Désirs et servitudes, d’Anne Bottani-Zuber

Un recueil de quatorze nouvelles sur des femmes qui désirent ne pas être asservies, mais qui le sont fortement.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Désirs et servitudes, d’Anne Bottani-Zuber

Publié le 30 juin 2018
- A +

Par Francis Richard.

Désirs et servitudes est un recueil de quatorze nouvelles dont les héroïnes sont toutes des femmes : Mariette, Justine, Adeline, Marion, Chantal, Claudine, Régine, Marcia, Patricia, Martine, Aude, Line, Sylviane et Léa.

Anne Bottani-Zuber a divisé ce recueil en trois parties qu’elle a dédiées :

– à ses arrière-grands-mères et à ses grands-mères

– à sa mère et à ses tantes

– à sa fille

C’est dire que son livre parle de cinq générations de femmes qui ont toutes en commun d’avoir eu des désirs et d’avoir subi des servitudes, qu’alimente un sentiment de honte, justifié ou non… Et elle le fait en connaissance historique et contextuelle de leurs causes.

Avec le temps les choses ont-elles vraiment changé ?

Fin XIXe il est honteux d’être fille-mère : on ne retient que le désir, fautif puisqu’une vie non désirée en a résulté ; mais on oublie le merveilleux de cette vie.

Fin XIXe il est honteux d’avoir un parent qui s’est donné la mort : il faut le dissimuler pour échapper à l’opprobre ; et on échappe difficilement à l’hypocrisie.

Début XXe il est honteux d’avoir trompé son mari quand on est une personne dite vertueuse, alors on achète le silence, gêné du coup, de celle qui prend sur le fait.

Début XXe il est honteux d’essayer les vêtements de sa patronne et de se faire surprendre, alors on doit bien trouver une échappatoire.

À la moitié du XXe siècle, il est honteux de ne pas donner de descendance à un mari : il en vient à quereller sa femme et à la battre ; elle tente de faire ses valises.

À la moitié du XXe siècle, il est encore honteux pour un homme de laisser penser qu’il est incapable d’assumer le pain du ménage, et d’accepter que sa femme travaille.

À la fin du XXe siècle, il est honteux pour une femme de vivre dans l’ombre de l’amour de son frère et de sa femme, et de penser du mal de celle-ci par jalousie.

Et ainsi de suite…

Ce sentiment de honte naît à chaque fois du regard sur elles que ces femmes prêtent aux autres ou subissent réellement, de la pesanteur de ce regard. Alors elles s’en sortent comme elles peuvent, en passant outre, complètement, ou pas…

Désirs et servitudes, Anne Bottani-Zuber, 224 pages, Éditions de l’Aire

Sur le web

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
1
Sauvegarder cet article

Imaginez. Victime d’un accident de bus, vous vous réveillez dans un monde où l’idéologie woke, c’est-à-dire progressiste et socialiste, a totalement triomphé.

C’est ce qui arrive à Michelangelo, le héros du premier roman de Michel Kelly-Gagnon, Base Type Null. Pour les amis de la liberté et les défenseurs des droits individuels, le nom de Michel Kelly-Gagnon n’est pas inconnu : avocat de formation, ancien chef du Conseil du Patronat du Québec, il est le dynamique président de l’Institut économique de Montréal, le plus important think t... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

J'ai découvert ce jeune homme fascinant et extraordinaire qu'est Mahmud Nasimi en le voyant dans l'émission La Grande Librairie de François Busnel, lui-même fasciné à juste titre (de même que les autres invités sur le plateau) par l'itinéraire et la personnalité hors normes de cet auteur. Aussitôt j'ai eu envie d'acheter son livre.

Un homme qui ne parlait pas un mot de français en 2017

Il faut bien imaginer (et on a peine à le croire en le lisant et en l'entendant) qu'après avoir été contraint de fuir son pays du jour au lendemain en 2... Poursuivre la lecture

guerre civile
0
Sauvegarder cet article

Par Frédéric Mas.

Le décor planté, c’est celui de la France d’aujourd’hui, dans toute sa décrépitude. Dans certains quartiers qui jouxtent la capitale, les tensions entre la police et les caïds sont plus que palpables. Les signes d’avant-guerre civile brouillent les cartes, le climat se dégrade et le cœur de Paris n’est pas épargné.

Pour Fred Baumont, journaliste à La Ligne, les problèmes commencent quand disparaît sa collègue dans un de ces quartiers pourris où il ne fait pas bon se promener en jupe quand on est une femme. Scar... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles