Macron joue la voiture-balai

Pendant qu’Emmanuel Macron tente d’attirer à lui diverses personnalités, les ralliements s’accélèrent : forces vives ou boulets ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Emmanuel Macron - Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Macron joue la voiture-balai

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 19 février 2017
- A +

Par Jacques Garello.

Macron voiture-balai
OECD Development Centre-Emmanuel Macron(CC BY-NC-ND 2.0)

« Nous n’accueillerons pas systématiquement les dupes de la primaire » : l’avertissement avait été lancé par l’entourage d’Emmanuel Macron avant les résultats de la primaire de la « belle alliance populaire ». Mais comment fermer la porte à ces « frondeurs » du PS, dont certains ont demandé à exercer leur « droit de retrait » ? Les ralliements s’accélèrent, mais comme pour tous les phénomènes migratoires il est difficile de savoir si les nouveaux venus sont un atout ou une charge.

Le « social-libéralisme » : une expression erronée !

Emmanuel Macron a jusqu’ici proposé le mythe du « social-libéral », oxymore qui ne résiste pas à l’analyse élémentaire puisque le choix de société dont la France a besoin est bien entre libéralisme et socialisme, et on ne peut faire les deux en même temps, sauf à mettre à l’eau un bateau ivre. Son jeu l’amène tantôt à se dire de gauche, mais pas socialiste, tantôt à se situer au centre, voire à droite.

Macron voiture-balai de toute la gauche

Il a séduit à ce jour surtout des personnalités très marquées à gauche, même s’il s’agit d’une gauche caviar. Certes il y a quelques caméléons, telle la brave dame Corinne Lepage, Alain Minc (naguère soutien de Juppé), Jean-Marie Cavada.

Mais il y a aussi des prophètes et beaux esprits de la gauche, comme Bernard Kouchner, Pierre Bergé, et (dit-on) BHL. Et il y a surtout de grands leaders socialistes, comme Mesdames Guigou et (sans doute) Royale, Gérard Colomb (sans doute son meilleur porte-parole).

Macron voiture-balai des centristes mais toujours pas de programme détaillé

Si les partisans de Manuel Valls rejoignent en masse le camp Macron, l’affaire sera difficile à gérer. Cependant on doit remarquer que la perspective de beaucoup de politiciens n’est pas la présidentielle, mais les législatives qui suivent : se démarquer de la gauche extrême de Hamon est dans certaines circonscriptions un atout électoral.

L’espoir du camp Macron est aussi de récupérer les centristes qui depuis le début traînent les pieds et eux aussi, comme les gens de l’UDI, cherchent à se placer pour les investitures. Il y aurait aussi les transfuges qui pronostiquent Fillon perdant et prennent les devants… Mais une inflexion trop à gauche du camp Macron serait dissuasive pour ces touristes électoraux.

On attend maintenant la prochaine étape : début mars Macron doit publier son programme. Il se hâte lentement, peut-être pour ne pas laisser trop de temps aux électeurs pour déchiffrer ses mesures et les juger.

Sur le web

Voir les commentaires (5)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (5)
  • Emmanuel Macron « voiture balai » ou encore adepte du « social libéralisme » ne sont que des vues de l’esprit qui sous estimeraient de grandes ambitions de pouvoir.
    Emmanuel Macron est un sur-diplômé pragmatique; son objectif est de revenir à l’Elysée en président car, il dit lui même: il aime les français …!
    S’il venait à être élu – tout est encore possible – il aura alors le champ libre pour dévoiler ses intentions de gouvernance en fonction du jeu des alliances électorales du moment.
    Dans ces conditions, ne pas avoir de programme politique préétabli est un gage d’honnêteté vis à vis des français pour mieux s’adapter aux circonstances à venir…

    • Être prêt à retourner sa veste , gage d’honnêteté, faut oser. Il est vrai que c’est le credo de tout bon centriste mou. Et tellement plus immoral que les peccadilles de salariat familial….

      • @ Eric n
        @ breizh

        Non, je n’ai pas le même point de vue: un président sort d’un parti (le plus souvent, ce n’est pas vraiment son cas, mais il devient le président de tous les Français que je sache, en faisant abstraction de ses convictions personnelles, pour une bonne justice, selon les motifs de la constitution!

  • « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment » il me semble…

  • Il vous l’a pourtant dit clairement. Que veut-il, Macron? Il veut être président et c’est parce qu’il veut atteindre son unique objectif qu’il est prêt à toutes les tractations, à tous les arrangements possibles et à raconter tout et son contraire!

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Le fait pour un gouvernement de solliciter et d’obtenir la confiance de l'Assemblée contribue à la prévisibilité, la stabilité et la sincérité de l’action publique, et cela devrait être reconnu comme indispensable.

Le 30 janvier dernier, Gabriel Attal a prononcé son discours de politique générale, sans solliciter la confiance de l’Assemblée, avant qu’une motion de censure soit soumise, puis rejetée le 5 février. Le gouvernement Attal, comme le gouvernement Borne avant lui, a donc le droit d’exister, mais sans soutien de la chambre.

... Poursuivre la lecture
8
Sauvegarder cet article
« Je déteste tous les Français »

Le 3 février dernier, un immigré malien de 32 ans, Sagou Gouno Kassogue, a attaqué au couteau et blessé grièvement des passagers de la Gare de Lyon. Finalement maîtrisé par l’action conjuguée des passants, des agents de sécurité et des membres de la police ferroviaire, l’homme en garde à vue a été mis en examen pour tentative d’assassinat aggravée et violence avec armes aggravée.

Les premiers éléments de l’enquête dévoilés par le préfet de police de Paris révèlent les discours conspirationnistes d’un in... Poursuivre la lecture

Nommé ministre du logement jeudi 8 février, Guillaume Kasbarian avait accordé un entretien à Contrepoints en novembre dernier en tant que député Renaissance de la première circonscription d'Eure-et-Loir et président de la Commission des affaires économiques.

 

Contrepoints : Bonjour Monsieur le Député, merci d’avoir accepté de nous accorder cet entretien. Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent peut-être pas, pourriez-vous nous parler de votre parcours et nous raconter ce qui vous a amené à vous engager en politique et à ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles