Pourquoi l’indice des prix à la consommation n’est pas crédible

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Pourquoi l’indice des prix à la consommation n’est pas crédible

Publié le 19 juin 2017
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Par Ferghane Azihari.

L’inflation se définit traditionnellement comme l’accroissement de la masse monétaire. Mais cette définition n’a cessé d’être détournée au profit d’une conception plus vague centrée sur l’augmentation généralisée et « auto-entretenue » des prix, pour reprendre la définition de Wikipédia. Cette définition plus récente crée des confusions. Elle amalgame les conséquences des politiques monétaires et les variations de prix liées à d’autres facteurs.

C’est pourquoi vous entendez régulièrement dire que l’Europe n’a plus de problème d’inflation, même si la Banque centrale européenne continue à créer de la fausse monnaie via ses assouplissements quantitatifs. Ce faisant, on se concentre surtout sur des prix prétendument stables « en moyenne ». Et on occulte le fait que les autorités continuent à accroître la masse monétaire, et qu’elles perpétuent donc ce qui n’est en fait ni plus ni moins que… de l’inflation.

Les confusions autour de l’inflation proviennent de l’usage obscur de l’indice censé la « mesurer » : l’indice des prix à la consommation (ou IPC). Selon l’INSEE, l’IPC « permet d’estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix consommés par les ménages. Il est basé sur l’observation d’un panier de biens et services, actualisé chaque année. » Dit comme ça, tout semble très sérieux ! Il y a cependant quatre bonnes raisons de douter de la pertinence de cet indice.

La composition du panier de biens et de services est totalement inconnue

Oui, vous avez bien lu. Le contenu du panier de l’inflation est tenu secret par l’administration. La raison ? Il s’agirait d’éviter les manipulations. Mais depuis quand le secret est-il l’allié de la sincérité ? Seule la transparence permettrait d’assurer l’absence de manipulation politique. Si tout est dissimulé, alors la crédibilité de cet indice ne dépend que de la confiance accordée à l’administration. Mais quand on connait la tendance des États à manipuler leurs agrégats à des fins politiques (clin d’oeil en direction d’Athènes), on peut douter.

La variation « moyenne » des prix : cela ne veut rien dire

On dit souvent du statisticien qu’il peut avoir la tête dans un four et les pieds pris dans la glace tout en disant, qu’en moyenne, il se sent bien. Alors qu’en est-il de l’IPC ? Chacun d’entre nous a son IPC personnel. Vous ne subirez pas l’évolution des prix de la même manière selon que vous consommez des produits dont les prix ont tendance à augmenter ou à baisser.

D’autant plus que, si on parle d’inflation, la fausse monnaie ne fait pas évoluer tous les prix en même temps. Les secteurs qui reçoivent la fausse monnaie en premier vont réagir avant les derniers servis. En incluant dans un même indicateur des produits qui baissent (par exemple grâce à la productivité) et des biens qui augmentent (par exemple en raison de la masse monétaire), on peut faire dire aux indicateurs ce que l’on veut sans pour autant avoir une vision claire de l’inflation.

Comme son nom l’indique, l’IPC ne prend pas en compte les « biens d’investissement »

L’indice des biens à la consommation ne prend pas en compte l’évolution de certains actifs considérés comme des biens d’investissement. Quoi qu’on pense de cette distinction, l’IPC ne peut donner qu’une vue imparfaite de l’effet des politiques monétaires actuelles sur l’évolution des prix puisqu’il exclut de nombreux actifs (achat de biens immobiliers, actifs boursiers etc.).

Si les assouplissements quantitatifs enrichissent principalement les détenteurs d’actifs financiers, on pourrait expliquer la difficulté d’évaluer leur influence sur les variations de prix en considérant que les dépenses de ces populations se dirigent vers des actifs non pris en compte par l’IPC.

L’IPC ne dit rien sur les opportunités de déflation manquées

Dans une économie en croissance, nous devrions assister à une baisse régulière des prix grâce aux gains de productivité. Des prix stables peuvent donc signifier qu’un faux-monnayeur est en train de vous voler des gains de productivité. Si, durant une période donnée, les prix auraient dû baisser de 2% par an mais qu’ils sont, au lieu de cela, restés stables, c’est bien que l’inflation a atteint annuellement 2%. Le fait que l’IPC indique une variation nulle des prix ne change rien à cet état de fait.

Ne vous fiez pas aux « agrégats statistiques » pour vous protéger de l’inflation

L’IPC ne reflète pas l’inflation et n’est en rien une mesure pertinente et représentative de l’évolution des prix qui vous intéressent. Nous savons cependant que le monopole de la création monétaire que l’État s’est arrogé est par essence inflationniste. Il n’y a qu’à regarder l’évolution de la masse monétaire. Voilà pourquoi il faut épargner en dehors des monnaies officielles, indépendamment des indicateurs dévoilés par nos chers statisticiens nationaux.

En dehors des monnaies officielles, il y a maintenant un peu plus de choix avec l’or ou les cryptomonnaies comme le bitcoin.

Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici.

Voir les commentaires (9)

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  • jacques lemiere
    19 juin 2017 at 7 h 18 min

    la seule question est en effet la monnaie, ma foi l’inflation comme la croissance , on fait avec..

  • Mais quand donc s’arrêtera,, outre les QE, la manipulation des cours de l’or physique par la FED et la BCE ?

  • L’activité humaine crée de la richesse. Cette richesse doit bien se matérialiser par quelque chose et ce quelque chose c’est la masse monétaire.

    • Bien sûr que non !

      MV=PT

      Avec MV stable, si T augmente (croissance des richesses), alors P baisse. La création de la richesse doit se matérialiser par la baisse des prix, autrement dit par l’augmentation du pouvoir d’achat de chaque unité monétaire en circulation.

      Ceci dit, puisqu’il est possible d’assister ponctuellement à des phénomènes de thésaurisation de la monnaie préjudiciable à l’investissement, on peut imaginer une émission monétaire limitée et stable dans le temps, de l’ordre de 1, 2 ou 3% du PIB, par le truchement de crédits supplémentaires accordés à l’économie privée (thèse de Friedman), la concurrence entre banques permettant de limiter le favoritisme.

      Evidemment, les banques centrales s’empressent d’accorder des crédits au secteur… public, totalement improductif donc strictement inflationniste, et il y en a qui se demandent encore pourquoi ca ne marche pas, jamais, même pas une fois par hasard.

      • Il faut nuancer. La monnaie ce sont des dettes des banques qui ont émis ces dettes en contrepartie d’actifs qui sont en gros les reconnaissances de dettes de ceux à qui les banques ont prêté. Par quel miracle le pouvoir d’achat de la monnaie précédemment émise devrait il croitre ? (il suffirait alors d’enterrer son magot et d’attendre !) Si il croit c’est que les agents économiques sont avide de monnaie et les banques seraient alors bien bêtes de ne pas en profiter en augmentant la quantité de prêts accordés, ce qui va mécaniquement augmenter la masse monétaire et empêcher les prix de décroitre. En régime libéral, on ne décrète pas le bon taux de croissance de la masse monétaire, elle croit spontanément en fonction des opportunités d’accorder des prêts à des clients surs (qui peuvent payer intérêt et capital). La masse monétaire dans un monde idéal devrait donc à peu près suivre l’activité et ce d’autant plus que les agents préteurs exposés au risque de faillite n’accorderaient pas leur prêts à n’importe qui. C’est moins idyllique dans le monde réel où les gouvernements peuvent faire pression sur les banques pour qu’elles achètent leurs bons du trésor. Il y a quand même eu quelques progrès depuis qu’il n’y a plus de banque centrale nationale à laquelle le gouvernement peut donne des ordres. La BCE est beaucoup plus indépendante que les banques aux ordres des états et c’est bien pour cela que l’on n’a plus d’inflation à 2 chiffres.

        • Par quel miracle le pouvoir d’achat devrait croître ? Parce qu’obtenir toujours plus pour un effort toujours moindre est la motivation fondamentale de l’économie, des échanges volontaires, des investissements, de la création de richesses, bref tout ce que la monnaie devrait refléter.

          « Enterrer son magot » : comme précisé, une émission prévisible, régulière et marginale permet de tempérer le réflexe de thésaurisation.

          Si la BCE avait été indépendante, elle n’aurait pas fait tourner la planche à billets pour retarder le défaut des Etats obèses. Mais sans surprise, l’indépendance d’un monopole est une vue de l’esprit. Après cette faute indélébile, la crédibilité de la BCE est devenue à peu près nulle, sauf naturellement pour ceux qui touchent sa manne providentielle aux dépens du reste de la population.

          C’est bien pourquoi sortir de l’euro est désormais indifférent (sans conséquence négative particulière si c’est pour imprimer des billets comme la BCE). En revanche, sortir de l’euro pour instaurer une monnaie forte, sans impression exagérée, serait extrêmement positif, mais a priori aucun politique ne propose ce qui est la seule manière correcte de gérer la monnaie. On se demande bien pourquoi…

  • Ce qui est en effet interessant c est que l inflation que nous vivons est une inflation des actifs. Le prix d une TV chute, mais le prix des actions ou des logements explosent.
    Donc l IPC est en effet faible vu que le prix de votre pain a peu augmenté (et votre TV est moins chere). Par contre pour vous loger vous devez payer 3 fois plus qu il y a 15 ans (a paris, 2 fois plus dans les villes ou il y a du travail). Mais comme c est pas compte dans la consommation (mais dans l investissement), il n y a pas de pb… 🙂
    Autant on peut justifier que l achat d action soit un investissement , c est plus delicat pour l immobilier car il faut bien dormir quelque part

    • Le coût du logement est inclus dans l’indice des prix (loyers, charges, frais de transaction), mais pas l’investissement immobilier puisqu’il s’agit d’un indice de consommation improprement qualifié d’inflation.

      Pour les investissements, il existe les indices des prix des logements ou les indices boursiers.

      Ces derniers affichent des évolutions tout à fait bullesques (ou burlesques si vous préférez) puisqu’ils ont capté une bonne part de l’inflation résultant de la fausse monnaie émise par les banques centrales. Tout ceci va forcément bien se terminer…

  • Votre article souligne un sujet très sérieux et particulièrement pénible avec l’administration française, qui est de nous infantiliser (nous faire passer pour des cons) de peur que l’on ne pose des questions sur des chiffres tripotés dans tous les sens pour des raisons de communication politique. Maintenant réduire les causes de l’inflation uniquement à masse monétaire n’est pas sérieux. Il y a 4 paramètres dans votre équation, le M, le V, le P et le T… tous peuvent partir hors de contrôle et faire exploser l’inflation. La plupart des pays communiquent en minimisant leur niveau d’inflation car tout bon professionnel sait que les anticipations négatives agissent directement et de manière non prévisible sur le V, le P et le T. Ajoutez à cela l’incompétence des politiciens à qui certains on vendu le rêvent d’un peu plus d’inflation comme un moyen indolore (politiquement) de faire payer par les plus pauvres leurs dettes accumulées depuis un quart de siècle et on a je pense un bon début d’explication.

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