La morale des affaires n’a rien à voir avec la morale

Ce qu’on appelle morale des affaires n’a rien à voir avec la morale. Il s’agit, en réalité, de l’éthique personnelle du dirigeant, de sa façon de conduire sa vie et d’influencer ceux sur lesquels il a autorité.

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La morale des affaires n’a rien à voir avec la morale

Publié le 5 juillet 2017
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Par Alain Goetzmann.

La morale, selon André Comte-Sponville, est constituée de l’ensemble de nos devoirs, les obligations que nous nous imposons à nous-même, indépendamment de toute récompense ou sanction attendue, et même de toute espérance.

Il considère que l’entreprise n’est ni morale ni immorale, elle est simplement amorale, c’est-à-dire hors du champ de la morale. Son but est de créer des richesses pour ses propriétaires et la communauté dont elle fait partie, par la création d’emplois et l’impôt, dans le respect des lois et des règles qui régissent son environnement.

D’abord satisfaire le client

À ce titre, l’entrepreneur ou le chef d’entreprise doit mettre en tête de ses priorités la satisfaction du client, objectif premier de son action, le seul qui lui permette de créer la valeur qui rémunérera le capital, les salariés et l’environnement.

Son rôle n’est pas de définir ou de décider de ce qui est bon pour la cité ou encore de faire entrer dans son entreprise des considérations politiques ou morales extérieures à son objet.

Ce qu’on appelle morale des affaires n’a rien à voir avec la morale. Il s’agit, en réalité, de l’éthique personnelle du dirigeant, de sa façon de conduire sa vie et d’influencer ceux sur lesquels il a autorité. Pour les Grecs anciens, l’éthique (Ethos) relève du bon et du juste. C’est la voie vers la bonne vie.

Travail sur soi permanent

Il s’agit donc d’un cheminement vers une façon de se comporter, en harmonie avec ses devoirs, ce qui exige un travail sur soi permanent – une conversation critique interne – pour rester dans un rapport de vérité et savoir évaluer lucidement sa compétence, ses capacités, ses limites et ses faiblesses.

Attention toutefois, à ne pas tomber dans l’angélisme. Il n’y a pas à choisir entre l’homme et la performance de l’entreprise, entre l’entreprise et la société des hommes, entre les objectifs économiques et l’éthique.

L’entreprise, nous l’avons vu, est amorale et doit remplir son objectif de création de valeur. À sa tête, un homme doit, par son éthique dans la conduite des affaires, tenter de trouver la bonne voie. Le meilleur moyen pour lui de concilier ces objectifs, apparemment divergents, repose sur trois attitudes essentielles.

3 attitudes essentielles

Premièrement, l’humanisme qui n’est ni de la philanthropie, ni le reflet d’un engagement humanitaire, mais une façon de reconnaître l’homme dans toute sa dimension et à le mettre au centre de tout.

Deuxièmement, le courage, le courage de faire, le courage de trancher, le courage de rester humble, le courage d’accepter l’échec et le courage de rebondir.

Enfin, l’exemplarité sans laquelle aucun leadership n’est possible.

Aujourd’hui, comme de tous temps pour les agriculteurs, les artisans et les commerçants, les barrières entre vie privée et vie professionnelle ont tendance à disparaître. L’unité de conduite de sa vie devient donc la règle.

Jamais ne s’est autant justifié cet aphorisme d’Albert Camus dans Noces  :

Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène.

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  • La morale à toute sa place dans l’entreprise. Il est parfaitement légitime pour une entrepreneur ou un patron d’agir en tant que patron en suivant sa morale. Il peut par exemple refusé de respecter des lois qu’il estime injuste ou illégitime et évidement essayer de se soustraire autant que possible à l’impôt qui n’est qu’un vol vicieusement légitimité par la lois du plus fort.

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