Coupe du monde : ce que le football peut enseigner aux nations

Plus qu’un spectacle, le sport porté à ce degré d’exigence et de professionnalisme repose sur un socle de valeurs communes positives qu’il est sans doute important de rappeler à cette époque de doute et de repli sur soi.

Par Frédéric Mas.

La Coupe du monde demeure plébiscitée et populaire, malgré les affaires de corruption touchant la FIFA, parce que les valeurs universelles et positives qu’elle porte sont celles de liberté, de tolérance et du marché. Depuis 2015, des soupçons de fraude, de corruption et de racket ont terni la réputation de la FIFA, amorçant des poursuites contre des dizaines de ses dirigeants par le FBI. Le 21 décembre 2015, ce sont les figures légendaires Sepp Blatter et Michel Platini qui sont suspendues de toute activité footballistique pour une durée de 8 ans.

Si l’affaire fait grand bruit, elle ne semble pas entamer la popularité du championnat, qui se prépare à être le grand spectacle d’une grande partie des Français pour 2018. Dans un sondage Yougov du Huffington Post, 64% du panel interrogé affirmait vouloir suivre les matchs de la coupe du monde. Une minorité pas si réduite (16%) estime même qu’il faudrait adapter les horaires de travail pour lui permettre d’assister aux matchs de l’équipe de France !

Source sondage Huffpost/Yougov

Les valeurs positives de la Coupe du monde

Plus qu’un spectacle, le sport porté à ce degré d’exigence et de professionnalisme repose sur un socle de valeurs communes positives qu’il est sans doute important de rappeler à cette époque de doute et de repli sur soi.

La compétition assure un spectacle de qualité. Depuis maintenant des années, les performances des équipes ne cessent de s’améliorer, au plus grand bénéfice des spectateurs. Les entraineurs, les joueurs, mais aussi les sélectionneurs et les voies de sélections sont bien meilleurs que ce qui existait les décennies précédentes. La raison en est simple : les enjeux sont aussi beaucoup plus importants, mettant ainsi la pression sur les organisateurs pour faire du spectacle une authentique performance.

La coupe récompense et valorise le talent, pas la couleur de peau ou l’esprit de clocher. Ce sont les compétences qui priment quand il s’agit de choisir les joueurs ou les coachs, et non la nationalité ou les figures nationales populaires. C’est ainsi l’occasion de montrer que l’immigration ou les étrangers, très présents au sein des équipes nationales, contribuent aussi à la richesse nationale. Le football offre ainsi en France un moyen d’ascension sans équivalent pour les populations issues de l’immigration, qui peuvent ainsi se reconnaître dans les performances des bleus. Cet esprit cosmopolite est aussi celui du libéralisme.

Capital humain et marché

Le football professionnel valorise le capital humain, le capital le plus précieux de tous. Avant de finir dans un stade autour d’un ballon, les joueurs sont consciencieusement suivis, sélectionnés et valorisés par des processus qui pour la plupart commencent très tôt. Depuis l’adolescence et les clubs de foot amateurs, les meilleurs recruteurs sont ceux qui auront le flair pour dénicher les talents de demain.

La coupe récompense les démocraties et punit les régimes autoritaires ou enkystés dans le mélange des genres entre État et marché. Les mécanismes du marché permettent de sélectionner les meilleurs joueurs et de proposer le meilleur spectacle possible. Inversement, les marchés les plus entravés rendent impossibles la rencontre de l’offre la plus adaptée à la demande, de la sélection du meilleur produit pour l’acheteur le plus demandeur.

C’est sans doute pour ça que ni la Chine, ni la Russie ne possèdent d’équipes vraiment bonnes. Le cas des USA est un peu à part, mais reflète le même problème lié au marché. Aux États-Unis, le football en ligue professionnel est un cartel : les salaires sont bloqués et le système de permet pas de valoriser les joueurs provenant des équipes nationales de base.