À l’aube des mouches, d’Arthur Billerey

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À l’aube des mouches, d’Arthur Billerey

Publié le 16 mars 2019
- A +

Par Francis Richard.

Le recueil d’Arthur Billerey est dédié à ceux qui salivent tôt…

C’est-à-dire à ceux qui prennent un plaisir immédiat et pavlovien à lire ses métaphores.

Les métaphores du poète sont souvent des jeux avec les mots et joignent donc joyeusement le sourire à l’évocation :

les trains font grève l’oiseau

on ne l’entend plus pareil

qui mettra son chant en bouteille

qui en aura le culot ?

Ou :

ta face n’est pas commode

même si elle est à tiroirs

Ou encore :

laissez-moi vous raconter un fait dix vers

Ou bien, dans le même poème :

si je pleure je mets les yeux dans le plat

[…]

c’est déjà ça l’union fait l’écorce

Car ne faut-il pas tout prendre, même ce qui est grave, avec légèreté ?

La mort ?

la mort c’est deux femmes prenant le thé

et je les trouve si belles que je les aime

depuis l’impasse fantôme de mon âme

six pieds sous terre parmi les feuilles mouillées

Le temps ?

les années passent comme les comètes

sans méfiance au-dessus des passages piétons

et l’enfant pousse son enfance

du pied comme un ballon

Serait-il poète s’il ne parlait d’amour ?

j’aimerais prendre ta figure

entre mes mains c’est que les mots

répétés font le futur

un petit coin pas cher

où nous dormirons tranquilles

à l’aube des mouches

S’il ne dédiait des vers à la femme aimée :

depuis que je t’ai vue ma faim

ce n’est plus que de te boire

par les yeux par la bouche

par les mains dans le noir

la caresse ajoute une couche

à quoi servent les loteries

si nos ombres sont bien loties

Certains de ses poèmes s’inspirent, nous dit-on en fin de recueil, de poèmes dAragon ou d’Apollinaire, d’un roman de Corinne Desarzens (qui a préfacé l’ouvrage) ou d’une citation d’Alphonse Allais. Certes, mais il semble que le poète ait trouvé une tonalité bien à lui, quels que soient les thèmes (d’ainsi va la vie) abordés.

Ce court poème le confirme et fait, bien sûr, saliver tôt :

le matin vient cruellement

les taureaux de feu décornent le vent

ici ou là je ne trouve plus mes ivoires

et ton coeur d’éléphant tient dans un tiroir

 

À l’aube des mouches, Arthur Billerey, 104 pages, Éditions de l’Aire

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