Macron joue la voiture-balai

Emmanuel Macron - Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

Pendant qu’Emmanuel Macron tente d’attirer à lui diverses personnalités, les ralliements s’accélèrent : forces vives ou boulets ?

Par Jacques Garello.

Macron voiture-balai
OECD Development Centre-Emmanuel Macron(CC BY-NC-ND 2.0)

« Nous n’accueillerons pas systématiquement les dupes de la primaire » : l’avertissement avait été lancé par l’entourage d’Emmanuel Macron avant les résultats de la primaire de la « belle alliance populaire ». Mais comment fermer la porte à ces « frondeurs » du PS, dont certains ont demandé à exercer leur « droit de retrait » ? Les ralliements s’accélèrent, mais comme pour tous les phénomènes migratoires il est difficile de savoir si les nouveaux venus sont un atout ou une charge.

Le « social-libéralisme » : une expression erronée !

Emmanuel Macron a jusqu’ici proposé le mythe du « social-libéral », oxymore qui ne résiste pas à l’analyse élémentaire puisque le choix de société dont la France a besoin est bien entre libéralisme et socialisme, et on ne peut faire les deux en même temps, sauf à mettre à l’eau un bateau ivre. Son jeu l’amène tantôt à se dire de gauche, mais pas socialiste, tantôt à se situer au centre, voire à droite.

Macron voiture-balai de toute la gauche

Il a séduit à ce jour surtout des personnalités très marquées à gauche, même s’il s’agit d’une gauche caviar. Certes il y a quelques caméléons, telle la brave dame Corinne Lepage, Alain Minc (naguère soutien de Juppé), Jean-Marie Cavada.

Mais il y a aussi des prophètes et beaux esprits de la gauche, comme Bernard Kouchner, Pierre Bergé, et (dit-on) BHL. Et il y a surtout de grands leaders socialistes, comme Mesdames Guigou et (sans doute) Royale, Gérard Colomb (sans doute son meilleur porte-parole).

Macron voiture-balai des centristes mais toujours pas de programme détaillé

Si les partisans de Manuel Valls rejoignent en masse le camp Macron, l’affaire sera difficile à gérer. Cependant on doit remarquer que la perspective de beaucoup de politiciens n’est pas la présidentielle, mais les législatives qui suivent : se démarquer de la gauche extrême de Hamon est dans certaines circonscriptions un atout électoral.

L’espoir du camp Macron est aussi de récupérer les centristes qui depuis le début traînent les pieds et eux aussi, comme les gens de l’UDI, cherchent à se placer pour les investitures. Il y aurait aussi les transfuges qui pronostiquent Fillon perdant et prennent les devants… Mais une inflexion trop à gauche du camp Macron serait dissuasive pour ces touristes électoraux.

On attend maintenant la prochaine étape : début mars Macron doit publier son programme. Il se hâte lentement, peut-être pour ne pas laisser trop de temps aux électeurs pour déchiffrer ses mesures et les juger.

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