Le Maître parfumeur, de Nagaoka Taeko

Etienne , 2013, CC BY-NC-ND 2.0

Par Francis Richard.

Petit canot est-elle libre ?

– Quel petit canot, quel petit canot ?

Ce dialogue rituel illumine cette nouvelle de Nagaoka Taeko, auteur japonais non seulement méconnu, mais inconnu.

Celui qui pose la question, c’est Le Maître parfumeur, Kazuo. Celle qui lui répond par une autre question, c’est Kayoko.

Entre elle et lui, il n’y a en principe que des relations commerciales : il est un vieux client de sa maison de plaisirs, dont le personnel se [compose] de deux filles, qui ne [restent] jamais guère plus d’une année

Kazuo donne aux odeurs des noms français, des noms de parfums ; Kayoko donne à ses filles des noms occidentaux :

Les hommes aiment l’anonymat et l’exotisme…

Ce sont des invitations aux voyages, ceux des parfums et ceux de la vie, pourquoi pas à bord d’un petit canot :

Une traversée de la vie en clandestin sous la bâche, une traversée en hors-la-loi, tremblant du risque de se voir balancer à la mer…

et de disparaître, inévitablement : la vieillesse ou la mort…

Le Maître parfumeur, Nagaoka Taeko, 40 pages, Éditions de l’Aire (traduit du japonais par Charles Timori)

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