Open Borders, de Bryan Caplan et Zach Weinersmith

L'économiste Bryan Caplan et le dessinateur Zach Weinersmith viennent de publier Open Borders, une BD en faveur de l'immigration libre.
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Open Borders, de Bryan Caplan et Zach Weinersmith

Publié le 14 décembre 2019
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Par Nils Baudoin.

L’économiste Bryan Caplan et le dessinateur Zach Weinersmith viennent de publier un ouvrage à la fois ludique et convaincant en faveur de l’immigration libre : Open Borders, the Science and Ethics of Immigration.

Bryan Caplan, professeur à la George Mason University est notamment connu pour ses travaux dans la lignée de l’école du Choix Public avec le livre The Myth of the Rational Voter (2007) et plus récemment sa prise de position polémique contre l’enseignement supérieur qu’il juge peu efficace dans The Case Against Education (2018). Il a aussi publié de nombreux articles favorables à l’immigration libre.

Zach Weinersmith est le dessinateur du webcomic Saturday Morning Breakfast Cereals et du livre de vulgarisation scientifique Soonish.

La BD Open Borders n’est pas sa première création politique puisqu’il avait déjà publié Polystate, une bande dessinée sur les gouvernements décentralisés malheureusement exclusivement disponible au format Kindle.

Open Borders est publié en anglais aux éditions First Second dans un petit format assez épais de 250 pages. Il est malheureusement peu probable que le livre soit traduit un jour en français mais il s’agit d’un style assez facile à lire même pour ceux moins familiarisés avec l’anglais.

Bryan Caplan y figure en tant que narrateur reconnaissable à sa cravate rouge, qu’il porte même avec une toge lorsqu’il discute avec Socrate.

Outre Socrate, sont conviés Milton Friedman, Emmanuel Kant, Jésus et d’autres personnages historiques. Caplan laisse volontiers la parole à ses collègues comme Michael Clemens ou Alex Nowrasteh afin qu’ils présentent leurs thèses.

L’un des principaux arguments de Caplan en faveur de l’immigration libre est son formidable gain économique mondial aussi bien pour les natifs que pour les immigrants.

Il utilise aussi des arguments éthiques pour justifier que chacun puisse vivre et travailler où il le souhaite.

Un chapitre est consacré à la réfutation des arguments culturels contre l’immigration. Il est plutôt convaincant dans son opposition aux arguments  émotionnels dans le cas américain, mais il est plus difficile de le suivre lorsque la culture d’accueil est moins puissante, comme en Hongrie par exemple.

Les quelques pages faisant référence aux mesures de QI sont peut-être celles dont l’argumentation sera la plus controversée. Il convient de retenir l’idée que peu importe le quotient intellectuel, l’essentiel est que chacun puisse l’exploiter dans un environnement favorable, qui se chargera de l’optimiser en retour.

La solution préférée de Caplan, l’absence totale de restriction à l’immigration, est radicale et aujourd’hui peu réaliste.

Il propose donc des keyhole solutions en référence aux techniques chirurgicales consistant à pratiquer une incision la plus petite possible. Par exemple, pour contrer l’argument du risque de hausse de la criminalité, la solution keyhole signifie l’interdiction de la venue de personnes ayant un casier judiciaire non vierge.

L’ouvrage est assez centré sur les États-Unis, ce que Caplan reconnaît et explique par la position économique du continent et son histoire fortement liée à l’immigration. Il s’appuie aussi sur la copieuse littérature sur le sujet.

L’aspect très graphique de l’ouvrage pourrait suggérer un manque de rigueur mais ce n’est absolument pas le cas. Il contient des références très précises (détails de la page ou du tableau) des sources de l’information plutôt que juste le nom de l’ouvrage ou de l’article. Un petit repère indiquant les cases bénéficiant de ce complément d’information aurait néanmoins facilité cette recherche.

Voir les commentaires (23)

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Créer un compte Tous les commentaires (23)
  • La niaiserie de cette illustration de couverture dépasse tous les records.
    L’édition Française pourrait été titrée par « Oui Oui t’explique l’immigration ».
    Je croirais à l’open border quand les tenants de cette idéologie délirante auront enlevés portes et fenêtres à leurs maisons.

    -1
    • Attention , sans portes ni fenêtres , tu ne pourras ni entrer ni sortir de ton chez toi ni voir si il fait plus beau ailleurs…
      Et n’oublions pas nous sommes tous des immigrés ,d’hier, d’aujourd’hui ou de demain.

    • Whaou, on juge un livre et ses idées à sa couverture ? Quelle intelligence.
      Bon, le sophisme qui suit vaut à peine d’être relevé.
      Je peux t’expliquer avec des mots le libéralisme si tu veux ? Pas celui des conservateurs de droite, hein, celui des libéraux.

      • Et ou avez vous vu que je juge le livre ? C’est sa couverture que je juge,ainsi que l’article de Contrepoint.

        Cela dit après une visite sur la page des commentaires d’Amazon ,qui donne des opinions moins dithyrambique sur le contenu du bouquin, il semble bien que le livre est égal à sa couverture.

        Quand à votre invitation à m’expliquer le libéralisme , ça me fait rire.

        Quand j’ai commencé à m’intéresser au libéralisme il y avait encore plein de fossiles communiste qui expliquaient à qui voulaient les entendre que le vrai communiste n’avait pas échoué , qu’il fallait mieux comprendre la pensée des grandes idoles etc…

        Chaque fossile étant naturellement le dépositaire de cette pensée révélé, le fossile d’a coté étant un faux communiste etc..

        En 2019, c’est le libéralisme qui est dans cette situation. On ne peux pas exprimer une opinion ne serait qu’un soupçon divergente de la pensée unique, sans qu’un fanatique débarque pour remettre le troupeau dans le droit chemin à grands renfort de citation de types morts dans le meilleur des cas depuis un demi siècle.

        Le monde à un tout petit peu changé depuis ,il serait temps de d’en apercevoir.

        Si j’en crois le discours des « vrais libéraux » détenteurs du feu sacré, la Suisse , les USA, Singapour sont des enfers totalitaires car ils ne sont pas no borders…

        Et pour votre information AerosolKid, on peux être libéral ET conservateur, ce n’est pas mutuellement exclusif.

        • Juste à lire le passage « Pas celui des conservateurs de droite, hein, celui des libéraux. », on comprend facilement que monsieur l’expert en libéralisme s’est formé en lisant les pages libertaires de Libération…

      • La couverture d’un livre est choisie pour donner une idée du contenu du livre. Ici, ces visages avec le même sourire niais qu’on trouve dans les « livres pour (formater les) enfants » indiquent le contenu autant que le titre. A laisser d’urgence sur les rayons de la librairie.

  • allez demander aux suédois et aux norvégiens ce qu’ils pensent de l’immigration ; ils vont vous parler de la région , c’est moi qui vous le dit…..

  • « L’un des principaux arguments de Caplan en faveur de l’immigration libre est son formidable gain économique mondial aussi bien pour les natifs que pour les immigrants. »

    Ca fleure bon l’utilitarisme tout ca …

  • Dans le passé, l’immigration n’était que le déplacement d’individus, issus de régions proches, qui avaient la volonté de s’intégrer au pays d’accueil pour vivre mieux.
    Elle est devenue quasi mondialisée, massive, difficilement gérable pour le pays d’accueil en terme d’habitat, de communication (langue différente), d’instruction et instrumentalisée au niveau politique, parfois par le biais religieux, pour imposer des réformes généralement d’extrême gauche.
    L’immigration est possible mais elle doit être sérieusement gérée en quantité et en qualité par le pays d’accueil pour ne pas déboucher sur le chaos.
    Une BD de propagande de plus.

    • Il ne faut pas se tromper de problème: c’est les Etats soc-dem le problème, pas l’immigration … Il n’y a aucun doute que la qualité du cheptel serait infiniment meilleure dans un cadre libéral (Etat régalien uniquement): Pas attirer/maintenir l’immigration pour de mauvaises raisons et capacité de foutre dehors à grand coup de pied au cul l’immigré au premier délit sérieux.

      Malheureusement dans le cadre soc-dem indéboulonnable actuel il y a un triste jeu d’idiots utiles entre les libéraux et les socialiste sur le sujet:
      Les socialistes immigrationnistes favorisent l’importation d’un lumpenproletariat favorable « au grand capital »
      Les libéraux immigrationnistes favorisent l’importation de clientèle pour les socialistes … et le renforcement de l’Etat grâce à la baisse du capital social et l’atomisation de la société …

      Well done !

  • Bizarrement les pays les plus libéraux sont ceux qui maîtrisent fermement leurs frontières … je dis ça je dis rien …et au sujet des US lire les livres sur Ellis Island et vous verrez ce qu’il en était des pratiques …

    • Quant aux pays qui ouvrent en grand leurs frontières, on va voir s’ils resteront libéraux longtemps… m’est avis que la chienlit générée – que l’on commence à voir pour ce qu’elle est en Suède (Malmö), en France (zones de non-droit), au RU (sharia zones) et ailleurs – va plutôt déboucher sur des régimes autoritaires que sur un paradis libéral…

  • Le problème avec les économistes est qu’ils voient le monde a travers leurs chiffres et se moquent complètement de aspects sociaux et humains.
    Je connais un professeur émérite prêt à faire entrer la Turquie dans l’Europe uniquement sur ses atouts économiques…

    • Comme les Obama qui fustigeaient les blancs qui quittaient les quartiers noir alors qu’ils ont fait pareils et pour les mêmes raisons, Bryan Caplan habite dans un quartier très peu « divers ».
      Les « anywhere » se foutent complètement des conséquences de leurs délires sur les « somewhere ».

  • Au moins un livre que je ne vais pas acheter.

    L’idée d’ouvrir les frontières en grand omet deux choses :
    1- la nature humaine, qui n’est pas, contrairement au mythe du bon sauvage de Rousseau, foncièrement bonne. C’est légèrement plus compliqué que ça.
    2- qui découle d’ailleurs du 1- comme l’Histoire l’a montré et comme le rappelle régulièrement Charles Gave, par exemple, une démocratie – le moins pire des systèmes – n’est possible que dans le cadre d’une Nation, autrement dit de frontières définies et contrôlées.

    J’ajoute que comme l’ont démontré des spécialistes de la question, l’immigration (au moins dans nos pays) doit remplir deux conditions pour être une chance : 1- un flux très faible par rapport à la population du pays d’accueil 2- une culture des accueillis proche de celle des accueillants.

    Le manque total de réalisme des propositions de type « no border » apparaît (exemple parmi beaucoup d’autres, à n’en pas douter) dans la phrase « l’interdiction de la venue de personnes ayant un casier judiciaire non vierge. » : comme si faire cette vérification était simple, quand on a en face de soi des gens qui mentent régulièrement sur leur date de naissance, sans parler de leur nom ou de leur pays d’origine !

    Pour finir, quand on sait que l’idéologie « no border » est un des chevaux de bataille de la gauche idéologique, celle des islamo-gauchistes tellement obsédés par l’éradication de toute référence au judéo-christianisme qu’elle n’hésite pas à faire alliance avec les militants de l’islam conquérant, cette idéologie violemment liberticide, on se demande si les promoteurs de cette idée sont d’une naïveté sans nom, ou d’une hypocrisie sans bornes.

  • Très bien comme indiqué par cette illustration: ils vont tous à New York!

  • Petit conseil à vous tous : crachez sur ce bouquin/BD autant que vous voulez, mais pour votre propre bien ne faites pas l’erreur de sous-estimer son auteur. Cet intellectuel américain n’a rien avoir avec les clowns auquels les médias français vous ont habitué. Lorsque ces clowns sont par exemple face à un Zemmour ils se retrouvent à court d’arguments après seulement 60 secondes de débat. Si à la place de ces clowns on opposait Zemmour à l’économiste libertarien auteur de ce bouquin/BD soyez assuré que cet économiste ne serait toujours pas à court d’arguments après 60 heures de débat. Voilà, vous avez été prévenus, maitenant libre à vous de continuer à ne pas le prendre au sérieux. Bye !

    • commando a écrit: « soyez assuré que cet économiste ne serait toujours pas à court d’arguments après 60 heures de débat »

      Quand on nie la réalité, on n’est jamais à court d’arguments, c’est vrai des socialistes, mais aussi de tas d’idéologues.
      .
      Dans la vraie réalité de nos états « démocrate-sociaux », l’immigration est un coût contraint et leurs partisans de gauche s’en servent pour acquérir plus de pouvoir, d’emprise et de richesses. Il manque 30 millions de voix à la gauche américaine, l’immigration est pour eux un réservoir de votes et un fabuleux prétexte pour mettre en place des tas de mesures socialistes.
      .
      D’abord on coupe tout flux d’argent socialiste et possibilité de chantage et de levier politique, APRÈS on peut envisager la mise en place d’Utopia.

      • @Guillaume P
        Bonsoir,
        Les demonrats sont tellement à la rammasse qu’ils ont comme idée de donner le droit de vote aux prisonniers.
        L’abaissement de l’âge de la majorité en est une autre.

      • En effet, la liberté de circulation complète des personnes ne poserait aucun problème dans un régime d’anarchie complète. Si la liberté de tous est totale, alors chacun peut essayer de s’installer où il le veut… MAIS… il ne peut pas se plaindre si les natifs ne l’accueillent pas, ne le logent pas gracieusement, lui refusent du travail, le regardent de travers, etc. Et de ce fait il ne vient pas, ou repart vite, et de toute façon dit aux autres derrière lui de ne pas venir. Autrefois, il y a bien longtemps, quand nul état providence n’existait l’immigration était bien plus limitée, et cela même pour des gens qui avaient presque tout en commun avec le population du pays (ou de la région) d’accueil. Pourquoi ? Parce qu’il fallait que la famine en Bretagne soit forte pour accepter de quitter le village où tous se connaissaient et se soutenaient pour devenir un rien du tout méprisé à Paris où on se moquaient de son « baragouin » (de Bara -pain- et gwin -vin- quémande du clochard breton)… Et cela pour ne pas parler des italiens, ou des espagnols… d’où la quasi absence de populations plus lointaines encore, sinon pour les élites, très rares.

    • Ouais, sûr que Zemmour face à ce genre d’arguments :

      « Il propose donc des keyhole solutions …. Par exemple, pour contrer l’argument du risque de hausse de la criminalité, la solution keyhole signifie l’interdiction de la venue de personnes ayant un casier judiciaire non vierge. »

      ne pourrait que s’avouer vaincu ! (Ceci est un sarcasme).

      Encore une fois, les Libéraux sont les champions des villes-états, bulles artificielles au-dessus de la réalité.

    • Je vous conseille alors de lire Hans-Hermann Hoppe comme « économiste » ou « philosophe » (difficile de le placer entre les deux) libertarien… Il remettrait Caplan en place assez vite, en effet. Ne prenez pas Zemmour qui est un amuseur publique, un journaliste, pour ce qu’il n’est pas : un intellectuel, un universitaire. Mais je puis vous assurer qu’il y a un nombre certain d’intellectuels, universitaire etc. qui partagent un bon nombre des idées de Zemmour et seraient bien mieux placés pour les défendre, si le faire ne risquait pas de tuer leurs carrières.

  • Libéralement Milton Friedman disait qu’on ne pouvait avoir un système social contraint ET des frontières ouvertes. Sans surprise, l’Europe est devenue la « forêt primaire » de chasseurs-cueilleurs qui viennent grappiller des allocations pour les envoyer dans leur village. Les transferts d’Europe à l’Afrique sont au moins de 75 milliards d’euros par année et c’est sans compter tous les coûts locaux « qu’on ne voit pas » comme le social, la sécurité, etc. etc.
    .
    Si on veut une terre libre pour tous, il ne faut pas la faire payer un rein et un bras aux habitants, sinon elle leur « appartient » de facto et ils font venir qui ils veulent dessus.
    .
    Emmanuel Todd expliquait lui que des constantes culturelles déterminaient l’adoption, le succès ou l’échec de systèmes politique et économique.
    Croire que des cultures qui échouent à créer du droit et de la prospérité dans leurs 54 pays vont s’intégrer et pallier les pseudo-manques démographiques d’une culture occidentale qui a inventé le libéralisme, l’état de droit, les droits de l’homme et la révolution industrielle c’est se fourrer le doigt dans l’œil.
    La situation dans les 753 zones de « non-droit » en France est parfaitement révélatrice.

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