Cortex, de Philippe Favre

Fuites dans la presse, meurtres par essaims d’abeilles, piratages informatiques, débats télévisés, sont autant d’éléments qui font du roman de Philippe Favre un thriller haletant, posant de véritables problèmes existentiels, tels que le transhumanisme…

Par Francis Richard.

L’Human Brain Project, HBP, est un projet de simulation du cerveau humain par un superordinateur, financé à hauteur d’un milliard d’euros par l’Union européenne. La direction de ce projet, d’une durée de dix ans, qui a débuté en 2013, a été confiée à l’ EPFL, présidée alors par Patrick Aebischer.

A partir de ce projet bien réel, qui a notamment pour but de développer de nouvelles thérapies pour les maladies neurologiques, Philippe Favre a écrit une fiction palpitante, Cortex (sous-entendu cérébral), qui pourrait bien un jour devenir réalité. Mais le but d’un tel projet soulève des problèmes éthiques…

Le président de l’EPFL, Aymeric Schubiger, supervise l’équipe de coordination du projet HBP, dirigée par le professeur Gregory Coleman. Au moment où commence l’histoire, cette équipe pluridisciplinaire travaille encore sur un échantillon de cerveau de rat dont l’activité électrique est enregistrée.

Cette équipe comprend entre autres Werner Schreier, biophysicien de Heidelberg, Ivo Silazi, analyste diplômé du MIT, Doug Johnson, recommandé par le Département américain de la santé, Stan Vermont, biologiste, Olivier Girnier, informaticien, et Malcolm Saudan, neuropsychologue.

Vie et mort de Lana

Lana, la fille du professeur Coleman, est une jeune femme très indépendante. Sans être une tête brûlée, elle a besoin  d’éprouver l’intensité de l’existence, d’en rechercher les paroxysmes. En faisant du hors pistes dans une station valaisanne, Saint Luc – Chandolin, elle périt dans une avalanche.

Lana a une carte de dons d’organes. Après constat de son décès – son cerveau ne fonctionne plus -, tous ses organes sont en conséquence dispersés à la suite de l’admission de son corps au CHUV, où le professeur Franck Richon, ami de son père, dirige le Département des neurosciences.

Gregory Coleman obtient toutefois de transférer la dépouille de sa fille dans laquelle ne subsiste plus que le cerveau à son centre genevois du HBP. C’est en effet une opportunité pour passer de la simulation informatique d’un morceau de cerveau de souris à la phase Human Code d’un cerveau humain.

Un IRM puissant est alors branché sur le cerveau de Lana. Tout à fait par hasard, celui-ci est stimulé par Malcolm Saudan qui, un soir, joue avec sa guitare Gibson, reliée à un ampli, à proximité du sarcophage dans lequel repose Lana Coleman, dont le cerveau n’était donc pas complètement éteint…

Fuites dans la presse, meurtres par essaims d’abeilles, piratages informatiques, communiqués menaçants d’opposants à l’expérience du HBP, débats télévisés, sont autant d’éléments qui font du roman de Philippe Favre un thriller haletant, posant de véritables problèmes existentiels, tels que le transhumanisme…

Rabelais ne disait-il pas : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ?

  • Philippe Favre, Cortex – En état de veilleFavre, p. 296.

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