La dernière gorgée de bière, d’Ariane Ferrier

La dernière gorgée de bière est le récit plein d’humour d’un véritable écrivain, doublé d’une journaliste, soucieuse du détail clinique, qui s’intéresse aux autres et vit avec eux d’intenses moments d’humanité.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

La dernière gorgée de bière, d’Ariane Ferrier

Publié le 2 décembre 2017
- A +

Par Francis Richard.

Juin 2016. Ariane Ferrier prend un TGV dans la gueule :

Une tumeur ?

Oui, madame.

J’ai un cancer ?

Oui, madame.

Elle se demande comment se comporter, comment se tenir :

Ah ben je ne sais pas, c’est la première fois que j’ai un cancer…

En fait elle choisit d’accepter ce qui lui arrive :

Tu regardes ce qui peut être fait pour réparer le mal ou l’adoucir. Tu vas en baver, mais ce sera plus facile.

Avant le diagnostic

Deux mois plus tôt, elle ne sait pas encore qu’elle a une tumeur au pancréas. Les symptômes, ce sont des douleurs aussi monstrueuses que bizarres : sous la peau et autour du nombril. Après examens, le diagnostic tombe. Elle a – c’est rare – une panniculite mésentérique : la sonorité du mot l’enchante…

Or cela signifie une maladie auto-immune ou une tumeur… À tout prendre, elle se souhaite une tumeur : Dans mon imaginaire, une maladie auto-immune, c’est avoir un sniper qui t’attend, quelque part. Et elle craint les ennemis dont elle ne peut voir les yeux…

Une fois l’annonce de la tumeur faite à ses amis, elle peut distinguer parmi eux ceux que le vent emporte, chanson connue depuis Rutebeuf en complainte, et ceux qui, au contraire, lui envoient des signes de tendresse, d’encouragement, d’amitié

Ces derniers sont sa garde prétorienne. Elle peut dès lors – drôle de voyage – partir en guerre et fait d’ailleurs un truc bizarre la veille de l’opération qu’elle doit subir le 27 juin 2016 : Je vais me recueillir sur le monument aux morts d’Oyonnax…

Le récit d’un véritable écrivain

Elle a d’une guerrière la peur et le courage, couple indissociable… Elle souffre, mais elle rit et met même au point une technique inédite pour rire, sans bouger l’abdomen, une position d’urgence pour parvenir à rire…

La dernière gorgée de bière est en effet le récit plein d’humour d’un véritable écrivain – Comment ne pas rire ? -, doublé d’une journaliste, soucieuse du détail clinique, qui – c’était sa façon de vivre avant -, s’intéresse aux autres et vit avec eux d’intenses moments d’humanité.

La foi l’aide au cours de son voyage : Je ne vais pas nulle part, je vais vers un ailleurs – inconnu, certes, mais meilleur et plus beau. L’aide aussi sa décision de mourir de son vivant, de lutter pour rester vivante et aller bien, de survivre en milieu hostile.

Elle le dit sans orgueil ni fausse modestie : J’ai été une belle femme. Dans la situation où elle se trouve, elle écrit : Ma beauté n’est qu’un accessoire obsolète et inutile. Peut-être, mais, en tout cas, elle termine son livre en beauté :

Maintenant, il faut vivre.

Ariane Ferrier, La dernière gorgée de bière, 104 pages, BSN Press

Sur le web

Voir le commentaire (1)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • Merci pour votre bel hommage à Ariane Ferrier qui vient de s’éteindre. A défaut de pouvoir lui envoyer des fleurs, lire son ultime livre, c’est lui montrer, ainsi qu’à sa famille, notre admiration et notre attachement.

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Par Christophe Jacobs[1. Christophe Jacobs vit en France et travaille comme consultant en communication pour des entreprises commerciales et culturelles. Il est l’auteur de traductions de textes d’inspiration libérale (Garet Garrett) et amateur de sculpture. Il a été durant plusieurs années agent pour l’artiste allemand E. Engelbrecht dont l’œuvre monumentale s’est inspirée largement de la philosophie Jungienne.]

Le but de ce compte rendu n’est pas de dévoiler tous les détails de l’œuvre mais suffisamment pour montrer en quoi des inqui... Poursuivre la lecture

L'influence positive d’une alimentation grasse sur le cerveau est bien réelle. Une récente étude française vient démontrer l’intérêt que pourrait avoir une alimentation cétogène dans la prise en charge des pathologies psychiatriques.

L'intérêt d'une alimentation cétogène dans un cadre médical grandit jour après jour. Et si son utilisation pour le traitement contre les épilepsies réfractaires est ancienne et approuvée, cette diète souffre toutefois d'un manque d'appuis scientifiques pour une application auprès d'autres pathologies. Ains... Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Imaginez. Victime d’un accident de bus, vous vous réveillez dans un monde où l’idéologie woke, c’est-à-dire progressiste et socialiste, a totalement triomphé.

C’est ce qui arrive à Michelangelo, le héros du premier roman de Michel Kelly-Gagnon, Base Type Null. Pour les amis de la liberté et les défenseurs des droits individuels, le nom de Michel Kelly-Gagnon n’est pas inconnu : avocat de formation, ancien chef du Conseil du Patronat du Québec, il est le dynamique président de l’Institut économique de Montréal, le plus important think t... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles