On a déjà oublié le remaniement, c’est dommage !

Le dernier message du remaniement renvoie à l’attention portée aux « territoires ».

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Emanuel Macron by European Parliament-Avril 2018(CC BY-NC-ND 2.0)

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On a déjà oublié le remaniement, c’est dommage !

Publié le 26 octobre 2018
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Par Erwan Le Noan.
Un article de Trop Libre

La semaine dernière, les vitupérations agressives et la violence verbale – voire physique, de Jean-Luc Mélenchon sont parvenues à éclipser de l’actualité le « remaniement ». C’est un peu dommage car derrière les changements techniques se cachaient quelques messages politiques, à rebours de ceux qui avaient été transmis depuis 2017.

Le « remaniement » traduit d’abord une volonté de l’Exécutif de renforcer la cohésion de sa majorité, en favorisant le retour du Centre qui avait été rapidement écarté du pouvoir en 2017. C’est un signal important à l’approche des prochaines échéances électorales. Il n’est toutefois pas certain que cela suffise pour relancer une dynamique de transformation du pays : les expériences passées et étrangères semblent indiquer que, pour réformer profondément, il faut s’appuyer sur une base politique et sociale large. Avec le remaniement, la majorité est consolidée, mais elle n’est pas élargie.

Le deuxième message du « remaniement », qui découle du précédent, c’est le retour en force de la politique, alors même que son évacuation au profit de la technicité d’une part et de l’amateurisme d’autre part avait été vantée. C’est un signal positif : l’observation des réformes dans les pays développés montre qu’elles ne peuvent être uniquement des affaires d’experts.

Pour réussir, un projet de transformation doit être porté par une vision collective et une incarnation partagée. Il doit également réserver une attention particulière aux victimes des changements. Ces éléments avaient semblé manquer depuis 2017. Le remaniement de la semaine dernière est une indication que le gouvernement souhaite y remédier ; en l’absence de personnalités politiques de premier plan pouvant s’appuyer sur une base électorale (un parti, une collectivité) importante, le défi reste cependant élevé.

La colère gronde

Une colère gronde. Le dernier message du remaniement renvoie à l’attention portée aux « territoires ». Cette mission, confiée à un grand ministère, décline dans la verticalité la réintégration des préoccupations politiques, alors même qu’une colère gronde parmi les élus locaux. C’est un signe positif, même s’il est directement contrarié par l’activisme de militants LREM sur les réseaux sociaux, qui diffusent une mise en cause des maires.

L’État hypercentralisé et sclérosé par un passif financier asphyxiant doit se retirer progressivement pour laisser se déployer les initiatives locales

La revitalisation des territoires ruraux est un sujet de première importance : l’image (et la réalité) d’une division du pays entre les élites urbaines et les citoyens délaissés des campagnes est un défi politique et social majeur. Les incantations ne suffiront pas à y répondre. Or, faute de ressources, il n’est pas certain que l’État ait plus d’influence qu’un ministère de la parole en la matière.

La solution viendra une fois de plus de l’initiative privée et de la stimulation économique. Un livre récent offre des pistes intéressantes à cet égard : la valorisation des produits et identités locales. Dans un univers hyperconcurrentiel, et alors que les citoyens sont demandeurs d’un sens qu’ils estiment trouver dans l’attachement à une forme d’authenticité, les collectivités et leurs acteurs ont des atouts à défendre.

Pour qu’ils se révèlent pleinement, l’État hypercentralisé et sclérosé par un passif financier asphyxiant doit se retirer progressivement pour laisser se déployer les initiatives locales. Sa meilleure stratégie reste, dès lors, de se transformer lui-même et laisser la société se réinventer. Malheureusement, le « remaniement » reste silencieux sur ces sujets.

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  • « …Un livre récent offre des pistes intéressantes à cet égard : la valorisation des produits et identités locales… »
    Quels sont le titre et l’auteur du livre s’il vous plait ?

  • les réseaux sociaux appellent a manifester , mettre le gilet jaune bien en évidence dans la voiture … le Ras le Bol s’amplifie , le pouvoir d’achat , la reprise économique est attendue !! en 2022 peut -être !!! nous sommes en continue de com pour meubler l’espace , les taxes sont florissante , le chomage au gré de la situation change de trottoir en plus ou moins ..nous avons un programme qui sera au top en 2022 et quand ils nous auront fait les poches !!! ce sera à pas de chance… ce sera encore et comme toujours la faute des autres …. le peuple gronde ..la patience à des limites…. une question de temps …

  • à quoi sert un remaniement si rien ne change sauf la tête de quelques ministres ?

  • Retenons surtout la photo du Président . Il y a peu on nous affirmait que son entourage était inquiet parce qu’il perdait de l’entrain et maigrissait . Il semblerait bien y avoir confirmation . Il reste à connaître le motif et surtout à lui souhaiter de retrouver au plus tôt la grande forme . Peut-être aussi que son entourage – à commencer par son épouse – devrait lui conseiller de se ménager et de se consacrer d’abord à la France . Les voyages usent plus que les valises . Fuir les problèmes ne les résout pas .

  • Le but d’un relaniement n’est pas de faire passer un message. On attend des actes, et je pense qu’on les attendra longtemps, les mêmes causes produisant les mêmes effets.
    Une vraie décentralisation avec application du principe de subsidiarité irait à l’encontre de la dictature technocratique centralisée que nous connaissons. Et il y a beaucoup de rats sur le fromage…

  • Le problème ne me paraît pas limité à la centralisation. Les communautés locales brassent un pognon de dingue :p dont une grande partie est destinée au « social », aka leasing d’électorat. Elles emploient une armée de ronds-de-cuir dont l’efficacité est souvent similaire à celle des fonctionnaires d’Etat (j’ai conscience de généraliser dangereusement sur ce point.)
    Donc, à mon sens, ce n’est pas juste l’Etat qui doit s’effacer, mais aussi la collectivité locale; i.e. moins d’impôts locaux et moins de « services » payés par les vaches à lait contribuables.
    C’est pas demain la veille.

  • Répété à en avoir la nausée sur tous les médias par les gradés LREM: Je travaille, nous travaillons, les ministres travaillent…

     » Vous n’allez tout de même pas croire, camarades, que nous, les cochons, agissons par égoïsme, que nous nous attribuons des privilèges. (…) Nous sommes, nous autres, des travailleurs intellectuels.
    La direction et l’organisation de cette ferme reposent entièrement sur nous. De jour et de nuit nous veillons à votre bien.
    Et c’est pour votre bien que nous buvons ce lait et mangeons ces pommes.  »
    G. Orwell, la ferme des animaux…

  • je ne suis pas sûr que laisser les commandes aux régions soit de si bon aloi…régions dirigées pas des politiques anciennement au pouvoir pour beaucoup..rien qu’a voir la majorité des grandes villes ou le 1er budget est le social….moins d’aides de l’Etat et les collectivités feront exactement la même chose, à savoir créer des taxes et collecter encore plus d’impôt..

  • Il va sans dire que le remplacement de la taxe d’habitation définie au niveau local par des élus locaux, par une dotation de l’État définie au niveau central par des fonctionnaires responsables devant absolument personne va dans le sens de  » laisser se déployer les initiatives locales »…

  •  » Les territoires » Pour Macron ce terme un rien passéiste rappelle heureusement que toute la province française et les ex-colonies sont là pour servir la Ville Lumière qui lui sert de résidence quand il y est. Il va de soi que nous ne pouvons et que nous ne devons qu’être fiers de cette confiance qui nous est si généreusement accordée .

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