Idée reçue : « nous devons encadrer les prix »

L’encadrement des prix n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais car il ne fait qu’appauvrir les sociétés qui le choisissent.

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Idée reçue : « nous devons encadrer les prix »

Publié le 16 mai 2017
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Par Eddie Willers.

Dans la recette parfaite du petit programme socialiste vous trouverez de façon quasi systématique l’encadrement de certains prix. En fonction de l’ambition collectiviste de ce parti, un nombre plus ou moins grand de prix seront encadrés.

L’objectif comme d’habitude est toujours louable : les gens ne peuvent pas se loger, encadrons les prix comme ça tout le monde pourra se loger. Cependant, comme d’habitude, le résultat est diamétralement opposé à celui espéré.

Pourquoi est-ce que les tentatives d’encadrement des prix échouent ? Parce que les prix sont nécessaires pour permettre aux êtres humains d’échanger entre eux. Retirez les prix, vous n’aurez plus d’échanges.

Des abricots et des clémentines

Alban produit des abricots dans son verger. Il adore leur texture moelleuse et leur goût sucré. Problème : Alban ne peut en manger qu’en été. Le reste de l’année il ne peut donc satisfaire le besoin essentiel à sa survie qui est de s’alimenter.

Il va alors voir Charlie qui, lui, cultive des clémentines. Les clémentines sont récoltées de façon contra-cyclique par rapport aux abricots. Elles permettraient donc à Alban de se sustenter et donc d’améliorer ses conditions de vie.

Cependant, Charlie s’est donné du mal pour cultiver ses clémentines. Il n’est donc pas prêt à les donner à Alban. Il faut alors que ce dernier trouve un moyen de convaincre Charlie de lui donner des clémentines. Ce moyen, c’est de donner à Charlie quelque chose qui le satisfasse lui aussi. S’il est satisfait par ce qu’Alban peut lui apporter, alors il lui donnera ses clémentines.

Fixer les termes de l’échange

Alban demande donc à Charlie ce qui le rendrait heureux parmi ce qu’il possède. Charlie aime lui aussi les abricots et cela lui permettrait de se nourrir l’été. Il est donc prêt à donner des clémentines en échange d’abricots. Il veut 10 abricots contre une clémentine.

Charlie n’est pas satisfait car cela représente une part trop importante de sa production. Il n’est pas prêt à faire un sacrifice aussi élevé pour obtenir des clémentines. Il est cependant prêt à donner 3 abricots contre une clémentine.

Charlie est satisfait car il reçoit 3 abricots qu’il apprécie et auxquels il n’avait pas accès auparavant ; Alban, lui, reçoit une clémentine ce qui lui convient très bien également. Nos deux parties sont donc heureuses de cet échange.

Déterminer le prix

Or, qu’est-ce qui a permis de conclure in fine cet échange (je n’ajouterai pas mutuellement bénéficiaire car dans un marché libre, un échange l’est naturellement) ? La détermination d’un prix : 1 clémentine vaut 3 abricots. Ce prix a intégré de très nombreux paramètres : l’effort de production, le désir plus ou moins important de consommer l’un ou l’autre des deux produits, la quantité disponible des produits etc.

Tous ces paramètres pris en compte se sont reflétés dans le prix de la transaction. Dans notre cas, le prix s’exprime dans un rapport entre des abricots et des clémentines, ce qui peut paraître un peu déroutant.

En effet, nous avons l’habitude de voir des prix en euro, en dollar, en yen etc. Pourtant il ne faut pas perdre de vue que la monnaie n’est qu’un bien, qui du fait de ses propriétés, sert d’intermédiaire d’échange entre deux biens ou services. Dire 1 clémentine = 3 abricots revient à dire 1 clémentine = 3 euros et 1 abricot = 1 euro.

Le rôle de la coercition

Concentrons nous maintenant sur le cas où certains prix sont encadrés, à la hausse ou la baisse par une autorité coercitive. L’État vient dire : le prix des clémentines est trop élevé ce qui fait que peu de monde peut se permettre d’en manger. Les clémentines sont riches en vitamine C ce qui a un impact non-négligeable sur la productivité du pays. Il est donc d’intérêt général d’encadrer ces prix qui permettront d’améliorer la croissance.

Maintenant un abricot et une clémentine valent un euro chacun. Charlie qui avant produisait ses clémentines en espérant pouvoir récupérer à chaque clémentine trois abricots n’a plus que l’espoir d’en récupérer une seule. Il a donc moins intérêt à se donner du mal pour produire ses clémentines, son incitation étant beaucoup plus faible. La production de clémentines va alors décroissante.

L’État détruit les bénéfices des échanges

Les clémentines sont fixées à un prix faible mais il n’y en a tout simplement plus. En intervenant pour réguler un prix, l’État détruit l’aspect mutuellement bénéfique de l’échange. Une contrepartie se voit lésée, ici Charlie, car Alban était auparavant prêt à payer 3 abricots. De plus l’encadrement des prix modifie les incitations de chacune des parties prenantes et détruit par voie de conséquence l’équilibre naturel qui s’était formé.

Moins de production de clémentines à un prix de vente plus faible : les gens se retrouvent donc à faire la queue dans des rayons vides. Au Venezuela, les prix de la farine sont encadrés, problème, il n’y a tout simplement plus de farine à vendre car les producteurs ne peuvent se satisfaire d’un prix aussi faible pour survivre.

Certains totalitarismes voulaient aller plus loin en supprimant même la notion de prix. Or, nous l’avons vu les prix sont la clé qui permet de réaliser des échanges. Et ces échanges, par définition, rendent plus heureux les deux contractants (sinon ils ne feraient pas d’échange). Encadrer les prix revient donc à empêcher des gens d’améliorer leurs conditions de vie. En conclusion, l’encadrement des prix n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais car il ne fait qu’appauvrir les sociétés qui le choisissent.

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  • et en plus quand on encadre les prix il faut créer des postes et payer des gens pour vérifier que les gens ne fraude pas et pratiquent des transactions libres et un comité chargé de déterminer les vrais prix..il faut aussi prévoir ou des prisons ou des postes de juges supplémentaires…on force au passage les gens qui échangent à acheter un « service » dont le « prix » lui n’est curieusement pas encadré… ceci dit, il ne faut pas oublier que dans le cas où seules deux personnes se rencontrent, tout ne se passe pas paisiblement, dans le cas d’une rencontre unique , on peut voler… sur le long cours, on peut aussi le réduire en esclavage ( ce qui prend du temps de surveillance)..les deux parties peuvent aussi investir dans des armes qui dissuadent des vols et violences…l’histoire humaine quoi… en outre, lors d’un échange entre deux personnes qui se connaissent et se fréquentent, il n’y a jamais que l’échange matériel qui est en jeu …

  • Un autre article qui pourrait être intéressant, celui de traiter l’encadrement des prix, non à la baisse (loyers, farine, etc..), mais à la hausse (lait, porc, etc..).

    • Pour le porc, faudra revoir vos références car actuellement, les prix sont tirés vers le haut grâce à la demande chinoise.
      Sinon, un nouvel avatar des prix encadrés est, à mon avis, le prix « équitable ».

      • Je ne suis peut-être plus à jour mais il n’y a quand même pas si longtemps, nos éleveurs demandaient à ce que le prix soit régulé à la hausse, et ils avaient en partie gain de cause.
        Bref, ça ne change rien à l’idée de faire une analyse sur la régulation inverse, l’exemple n’est finalement pas le plus important 🙂

    • Cela a l’effet inverse. L’encadrement des prix à la baisse entraîne une diminution de l’offre (ce qui entraine une pénurie) là où l’encadrement des prix à la baisse entraîne une diminution de la demande. Il y aura moins de demande pour les produits encadrés à la hausse.
      Le principal exemple d’encadrement des prix à la hausse c’est le salaire minimum. Le salaire minimum entraîne une hausse de chômage. le salaire minimum est un frein à l’emploi (en particulier pour les sous qualifiés, les immigrés et les jeunes). Ces gens sans salaires minimum aurait pu trouvé un travail (mais avec un salaire plus bas que le salaire minimum). Plus le salaire minimum est élevé, plus il créer de chômage et est un frein à l’emploi. Les employeurs embaucheront plus de travailleurs s’il n’y a pas de salaires minimum.
      Même la plupart des économistes partisans du salaire minimum reconnaissent que celui ci a un effet néfaste à l’emploi.
      Ce qui se passe aux USA en ce moment est très intéressant. Il y a un grand mouvement pro Sanders pour instaurer un salaire minimum à 15 dollars. (Je rappelle qu’en plus du salaire minimum fédéral, les autorités locales peuvent prendre leur propre salaire minimum). Ce mouvement vient à l’origine des fast food. On veut donner aux employés des fast food un salaire minimum de 15 dollars (l’heure). Réaction des chaines de fast food: automatiser leurs fast food. Ils font le calcul. Pour 15 dollars, automatiser coûte moins cher qu’employer.

  • Tout n’est pas noir ou blanc il y aussi le gris le rouge le bleu….
    Qu’elle est la motivation pour encadrer ou ne pas encadrer , voilà la question à se poser.

    • L’encadrement des prix n’est jamais bénéfique, quelque soit la motivation de cette encadrement.

      Le prix est un thermomètre de l’adéquation entre offre et demande. Il est ridicule de fausser le thermomètre. La seule chose qu’il peut en résulter c’est soit la diminution de la demande soit la diminution de l’offre. Dans tous les cas, la valeur échangée est réduite, et la création de richesse est réduite.

    • Peu importe la motivation, il y a toujours un paquet gluant de bons sentiments à son origine.
      En revanche, comment justifier l’usage de la force d’une tierce partie pour dicter les termes des échanges volontaires entre deux personnes, voilà une bonne question. Éthiquement, c’est blanc ou noir. En l’occurrence, c’est noir, il n’y a aucune justification.

    • l’encadrement des prix est toujours un désastre. C’est prouvé depuis longtemps

  • Le Portugal est un excellent exemple des « bienfaits » du controle des loyers. Après la révolution d’avril 1974, les loyers ont été gelés par les gouvernements gauchistes et les successifs gouvernements socialistes et sociaux-démocrates n’ont pas modifié fondamentalement la réglementation.
    Grâce au controle des loyers des milliers de propriétaires n’ont plus les moyens d’entretenir leurs immeubles et les grandes villes (Lisbonne, Porto…) sont dans un état lamentable avec des immeubles qui tombent en ruines et ne peuvent même pas expulser les locataires qui ne paient pas leur loyer. Pour les locataires c’est une aubaine qui leur permet d’acheter des maisons de vacances aux frais des propriétaires de leur résidence principale …
    La « justice » apportée par les révolutions est toujours au profit des opportunistes …

  • Sur la majorité des questions économiques, l’avis des économistes divergent mais sur quelques questions comme l’encadrement des prix, il y a un consensus parmi les économistes (quelque soit leurs opinions poltiques). La plupart des économistes reconnaissent que quand l’état intervient sur le marché, il faut mieux une intervention indirecte (comme une taxe ou une subvention) qu’une intervention directe (comme la réglementation des prix) qui est en générale un désastre.
    L’encadrement des prix a toujours comme conséquence de provoquer des pénuries
    Même Paul Krugman (économiste préféré des gauchistes) écrivait dans le NYT : »Economists have the least influence on policy where they know the most and are most agreed; they have the most influence on policy where they know the least and disagree most vehemently. »
    Puis quelques lignes plus loin : « The analysis of rent control is among the best-understood issues in all of economics, and — among economists, anyway — one of the least controversial. «
    Si même quelqu’un comme Krugman (qui est un idéologue gauchiste avec une mauvaise foi crasse) s’oppose à l’encadrement des prix, difficile d’être pour

  • C’est pourtant simple. C’est les bases de l’économie :
    L’encadrement des prix à la baisse entraîne une diminution de l’offre (ce qui entraîne une pénurie). Il y aura moins de produits sur le marché.
    L’encadrement des prix à la baisse entraîne une diminution de la demande. Il y aura moins de demande pour les produits encadrés à la hausse.
    Quand il y a trop de demande par rapport à l’offre cela donne un grand pouvoir aux offreurs. Autrement dit, cela a pour conséquence de renforcer le pouvoir des propriétaires.
    Comme il y a une pénurie engendrée par l’encadrement des loyers, les propriétaires ont trop de demande et ont un pouvoir plus grand. Ils choisissent leurs locataires non seulement sur des critères économiques mais aussi sur d’autres critères. L’encadrement de loyers (mais aussi les nombreux droits aux locateurs, le fait de rendre difficile les expulsions locatives, les freins à la construction,..) exclut toute une catégorie de population du marché locatif (les gens en cdd, les chômeurs, les immigrés, les gens avec un casier judiciaire,…). Dans un marché libre, ces exclus peuvent avoir accès au marché locatif car il y a une adéquation entre offre et demande. Quand il y a un encadrement de loyers, systématiquement cela mets les locataires ne situation de faiblesse par rapport aux propriétaires. S’ils détestent leurs propriétaires, ils oseront moins facilement quitter leur logement vu la difficulté pour en trouver un nouveau.
    C’est la même chose avec la rigidité du marché du travail (notamment avec le salaire minimum) qui a pour conséquence de créer un chômage de masse donnant un grand pouvoir aux patrons.
    En France, la rigidité du travail crée un chômage de masse et ce chômage de masse donne énormément de pouvoir aux patrons car un travailleur sait que s’il est licencié, il aura peu de chances de retouver un nouvel emploi alors que dans un marché d’emploi flexible, les travailleurs savent que même s’ils sont licenciés, ils pourront trouver facilement n nouvel emploi. Dans un marché d’emploi flexible, vous pouvez quitter votre emploi s’il ne vous plait pas pour en trouver un meilleur.
    Je remarque juste une chose: les pays avec un marché d’emploi rigide comme le France voit les gens partir vers des pays où le marché d’emploi est bcp plus flexible (Grande Bretagne, Suisse, Australie,…).

  • L’encadrement des loyers a pour conséquence de mettre les locataires en situation de faiblesse par rapport aux propriétaires et c’est une machine à exclure les plus faibles du marché locatif. Cela donne un plus grand pouvoir aux propriétaires pour choisir leurs locataires. Après, il ne faut pas s’étonner qu’il y a des discriminations. la gauche en est responsable. Sur un marché libre, il n’y aurait pas eu de discriminations. Gary Becker a fait des travaux montrant comment la concurrence permettait de diminuer fortement les discriminations.

    L’encadrement des loyers a aussi pour conséquence que les propriétaires sous investissent dans les biens qu’ils mettent en location (ce qui conduit au délabrement des logements)

  • l’encadrement des loyers a pour effet de créer des pénuries de logement, de dégrader le parc de logements existants, réduire la mobilité des personnes et augmenter le chômage. L’encadrement des loyers nuit au pouvoir d’achat.
    http://www.nber.org/papers/w19079

  • L’un des principaux problèmes c’est que l’état quand il encadre les prix doit identifier le prix correct, le prix idéal. Or, c’est quasi impossible à faire. Le marché permet d’identifier le bon prix. Le prix a une dimension informationnelle. Les prix relatifs des produits et des services, c’est à dire des prix qui bougent entre eux et dans le temps, sont des signaux qui traduisent l’état des raretés dans l’économie de marché. Ils transmettent une information sur l’état des raretés. Or, quand l’état encadre les prix, on perds cette information ce qui a un effet désastreux.

    • Il faut lire Hayek sur le sujet. Il a notamment publié un article « L’utilisation de la connaissance dans la société »

  • «le contrôle des loyers est le moyen le plus efficace que nous connaissions pour détruire une ville, exception faite d’un bombardement» (Assar LINDBECK, The Political Economy of the New Left, New York, Harper and Row, 1972, p. 39).

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