Débat : l’amour du « local » masque de la haine de l’étranger ?

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By: Bernard Fidel - CC BY 2.0

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Débat : l’amour du « local » masque de la haine de l’étranger ?

Publié le 21 mai 2019
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Par Daniel Boy.
Un article de The Conversation

L’amour du local, sous toutes ses formes, constitue l’un des traits culturels dominants de nos sociétés. Dans l’ordre de la consommation, nous sommes incités, à la fois pour des raisons de respect de l’environnement et de sûreté alimentaire à choisir des produits locaux.

À l’inverse, des denrées produites à proximité, celles qui sont importées d’un pays voisin, et plus encore d’un pays lointain, cumulent l’inconvénient de contribuer par leur transport à de fortes émissions de CO2, parfois de ne pas respecter dans leur fabrication les normes environnementales en vigueur en France, voire de mettre en danger la sécurité des consommateurs.

Rousseau, déjà…

À vrai dire, la familiarité avec les produits locaux, et la confiance qu’ils inspirent n’est pas une idée nouvelle. Dans Julie ou la nouvelle Héloïse (1761), Rousseau exprime un amour des petites communautés, un refus de ce que nous appellerions aujourd’hui la société industrielle qui présente des aspects étrangement contemporains.

Dans sa description des habitudes de vie de la petite communauté de Clarens, il fait l’éloge de la simplicité, de la modestie, du refus réfléchi du luxe, de la restriction des besoins à l’essentiel. Le troc, les échanges de proximité, l’auto-subsistance, l’usage de produits durables constituent les habitudes de vie de Julie et de son époux :

Comme tout ce qui vient de loin est sujet à être déguisé ou falsifié, nous nous bornons par délicatesse autant que par modération au choix de ce qu’il y a de meilleur auprès de nous et dont la qualité n’est pas suspecte.

Cet éloge du produit de terroir que l’on choisit autant par prudence de consommateur que par modestie n’a-t-il pas une résonance étonnamment actuelle ?

Pour une écologie de terrain sans douleur

Après Rousseau, la valorisation du local a imprégné de façon souterraine une fraction très minoritaire du mouvement socialiste, que l’on désigne habituellement sous le terme de socialisme utopique qui préfigure par certains aspects le développement contemporain des mouvements Verts.

Depuis le début des années 80, l’écologie politique a repris et abondamment développé la problématique du local souvent opposé au national, et plus récemment à la mondialisation. Le succès considérable du documentaire « Demain », réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent – hymne aux vertus de la production et de la consommation locales – témoigne de la sympathie du public pour une écologie de terrain sans douleur, bien éloignée de l’écologie « punitive » dont nous menacent parfois les tenants du productivisme.

Ces dernières années la remise en question du libre échangisme a conduit à la condamnation par le mouvement écologiste, et au-delà par une bonne partie de la classe politique, de certains traités tels que le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement). La popularisation du « localisme » constitue aujourd’hui une confirmation de la montée d’un mouvement croissant d’opposition à l’ouverture de la France vers l’étranger.

Ainsi selon le baromètre de confiance du Cevipof en 2009, 33 % des personnes interrogées estimaient que « la France doit s’ouvrir davantage au monde d’aujourd’hui », contre 23 % aujourd’hui. À l’inverse en 2009, 30 % jugeaient que la France devait « se protéger davantage du monde d’aujourd’hui », contre 38 % en 2018.

Une contradiction idéologique majeure

Mais toutes les conséquences de cet amour immodéré du local ont-elles été bien évaluées ? Orienter prioritairement notre consommation vers les produits locaux implique-t-il, par exemple de renoncer aux produits du commerce équitable en provenance de pays en développement (le café du Brésil, les produits artisanaux du tiers monde, les haricots verts du Kenya), au risque certain de freiner les gains générés par ces flux.

Au-delà des nouveaux traités commerciaux internationaux soupçonnés – souvent à raison – de négliger les contraintes environnementales, faut-il aussi revoir les importations en provenance de pays membres de l’Union européenne ? Et puisque le localisme, et le souci d’économiser nos propres émissions de CO2 conduit à renoncer aux voyages en avion, faut-il supprimer le tourisme vers les pays lointains, et perdre ainsi une source d’enrichissement personnel offert par la diversité culturelle ?

Un étal de piments sur un marché de Rio (Brésil).
David Gambier/Pexel, CC BY 

Il y a bien, en réalité, une contradiction idéologique majeure entre la valorisation sans nuances du local et l’adhésion aux valeurs de l’universalisme. Par « universalisme », on entend ici cet ensemble de valeurs post-matérialistes (selon la terminologie de Ronald Inglehart) fait de tolérance aux différences (de pays, de cultures, de couleurs de peau), d’acceptation d’une certaine diversité, de certitude qu’au-delà de nos différences apparentes nous sommes tous membres solidaires d’une même communauté humaine.

La nécessité d’une clarification

Ce sont précisément ces valeurs qui sont aujourd’hui combattues par les mouvements populistes. Chez les Gilets jaunes, aussi, on défend avec acharnement le local contre l’État parisien contre la mondialisation, voire contre l’étranger. Cette promotion du local, au motif de défendre la nature trouve son aboutissement dans le programme pour l’environnement du Rassemblement national dans lequel on lit ceci :

La richesse de la nature en Europe […] est menacée par l’idéologie du nomadisme dont l’immigration de masse en est une manifestation, idéologie qui impose un modèle déraciné d’exploitation des territoires sans transmission et sans responsabilité.

La sympathie que nous inspire « naturellement » l’amour de ce qui est proche de nous, de nos habitudes, de nos modes de vie, de notre terroir doit-elle s’accompagner de cette méfiance grandissante à l’égard de l’autre, de l’étranger, de qui ne nous ressemble pas ?

À l’évidence, ceux qui défendent pour de bonnes raisons la promotion du local devraient en identifier les contradictions et en clarifier les limites.

Daniel Boy, Professeur de sciences politiques, Sciences Po – USPC

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation

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  • claude henry de chasne
    21 mai 2019 at 6 h 05 min

    ceci dit je ne vois pas pourquoi les courgettes que je trouve dans mon super marché viennent d’Espagne , alors que tant de gens sont devant leur console de jeu en attendant d’aller au drive faire leurs courses avec leur RSA

    • Sans doute qu’il faut un bout de terrain pour’produire des courgettes ,une serre pour les elever et des bras pour en tirer un benefice pas deux des dizaines….les meilleurs sont..surgelees comme le poisson direct du bateau !

      • claude henry de chasne
        21 mai 2019 at 8 h 38 min

        ben prêtons donc un terrain aux gens au rsa et faisons les cultiver nos courgettes

        • Ouais, les courgettes risquent de nous coûter beaucoup plus cher et faut-il obliger les gens au RSA à faire de la courgette ? Sans parler de prêter un terrain, vous en connaissez beaucoup des prêteurs ?
          Bref, si vos courgettes viennent d’Espagne, il y a sûrement une raison. Bonne ou mauvaise.

        • Vous voulez dire « travailler »? L’horreur…

        • Donc les légumes des supermarchés français viennent de l’autre bout de la planète parce qu’une partie des français sont des feignasses qui préfèrent jouer aux jeux vidéo plutôt que d’aller travailler ? C’est un parallèle tout aussi grossier que dire que consommer local s’apparente à de la xénophobie…
          Les supermarchés contribuent et subissent à la fois l’offre et la demande et comme ils veulent offrir toujours offrir moins cher au consommateur, ils préfèrent acheter 10 tonnes de tomates espagnoles cultivés sous serre au mois de février plutôt que d’attendre que l’agriculteur du coin commence à récolter les siennes en juin.
          De plus une grande partie des personnes au RSA aujourd’hui sont des personnes sur-diplômées sur un domaine qui n’offre pas d’emploi, votre commentaire est donc à la limite de l’insulte. De plus si ces personnes sont prêtent à se contenter du RSA (le temps de trouver une offre qui leur corresponde ou de se rediriger vers une autre filière) à une époque ou le plein emploi est révolu, je vois mal ce qu’on peut leur reprocher.

    • Je ne vois pas le rapport.
      Perso, je m’énerve de voir en supermarché des flopées de pommes de terre d’Israël ou de Chypre et des oignons et de l’ail du Pérou… Je vis en Belgique, c’est pas comme si on manquait des ces denrées…

      • « c’est pas comme si on manquait des ces denrées… »
        Cela vous énerve? Mais rien ne vous empêche d’aller ailleurs et d’acheter « local ».
        Certains denrées sont peut-être disponibles en production locale (et encore, c’est à vérifier) mais pas en quantité ni au prix adéquate (càd trop cher). Une production locale peut être concurrentielle et être achetée si son prix de vente est suffisamment bas, la quantité produite importante et arrive au bon moment. Une chaine de supermarchés doit alimenter de nombreux magasins avec un même produit. Il ne peut se permettre pour des raisons de coûts, d’aller acheter une tonne par ci, 3 tonnes par là…etc Cela majorerait le prix de vente.
        Sinon quoi, vous prenez les supermarchés pour des glands incapables de reconnaitre une bonne affaire dans des produits locaux permettant une revente avec un bon bénéfice?

        Obliger les supermarchés à faire systématiquement du localisme se traduira par une augmentation des prix. Bien sûr, le bobo citadin aisé adorera acheter « local », et les personnes plus justes économiquement se passeront du produit (ou d’un autre, ne pouvant acheter les deux). Les supermarchés proposent souvent 2 types de produit (local et autres) à la vente quand ils ont une clientèle aisée. Ce n’est pas le cas de tous les supermarchés (aller voir dans certains quartiers!!).
        Le localisme est une demande de gens aisés. Quand vous êtes pauvre, ce n’est pas vraiment votre préoccupation principale.

  • Acheter ses fruits et légumes chez un producteur local c’est favoriser ses proches, c’est soutenir l’activité économique de sa région. C’est aussi suivre le rythme des saisons. Bref que des sentiments sympathiques tant que c’est un choix libre.

    Militer pour dissuader les autres de consommer des fruits tropicaux du café ou du chocolat c’est tres différent. Prétendre interdire aux pays du sud d’exporter leur production vers l’Europe c’est entraver leur développement. C’est beaucoup moins sympathique. C’est du néo-colonialisme.

    • jacques lemiere
      21 mai 2019 at 7 h 27 min

      ben oui…un peu.. et c’est aussi simplement illusoire car on sait bien que tout ne sera pas local..on doit donc s’ajouter des règles, ben du café quand m^me.. mais si on accepte quoique ce soit d’ailleurs, il faut bien échanger…

      ça relève surtout une fantastique capacité à mettre en avant dans se vie ce qu’on désire pour se mettre en valeur…des œillères ..ça je ne le regarde pas…

      il faut gérer les contradiction car respecter la nature et consommer local c’est être matériellement pauvre…

      pas d’essence? ou de l’essence équitable peut être?

      ils prêchent donc la sobriété…mais pas vraiment ou pas précisément…

      ça a sans doute aussi à voir avec le constat que le socialisme conduit à un appauvrissement…et que l’appauvrissement n’est pas le résultat de l’action de vilains « capitalistes »..

      ce sont surtout des gens extraordinairement certains d’etre supérieurs aux autres ou obsédés par cette idée..

      consommer local c’est ‘ailleurs en général consommer de l’alimentaire local…on devrait leur rappeler que justement du fait des échanges l’alimentaire est devenu une part moindre des dépenses des ménages… et que dès lors si on fait le bilan, le smicard qui achète en fonction du prix aura un impact écologique moindre que le cadre qui achète local sa nourriture et quelques babioles..

      mon dieu toute chose égale par ailleurs le moins cher est souvent les plus écolo.
      le prix du transport de la tomate d’Espagne est compensé par le prix plus élevé payé au producteur local…et les émissions de CO2 itou, le producteur local pourra juste faire un tour en bagnole..tandis que le producteur espagnol, le conducteur de camion pas vraiment…

      avec l’ecologie c’est toujours cacher l’appauvrissement…toujours..sinon ça ne convainc pas les masses surtout qu’on a appris aux masses qu’elles étaient plus pauvres qu’elles ne devraient l’être…

    • claude henry de chasne
      21 mai 2019 at 8 h 39 min

      exact et çà favorise l’immigration

  • Blablabla..
    Le local est meilleur lorsqu’il est un produit artisanal , c’est la femiere qui recherche un revenu d’appoint ,elle ceuille le soir ou le matin et direct sur le marche , il n’y en aura jamais pour tout le monde.
    Le local peut etre industriel et il suivra la filliaire industrielle ,il ne sera pas meilleur qu’un autre produit ayant parcouru des km d’un frigo au point de vente.

    • jacques lemiere
      21 mai 2019 at 7 h 33 min

      en fait pas toujours…une journée est largement suffisante pour dégrader un légume… mais bon.. ça n’est pas l’important…vous placez la discussion sur le plan de la qualité…

      non si vous êtes localiste vous achetez le produit local..point. ce qui est différent de rappeler que des produits locaux sont parfois meilleurs!!

      si le local est juste une montée en gamme… on voit mal la justification des leçons de morale!!!

      • jacques lemiere
        21 mai 2019 at 7 h 34 min

        je suis meilleur que toi car j’achète un produit de meilleure qualité….

        • jacques lemiere
          21 mai 2019 at 7 h 43 min

          et en plus ça revient à dire que des gens avant achetaient des produits PARCE QU’ILS venaient de loin…ça arrive pour des produits de standing » mais en général non non les gens achetaient des produits en dépit du fait qu’ils venaient de loin..

          On ne vous dit pas manger des produits de meilleur gout mais manger local..

          ce qui revient non pas à manger la meilleure tomate..mais à se passer de tomate car on ne peut pas se l’offrir à ce prix!!!

          le localisme est foireux..en premier lieu car il est bancal…il ne concerne que l’alimentaire et des babioles mais prétend régler TOUS les problèmes… nos ne passerons pas au tout local….

          et je ne parle pas de la définition de local…est ce que vraiment la tomate du producteur qui est à 5 km est pire que celle qi est à trois? et trois kilomètres est ce bien local…

          arbitraire définition floue…

          • jacques lemiere
            21 mai 2019 at 7 h 48 min

            vous ne voyez pas ce qui se passe? ils ajoutent des adjectifs quand leur leçons de morale on fait pouic..
            le bio…ah zut le bio vient de Roumanie..le bio local… ah zut il est fait « trop » industriellement, le bio local et éthique…etc etc..
            quand l’alimentaire représente une part faible de vos dépenses vous pouvez doubler cette part…

            • claude henry de chasne
              21 mai 2019 at 8 h 42 min

              oui c’est exactement çà.. chercher des emplois non délocalisables et leur collant une étiquette  » plus mieux »

      • De toute facon , un produit local ne permet pas de nourrir son homme sans un minimum d’exportation hors de sa ville ou de sa region…sans oublier que sa production est saisonniere , donc il ne peut satisfaire la population toute l’annee et doit produire suffisamment pour se nourrir 12 mois..tout ca est incompatible avec du local …sauf a vendre de la qualite a un prix ne pouvant convenir qu’a un nombre limitee de personnes…qui , de toute facon iront voir ailleurs quand monsieur sera en train de retourner son champs ou jeuner … Sans compter que pour survivre cet agriculteur local devra trouver de l’engrais …local ….

        • Le survivalisme coûte très cher. Ca ne remplacera jamais l’échange libre et la division du travail. Promouvoir le local, c’est encourager le tribalisme. Ca tombe bien, le socialisme est une forme de tribalisme.

        • En hiver, mon vieux copain, le pote âgé, ne fourni plus que des poireaux et des choux de bruxelles (tiens ?), parfois des betteraves rouges, s’il ne gèle pas trop.
          Un peu avant le printemps de la mâche, puis des radis roses peu après si la météo le permet.
          Rien de correct avant juin dans ma région.

          Les écolos qui hantent les commerces ‘bio’ s’imaginent ils vraiment consommer local ?

          Accepteraient ils la contradiction que pour becter local toute l’année il faudrait que le climat se réchauffe un poil ?

        • Les légumes locaux ne sont pas moins nourrissant que ceux venant des pays voisins (et plus lointains). Il est tout à fait possible en hiver de faire des carottes, betteraves, poireaux, blettes, courges, patates, salades, choux, oignons, etc… la base de son alimentation.

          • Personne n’a dit qu’ils sont moins nourrissants!! On parle du gout qui peut être assez aléatoire dans le localisme…

            « Il est tout à fait possible en hiver de faire des carottes, betteraves,… »
            Tout à fait mais avec des serres chauffées et éclairées si vous voulez à tout prix du « local » français. Ce sera du « local » certes, mais pas très « écolo ». 🙂 🙂

  • Toujours la même rhétorique des formatés et formateurs de Sciences Po (que je connais malheureusement très bien).
    Il est amusant (si l’on peut dire) de constater que la plus grande contradiction, c’est bien celle portée par ces idéologues qui définissent la tolérance du point de vue exclusif de ceux qui accueillent.
    Il est facile de mettre en évidence cette contradiction lorsque ces mêmes personnes défendent bec et ongles la légitimité des minorités à défendre leur propre identité, contre la majorité et contre ceux chez qui ils souhaitent être accueillis.
    Ce sont très justement de tels dogmes infusés et imposés aux individus (qui en supportent pourtant la charge) quotidiennement et en tous lieux par l’Empire qui sont à l’origine d’un repli sur soi qui ne peut être analysé autrement que comme une réaction de défense à l’instar d’un organisme agressé violemment et menacé dans son intégrité.
    Les mouvements extrémistes n’ont jamais autant progressé que sous des gouvernements de gauche (auquel celui de Macron fait parti selon moi).
    En toute chose, il existe des limites. Les Français furent un peuple ouvert.

    • L’auteur fait une autre méprise fondamentale, c’est celle qui consiste à penser que le localisme (comme il dit) est majoritairement porté par les partis populistes et les individus qui les soutiennent.
      Non, désolé pour lui, ceux qui vantent les circuits courts, qui achètent du Bio 30 % plus cher, qui s’esbaudissent devant la qualité de nos produits… sont avec lui, dans ses rangs.
      Ce sont souvent des universalistes, des bobos de gauche.
      Et, de toutes façons, ce sont des gauchistes.
      Rappelez-vous les campagnes du ps avec la marinière de Montebourg, les positions de Mélenchon et de tous les partis d’extrême gauche sur le sujet. Bien sûr, il y a le front national, mais ne s’agit-il pas aussi d’un parti de gauche.
      Quant au concept de populisme pour désigner tout ce qui ne relève pas de ses propres idées que l’on apprécie comme étant supérieures aux autres, il me répugne. C’est un concept fascisant émanant d’idéologue qui sont la cause de la montée de ce qu’ils dénoncent. Action/réaction comme disait l’autre.
      Pour reprendre une formule éclairée d’un lecteur de Contrepoints : le socialisme (que continue, quelle que soit sa mutation, à porter sciences po) se justifie sur les ruines qu’il engendre.
      Décidément, cet article est un tissu de contresens et d’aveuglement.

  • Chacun son boulot, les vaches seront bien gardées.
    Je n’est aucun problème a ce que le Gouda soit hollandais et le Camembert soit made in Normandie.
    J’ai deja goute du Camembert made in Germany , c’est comment dire: a vomir.

  • j’achète local because c’est moins cher qu’en grande surface et ça m’évite de faire la queue aux caisses ou on perd un temps fou ;

    • Au supermarché, j’achète pour toute la semaine voire plus (selon les produits) et la petite perte de temps aux caisses est largement compensée.
      Acheter local sur les marchés (où bcp de produits ne sont absolument pas « local » d’ailleurs) ou/et dans des petits commerces faisant dans le localisme implique plus de temps passé, un prix globalement supérieur (même si certains articles seront moins chers) et vous serez de toute façon obligé de retourner au supermarché de temps en temps pour certains produits.
      Bref, c’est un choix pour le quel il faut avoir les moyens en temps et en argent ou pour lequel il faut accepter de faire l’impasse sur d’autres choses.

      • Il faut comparer ce qui est comparable. A qualité équivalente, le local est moins cher. Par exemple les légumes achetés directement chez le producteur peuvent être jusqu’à 2x moins cher qu’en supermarché.

        • Possible effectivement je ne nie pas.
          Mais tenez vous compte du temps passé pour cela? Et un producteur ne produit pas tout, vous devrez en faire plusieurs…
          Après vous allez chez les éleveurs pour leur acheter la viande directement… moins cher bien sûr. Mais là encore combien de temps passer à cela?
          Donc combien de temps passé en transport pour quel coût?
          Le supermarché offre un service: tout avoir sur place en même temps en grande quantité ce qui tire les prix vers le bas par rapport à un petit commerce et cela permet un gain énorme de temps. Mais l’intérêt de ce dernier facteur est propre à chacun…

          • Cela dépend en effet de beaucoup de paramètres. Certaines personnes ne s’intéressent pas vraiment au temps qu’ils vont passer à faire leurs courses, et privilégier la relation avec les producteurs locaux. Mais comme vous dites, les intérêts sont propres à chacun.

          • Travaillez moins, vous aurez plus de temps.

            • Plus de temps… pour le passer à faire la tournée des éleveurs locaux et agriculteurs locaux pour compenser la baisse de ses revenus?
              Beau programme.

  • Pimenta = poivron
    Pimento = piment

    Les brésiliens contrairement aux mexicains (pour comparer avec un autre pays très peuplé d’Amérique Latine) ne mangent pas épicé, en général.

  • Il ne faut pas exagérer. Le camembert étranger (je ne connais pas l’allemand, mais le danois sous boite aluminium, il y a quelques années) n’était pas à vomir. Plutôt insipide. Mais le caprice des dieux n’est pas trop gouteux non plus. Mais, à mon goût, je préfère les fromages dits fermiers, et au lait cru, et si possible suffisamment affinés. Et c’est en général assez local.

    • Celui que j’ai goute était vraiment pas bon, et c’est la que j’ai regardé la boite de plus prêt et vue qu’il était made in Germany, quand je l’ai acheté je ne l’avais pas vue, j’ai vue écrit Camembert en gros sur la boite.

    • Vous avez raison, avec cette démarche locale, je devrais toujours manger du ‘Munster’, et renoncer au ‘Maroilles’ ou au ‘Langres’…

      Pire, j’avoue avoir un faible pour le ‘Taleggio’ italien, qui est mon fromage à croûte lavée préféré.
      Je n’y renoncerai point, pas plus qu’aux harengs ‘bismarck’ de la Baltique, à la ‘pasta di Gragnano’, au ‘jasmine rice’ thaï ou aux ‘pecten maximus’ de la baie de St Brieuc, pourtant à 1’000 km de chez moi.
      Même si les bonnes choses ne manquent pas en Alsace, on a oublié un peu vite qu’en hiver, il y a quelques décennies encore, on n’y mangeait que du fumé, du salé ou des bocaux en hiver…

      D’où le succès des « Bredala » et du vin chaud 😉

      • allons allons, tout ce que vous citez… c’est de la m…..
        seul un français, mange et boit de la qualité, française, et locale
        Je milite pour que sur chaque produit, soit affichée la photo de celui qui a planté, soigné, récolté le légume, que sur chaque steak, il y aie des photos de la bête, de la naissance jusqu’ à la barquette, en fibres de chanvre local et recyclable.
        juste pour le fun, un point de vue différent sur le plastique

        https://rclutz.wordpress.com/2019/05/20/plastic-trash-talking/

        le monde enchanteur des zinzins verts

    • Les gouts et les couleurs ne se discutent pas, en general on adapte le’produit aux gouts locaux..le camembert , et bien , les normands se le gardent je prefere la version industrielle et passe partout.

  • Esprit critique
    21 mai 2019 at 9 h 50 min

    Invoquer la « haine » de l’autre a chaque fois , qu’une personne sensée propose une solution pour gérer ses problèmes est la crapulerie devenue systémique de la bienpensance.
    Pour reconnaitre les ordures, du monde actuel , c’est facile : Ils accusent sans cesse ceux qui ont un avis et s’exprime de Racisme , Xénophobie, Misogynie, Homophobie, bous compléterez aisément. Il n’y a pas de contradiction a penser a son bien être et son avenir tout en respectant celui des autres a condition qu’il le respecte aussi. Chacun chez soi, les valeurs seront bien gardées.

    • @Esprit critique : Oui, la mise en suspicion est automatique, un réflexe qui ne cherche absolument pas à réfléchir (contredire ou mieux, réfuter), mais à rejeter par pure et simple exclusion du débat.

      La conclusion de mise en demeure de se justifier est du pure FUD.

    • Ah ben justement j’allais poster un petit comm’ pour saluer les libéraux ici qui sont aussi bons racistes qui ne supportent pas que des gens puissent décider (souvent contraints) de venir sauver leur peau et celle de leur famille en Europe. Et je ne sais plus quel contributeur parlait très récemment de déliquescence morale de la société.. bref, du pas-libéral du tout. Mais yen a tellement qui réduisent le libéralisme à l’anti-étatisme (ou même à être contre les méchantes taxes)

    • Vous avez tout de même conscience que la conclusion de votre commentaire est très xénophobe ?

      • Et alors?
        Esprit critique à le droit d’exprimer sa pensée. Il n’oblige personne à penser comme lui à la différence de bcp de nos élites bien-pensantes qui censurent toute pensée discordante à leur yeux ce qui leur évitent d’avoir à contre-argumenter. C’est bien pratique surtout quand la contre-argumentation essentiellement basée sur l’émotionnel et la moralitude commence à être un peu éculée et insuffisante au vue des méchants problèmes de la vie réelle…

  • « l’écologie « punitive » dont nous menacent parfois les tenants du productivisme. »

    ?!?!?!?!?!?

    Faut-il comprendre que ce sont les méchants tubocapitalistes libéraux qui font de l’écologie punitive ou faut-il comprendre que les lobbys révisionnistes vendus au grand capital font de la désinformation ?

  • Une production locale pollue nécessairement plus qu’une production mondiale importée dès lors qu’elle est plus chère, peu importe le transport supplémentaire nécessaire.

    La baisse des prix est toujours et partout synonyme d’une baisse de la pollution par économie de moyens.

    Même si c’est un raisonnement contre-intuitif, inadmissible pour les politiciens dont l’existence en dépend, les taxes à foison et les normes socio-environnementales en excès, parce qu’elles grèvent les prix de manière déraisonnable, sont en réalité extrêmement polluantes. La première source de pollution en France, c’est l’impôt.

    • @Cavaignac : Et alors, si j’ai envie de payer plus et polluer localement ? Cela sera-t-il pire qu’économiser [globalement] pour finir par polluer [globalement] en faisant du tourisme, parce localement, l’environnement revient à la vie sauvage ?

      • (suite) car effectivement, pour 99% des touristes, un environnement purement naturel est non festif, dangereux, et à fuir !

      • Ce que vous voulez n’a pas d’importance. En revanche, cela devient important quand vous cherchez à nous imposer votre volonté par la force, par le jeu politique, nous contraignant à employer une force contraire au moins aussi violente pour vous empêcher de nous nuire.

    • Exact. L’agriculture norvégienne coûte très cher avec ses serres chauffées au gasoil pendant une grosse partie de l’année.

      • Et que feraient-ils de leur pétrole offshore sinon, maintenant qu’on n’en veut plus dans notre pays en pleine transition ? Sans compter que chaque baril de pétrole brûlé réchauffe non seulement la serre, mais la rend un peu plus inutile à terme 😉

    • C’est vrai sur des marchés libres. Dès que l’Etat subsidie ou taxe, les signaux sont corrompus et on peut avoir une production locale efficiente mais chère car hyper-taxée, ou le contraire grace à des subsides.

    • Votre raisonnement n’est valable que si tous les pays du monde ont accès aux mêmes moyens de production.
      Or, ce n’est pas vrai.

      Quid du dumping environnemental ?

      • Il y aurait des pays qui seraient exclus par la nature du dumping environnemental ?

      • jacques lemiere
        21 mai 2019 at 18 h 58 min

        le raisonnement n’est certes pas valable, mais il réfute par contre l’argument local= moins de fossile…

        le local n’est pas forcement meilleur, le local ne pollue pas forcement moins…

        donc SI vous mnager local pour eviter depolluer et pour le gout vous pouvez avoir tout faux…

        ET ..si vous voulez consommer des produits impliquant au TOTAL moins d e fossile vous faites les calculs..qui ne sont pas si simples;.
        et si vous voulez manger de meilleurs produits..vous les goûtez pardi!!!

      • Ah, ces salauds qui exportent du bois… C’est trop injuste ❗

    • j’hallucine… c’est énorme ce que vous dites. C’est épouvantablement kon.
      Le gars qui cultive ses pommes de manière intégrée (voire bio) à 10km de chez moi ne sait pas polluer plus que celui qui les cultivent en Espagne à grand renfort d’irrigation…
      Vous inventez un montage grotesque… affolant…

      • Pas du tout. Tout d’abord, irrigation n’est pas pollution.
        Le temps passé et l’énergie dépensée par votre cultivateur bio est à rapporter au volume de sa production.
        Or celle-ci sera nettement moindre. Malgré tout il devra en vivre et devra la vendre plus cher.
        Et le transport de toutes ces petites productions locales utilisera des camions certes plus petits mais dont la consommation cumulée est loin d’être négligeable et le coût plus important puisque tous ces camions seront conduit par des routiers qu’il faut payer.
        Donc in fine, un produit local certes, mais plus cher et dont le bilan écolo est loin d’être évident.
        Le local pour les gens qui sont prêt à le payer volontairement, pourquoi pas. Mais si bcp veulent du local subventionné ou financé par l’argent des autres, pas d’accord.

        • Vous ne reculez devant rien, c’est fou. Heureusement que votre ignorance vous aide à inventer des histoires, la seule mauvaise foi ne pourrait aller aussi loin.

            • J’achète mes carottes, patates, courges à 1€ le kilo au marché de producteurs locaux là ou j’habite. Moins cher, moins traité, moins polluant, moins impersonnel. Voilà.

              • Vous avez la chance d’avoir un marché local. Ce n’est pas le cas de tous. Et il ne faut pas manger que des patates et des courges, des légumineuses, d’autre légumes. Votre local vous fournit tout cela ?

            • Première chose, il est compliqué de parler pollution avec vous puisque vous niez le rôle du CO2. Mais bon..
              Vous ne savez pas ce qu’un analyse de cycle de vie apparemment. Tout ce qui est produit en France profite donc de l’électricité nucléaire, ce que les cultivateurs étrangers n’ont pas (eh oui, faut parfois emballer, avoir des unités de conditionnement, etc). Sans aller jusqu’au bio (dont les rendements sont très bons), produire local ne veut pas forcément dire petits producteurs. Les énnnooooorrrmes champs français ne sont pas des petits producteurs, nan ?
              Si je prends les vergers à 10km de chez moi, qui produisent en culture raisonnée des tonnes de pommes et de poires, qui vendent aux grossistes et aux particuliers et sans doute à des industriels, comment pourraient-ils être plus polluants que les pommes multi-traitées d’Italie ou autre ?
              Comment des pommes de terre de Chypre, traitées et nécessitant de l’irrigation, peuvent être plus polluantes que des pdt de Warchin, traitées mais n’ayant besoin que de pluie ?
              L’usine de Bonduelle près de Lille se fournit énormément en local. L’usine Cosucra à Warcoing (qui fabrique des protéines de pois notamment) se fournit en local par péniches entières. Car c’est le moins cher, le plus pratique.
              Des oignons du Pérou arrivent ici à cause de la main d’oeuvre, c’est tout. Et parce que ce sont d’immenses centrales d’achat pour qui le local ne veut pas dire grand chose. Le local n’est pas forcément plus cher, mais ce n’est pas possible partout, tout le temps.
              C’est à peine si je peux vous opposer des arguments tellement vous dites n’importe quoi.

              • LE CO2 n’est pas un polluant. Il est très bénéfique à la pousse des plantes et son rôle dans le réchauffement actuel n’est pas prouvé.

                « Les énnnooooorrrmes champs français ne sont pas des petits producteurs, nan ? »
                Les énnnooooorrrmes » champs français alimentent toute la France et ne peuvent pas vivre avec la consommation purement locale. Ce n’est pas ce qu’on appelle du localisme. Il se termine où votre localisme? A 20 km, 50 km, 200 km, aux frontières françaises? 🙂

                « se fournit en local par péniches entières.  »
                Ben, si il faut amener les productions par péniches, c’est vraiment du « local » très « lointain ». 🙂 encore une fois, quelle est votre définition du localisme??

                N’ayant pas vraiment d’argument pour justifier la supériorité de toute production locale (du vrai « local » à moins de 50-80 km), vous êtres en train de nous inclure toute production française dans le localisme. Belle tentative.

                « Le local n’est pas forcément plus cher, mais ce n’est pas possible partout, tout le temps. »
                Mais on est bien d’accord. Quand c’est à un prix identique, disponible et en quantité suffisante, les grossistes achètent « local » et les supermarchés aussi. Vous les prenez pour des glands qui vont se priver de faire des bénéfices en raison d’un internationalisme forcené??

                « C’est à peine si je peux vous opposer des arguments tellement vous dites n’importe quoi. »
                Technique classique de dénigrement quand, en fait, on ne sait plus trop quoi dire. 🙂 Vous nous le faites régulièrement…

        • Tout dépend de la définition de pollution. Si l’on considère qu’une activité humaine dégradant l’écosystème est une pollution, alors l’irrigation est une forme de pollution. Il suffit de regarder l’état de la « mer » d’Aral pour s’en convaincre.

          • La quasi-totalisté des activités humaines ont un impact sur l’environnement. L’Humanité est donc une pollution. CQFD.
            C’est d’ailleurs bien le raisonement de toute une frange de l’écologisme qui verrait d’un bon œil la disparition de cette Humanité qu’elle déteste.

      • Vous ne comprenez pas le sujet, alors il vous reste l’éructation et l’insulte. Pas surprenant.

        • Tiens Cavaignac, je ne sais plus si je vous ignorais ou pas. Je n’éructe pas et je n’insulte pas. Mais ça… c’est subtil.

          • On peut ajouter le mépris baignant dans un grand sentiment de supériorité courant chez la grande majorité des défenseurs de Gaïa. 🙂 🙂
            Continuez, continuez… Vous illustrez à merveille certains articles de CP. 🙂

  • A vrai dire les immigrés fuient leur pays de: la guerre et les régimes bancals et corrompus qui se sont instaurés chez eux après le départ des forces occidentales. De plus, ce n’est pas qu’on n’achète pas leurs produits, en général on les exproprie.

    • Bah, ils ont juste de l’avance sur nous…

    • Et paf! Encore de la faute de l’Occident!
      Cependant, si vous creusez un peu, la plupart des états oppresseurs ou des guerres civiles (ou autres) mettent en jeu des régimes ou guérillas socialisantes et/ou communisantes. Il est vrai que le marxisme est une production occidentale… 🙂

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