Manifestations à Google en réaction au décret anti-immigration de Trump

Google n’est pas la seule entreprise de la Silicon Valley à critiquer la nouvelle politique d’immigration de l’administration Trump. La plupart d’entre elles dispose de nombreux employés étrangers, et à tous les échelons.

Par Aurélien Chartier.

En réponse à la décision de l’administration Trump d’interdire temporairement toute entrée sur le territoire américain des ressortissants de « pays à risques », de nombreuses manifestations spontanées ont eu lieu aux États-Unis. L’une d’elles s’est tenue au siège social de Google, à Mountain View en Californie, où plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées. La société, dont la devise est don’t be evil (ne sois pas mauvais), a déclaré ne pas avoir organisé ces protestations, mais les soutenir.

Sunar Pichai s’adresse à la foule

Le PDG de Google, Sunar Pichai, accompagné du co-fondateur Sergey Brin, tous deux migrants, se sont adressés à la foule. M. Pichai a insisté sur la nécessité d’un dialogue ouvert entre partisans et opposants d’une politique. M. Brin a évoqué son arrivée aux États-Unis en tant que réfugié en provenance de l’URSS, alors qu’il n’avait que 6 ans. Il a loué le courage des Américains dans l’accueil de réfugiés issus d’un pays ennemi à l’époque, et a également souligné le besoin d’unité derrière des valeurs fondamentales. Les deux hommes ont ensuite encouragé les contestataires à se rapprocher de leur représentant au Sénat et au Parlement américain, jugeant qu’il s’agissait d’un combat qui prendrait un temps certain.

Google a également annoncé qu’il attribuerait un total de 4 millions de dollars à des organisations pro-immigration, dont l’American Civil Liberties Union (ACLU). La moitié des fonds provient des employés, et la société réunira ces dons pour l’autre moitié. Il s’agit de la somme la plus importante donnée par Google à une cause humanitaire à ce jour. Des rumeurs au sein des employés du groupe laissent entendre que des cadres supérieurs auraient annoncé continuer à réunir les dons au-delà de ces 4 millions, en utilisant leurs fonds personnels.

Google n’est pas la seule entreprise de la Silicon Valley à critiquer la nouvelle politique d’immigration de l’administration Trump. La plupart d’entre elles dispose de nombreux employés étrangers, et à tous les échelons. Ainsi, le PDG de Netflix a qualifié les actions de Trump d’anti-américaines, un co-fondateur de Reddit a tenu des propos similaires, tandis que Tim Cook (PDG de Apple) a déclaré qu’il s’agissait d’une politique qu’ils ne supportaient pas. Si la Silicon Valley est ancrée politiquement à gauche, il reste inhabituel de voir autant de dirigeants d’entreprise critiquer aussi fortement une mesure politique.