On peut juste espérer que cela puisse se poursuivre…

    • @ commando

      Les faits parlent d’eux mêmes: l’économie américaine profite pleinement des mesures de Trump sur l’économie, alors qu’Obama était en train de la détruire.

      Trump défend le libéralisme, il a tenu des propos fermes contre le socialisme et toute sa propagande, il a aussi nommé deux juges constitutionnalistes, qui vont défendre la constitution très libérale des USA pour longtemps. A l’international, les mesures de Trump ont permis de réduire la présence américaine, limiter les conflits, tout faisant progresser la cause américaine (tout le contraire sous Obama où les Américains s’embourbaient dans toujours plus de conflits).

      De plus, Trump n’a pas tous les pouvoirs aux USA, son action reste limitée, le congrès est démocrate, et le sénat est républicain (pas libertarien), et en plus, à cause du fédéralisme, Trump n’a aucun pouvoir sur la législation propre aux Etats américains.

      Lorsque les « libéraux dignes de ce nom » s’associent aux calomnies des Marxistes pour vilipender une personne qui défend aussi ouvertement le libéralisme, qui le met relativement en pratique avec des résultats clairement visibles, qui se démarque nettement des élus socialistes qui dominent les gouvernements occidentaux depuis des décennies, ces libéraux ne servent clairement pas la cause du libéralisme. Ils feraient mieux de défendre le bilan libéral de Trump, tout en montrant que l’on pourrait encore faire mieux.

    • « Trump: Good, Bad, and Ugly »
      La partie « Good » est objective, la « Bad » est un copié/collé démocrate (reprocher simultanément les bombardements en Afghan. et d’avoir bloqué temporairement une aide militaire à l’Ukraine… c’est cohérent ?). Quand à l’Ugly, je préfère l’avis de Scott Adams sur le coté brutal de la politique US:
      https://www.scottadamssays.com/2016/10/25/the-bully-party/

  • En tout cas il a bousculé et affolé la mafia au pouvoir qui confisque le pouvoir du peuple à son profit. C’est déjà pas mal.

  • Le gars sur la photo en train de tirer la culasse de son Beretta devrait faire attention à ne pas se faire mordre …

    • @Jack Shit
      Bonsoir,
      … par qui ?
      Je pose la question parce qu’actuellement le droit constitutionnel de cet homme -un citoyen américain vu qu’il est question des U.S.A- à porter une arme, est combattu avec acharnement par les démocrates. Démocrates qui veulent mordre à pleine dent dans la Constitution U.S et la réduire en charpie.
      La perte du droit de port d’arme entraîne inévitablement la perte de tous les autres droits, et une augmentation de la violence, qu’on nomme ici « insécurité ».
      Les démocrates exigent que les américains abandonnent leur droit de garder et de porter des armes. Ces démocrates ont tout simplement menacé de mort « par » l’excédent de bombes nucléaires via un député démocrate de Californie (Eric Swalwell) et par le « feu de l’enfer » (Hellfire,le nom de certains missiles américains) par nul autre que l’ex-V.P des U.S.A sous Obama : Joe Biden les possesseurs et porteurs d’armes légaux et légitimes, soit environ 1/3 de la population totale des U.S.A.

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