Les publicités changent, et il faut s’en réjouir

En tant que consommateur, vous sentez-vous manipulé par la publicité ? Ou bien est-ce un moyen efficace, voire distrayant, de vous offrir ce que vous désirez ?

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Shanghai #21 By: Franck Michel - CC BY 2.0

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Les publicités changent, et il faut s’en réjouir

Publié le 18 juillet 2019
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Par Bill Wirtz.

Nous avons fait des progrès dans l’évolution du secteur de la publicité. Les Égyptiens utilisaient le papyrus pour des messages de vente et des affiches murales, tandis que le Moyen-Âge nous faisait passer aux crieurs publics et aux panneaux publicitaires.

Même les marques de commerce sont plus anciennes que beaucoup ne le pensent. La première marque remonte à 1300 av. J.-C., dans ce qui est l’Inde aujourd’hui.

La publicité est à la fois un reflet de la réalité et une exagération vulgaire des attentes des consommateurs : elles sont flashy, elles sont grossières, elles mettent en scène des musiciens et des acteurs. Certaines publicités sont tellement divertissantes que les téléspectateurs font en sorte de les regarder, et elles génèrent des clics massifs sur des plateformes vidéo telles que YouTube.

La télévision terrestre est un bon exemple de la manière dont certains services ne sont financés que par la publicité depuis longtemps.

Avec l’apparition de la publicité en ligne, nous avons vu des journaux entiers changer de modèle d’affaires. Le Guardian – qui n’est pas exactement le défenseur du capitalisme moderne au Royaume-Uni – recueille davantage d’argent en ligne qu’en version imprimée. Pas étonnant, car la publicité en ligne est meilleure pour les annonceurs et les consommateurs.

La publicité ciblée indique à l’entreprise qui affiche l’annonce si elle est réellement visionnée et cliquée, ce que vous ne pouvez garantir d’aucune façon à la télévision ou à la radio. Sur la plateforme vidéo YouTube, l’entreprise explique que vous ne payez votre annonce que si les gens choisissent de la regarder :

« Par exemple, lorsque quelqu’un choisit de visionner votre publicité TrueView pendant au moins 30 secondes ou s’engage avec votre publicité comme cliquer sur un call-to-action overlay, une carte ou une bannière d’accompagnement. »

Cela s’applique certainement à moi-même : en tant qu’amateur de bière artisanale, les publicités Google et Facebook m’informent constamment sur les dernières créations de bière. Pourquoi devrais-je m’énerver ? J’utilise un service en ligne gratuit, et en retour je suis informé des produits que j’aime.

Quelle manipulation ?

Il serait étrange de prétendre que c’est pire qu’autrefois, quand on me montrait des objets que je n’achète pas, comme des produits d’hygiène féminine ou des pneus de voiture.

Il existe aussi une supposition commune que la publicité est une forme de lavage de cerveau, nous bombardant constamment avec ce que nous ne voulons pas. Elle pose la vieille question : peut-on faire acheter à quelqu’un ce qu’il ne veut pas acheter ?

Le juriste américain Cass Sunstein, qui était administrateur du Bureau de l’information et des affaires réglementaires sous l’administration Obama, a publié un essai intitulé Fifty Shades of Manipulation, dans lequel il qualifie le marketing conventionnel de manipulation. Il écrit par exemple :

« Il est important de reconnaître que dans le domaine commercial, la manipulation est répandue ; elle fait partie de l’entreprise de base. »

Oui, lorsque des entreprises font de la publicité sur des bienfaits pour la santé de leurs produits, qui ne peuvent être prouvés, elles induisent intentionnellement leurs clients en erreur. Cependant, c’est loin d’annoncer un produit comme étant cool, rafraîchissant, confortable ou à la mode.

Doit-on définir le simple fait qu’un produit est décrit par le producteur comme bon, comme une manipulation ? Car selon ce même critère, je me sentais également manipulé par le fait que Sunstein qualifie de pertinent un livre qu’il a lui-même édité, (ce qu’il a fait sur Twitter).

Vous ne pourriez vendre à personne une bougie pour remplacer les ampoules électriques, mais vous pouvez faire de la publicité positive pour vos produits. Bien sûr, la publicité fonctionne, sinon cela ne servirait à rien.

Cependant, l’hypothèse selon laquelle il est mauvais d’avoir des services basés sur la publicité est une pensée rétrograde. De nombreuses carrières, y compris celles de journalistes free-lance, ont été rendues possibles grâce à la publicité moderne. De nombreux consommateurs sont heureux d’avoir des publicités ciblées spécifiques en ligne plutôt que de s’ennuyer avec leur téléviseur.

La publicité change parce que nous changeons en tant que consommateurs.

Pour plus d’informations, c’est ici.

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  • Oui la publicité change, je n’ai plus de TV depuis des lustres et un adblocker pour le net!

    • La publicité ne pose de problème qu’aux acheteurs compulsifs . Pour ma part, ce que je lui reproche, c’est sa médiocrité et son manque d’imagination . Adblock et zapette font le reste .

      • L’acheteur compulsif… j’ai bossé dans la gestion de campagne de pub sur le web, mais j’avoue avoir toujours eu du mal à comprendre cette personnalité. On sait qu’il y a des biais cognitifs qui favorisent l’achat impulsif (« fear of missing out », la « bonne affaire », l’environnement musicale, l’effet de groupe simulé ou pas etc…), mais je reste perplexe sur la machine interne qui pousse ce type d’acheteur.

    • C’est aussi une des raisons qui m’a poussé à supprimer la télé. Me farcir des pubs à rallonge (TF1 était une catastrophe pour ça, même si je regardais peu cette chaîne au contenu peu intellectuel), criardes, vulgaires, stupides, etc dans des programmes que je ne regardais plus que d’un oeil tellement le niveau et l’intérêt était médiocre, et pour 30 euro par mois (prix belge), non merci..
      Bref…

  • Je n’ai pas de télé. Et en effet, la pub ciblée qui me permet de consulter gratuitement internet, ne me dérange pas. Je me connais et je ne risque pas d’acheter un produit parce qu’on me dit qu’il est génial. En revanche, les rares fois où j’entends la radio (dans un taxi par exemple), je trouve les séances publicitaires insupportables et complètement infantilisantes.

  • La pub bouffe la bande passante. Aussi bien celle des réseaux que celle des cerveaux. Vouloir la justifier parce qu’un infime pourcentage en est consenti, voire désiré, est une arnaque. Si un publicitaire veut mon attention sur un sujet, il lui suffit de ne jamais la solliciter deux fois sur un autre pour lequel je lui aurai fait part de mon désintérêt. Suis-je si différent du reste de la population que nul ne me le propose ?

  • La pub nous montre tels que nous sommes, et c’est jouissif !

    – écoutez le rire pourri de la dame qui dit regretter ses gosses en vacances (je déconne, qu’elle dit)
    – les mensonges éhontés de ceux qui veulent rouler en peugeot
    – de la mémé qui raconte qu’elle a pas de réseau pour que la petite vienne la voir en scooter
    – des chantages pour piquer le dernier bout de pizza
    – des manigances pour prendre le dernier bueno
    – du père qui s’empiffre de baguette Lidl tout en reprochant à son fils d’en faire autant
    – y a même eu en son temps le père qui disait à sa gamine que le chat était mort pour lui piquer ses pâtes !
    – sans compter le gars qui se prend une veste parce que son premier réflexe est d’aller voir son nouveau voisin pour lui parler de taux de prêt.

    Un bel échantillon de la population…

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