« Alice » d’Heidi Perks

Un très bon thriller, à la fois captivant et agréable à lire. Une bonne idée roman pour cet été, pour les amateurs du genre.

Par Johan Rivalland.

Ce roman bien enlevé (sans jeu de mots), écrit par une Américaine, Heidi Perks, qui indique avoir consacré trois ans à le peaufiner, est à la fois captivant et d’une lecture agréable. Les portraits psychologiques qui y sont présentés sont très intéressants et bien étudiés.

Une situation extrêmement angoissante

L’histoire est celle d’une jeune maman naturellement angoissée et très protectrice, qui consent malgré elle un gros sacrifice en se résolvant enfin à confier sa fille l’espace d’une journée à sa meilleure amie, qui l’y encourageait depuis longtemps. Cette dernière, une mère divorcée de trois enfants beaucoup plus expansive et décomplexée, tout au moins en apparence, s’est proposé d’amener tout ce beau monde à la grande kermesse annuelle de l’école. Harriet, la jeune maman protectrice, profite d’une obligation inhabituelle pour franchir le pas et tâcher de prendre du recul en confiant sa fille à son amie Charlotte.

Mais l’impensable va se produire… Alice, la petite fille, se fait enlever sans que Charlotte, distraite l’espace d’un instant par son téléphone portable, ne s’aperçoive de quoi que ce soit.

Commence alors une terrible angoisse, qui va nous mener de stupeur en surprises, au fur et à mesure que l’enquête et l’attente vont se prolonger.

Une histoire bien construite

Si la situation de départ correspond à l’une des choses que l’on peut le plus redouter, surtout en tant que parent, tout l’intérêt du roman va résider dans l’analyse des personnages, en particulier les deux mamans.

Que se passe-t-il, dans la position qui est celle d’Harriet telle que nous venons de la décrire, comme ce serait aussi le cas de tout parent, d’un point de vue psychologique ? Et comment réagirions-nous à a place de Charlotte, qui s’inquiète tout autant pour Alice, tout en devant affronter le terrible poids de la culpabilité, ainsi que le regard des autres, à commencer par celui de celle qui était sa meilleure amie, mais aussi du mari de celle-ci ? Une tension insoutenable. Surtout lorsqu’on sent tout son monde s’écrouler autour de soi et les réactions des gens vous surprendre à un point que vous n’auriez pas imaginé.

Un roman captivant et plein de surprises, comme je l’indiquais, qui vous tiendra en haleine jusqu’à la fin. Le type de roman que l’on ne lâche pas facilement lorsqu’on est lancé dans sa lecture. Une excellent distraction pour cet été (ou tout autant pour cet hiver) pour ceux à qui le cœur leur en dit.

  • Heidi Perks, Alice, Préludes, mai 2019, 448 pages.
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