Vols habités dans l’espace : ne cédons pas aux fanatiques qui veulent l’interdiction

Philippe Droneau, le Directeur des publics de la Cité de l’Espace de Toulouse, semble avoir une vision de notre futur extraordinairement étriquée et conventionnelle et ne pas faire confiance à nos capacités d’innovation et d’adaptation.

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Capsule Soyouz-Cité de l'Espace by Mathieu Marquer(CC BY-SA 2.0)

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Vols habités dans l’espace : ne cédons pas aux fanatiques qui veulent l’interdiction

Publié le 29 juillet 2019
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Par Pierre Brisson.

Les extrémistes climatiques mènent actuellement une campagne contre le tourisme spatial. Ils sont parvenus à mettre dans leur camp Philippe Droneau, le Directeur des publics de la Cité de l’Espace de Toulouse. Cette campagne est une menace pour la liberté et le progrès. Le raisonnement qui la sous-tend est biaisé et donc infondé. C’est grave, d’autant que Philippe Droneau suggère également d’interdire l’accès de l’espace profond au vulgum pecus.

Dans son interview par le magazine en ligne Usbek & Rica publié le 23 juin, il fait essentiellement les objections suivantes :

  1. Il y a urgence climatique ; développer massivement des vols suborbitaux de loisir n’est pas pertinent en raison de leur coût écologique (libération de dizaines de tonnes de carbone dans la haute atmosphère) et de leur coût éthique ;
  2. Il est faux de prétendre que le tourisme pourrait financer les projets privés d’exploration ou autre ;
  3. Mars ne pourra pas être une « planète B ». Même s’il y a un jour une colonie sur Mars, dans 200 ans, elle concernera une centaine d’individus au plus. La priorité c’est de s’occuper des bientôt 9 milliards de Terriens et de gérer le vaisseau spatial Terre.

De mauvais arguments écologiques

Ma première réponse à ces objections est qu’elles sont sans nuance et donc excessives, comme le sont souvent les déclarations des écologistes politiques. Si « beaucoup » de « quoi-que-ce-soit » (la production d’acier par exemple) peut poser un problème environnemental, « un peu » est souvent non seulement acceptable mais souhaitable. Ce sont les quantités ou les doses qui posent problème et non la nature même des activités humaines.

En ce qui concerne les vols de fusées affectées au tourisme spatial ou au transport planétaire terrestre il faut bien voir que la population concernée sera peu nombreuse. On parle de prix qui seront ceux d’une super première-classe s’il s’agit d’aller de New-York ou de Londres à Sydney ou de passer un week-end dans l’espace. On peut envisager l’équivalent de 20 000 CHF d’aujourd’hui par personne. Cela veut dire que très peu de monde répondra à l’offre ; pour donner une idée, les passagers de première classe sur long courrier représentent 0,3 % seulement du nombre de passagers d’Air France. Cela veut dire qu’il y aura relativement peu de vols, peut-être un millier par an. Mais ce nombre sera suffisant pour créer une très sérieuse économie d’échelle permettant d’abaisser considérablement le coût unitaire des éléments réutilisables des lanceurs (dont le premier étage) pouvant être affectés aux Starships interplanétaires qui ne partiront sur la Lune que peut-être chaque mois en moyenne et pour Mars seulement tous les 26 mois (compte tenu de la configuration planétaire). Les vols à objectif scientifique vers la Lune et vers Mars (ou autres) en profiteront forcément ; « it’s the economy, stupid ! ».

En ce qui concerne l’impact écologique il faut bien voir qu’un excellent cocktail d’ergols est constitué par de l’hydrogène liquide (LH) brûlant dans de l’oxygène liquide (LOX). C’est ce qui était utilisé pour Ariane V et ce n’est pas polluant (production d’eau !). Toutes les combustions ne sont pas polluantes ! On peut certes supposer que pour les voyages martiens on utilisera plutôt le méthane (CH4) brûlant dans le LOX (puisque la production de méthane pour le vol de retour sera relativement facile sur Mars). Cela produira du CO2 ce qui est aujourd’hui considéré comme inacceptable mais il faut bien comprendre que les vols vers Mars ne seront pas nombreux et qu’ils ne seront pas la seule source de CO2 dans le monde (cf. les centrales à charbon allemandes).

Cette limitation résulte d’abord de ce que les possibilités en sont réduites par les fenêtres de lancement (un mois tous les 26 mois) et aussi de ce que pendant très longtemps les infrastructures martiennes seront trop peu développées pour accueillir des dizaines de vaisseaux partis pendant que ces fenêtres sont ouvertes. Quand les infrastructures seront suffisamment développées les technologies de transport auront évolué. Pour les voyages planétaires (point à point du globe terrestre) on pourra continuer à utiliser la propulsion HL/LOX.

Un autre point à noter est qu’une fusée consomme l’essentiel de ses ergols en altitude relativement basse (contrairement à ce que laisse croire Philippe Droneau). En effet ce qui représente la masse la plus importante d’un vaisseau spatial avant décollage c’est la part des ergols qui va permettre le décollage de la totalité de la masse1, incluant la totalité de ces mêmes ergols, avec une force suffisante pour lui donner une vitesse initiale qui permettra ensuite une accélération toujours plus rapide, tant qu’il y aura du carburant. Plus le vaisseau monte, plus il prend de la vitesse et plus sa masse se réduit. L’essentiel est donc consommé dans les premières dizaines de kilomètres d’altitude (grâce à la plus grande partie de la masse du premier étage) et non pas dans la « haute atmosphère » (comparez juste visuellement le volume d’un premier étage avec celui d’un second étage, sans y inclure l’habitat ou la charge utile).

Vols habités : le tourisme au secours de la recherche scientifique

Ma deuxième réponse est qu’en niant l’intérêt des vols touristiques, Philippe Droneau ne voit pas que non seulement ils vont permettre de réduire le prix unitaire des vols scientifiques effectués avec les mêmes fusées (comme développé plus haut) mais aussi que sur Mars le « vol + séjour » touristique peut aussi permettre de faire tourner une économie locale qui coûterait encore plus cher si elle n’était prévue que pour le séjour de scientifiques. Pourquoi donc refuser l’argent du privé s’il peut aider à développer la base martienne et à faire fonctionner la recherche ?

Cette remarque me semble d’autant plus pertinente que les « touristes » qui, au-delà de l’orbite basse terrestre, viendront passer un séjour nécessairement long sur Mars, 18 mois (imposé par les contraintes synodiques), devraient très souvent y « faire quelque chose » ou y « tenter quelque chose », qui pourrait s’avérer utile et profitable à tous (ils y seront d’autant plus incités qu’ils auront payé très cher ces « vacances »). Le « touriste » pourrait être un cinéaste mais il pourrait être aussi un futur entrepreneur venu tester une idée, un concept, dans un environnement extrême ou il pourrait être un « étudiant-chercheur » de haut niveau voulant bénéficier de l’environnement intellectuel exceptionnel de la communauté martienne (concentration extrêmement forte de personnes à la pointe de chacune des nombreuses technologies nécessaires à la vie sur Mars… et sur Terre).

Je trouve que la proposition de monsieur Droneau de vouloir restreindre l’accès à l’espace à des « spécialistes » est extrêmement élitiste, arrogante et contraire aux intérêts même de la science. Toute personne ayant une motivation suffisante et capable de réunir les finances nécessaires (les siennes propres ou celles de ses sponsors), ce qui va d’ailleurs ensemble, doit pouvoir avoir accès à l’espace pourvu que son projet ne soit pas nuisible de façon évidente à l’intérêt commun (un comité ou conseil sera nécessaire pour accepter les candidatures, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité ou de nombre de places limitées).

Une planète B pour les Terriens

Ma troisième réponse est que Oui, Mars pourrait être pour les Terriens une planète-B. Il est évident que seule une infime partie des Terriens pourra s’établir sur Mars. Non pas 100 dans 200 ans mais plutôt 1000 dans 20 ans, contrairement à ce que pense Philippe Droneau, mais de toute façon un nombre très, très inférieur à la croissance annuelle actuelle de la population mondiale.

Mais ces quelques personnes pourraient emporter, conserver et faire fructifier la quintessence de notre civilisation. Ce n’est pas rien ! Cela vaut un effort et même de diffuser quelques tonnes de CO2 supplémentaires dans l’atmosphère terrestre. Dans le cas d’un cataclysme survenant sur la Terre ce serait pour nous tous, ceux qui seraient partis et ceux qui n’auraient pas pu ou voulu partir, une seconde chance (intellectuellement pour les seconds). Dans le cas d’une continuation heureuse de notre civilisation sur Terre, ce serait un enrichissement potentiel, le nouveau milieu accueillant la vie suscitant forcément des innovations profitables également à la vie sur Terre…

Tout cela pourvu évidemment que l’on laisse suffisamment de temps aux nouveaux Martiens pour s’installer et, dans le cas de l’hypothèse catastrophiste, qu’ils aient eu suffisamment de temps pour acquérir une autonomie leur permettant de survivre si la civilisation terrestre est détruite. Ce ne sera pas demain ! En attendant, du fait de la stimulation du milieu, la présence d’une colonie humaine sur Mars nous apportera des innovations intéressantes pour tous, Martiens et Terriens, dans le domaine du transport, de la durabilité, du recyclage, de la productivité agricole, du traitement économe de l’environnement, de son contrôle microbien, etc.

Alors dans ce contexte, je ne vois vraiment pas quel est le « coût éthique » auquel fait allusion Philippe Droneau. Sa vision de notre futur, de nos besoins et de nos devoirs, est extraordinairement étriquée et conventionnelle. Un vrai scientifique devrait faire confiance à nos capacités d’innovation et d’adaptation ; ce ne semble pas être son cas. C’est fort regrettable de la part d’une personne chargée de la diffusion de la science auprès du public.

  1. Pour le « Super-Heavy »+ »Starship » de SpaceX (le tout étant appelé précédemment le « BFR »), 4400 tonnes dont 3065 pour le premier étage (Super Heavy) et 1335 pour le second étage (Starship) dont 185 tonnes à vide (ou plutôt « à sec ») avec sa charge utile (100 tonnes). Pour comparaison l’Airbus a380 a une masse de 575 tonnes au décollage et une masse de 277 tonnes à vide.
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  • ben, il est par contre cohérent d’interdire les vols financés par de l’argent public quand un gouvernement prétend vouloir diminuer à tout prix les émissions de CO2…

    et voila là le problème de tout ceux qui souhaitent diminuer les emissions de CO2, il faudra interdire TOUT ce qui peut semble futile…
    ensuite le tourisme ou un truc à la novethic, ménageant encore quelques espoirs pour être « vendable » aux jeunes…
    jamais été un fan des vols habités ou d’installation sur la lune…je comprends que certains y voient un truc exhalant, mais je ne vois pas pourquoi je dois payer des impots pour ça.
    un vol robotisé suffit.

    • Ce qu’on semble aujourd’hui s’interdire de penser c’est qu’il existe des solutions pour réduire nos GES qui ne nous contraignent pas à les limiter !
      En plantant des arbres par milliards, nous constituons un puit de carbone qui nous permet de continuer à vivre sans recourir à la décroissance…

      • Les arbres « se replantent » tout seul grace au co² si on arrête juste de trop en couper, la fertilisation au co² à plus d’effet sur les arbres que les sur les herbes.

    • Pourquoi vouloir mettre l’Etat partout? Les vols habités peuvent être menés par des personnes privées (dans la mesure évidemment où l’Etat ne leur prend pas « tout » en impôts). Je pense évidemment à Elon Musk et Jeff Bezos (Hélas, nos grands entrepreneurs français préfèrent apparemment l’art contemporain).
      Quant au choix entre robot et être humain, tout dépend de la perspective dans laquelle on se place. Le vol robotisé peut bien sûr nous apporter énormément mais l’homme peut en décupler les possibilités et le robot ne remplacera pas l’homme s’il veut « sortir de son berceau » pour continuer la grande aventure dans laquelle nous sommes biologiquement et intellectuellement engagés (ce que personnellement je souhaite). Vous avez une conception « Terra-centrée » de l’univers. Changez votre perspective! Aujourd’hui le progrès technique nous permet de penser autrement.

  • Interdire l’inutile me parait judicieux ,mars ….moi je suis du genre nemo ,la ville sous la mer , y a de quoi y caser deux humanites……

    • Et comment distinguez-vous ce qui est inutile de ce qui ne l’est pas?
      A commencer par vous-même.

    • Oui, mais comme il y a 7 milliard d’individus sur terre et qu’ils ont tous un avis sur l’utile et l’inutile…
      Gustave Eiffel a fait construire une tour en ferraille tout à fait inutile et futile (monter en haut pour voir la vue) = rayonnement de Paris à l’international, monument le plus visité de la ville, etc.
      Le génie humain est de trouver une utilité à l’inutile, mais il y a de moins en moins d’humains parmi nous, on lit quelquefois des non-humains sur ce site, d’autres oscillent encore, on ne sait pas s’ils tomberont du bon côté.

    • @reactitude: Oui, les prédictions sur le développement des villes sous marines se sont avérés des délires montrant que 1/cela est extrêmement difficiles, 2/ que cela n’intéresse personne de vivre sous plusieurs mètres de flotte !

      Je pense que les colonies martiennes auront le même problème, puissance 10.
      Attendons que nos capacités s’améliorent en robotique, pour qu’ils puissent préparer un environnement favorable à l’Homme. Bien plus tard.

      • Vous vous trompez concernant nos besoins robotiques. Il est possible aujourd’hui d’aller sur Mars et d’y établir une base avec un support vie suffisant (sous réserve que les lanceurs lourds actuellement en préparation soient finalisés).
        Le développement se fera lentement mais autant commencer tout de suite, ne serait ce que pour multiplier l’efficacité de nos robots scientifiques.

  • Si aujourd’hui la priorité semble être la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution, viendra un jour où elle sera de sauver l’humanité en l’exfiltrant vers un autre système solaire. Sauf à penser l’impensable : la fin de l’Homme avec l’extinction de notre soleil…
    Certains ne pensent qu’à l’horizon 2050, d’autres voient un peu plus loin.

    • Je vous rappelle que ce sera quand même dans quelques milliards d’années!

      • Non, à peine 1 milliard d’années.

        • Je dirais même plutôt 500 millions d’années.
          Ça nous laisse un peu de temps mais n’en perdons pas trop…Les écolos peuvent décider de casser la machine bien avant et imposer dans les années qui viennent leur vue à un peuple de moutons un peu trop craintifs mais qui votent!

    • N’oubliez pas qu’après 2050, c’est fini, c’est l’apocalypse… Plus rien ne survivra… peut être quand même les araignées, les cactus et les cafards, mais pas les humains… ^^

  • Quand on a inventé le train, des esprits chagrins ont critiqué, en disant par exemple que les passagers allaient mourir dans les tunnels.

    Quand on a inventé l’avion, les pionniers étaient considérés comme des cinglés et les détracteurs disaient que cela ne servait à rien.

    Il n’est pas surprenant que certains trouvent tous les prétextes possibles pour critiquer les initiatives. Le plus surprenant c’est que Philippe Droneau est supposé faire la promotion de l’espace plutôt que de dénigrer ces projets. Le moins suprenant c’est que ce Monsieur vit de l’argent public et a visiblement du mal à concevoir autre chose pour la conquête spatiale.

    • Le probleme avec l’espace est qu’il n’y a pas de but reel a part , aller dans l’espace , c’est comme aller sur la tour eiffel ou a venise….y a pas de quoi y consacrer des milliards .il n’y a rien la haut que du vide et des etoiles….avec nos possiblilites techniques actuelles….plus tard sans doute ,l’humanite est encore trop jeune….

      • D’autant que ça se fait à coups de dette publique…

      • Rien? Des astéroïdes remplis de minéraux, des gazs, des sources d’énergie, du prestige, de la notoriété, de la stratégie…

        Les capacités d’évolution de l’espèce humaine sont énormes, le progrès technique sur 1 siècle est plus important que tout ce qui a été fait sur l’ensemble de la période de l’humanité. On va y arriver et plutôt tôt que tard!

        • Faut aussi envisager qu’il n’y aura plus de rupture aussi importante que la 1ère révolution industrielle, ya une chance qu’on ne maitrise jamais la fusion ou que le stockage d’électricité soit finalement impossible…

          • Ça alors! Comment peut-on écrire qu’on ne maîtrisera jamais la fusion et qu’on ne pourra jamais stocker l’énergie?! Vous connaissez l’avenir?

            • « Vous connaissez l’avenir? »
              non c’est pour ça que je dis « envisager » et « une chance que »…

              • Disons qu’il y a une place entre être anti-progrès et croire en la décroissance et « être techno-gaga » et croire que le futur ça va être la fête à neuhneuh.

          • La combinaison de l’IA et de la nanotech sera bien plus violente que la première révolution industrielle. un nano assembleur c’est des objets produit avec précision atomique en grosse série et à une vitesse démentielle.

      • Lorsque les ressources métalliques de la terre seront épuisées on sera bien obligé d’aller les chercher dans les astéroïdes! Il n’y a pas que du vide dans l’espace, mais des milliers de milliards de tonnes de fer, de titane, etc…

        • heu désolé de casser votre enthousiasme mais quand bien même les champs d’astéroïdes seraient riche, les distances entre chaque cailloux sont tellement grande… on est loin des astéroïdes qui s’entrechoquent…
          L’espace s’avère assez déprimant en fait, tout est beaucoup trop loin…

  • De mon avis, il serait utile d’aller sur Mars, car cela permettrait d’avoir une expérience de longue durée dans des milieux pauvres.
    Cela se fera-t-il, une certaine élite ayant fait du CO2 son nouveau diable maléfique?
    Alors que le CO2 n’est pas un polluant, mais apporte la vie.

    Mais qui est habilité à juger ce qui est utile? Et si celui qui juge inutile était lui-même inutile?
    Ne voit-il pas la pente savonneuse qu’il emprunte?

  • Excellent article !
    Si Macron pouvait partir sur Jupiter Immédiatement la France pourrait être encore sauvée de la censure, du nazislamisme, des ventes d’activités stratégiques etc.

  • Le raisonnement de Philippe Droneau encore plus court à mon avis:
    -Aller dans l’espace ça coute cher
    -Pour payer son billet il faut être riche
    -On n’aime pas les riches, donc il faut l’interdire
    Ca me rappelle le projet eads de mini navette suborbitale, qui avait demandé des subventions à l’état. Réponse: ce n’est que pour les super riches, cela ne mérite pas de subvention!
    Non pas que je sois pour les subventions, mais il semble que le seul point « c’est pour les riches » est suffisant pour que l’état ne veuille pas en entendre parler.

  • Cet article est fort juste mais il ne tient pas compte du fait que les élucubrations de Droneau et écolos et Cie ne concerne pas les pays capables actuellement de mettre en œuvre le tourisme spatiale soit les USA, la Russie et la Chine. En effet il parait peu probable que l’UE soit capable de renouveler l’exploit d’Air Bus Industrie vu qu’e nous n’avons plus de projets solides après Ariane 5 qui commence à être dépassée. Les pays qui ne font pas de l’écologie punitive gagneront ce marché comme d’ailleurs ceux des autres technologies d’avenir et nous regarderont régresser encore un peu plus en se moquant de nos pseudos scientifiques qui arrivent à des postes de pouvoir on ne sait trop comment, mais dont les actons emmène tout droit l’UE dans le mur des régressions technologiques.

    • Vous avez tout à fait raison, cette attitude met en évidence le décalage entre les « élites » françaises (scientifiques officiels compris) et celles d’autres pays qui n’ont pas les mêmes prévention contre l’argent en général et qui gardent confiance dans les possibilités que nous offrent notre puissance d’innovation et d’adaptation à surmonter nos problèmes.
      Au XIXème siècle, les mêmes élites auraient condamnés ad aeternam le transport ferroviaire à cause de ses rejets de CO2 et de poussière dans l’atmosphère. Cela ne donne pas beaucoup d’espoir pour le pays!

  • Je doute que si il y a conquête et colonisation de mars il y ait solidarité avec le reste de la terre, la tentation de créer un monde parfait sera tellement grande…

    • Vous avez tout à fait raison. Les « Martiens » seront fiers de leur différence et ils auront eux aussi raison.
      Remarque: le temps nécessaire à l’acquisition de l’autonomie sera long puisqu’il faudra non pas importer les matières premières (on les trouvera sur place) mais les machines les plus sophistiquées qui supposent tout un environnement industriel (et qu’il sera difficile de recréer rapidement).
      Après « un certain temps » l’environnement martien étant très différent et les contraintes qu’il impose, très particulière, il y aura forcément des divergences, probablement des incompréhensions mais aussi in fine un enrichissement des deux mondes.

  • Moi je suis prêt à participer avec mes petits moyens à un billet aller simple pour les foufous qui veulent voir la terre d’en haut

  • La conquête spatiale est un choix. Comme le téléphone l’a été en son temps. Avant on pouvait s’envoyer des lettres pour communiquer, ça allait moins vite mais c’était tout de même efficace, alors pourquoi le téléphone ? Pour le plaisir de l’innovation ou pour tout ce que ce moyen a apporté ?
    La conquête spatiale fait appel à des chercheurs et des ingénieurs qui fatalement trouvent et inventent d’autres choses au passage, comme hélas la guerre le permet souvent. Mais on peut aussi rester le cul assis dans sa grotte…

    • S’il n’y a pas de retour ou de perspective pouvant intéresser les investisseurs, vous pouvez faire appel aux chercheurs ou ingénieurs, ils vous demanderont comment vous allez les payer !

      Pour certains ici, la conquête spatiale tient des lignes de TGV : « Autour des gares en rase campagne s’épanouiront des milliers d’habitations et d’industries … ». Peut-être !

      L’amélioration technique c’est comme la théorie de l’évolution : La vie la plus sophistiquée qui a dû mal à se nourrir et est sous la pression de l’environnement et de la concurrence n’a qu’un destin : L’extinction.

      • Vous ne devriez pas affirmer péremptoirement qu’il n’y aura pas de retour sur investissement!
        La société d’exploitation de la base martienne pourra vendre des services, à commencer par la location d’habitats. Cela devrait intéresser toute une communauté scientifique, des touristes et des gens qui voudront bénéficier d’un milieu humain particulier (une sorte d’université compte tenu des compétences de pointe rassemblées en cet endroit, dans de très nombreux domaines aussi bien ingénieriaux que scientifiques).
        La base martienne pourrait grâce à cet environnement être aussi un incubateur de projets économiques nouveaux utilisant les technologies développées sur place, testées et discutés avec ces spécialistes.

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