Les enfants de l’été sont enfermés

Cuando la felicidad es tan grande que necesita dos cuerpos para no rebasar by CB Shoots (CC BY-NC-ND 2.0) — CB Shoots , CC-BY

Ils sont confinés à la maison, pratiquant des activités prévues et chapeautées par des adultes.

Par Kerry McDonald.

Voici les vacances d’été, mais vous ne le savez peut-être pas, car les enfants sont absents des rues et des trottoirs, des parcs et des espaces publics ; il en va de l’été comme des après-midis et week-ends de l’année scolaire.

Où sont tous ces jeunes ? Ils sont de plus en plus soumis à des activités organisées, gérées par des adultes, souvent à l’intérieur, où on leur dit que faire, que penser et comment agir.

Ces après-midis de notre enfance, remplis de jeux avec les copains du quartier ? Partis. Ces longues journées d’été, passées dehors, avec des amis, dans les bois ou au bord de l’eau ? Un souvenir pittoresque. Aujourd’hui, pour beaucoup d’enfants, presque chaque heure de la journée est orchestrée par quelqu’un d’autre.

Le jeu commandé et la santé mentale

Le jeu des enfants, spontané, libre et informel dans nos espaces publics est une aberration d’une époque révolue. Comme l’écrit Jay Griffiths dans son livre éloquent, A Country Called Childhood  :

Comment l’enfance est-elle devenue si peu spontanée ? Pourquoi cette tendance dominante à traiter les petits d’homme d’une manière qui serait considérée illégale si elle s’adressait aux chiots ? Nés pour explorer et se cacher dans la nature, les enfants en sont maintenant exclus. Ils sont enfermés, en cage, et étrangers au monde extérieur et vivant, d’une manière impensable il y a une génération.

Le calme des quartiers n’est pas le seul effet de cette tendance à délaisser l’activité spontanée de jeu. De nombreux éléments révèlent une augmentation des problèmes de santé mentale chez les enfants à mesure que cette activité diminue.

Dans son article de 2011 pour l’American Journal of Play, le Dr Peter Gray, professeur de psychologie du Boston College, suggère un lien entre le déclin systématique du jeu et l’augmentation de l’anxiété infantile, de la dépression, des sentiments d’impuissance, du narcissisme et d’autres indicateurs de troubles mentaux. Il écrit :

Aujourd’hui, dans de nombreux quartiers, il est difficile de trouver des groupes d’enfants à l’extérieur et, si vous les voyez, ils sont probablement en uniformes et suivent les instructions d’entraîneurs tandis que leurs parents les regardent et les encouragent consciencieusement.

Reprendre possession du temps de jeu

D’autres chercheurs ont constaté de semblables et inquiétantes tendances de privations de jeux. Dans son livre Balanced and Barefoot, Angela Hanscom, ergothérapeute pédiatrique, décrit l’importance du jeu spontané et son impact positif sur le développement émotionnel.

Sur les enfants aujourd’hui elle écrit :

Nous les empêchons d’atteindre l’équilibre sensoriel indispensable pour devenir des adultes équilibrés et en bonne santé. Ils ont besoin de grimper, de sauter, de courir dans les bois, de ramasser des bâtons, de sauter dans des flaques de boue, de tomber et se blesser à l’occasion. Ce sont toutes des expériences naturelles et nécessaires qui aideront à développer un système sensoriel sain, fondement de l’apprentissage et de l’accomplissement de nombreux projets de vie.

Nous devons revenir à une enfance libérée et remplie de jeux. Nous devons accueillir de nouveau nos enfants dans l’espace public, dans nos quartiers, nos parcs et nos trottoirs ; leur donner la liberté de grandir de l’autre côté des clôtures, réelles et mentales. Nous devons remplacer le silence par les bruits familiers de l’enfance, pour eux et pour nous.

Traduction par Contrepoints de It’s Summer Break. Where Have All the Children Gone ?